Cinéma azerbaïdjanais

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Le cinéma azerbaïdjanais désigne la production cinématographique de l'Azerbaïdjan. Le cinéma azerbaïdjanais est des premiers cinémas dans le monde et une cinématographie nationale a été créée dans les années 1920.
Il a connu une importante crise durant les années 1990 et compte, depuis les années 2000, de nouveau prolifique.

Histoire[modifier | modifier le code]

C’est un Français, industriel dans le domaine du pétrole, qui a introduit le cinéma en Azerbaïdjan, qui était alors une partie de l'Empire russe, en 1898. Alexandre Michon, fondateur du premier cercle photographique de Bakou, auteur de nombreux témoignages photographiques sur la vie quotidienne de la ville et sur l’exploitation pétrolière entre 1879 et 1905, a commencé à filmer la capitale azérie à partir de 1898. La première projection de ces documantaires sur le quotidien local a eu lieu le 1er août 1898 à Bakou. Le cinéma venait de faire son entrée en Azerbaïdjan. Poursuivant et enrichissant la technique documentaire de Michon, Vasil Amachoukeli, l’un des fondateurs du cinéma géorgien, réalise à son tour toute une série de films documentaires sur Bakou entre 1907 et 1910.

Le premier studio de cinéma à Bakou établies dans les années 1920. L'emplacement du studio était derrière au Palais du Gouvernement de Bakou (en haut à droite). Le bâtiment n'existe plus.

En 1915, une compagnie belge ouvre à Bakou la première entreprise de production cinématographique du pays. Les réalisateurs invités sont essentiellement russes, le pus connu d’entre eux étant Boris Svetlov, auteur en 1916 de « Dans le Domaine du Pétrole et des Millions », dans lequel jouait le célèbre acteur azéri Huseyn Arablinski. Dans les premières fictions tournées en Azerbaïdjan, les rôles de femmes sont tenus par des hommes ou, à la rigeur, par des femmes russes. Les femmes azéries à cette période, encore voilées et souvent cofinées au foyer, n’ont à l’époque pas leur place dans les castings. Les années de 1910 à 1920 sont particulièrement productives pour le cinéma azéri. Une vingtaine de films sont tournés au cours de cette décennie, qui révèle un réalisateur d’envergure, Abbas Mirza Charifzadé. À partir de 1920, la production cinématographique azérie est nationalisée et entièrement contrôlée par l’administration de l'Union soviétique. Une compagnie de production cinématographique est créée (Azerbaïdjanfilm), supervisée dès 1923 par l’Institution des Photographies et des Films d’Azerbaïdjan à la fois bureau de censure et directeur politique. Jusqu’à la chute de l'Union soviétique, c’est donc l’idéologie qui domine le contenu des scénarios de films, même si celle-ci se fonde parfois sur des légendes ou des traditions locales.

Huseyn Arablinski, célèbre acteur azéri de début du XX siècle.

Les années suivant la Seconde Guerre mondiale sont dominées par la production de comédies musicales, dont le précurseur Rza Takhmassib avec son « Colporteur de tissus ». Les années de 1950 à 1960 marquent une diversification des genres et des thématiques, avec la réalisation de films d’horreur, de westerns, de mélodrames, de contes et de films historiques. La caractéristique commune à cette période est la forte empreinte poétique des scénarios azéris. Les années 1970 sont particulièrement prolifiques, avec la réalisation de 45 films, dont la majorité traite d’événements historiques azéris. Les années 1980 voient l’apparition de thèmes plus sociaux, liés à une quête d’identité azérie et au pessimisme croissant face à l’effritement du bloc soviétique. Toute cette période soviétique est dominée par des Azéris formés en Russie, qu’ils soient réalisateurs, acteurs ou techniciens. Les scénarios sont soumis à une censure impitoyable (un peu plus souple pour les films dit de la perestroïka, sous le règne de Mikhaïl Gorbatchev entre d'avril 1985 à décembre 1991), ce qui n’exclut pas une production parfois de qualité. Ainsi le film « Painful Roads » réalisé par Tofiq Ismailov en 1982, a été choisi en 1989 par un groupement de producteurs américains comme l’un des 17 meilleurs films soviétiques.

Premier film soviétique d'Azerbaïdjan, « Légende de la Tour Vierge » (1924).

Depuis l’indépendance de l'Azerbaïdjan en 1991, particulièrement pendant les années 1990, le cinéma azéri était en panne sèche. Le manque de qualifications et l’absence de moyens financiers avait mis une halte drastique à la production locale. Le pays s’enorgueillit néanmoins d’un Oscar du cinéma obtenu par Rustam Ibragimbekov scénariste de « Soleil trompeur » réalisé par Nikita Mikhalkov. L’indépendance de l'Azerbaïdjan permet l’apparition de films politiques, centrés sur l’histoire récente ou sur les événements contemporains touchant l’Azerbaïdjan : la guerre du Haut-Karabagh entre 1988 et 1994 y compris le massacre de Khodjaly par les troupes arméniennes en 1992 et le Janvier Noir, une massacre par les troupes soviétiques en 1990, sont ainsi régulièrement traités par les réalisateurs azéris. Le principal réalisateur depuis l'indépendance est Rasm Odjakov, auteur du mélodrame « Takhmina », en 1993, et de la tragi-comédie « Une version d’Istanbul », en 1995. Actuellement, une toute jeune génération commence à émerger: Vaqif Mustafayev, Ayaz Salayev et Yaver Rzayev font partie des jeunes réalisateurs qui tentent d’explorer de nouvelles voies pour le cinéma azéri.

« The Oil Gush in Balakhany », le premier film produit en Azerbaïdjan et l'un des premiers films dans le monde (1898).

En 2002, le réalisateur iranien Mehdi Parizad, a tourné un documentaire sur la réalisation de films azéris.

Le 10 janvier 2005, une partie sur le cinéma azéri s'est ouvert au Musée des Arts Contemporains de Téhéran.

Festivals[modifier | modifier le code]

Créé par Rustam Ibragimbekov, le Festival international du film de Bakou décerne chaque année en septembre, et c'est le plus grand festival de cinéma du Caucase.

Cinéastes d'avant 1955[modifier | modifier le code]

  • Aga Rza Kuliev (1898-) : Les amis (1934), Le nouvel horizon (1940), Le fils de la patrie (1941), Bakhtiar (1942), Les rochers noirs (1956), Le matin (1960)
  • Aleksandr Litvinov (1898-) : Le mineur pétrolier au repos et à la cure (1924), Oeil pour oeil, gaz pour gaz (1924), Sur divers rivages (1926)
  • Abas-Mizra Sarif-Zade (Safirov) (1892-1937) : Au nom de Dieu (1925), Gadji-Kara (1928), Le jeu de l'amour (1936)
  • Rza Abas-Kuli-Ogly Tahmasib (1894-) : Saboukhi (1941), Une famille (1943), Archin mal-alan (1945), Les feux de Bakou (1950), Ainsi naît une chanson (1957)

Principaux metteurs en scène 1955-1980[modifier | modifier le code]

  • Azder Ibragimov (1919-) : Amis d'enfance (1957), Son grand cœur (1959), Une fois en automne (1962), Deux soldats (1962), Les 26 commissaires de Bakou (1965), Les affaires de cœur (1973), Mon amour, ma tristesse (1975)
  • El'dar Tofik-ogly Kouliev (1941-) : Il était une fois (1967), Dans cette ville du sud (1970), La principale interview (1969), Fillettes, le bonheur est pour vous (1972), Vent arrière (1973), Coeur, coeur... (1975), La baie de la joie (1977), Babek (1979)
  • Samil Mahmudbekov (1924-) : Romeo, mon voisin (1963), La noiraude (1965), Terre, mer, feu, ciel (1967), Le pain partagé (1969)
  • Ljatif Basir-ogly Safarov (1920-1963) : La chanson préférée (1955), Sous un ciel torride (1957), Le dit de l'amour (1961)
  • Gasan Seidbejli (1920-) : La téléphoniste/standardiste (1962), L'île des miracles (1963), Pourquoi te tais-tu ? (1966), Je me souviens de toi, maître (1969), Chercher la femme (1970), Nassimi (1973), Le prix du bonheur (1976)
  • Tofik Tagi-Zade (1919-) : Rencontre (1955), Rives lointaines (1958), Un ami véritable (1959), Je vais danser (1962), Archin mal-alan (1965), Je n'étais pas une beauté (1968), Mes sept fils (1970), La lumière des feux de camp éteints (1975)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael G. Smith, "Cinema for the Soviet East: National Fact and Revolutionary Fiction in Early Azerbaijani Film", Slavic Review Vol. 56 No. 4 (Winter 1997), p. 645–678.
  • (en) Robin L. Murray, Heumann, Joseph K., Ecology and popular film: cinema on the edge, Albany, SUNY Press,‎ 2009, poche (ISBN 978-0-7914-7678-9, lire en ligne), p. 23
  • (fr) Myriam Tsikounas, Les Origines du cinéma soviétique, Cerf, 1992, collection « Septième Art », 244 pages (ISBN 2204045616). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr) Marc Ferro, Cinéma et histoire, Paris, Denoël, 1977, 168 pages, collection "Bibliothèque Médiations". Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr) Marc Ferro, Analyse de film, analyse de sociétés : une source nouvelle pour l'histoire, Paris, Hachette, 1976, 135 pages, collection « Pédagogies pour notre temps » (ISBN 2-07-032805-8). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]