Cimetière des Juifs Portugais de Paris

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Cimetière des Juifs Portugais de Paris
Cimetière israélite de la Villette
Pays France
Région Île-de-France
Ville Paris
Religion(s) judaïsme (Juifs Portugais)
Superficie 0,0424 hectares
Nombre de tombes 28
Mise en service 1780
Date d'abandon 1810
Coordonnées 48° 53′ 12″ N 2° 22′ 23″ E / 48.886667, 2.37305648° 53′ 12″ Nord 2° 22′ 23″ Est / 48.886667, 2.373056  

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Cimetière des Juifs Portugais de Paris

Le cimetière des Juifs Portugais de Paris ou cimetière israélite de la Villette[1] est un ancien cimetière israélite, autrefois destiné à la communauté des Juifs Portugais, se trouvant 44 rue de Flandre[2], dans le 19e arrondissement de Paris. Il fut créé à la fin du XVIIIe siècle sur un petit terrain de l'ancienne commune de la Villette, acquis pour 800 livres par Jacob Rodrigue Pereire, le premier instituteur des sourds-muets en France (il semblerait même qu'il y fut enterré en 1780[3],[4], mais selon l'auteur antisémite Édouard Drumont, il en fut exhumé par sa famille en 1878[5]).

Histoire[modifier | modifier le code]

On a procédé à des inhumations de Juifs à cet endroit avant l'achat de ce terrain par Pereire, mais c'était dans le jardin du bâtiment contigu, au numéro 46. Il s'agissait d'une auberge, L'Étoile, tenue par un dénommé Camot. Elle est ensuite passée en 1773 aux mains d'un équarrisseur, Matard, qui mélangeait les corps des animaux à ceux des défunts. C'est ce qui a poussé Péreire à agir : il a signé le contrat d'acquisition du numéro 44 le 3 mars 1780[6].

La création du cimetière fut autorisée par ordonnance du lieutenant de police de Paris, Lenoir, en date du 7 mars 1780[7], et le premier enterrement eut lieu le 8 mars 1780[8], puis le cimetière ferma le 18 février 1810 quand une section israélite fut ouverte au Père-Lachaise[9].

Le terrain, qui mesure 35 sur 10 mètres[10], d'une superficie de 424 mètres carrés selon le cadastre[11], compte 28 sépultures[5]. Quelque peu délaissé[12], il est inaccessible aux passants car situé dans une cour d'immeuble[13] : pour le visiter, il faut une autorisation du Consistoire israélite de Paris, qui en est propriétaire[8].

Il est inscrit aux monuments historiques depuis l'arrêté du 3 janvier 1966[1] ; c'est le seul établissement religieux qui soit protégé dans cet arrondissement[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « « Cimetière israélite de la Villette » », notice no PA00086764, base Mérimée, ministère de la Culture.
  2. Un panneau de la Ville de Paris raconte l'histoire du cimetière en face du numéro 46 de l'avenue de Flandre.
  3. Félix de Rochegude, Promenades dans toutes les rues de Paris par arrondissement : XIXe arrondissement, Paris, Librairie Hachette,‎ 1910, 40 p., p. 7 [lire en ligne] : « là fut enterré en 1780 Jacob-Rodriguez Pereire, le premier instituteur des sourds-muets en France ».
  4. Ferdinand Berthier, L'abbée de l'Épee, sa vie, son apostolat, ses travaux, sa lutte et ses succès, Paris, Michel Lévy frères,‎ 1852, 413 p., p. 63 [lire en ligne].
  5. a et b Édouard Drumont, La France juive : Essai d'histoire contemporaine, vol. 1, Paris, C. Marpon et E. Flammarion,‎ 1886, 43e éd., p. 253 [lire en ligne].
  6. Roger Berg (préf. Alain Goldmann, post. David Messas), Histoire des Juifs à Paris : De Chilpéric à Jacques Chirac, Paris, Cerf, coll. « L'histoire à vif »,‎ 1997, 392 p. (ISBN 2-204-05507-7), « Création d'un cimetière pour les Portugais », p. 97–98.
  7. Paul Hildenfinger et Société d'histoire de Paris, Documents sur les Juifs à Paris au XVIIIe siècle : Actes d'inhumation et scellés, Paris, Honoré Champion,‎ 1913, p. 4 [lire en ligne] et p. 13 [lire en ligne].
  8. a et b « Rue de Flandre : Un cimetière juif oublié », sur ParisBestlodge.com.
  9. Maxime Du Camp, « La bienfaisance israélite à Paris : I. La Communauté, l'hôpital et les hospices », Revue des deux Mondes, vol. 82,‎ 15 août 1887, p. 721–753 (752).
  10. « L'Histoire : Pas d'abonné au cimetière du Calvaire », Libération,‎ 1er novembre 1997 (lire en ligne).
  11. Parcelle no AP 14.
  12. Albert Mousset, « Un site parisien délaissé, le cimetière des Juifs Portugais », Le Monde,‎ 4 novembre 1952.
  13. « Cimetière juif portugais du XVIIIe siècle dans une cour d'immeuble de l'avenue de Flandre », sur le blog Visites de Paris à vélo ou à vélib, sur Blogspot.
  14. « « Paris XIXe arrondissement : Architecture sacrée » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) », sur quid.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alfred Fierro, Vie et histoire du XIXe arrondissement, Villette, Pont de Flandre, Amérique, Combat : Histoire, anecdotes, curiosités, monuments, musées, jardins, promenades, dictionnaire des rues, vie pratique, Paris, Hervas, coll. « Paris » (no 19),‎ 1987, 154 p. (ISBN 2-903118-29-9), « Le cimetière des Juifs Portugais », p. 76.
  • Michel Fleury, « Le cimetière juif de la rue de Flandre », dans Béatrice de Andia (dir.) et Simon Texier (dir.), Les canaux de Paris, Paris, Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris, coll. « Paris et son patrimoine »,‎ 1994, 221 p., publ. à l'occasion de l'exposition présentée à la mairie du 10e arrondissement en 1994, p. 63–66.
  • Agnès Pellerin, Anne Lima (collab.) et Xavier Castro (collab.) (ill. Irène Bonacina), Les Portugais à Paris : Au fil des siècles & des arrondissements, Paris, Chandeigne,‎ 2009, 254 p. (ISBN 978-2-915540-35-2), « Rue de Flandre, no 44 : Le cimetière des Juifs Portugais », p. 185–188.