Cirque Flaminius

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Cirque Flaminius
Le cirque Flaminius sur une gravure de 1699.
Le cirque Flaminius sur une gravure de 1699.

Lieu de construction Champ de Mars
Date de construction Dédié dès 221 av. J.-C.
Ordonné par Caius Flaminius Nepos
Type de bâtiment Cirque romain puis macellum
Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
Planrome2b.png
Cirque Flaminius

Localisation du cirque dans la Rome antique (en rouge)

Coordonnées 41° 53′ 33″ N 12° 28′ 37″ E / 41.892598, 12.47697141° 53′ 33″ Nord 12° 28′ 37″ Est / 41.892598, 12.476971  
Liste des monuments de la Rome antique
Le Circus Flaminius, en haut à gauche, sur la maquette d'Italo Gismondi.

Le cirque Flaminius (en latin : Circus Flaminius) est une vaste esplanade qui a pu servir de cirque, située à Rome au sud du Champ de Mars. À partir de la deuxième moitié du IIe siècle av. J.-C. cette zone du Champ de Mars est progressivement urbanisée de manière monumentale et tout autour de l'esplanade sont construits de nombreux sanctuaires et portiques qui conservent la même orientation.

Localisation[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1960, le Circus Flaminius est localisé près du théâtre de Balbus, mais cette localisation a été révisée depuis par une étude du plan de Rome sévérien en marbre, la Forma Urbis[m 1]. Finalement, le Circus Flaminius est localisé dans la zone méridionale du Champ de Mars comprise entre le théâtre de Marcellus, la piazza Cairolli, la via del Portico di Ottavia et le Tibre (voir le plan)[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les auteurs antiques, principalement depuis l'époque augustéenne[m 2], se réfèrent généralement au Circus Flaminius pour situer des monuments proches en utilisant l'expression in circo Flaminio[2]. Le Circus Flaminius pourrait être à l'origine une simple enceinte circulaire délimitant l'étendue du Champ de Mars archaïque. L'expression antique indiquerait alors qu'un monument a été construit dans cette délimitation ou à proximité immédiate[3].

En 220 av. J.-C., Caius Flaminius Nepos, bâtisseur de la Via Flaminia, plusieurs fois consul et censeur, fait construire dans la partie méridionale du Champ de Mars un cirque qu'il associe très tôt avec les activités de la plèbe[1]. Ce cirque tient alors une grande place dans la vie publique, même s'il est de dimensions plus modestes que le Circus Maximus. Il accueille les conciles plébéiens et devient le point de départ des cortèges triomphaux. Les jeux plébéiens instaurés par Caius Flaminius Nepos à partir de 216 av. J.-C. (Ludi Plebeii), s'y déroulent aussi[1],[4].

Vers le début de l'Empire romain, le cirque Flaminius semble perdre son rôle exclusif de cirque et devient également une place, puis un marché (macellum). Cependant, jusqu'au milieu du IIe siècle, le cirque est régulièrement mentionné. En 9 av. J.-C., c'est dans le cirque que sont prononcées les oraisons funèbres du défunt Drusus[5]. Quelques années plus tard, à l'occasion de la consécration du temple de Mars Ultor en 2 av. J.-C., Auguste fait mettre partiellement en eau le cirque pour un spectacle où 36 crocodiles sont massacrés[a 1]. Durant son règne, Vespasien semble se servir du cirque lors d'une procession triomphale. Puis en 145 ap. J.-C., le cirque est de nouveau mentionné comme étant le lieu où se déroulent les ludi Taurei[5]. Au cours du IVe siècle, Polemius Silvius indique toujours l'existence de deux cirques à Rome, le Maximus et le Flaminius (circi duo, Maximus et Flaminius)[5].

Description[modifier | modifier le code]

Sur la Forma Urbis, le Circus Flaminius, qui n'est pas directement mentionné, correspondrait à une zone rectangulaire libre de construction sans qu'on puisse reconnaître des éléments spécifiques à l'architecture des cirques romains[6]. Cette particularité amène à penser que l'édifice a été démoli, partiellement ou totalement, entre la fin de la République et l'époque sévérienne. Mais la démolition d'un tel édifice aurait certainement laissé des traces dans les sources littéraires et épigraphiques étant donné son ampleur[5].

Selon une autre hypothèse, le cirque n'est pas construit de façon permanente, mais selon les besoins. Ainsi, même s'il est encore utilisé pour les ludi Taurei de 145 ap. J.-C., il pourrait avoir été démonté et ne pas apparaître sur le plan de marbre, ni sa forme ni son nom, moins de 50 ans plus tard[2]. Selon cette hypothèse, il s'agirait d'une structure en bois, à l'image de l'amphithéâtre de Néron[5]. L'esplanade sur le Champ de Mars est conservée libre de construction afin de pouvoir construire un édifice qui pourrait alors s'adapter à toutes formes de spectacles[5]. Certains monuments ont empiété partiellement sur l'espace du Circus Flaminius, comme le temple des Dioscures in circo, mais ils devaient pouvoir être intégrés aux gradins en bois, comme les sanctuaires présents dans le Circus Maximus[7].

À partir du Ier siècle av. J.-C. et durant tout l'Empire, toute une série d'édifices sont élevés aux alentours. Il s'agit de portiques, de théâtres ou de temples comme le portique d'Octavie, le théâtre de Marcellus ou encore le temple de Neptune. La place devient l'élément central de l'ensemble et détermine l'orientation de toute cette zone, parallèle au Tibre. L'ancien cirque donne son nom à la Regio IX du découpage administratif de Rome réalisé par Auguste[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Sources modernes :
  1. a, b, c et d Coarelli 1998, p. 187, 190-191.
  2. a et b Zevi 1976, p. 1047.
  3. Wiseman 1974, p. 3.
  4. Coarelli 2007, p. 267.
  5. a, b, c, d, e et f Zevi 1976, p. 1049.
  6. Zevi 1976, p. 1048.
  7. Zevi 1976, p. 1049-1050.
  • Autres sources modernes :
  1. G. Gatti, « Dove erano situati il teatro di Balbo e il circo Flaminio », Capitolium, vol. XXXV, no 7,‎ 1960, p. 3
  2. B. Olinder, « Porticus Octavia in circo Flaminio », Acta Inst. Rom. Suec., vol. 8, no XI,‎ 1974, p. 17
  • Sources antiques :
  1. Dion Cassius, Histoire romaine, XXXVIII, 10

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Filippo Coarelli (trad. Roger Hanoune), Guide archéologique de Rome, Hachette,‎ 1998 (ISBN 2012354289)
  • (en) Filippo Coarelli, Rome and environs : an archaeological guide, University of California Press,‎ 2007, 555 p. (ISBN 978-0-520-07961-8)
  • (it) F. Zevi, « L’identificazione del tempio di Marte in circo e altre osservazioni », L’Italie préromaine et la Rome républicaine. Mélanges offerts à J. Heurgon, Rome, vol. 2,‎ 1976, p. 387-410 (lire en ligne)
  • (en) T. P. Wiseman, « Circus Flaminius », PBSR, vol. XLII,‎ 1974

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Plan intemporel du Champ de Mars méridional