Cité radieuse de Rezé

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Maison radieuse
La Maison radieuse et l'église Saint-Pierre.
La Maison radieuse et l'église Saint-Pierre.
Présentation
Période ou style Mouvement moderne
Type Unité d'habitation
Architecte Le Corbusier
Dimensions 52 m
Destination initiale Logement
Propriétaire Atlantique Habitations
Protection Logo monument historique Classé MH (2001)
Site web www.maisonradieuse.org
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Commune Rezé
Localisation
Coordonnées 47° 11′ 19″ N 1° 34′ 06″ O / 47.188539, -1.568333 ()47° 11′ 19″ Nord 1° 34′ 06″ Ouest / 47.188539, -1.568333 ()  

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La Maison radieuse, également appelée Cité radieuse de Rezé ou La Maison familiale, est une résidence sous forme de barre sur pilotis située dans la commune de Rezé (Loire-Atlantique), au sud de l'agglomération nantaise, où Le Corbusier a tenté d'appliquer ses principes d'architecture pour une nouvelle forme de cité, un village vertical, appelé « unité d'habitation ». C'est la deuxième des quatre unités d'habitation construites en France avec Marseille, Briey et Firminy.

Historique[modifier | modifier le code]

Le contact de Le Corbusier à Nantes se fait en la personne de Gabriel Chéreau, jeune avocat, vice-président d'une coopérative privée de logement social, La Maison familiale. Celle-ci a pour membres des employés du port de la ville. Au moment du lancement du programme de reconstruction de la ville de Nantes en 1945, Gabriel Chéreau s'inquiète des projets de l'architecte en chef, Michel Roux-Spitz. Il contacte alors l'architecte pour contrer ce projet mais sans y parvenir. Ils collaborent de nouveau trois ans plus tard pour reproduire l'expérience de Marseille. Mais l'unité de Rezé est la première à se réaliser dans un cadre de logement social « classique », ce que recherchait Le Corbusier, pour qui son concept d'habitat devait s'adresser en priorité aux personnes modestes.

Après des négociations difficiles avec les financeurs, notamment en raison des coûts élevés et des normes de construction HLM imposées par l'État, le projet met beaucoup de temps à se mettre en place. C'est finalement en juin 1950 que le plan définitif proposé par Le Corbusier aidé d'André Wogenscky est adopté. Le choix du lieu d'implantation est la commune de Rezé, au sud-ouest de Nantes et à proximité du port. La municipalité cautionne l'emprunt accordé par l'État à la Coopérative maître d'ouvrage du bâtiment. Les travaux ne commencent que le 11 juin 1953 et s'achèvent un an et demi plus tard. Les premiers habitants emménagent le 16 mars 1955 et le bâtiment est officiellement inauguré en juillet de la même année.

Description[modifier | modifier le code]

Installée dans un parc boisé de six hectares et au pied d'une pièce d'eau, elle fait 52 mètres de haut, 108 m de long, et 19 m de large. Elle est plus petite que celle de Marseille[1]. Elle comprend 294 logements répartis sur dix-sept étages et accessibles par six rues intérieures. Ils peuvent accueillir 1 400 personnes. Les appartements sont en duplex « montant » ou « descendant » et profitent de la double orientation est-ouest de chaque côté de l'immeuble ou sont exposés au sud. Ils sont cependant plus petits et moins variés que l'unité marseillaise. Les équipements sont constitués d'une école maternelle située sur le sommet du toit et de locaux collectifs entre les escaliers. Un bureau de poste y est implanté (mais quitte le site en 2002). La coopérative a cependant refusé d'y inclure une rue commerçante, pourtant jugée vitale par Le Corbusier pour la vie sociale de l'unité. Le Corbusier a insisté sur l'implantation de l'unité dans son environnement en construisant par exemple une passerelle pour la traversée de la pièce d'eau.

Pour alléger les coûts de construction, des modifications ont aussi été apportées aux techniques mises en œuvre pour la construction : le système du casier à bouteille utilisé à Marseille a ainsi été abandonné pour un système de préfabrication béton plus simple.

Réception du bâtiment et son évolution[modifier | modifier le code]

À leur emménagement, les habitants bénéficient d'un système de location-vente coopératif : chaque habitant de la coopérative donne un apport initial équivalent à 15 % du coût total du logement. Il devient ainsi actionnaire de la coopérative. En 1971, la loi Chalandon oblige à l'abandon du système coopératif et les habitants doivent choisir entre la location ou l'achat de leur logement. Seuls 20 % choisissent l'achat et la rotation des logements devient alors beaucoup plus importante. Le logement social, géré par Loire-Atlantique Habitations, représente de nos jours 55 % des locataires. L'Association des habitants de la Maison Radieuse, fondée le 25 avril 1955 existe toujours. L'unité abrite environ 1 000 habitants aujourd'hui.

La réhabilitation des logements commence dans les années 1980. En 1996-1999, une réfection totale des façades est entreprise, notamment dans le but de corriger des malfaçons liées aux économies faites lors de la construction du bâtiment. En 2004, les huisseries extérieures sont restaurées.

Les façades et toitures de l’ensemble font l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 16 septembre 1965. Cette protection est étendue par un autre arrêté : l'école, les circulations intérieures (constituées du hall d'entrée, des rues et des cages d'escalier), la passerelle, et les appartements témoins du sixième étage font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 17 juillet 2000.

Ces deux arrêtés sont annulés et remplacés par la protection suivante : les façades et toitures de l’ensemble, ainsi que les éléments intérieurs précédemment détaillés font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 10 décembre 2001[2]. Des visites du bâtiment et des appartements témoins sont organisés régulièrement par la mairie de Rezé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C'est aussi la plus petite des cinq unités d'habitation corbuséennes
  2. « Notice no PA00108783 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédérique Fromentin et Yveline Pallier, « Grands ensembles urbains en Bretagne », Éditions Apogée, Université de Rennes II - Haute Bretagne, Rennes, 1997, 112 p.
  • Deborah Gans, The Le Corbusier Guide, Princeton Architectural Press, 2006, pp. 136-138
  • Gérard Monnier, Le Corbusier. Les unités d'habitation en France, Belin, coll. « les destinée du patrimoine »,‎ 2002, 240 p. (ISBN 2-7011-2577-4)
  • Jacques Sbriglio, Le Corbusier : l'Unité d'habitation de Marseille et les autres unités d'habitation à Rezé-les-Nantes, Berlin, Briey en Forêt et Firminy, Birkhäuser,‎ 2004 (ISBN 9783764367183), p. 148-150
  • Marilyne Monnier, Le Corbu 1955-2005 Rezé-les-Nantes, Marilyne Monnier,‎ 2005 (ISBN 2-9524188-0-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]