Cinglage (sidérurgie)

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En sidérurgie, le cinglage est une opération consistant à marteler une loupe ferreuse de manière à en extraire les scories. Pour faciliter l'expulsion des scories de la matrice métallique, le cinglage se déroule à chaud (pour que les scories soient liquides) et consiste en une compression de la loupe.

Le cinglage (aussi appelé martelage[1]) permet de transformer la loupe, un mélange de métal et de scories, en un bloc de métal exempt d'inclusions. Réalisée par le forgeron, il s'agit donc d'une opération s'intercalant entre le « refoulement », qui se fait manuellement et a pour objectif de créer la loupe[1], et le forgeage, qui permet d'obtenir le corroyage et la forme géométrique désirés. Cette opération demande un bon savoir-faire car il faut travailler la loupe pour en chasser le maximum de scories, sans que celle-ci ne se désagrège :

« Obtenir, dans une loupe de fer spongieux, le même degré de propreté et d'homogénéité que la fusion détermine dans les lingots de métaux fusibles, tel est le but essentiel que doit se proposer un bon cinglage. […]

Dans cette première partie de l'élaboration mécanique du fer, on vise donc à la condensation de la matière métallique et l'on doit éviter l'étirage.
Il n'en est plus de même quand il s'agit de profiler le fer, de le transformer un lopin cinglé en une barre d'une certaine longueur et d'une section déterminée. […] Si l'on veut de la ténacité dans les barres, il ne faut les étirer qu'après un cinglage ou un soudage parfait, surtout lorsque l'appareil d'étirage n'est capable que d'une compression transversale limitée[2]. »

— Grüner & Lan, État présent de la métallurgie en Angleterre, p. 411-412


Pendant toute la durée du cinglage, la loupe est exposée à l'air. L'oxydation du fer provoque une perte de métal, pendant que le refroidissement gêne à la fois l'écoulement des scories et la soudure du fer. Ce refroidissement étant d'autant plus rapide que la loupe est petite, il est donc préférable de disposer d'outils puissants. Cette opération a donc été mécanisée très tôt, au IIe siècle en Chine et au XIIe siècle en Europe, avec l'utilisation de martinets mus par l’énergie hydraulique. En 1841, l'invention du marteau-pilon permet à la fois le cinglage et le forgeage précis de grandes pièces :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jacques Corbion (préf. Yvon Lamy), Le savoir… fer — Glossaire du haut-fourneau : Le langage… (savoureux, parfois) des hommes du fer et de la zone fonte, du mineur au… cokier d'hier et d'aujourd'hui,‎ 1989, p. C52
  2. M. Grüner et M. Lan, État présent de la métallurgie en Angleterre, Dunod éditeur,‎ 1862 (lire en ligne), p. 411-412

Articles connexes[modifier | modifier le code]