Cisplatine

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Cisplatine
Cisplatine
Cisplatine
Identification
Nom IUPAC cis-diaminedichloroplatine(II)
No CAS 15663-27-1
No EINECS 239-733-8
Code ATC L01XA01
DrugBank DB00515
PubChem 5702198
SMILES
InChI
Apparence cristaux jaunes
Propriétés chimiques
Formule brute H6Cl2N2Pt  [Isomères]
Masse molaire[1] 300,051 ± 0,014 g/mol
H 2,02 %, Cl 23,63 %, N 9,34 %, Pt 65,01 %,
Propriétés physiques
fusion décomposition à 270 °C
Solubilité 2,53 g·l-1 eau
Masse volumique 3,7 g·cm-3 à 20 °C
Précautions
Directive 67/548/EEC
Toxique
T



Transport
668
   3290   
[2]
SIMDUT[4]

Produit non classifié
Classification du CIRC
Groupe 2A : Probablement cancérogène pour l'homme[3]
Écotoxicologie
DL50 32,7 mg·kg-1 souris oral
11 mg·kg-1 souris i.v.
13 mg·kg-1 souris s.c.
6,6 mg·kg-1 souris i.p.
Données pharmacocinétiques
Excrétion

Rénale

Considérations thérapeutiques
Voie d’administration Intraveineuse
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.
Représentation compacte du Cisplatine

Le cisplatine ou cis-diaminedichloroplatine(II) (CDDP) est un complexe à base de platine utilisée dans le traitement de différents cancers tels les sarcomes, carcinomes (cancer du poumon à petites cellules, cancer de l'ovaire, cancer du testicule…), lymphomes. Il appartient à la classe des composés alkylant l'ADN avec le carboplatine et l'oxaliplatine.

Le cisplatine est un complexe qui se fixe sélectivement sur les bases puriques de l'ADN (A ou G) et induit une variation de la conformation locale du double brin d'ADN. Cette déformation inhibe la réplication et la transcription de l'ADN en ARN, et induit par ce biais la mort cellulaire. Différents mécanismes protéiques de réparations de vis-à-vis de la formation d'adduits de cisplatine-ADN existent et reconnaissent certains des adduits formés. La recherche contre le cancer s'appuie sur la cytotoxicité du cisplatine, tout en cherchant de nouveaux moyens de cibler la toxicité sur les cellules cancéreuses (dépourvues de certains mécanismes de contrôle de l'ADN)[5].

Toxicologie[modifier | modifier le code]

Ce produit est un puissant cytotoxique. Il est également toxique pour l'oreille interne (il est classé parmi les produits « ototoxique »[6] , avec éventuelle perte définitive d'audition dans certaines fréquences.

Spécialités à base de cisplatine[modifier | modifier le code]

  • Belgique (réservé à l'usage hospitalier) : Cisplatine Hospira® ; cisplatine TEVA
  • France : CISPLATINE DAKOTA PHARM ; CISPLATINE MERCK ; CISPLATINE TEVA ; CISPLATYL
  • Suisse : Cisplatine «Ebewe» ; Platiblastin®-S ; Platinol®

Limites[modifier | modifier le code]

En cas de surexpression de métallothionéines chez le patient (phénomène normalement observée après intoxication par un ou plusieurs métaux lourds) induit une résistance à un sous-ensemble de médicaments anticancéreux cliniquement importants, dont le Cis-platine, ainsi que le melphalan et le chlorambucil [7] (alors que le 5-fluorouracile ou la vincristine restent efficaces[7]). Or certains cancers peuvent être dus à une intoxication chronique par des métaux ou oxydes métalliques.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. Entrée du numéro CAS « 15663-27-1 » dans la base de données de produits chimiques GESTIS de la IFA (organisme allemand responsable de la sécurité et de la santé au travail) (allemand, anglais), accès le 28 novembre 2008 (JavaScript nécessaire)
  3. IARC Working Group on the Evaluation of Carcinogenic Risks to Humans, « Evaluations Globales de la Cancérogénicité pour l'Homme, Groupe 2A : Probablement cancérogènes pour l'homme », sur http://monographs.iarc.fr, CIRC,‎ 16 janvier 2009 (consulté le 22 août 2009)
  4. « cis-Diamminedichloroplatine(II) » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 24 avril 2009
  5. DNA unwinding produced by site-specific intrastrand crosslinks of the antitumor drug cis-diamminedichloroplatinum(II); Steven F. Bellon, Julia H. Coleman, and Stephen J. Lippard; Biochemistry, 1991, 30 (32), 8026-8035.
  6. Amsallem, P., & Andrieu-Guitrancourt, J. (1985). Étude expérimentale de l'ototoxicité du cisplatinum. In Annales d'oto-laryngologie et de chirurgie cervico-faciale (Vol. 102, No. 5, pp. 365-372). Elsevier Masson.
  7. a et b A Basu, BA Teicher, MP Hacker, DH Hamer et JS Lazo ; Overexpression of metallothionein confers resistance to anticancer drugs ; Science 1988/11/30: Vol. 241 no. 4874 pp. 1813-1815 DOI:10.1126/science.3175622 SL Kelley (Résumé)