Cirque d'hiver de Paris

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Cirque d'hiver de Paris

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Le Cirque d'hiver à Paris.

Type Salle de spectacles
Lieu Paris
Coordonnées 48° 51′ 47.95″ Nord 2° 22′ 02.92″ Est / 48.8633194, 2.3674778
Architecte(s) Jacques Hittorff
Inauguration 1852
Capacité 1 650
Anciens noms Cirque Napoléon
Site web www.cirquedhiver.com

Le Cirque d'hiver de Paris est situé rue Amelot, dans le 11e arrondissement. Construit en 1852 par l'architecte Jacques Hittorff, il était appelé autrefois Cirque Napoléon.

Le cirque d'hiver fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 10 février 1975[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Affiche des années 1890-1900.

Grâce au Duc de Morny, le demi-frère du Prince Louis-Napoléon (futur empereur Napoléon III), l’autorisation de construire est accordée le 17 décembre 1851 à Louis Dejean, déjà propriétaire du Cirque d'été (devenu Cirque de l'Impératrice) situé dans le carré Marigny des Champs-Élysées.
C’est à Jacques Hittorf, architecte du Cirque d'été et de la gare du Nord, que fait appel Dejean pour concevoir le nouvel édifice. Son plan est un polygone à vingt côtés percés de 40 fenêtres, d'un diamètre de 42 mètres, avec une charpente en bois sans point intermédiaire. Sa salle, éclairée de 21 lustres à gaz, conçue à l'origine pour accueillir 5 900 personnes, verra sa capacité actuelle ramenée à 1 650 places suivant les normes de sécurité incendie contemporaines. Le Cirque Napoléon se dessine sur des décorations intérieure et extérieure confiées aux grands sculpteurs et peintres de l’époque : James Pradier pour le bas-relief des amazones : Francisque Duret et Astyanax-Scévola Bosio pour les guerriers à cheval ; Gosse ; Barrias.

Les travaux débutent le 17 avril 1852 et vont durer 8 mois. C’est le Prince Louis-Napoléon qui inaugure, le 11 décembre 1852, ce cirque voué pour l’essentiel à l’art équestre et auquel il va prêter son nom.
Franconi et Baucher en seront les régisseurs.

Le 12 novembre 1859 marque les débuts du Toulousain Léotard, premier « artiste volant », qui invente l’art du trapèze volant.

En 1870, Victor Franconi en reprend l'administration, suivi par son fils Charles, de 1897 à 1907. Le Cirque Napoléon devient Cirque National pour laisser, en 1873, la place au Cirque d’Hiver.

En 1907, les globes électriques illuminent le Cirque ; c’est la fin des lustres à gaz. C'est à cette date également que Pathé fait son apparition au Cirque transformé en « Temple de l’Art Nouveau » ; fauves et crocodiles n’existent plus que sur l’écran.

En 1923, Gaston Desprez le rend à sa destination première. Son arrivée marque la réouverture du Cirque d’Hiver avec un programme de cirque, après une restauration complète du bâtiment. Les gradins en bois sont remplacés par des structures en béton, les peintures sont refaites, les installations électriques et techniques rénovées. Sous sa direction, les Fratellini deviennent directeurs artistiques.

Le 28 octobre 1934, les quatre frères Bouglione reprennent le Cirque d’Hiver, payé comptant en pièces d'or ; c’est le début d’une passion que rien n’arrêtera. Le nom de Bouglione devient inséparable de ce lieu mythique où tous les grands artistes se produisent, de Pauline Borelli, la première dompteuse, à l’écuyère Émilie Loisset, de Léotard à Lilian Hetzen, des Fratellini à Grock et Zavatta, d’Alex à Pipo, d’Albert Rancy à Gilbert Houcke…

De 1931 à 1958, le Cirque d'hiver présente périodiquement des spectacles narratifs reprenant la tradition de la pantomime, oubliée en France depuis la Première Guerre mondiale. En 1933, la direction du Cirque fait construire une piste nautique spécialement pour ces spectacles, « opérettes de cirque à grand spectacle féerique et nautique » selon les programmes, pour la plupart mises en scène par Géo Sandry, avec une musique de Raymond Brunel.

La première et unique représentation au Cirque d'hiver de Tarzan le maître de la jungle eut lieu le 13 octobre 1933.

« La Perle du Bengale », « La Princesse Saltimbanque », « Les Aventures de la Princesse de Saba », sont trois pantomimes célèbres, spectacles grandioses dans lesquels les Bouglione sont passés maîtres.

La partie clownesque de ces spectacles réunissait les plus grands clowns de l'époque : les frères Fratellini dans Les Fratellini en Afrique en 1933 et Les Diamants du Radjah en 1934, Antonet et Beby dans La Reine de la Sierra en 1935, et surtout Achille Zavatta qui y fit ses débuts et y connut ses premiers succès. Il forma un duo avec Despard dans La Perle du Bengale et La Princesse saltimbanque en 1936, dans Le Courrier du Texas en 1937 et dans Les Aventures de la princesse de Saba en 1938 ; ainsi qu'avec son frère Michel dans L'Idole de Shanghai en 1939.

En 1954, Gilles Margaritis crée son émission de télévision La Piste aux étoiles dans la salle du Cirque d'hiver.

En 1955, Carol Reed y tourne « Trapèze » avec Gina Lollobrigida, Burt Lancaster et Tony Curtis.

Les Bouglione ont donné au Cirque d'hiver des spectacles de cirque régulièrement jusqu'en 1984. L'écurie et la ménagerie sont depuis moquettées et servent de salle de réception.

Des spectacles variés se succèdent, des comédies musicales, des tours de chant, des récitals, des fantaisies, comme « Émilie Jolie » (1985), « Barnum » (1981), « Les Aventures d'Astérix » (1988), Jacques Higelin (1982 et 1994), Guy Bedos (1986 et 2006), Diane Dufresne avec Dioxine de carbone (1984)…, et aussi le Cirque Chinois (1989), le « Festival Mondial du Cirque de Demain » fondé en 1977, le « Cirque du Soleil » pour le spectacle Cirque réinventé (1990), le spectacle nautique de Muriel Hermine « Crescend'O » (1997).

En 1999, la nouvelle génération Bouglione reprend le flambeau et insuffle au Cirque d’Hiver un vent de renouveau, renouant avec les succès. Le Cirque d'hiver accueille à nouveau une saison de cirque, produisant chaque hiver et pour plusieurs mois un spectacle de cirque traditionnel : ce sont « Salto » (1999), « Piste » (2000), « Trapèze » (2001), « Le Cirque » (qui célébrait en 2002 l’anniversaire des 150 ans du monument), « Voltige » (2003), « Bravo » (2004), « Audace » (2005), « Artistes » (2006), « Vertige » (2007), « Etoiles » (2008), « Festif » (2009), « Prestige » (2010), « Virtuose » (2011) « Eclat » (2012), « Phénoménal » (2013) et " Géant" ( 2014) .

Outre le cirque proprement dit, le Cirque d'hiver accueille, à l'occasion, des meetings politiques de tous bords et des spectacles variés.

Accès[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par la station de métro Filles du Calvaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. « Notice no PA00086530 », base Mérimée, ministère français de la Culture.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Sampion Bouglione & Marjorie Aiolfi, Le Cirque d’Hiver, Flammarion, Paris, 2002. (ISBN 2-08-010798-4).

Lien externe[modifier | modifier le code]