Cimetière huguenot de Dublin

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53° 20′ 19″ N 6° 15′ 17″ O / 53.33863, -6.25486 ()

Le cimetière huguenot de Dublin est situé sur Merrion Street dans le centre de Dublin à proximité de Saint Stephen's Green. Il a été créé en 1693 et rassemble les tombes de 239 huguenots français émigrés en Irlande.

Jean-Paul Pittion, auteur de The Hugenots in Ireland, an Anatomy of an Emigration a sauvé de l'oubli, il y a 25 ans le cimetière[1] où on peut retrouver par leurs noms les 239 huguenots de Dublin[2] enterrés dans une sépulture collective, qui a survécu dans une petite rue près d'un parc, Mansion Row. Lorsque cette communauté s'est installée dans la capitale irlandaise, elle a dopé sa croissance économique et démographique au point d'en faire dès 1700 la deuxième ville de l'empire britannique.

Une partie de ces huguenots servaient dans l'armée franco-néerlandaise de 15 000 hommes dont 3 000 huguenots français réfugiés en Hollande qui a réussi la Glorieuse Révolution de 1688 puis défait en 1690 les troupes Jacobites irlandaises, alliées aux troupes de Louis XIV, à la bataille de la Boyne, dans le sud de l'Irlande[3].

Les paroissiens de l'église de Saint-Luc à Dublin donnèrent la Cloche huguenote, réalisée en mémoire de l'arrivée des Huguenots à Dublin à la cathédrale de Saint-Patrick quand Saint-Luc fut fermée au public en 1975. La chapelle Notre-Dame de Dublin fut aussi utilisée par les Huguenots jusqu'en 1816. Parmi cette communauté, le graveur irlandais Daniel Pomarede (actif en 1742-1765), spécialiste des gravures cartographiques, est issue d'une famille protestante bordelaise[4].

Le quartier de Temple Bar, sorte de quartier latin dublinois était celui des huguenots.

Les huguenots introduisirent à Dublin le tissage de la soie et de la poperline, mélange de laine et de soie. Louis Crommelin venu de Picardie, via la Hollande, fut chargé de développer l’industrie de lin en Irlande. Il s’installa en 1698 à Lisburn, qui comptait déjà de nombreux huguenots, perfectionna les méthodes de culture et introduisit l’usage de l’énergie hydraulique pour actionner les métier a tisser.

Sir Francis Beaufort, à l’origine de l’échelle anémométrique de Beaufort (utilisée pour mesurer la vitesse du vent) et William Dargan, qui construisit la plus grande partie du réseau ferroviaire irlandais, étaient tous deux d’origine huguenote, tout comme James Gandon et Richard Castle, qui ont conçu quelques-uns des plus beaux édifices de l’Irlande.

Beaucoup d’entre eux étaient des artistes de talent, tels James Tabary, concepteur et dessinateur du bois, qui travailla avec ses frères à l'hôpital de Kilmainham, George Du Noyer, miniaturiste qui travailla pour le Service cartographique de l’État et fit le relevé des sites archéologiques, ou encore Gabriel Béranger, qui fit pour l’Académie royale des Antiquités les croquis de vestiges historiques.

Beaucoup se firent un nom dans le monde du théâtre et de la musique de concert en tant que compositeurs, organistes, violonistes et luthiers, chanteurs et danseurs.

Des métiers de l’orfèvrerie, où excellaient, ils évoluèrent vers ceux de la banque.

La chaîne ouvragée du Premier magistrat de Dublin fut réalisée par Jeremiah D’Olier en 1796 : ses fils et petits-fils furent gouverneurs de la Banque d'Irlande.

David la Touche III, dont le grand-père était arrivé avec Guillaume d'Orange en 1690, fut marchand, banquier et membre fondateur de la Banque d’Irlande.

Voici les noms des 239 personnes enterrées en 1693 dans la sépulture collective de Mansion Row qui a failli être démolie (les huguenots avaient un autre cimetière, dans Cathédral lane) :

Alee, Alancon, Alenet, Allaire, Arman, Armingaud, Aubert, Auduoin, Audoyer, Augier, Balaguner, Bally, Barbat, Barbault, Barnet, Barnier, Barré, Basal, Batier, Bazier, Beaulieu, Bereau, Beranger, Bernard, Bernatre, Bertrant, Boileau, Bonnin, Bourdage, Bourgeau, Bourgeois, Boureau, Brocas, Brocard, Brùguyere, Bruneau, Brunel, Buchese, Blanchard de Feyrae, D'Aubessargues, De Belrieu de Virazel, De Blosset de Loche, Bues, Buisson, Bulleau, Butaud, Canier, Carrier, Casal, Castex, Cavalier, Cayre, Chaigneau, Chapeau, Chaperon, Charles, Charretier, Charrurier, Chateau, Clausel, Coilhot, Coipel, Colbran, Constantin, Courré, Croulliane, Dabzac, Danboix, Daniell, Danjeau, Darassus, Dartis, Daudet, David, Daygue, De Blancons, De Belet, De Brasselay, De Gualy, De Laurier, De Laval, De Lescale, Delon, Desbrisay, Desouches, D'Olier, D'Ortous, Drope, Du Bedat, Dubout, Dutour, Dumaresq, Dumas, Du Moulin, Dupee, Duport, Dupuy, Duval, Engles, Erck, Fabré, Favre, Fauché, Farrange, Fontaine, Fournier, Gagnon, Galan, Ganbond, Gardie, Gau, Gaubert, Gerard, Giadelle, Gignoux, Girard, Gouriveau, Goyer, De Boullanse, De Champlorier, De Saint Mesmin, Gradel, Guibal, Guillen, Guion, Guizot, Hanzard, Hurard, Jervais, Jonglas, Joteau, La Bastide, La Bernard, La Coste, La Faye, Lafont, Lanchereau, Landré, Langlade, La Pierre, La Porte, La Roche, La Salle, Lasatte, Lasserre, Latrobe, Laudreau, Lauray, Laureus, Lautar, La Vallée, Lavau, Lebac, Le Bas, Le Blanc, Leger, Le Gout, Le Grand, Le Presleur, Lesperance, Leveraud, Lime, Lonchant, Loret, Luillet, Lunel, Maisouevre, Malet, Mangin, Marboeuf, Marlande, Martin, Martineau, Masse, Masseau, Maurice, Mauze, Mazel, Maziere, Mercier, Merle, Meteyres, Millier, Mimet, Mingaud, Miot, Mocler, Montgrand, Moreau, Mottett, Nicolas, Niyolas, Noyret, Olivier, Pechels, Peirol, Pellissier, Poey, Pomarede, Quartier, Rambaut, Reboul, Rhedon, Richard, Rieusset, Riotor, Rogier, Romieu, Roque, Roussel, Salee, Sancy, Sanderfert, Sandoz, Sanguinede, Sarrasin, Sermant, Soulier, Tallon, Tardy, Terson, Toineau, Travers, Triboulet, Trinquet, Trullié, Vabres, Vallancey, Vallet, Vidal, Vidouze, Vigneau, Vincens, Vispré, Volpiliere, Janssen de Tudebeuf, La Motte Brocás, Martoly de Montaut, Plantier de Montvert.

Notes et références[modifier | modifier le code]