Cimetière de Djoulfa

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Cimetière de Djoulfa
Ջուղայի գերեզման (hy)
Image illustrative de l'article Cimetière de Djoulfa
Le cimetière en 1915.
Pays Azerbaïdjan
République autonome Nakhitchevan
Ville Djoulfa
Religion(s) Christianisme arménien
Superficie 1,6 hectares
Coordonnées 38° 58′ 27″ N 45° 33′ 53″ E / 38.974172, 45.56480338° 58′ 27″ Nord 45° 33′ 53″ Est / 38.974172, 45.564803  

Géolocalisation sur la carte : Azerbaïdjan

(Voir situation sur carte : Azerbaïdjan)
Cimetière de Djoulfa

Le cimetière de Djoulfa ou Djougha (en arménien Ջուղայի գերեզման) était un cimetière arménien situé à l'ouest de la ville de Djoulfa en République du Nakhitchevan en Azerbaïdjan, sur la frontière avec l'Iran. Ce cimetière était le plus grand cimetière de khatchkar de l'Arménie historique (10 000 exemplaires au début du XXe siècle, 3 000 avant sa destruction). La plupart des khatchkars, en tuf rouge, hauts et étroits, datait de la fin du XVIe au début du XVIIe siècle et était le produit d'une école spécifique. Le cimetière fut entièrement détruit par l'Azerbaïdjan de 1998 à 2005.

Situation[modifier | modifier le code]

L'emplacement du cimetière se situe non loin à l'ouest de la ville de Djoulfa[1] (raion de Djoulfa), en République du Nakhitchevan (province historique arménienne du Vaspourakan selon le géographe arménien du VIIe siècle Anania de Shirak[2]) en Azerbaïdjan, sur la frontière avec l'Iran[3]. Le cimetière couvrait une superficie de 1 600 m2 et s'étendait jusqu'à l'Araxe, sur trois collines[1].

Cimetière de khatchkars[modifier | modifier le code]

Ce cimetière était le plus grand cimetière de khatchkars de l'Arménie historique[4] (10 000 exemplaires au début du XXe siècle, 3 000 avant sa destruction[5]). La plupart des khatchkars, en tuf rouge, hauts et étroits, datait de la fin du XVIe au début du XVIIe siècle et était le produit d'une école spécifique[6]. Le plus vieux remontait cependant à 1160[7], et d'autres de la fin du XVe siècle[8]. D'autres enfin ont été réalisés jusqu'au XVIIIe siècle[9].

Destruction[modifier | modifier le code]

La destruction du cimetière après la période soviétique débute en 1998 avec la destruction de 800 khatchkars, arrêtée à la suite de protestations de l'UNESCO[12]. Le cimetière est cependant entièrement rasé en 2002 et 2005[4] en « une opération de destruction planifiée par le gouvernement d'Azerbaïdjan », filmée et photographiée depuis la frontière iranienne[13]. Cette destruction s'inscrit dans une tentative azerbaïdjanaise d'effacer la présence historique arménienne au Nakhitchevan[14].

L'Azerbaïdjan nie la destruction. Le président Ilham Aliev qualifie l'accusation de mensonge et de provocation[15] et selon Hasan Zeynalov, alors représentant permanent du Nakhitchevan à Bakou, « les Arméniens n'ont jamais vécu au Nakhitchevan, une terre azerbaïdjanaise depuis les temps immémoriaux, et c'est pourquoi il n'y a ni cimetières ni monuments arméniens, et il n'y en a jamais eu »[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « The History and Art of the Djulfa Cemetery », sur Djulfa Virtual Memorial and Museum (consulté le 18 juin 2012).
  2. (en) Robert H. Hewsen, Armenia: A historical Atlas, The University of Chicago Press, Chicago et Londres, 2001 (ISBN 0-226-33228-4), p. 103.
  3. (en) Jurgis Baltrušaitis et Dickran Kouymjian, « Julfa on the Arax and its funerary monuments », dans Dickran Kouymjian (dir.) Armenian Studies — Études arméniennes in memoriam Haïg Berbérian, Calouste Gilbenkian Foundation, Lisbonne, 1986, p. 9-10 [lire en ligne (page consultée le 18 juin 2012)].
  4. a et b Jannic Durand, Ioanna Rapti et Dorota Giovannoni (dir.), Armenia sacra — Mémoire chrétienne des Arméniens (IVe ‑ XVIIIe siècle), Somogy / Musée du Louvre, Paris, 2007 (ISBN 978-2-7572-0066-7), p. 160.
  5. Jannic Durand, Ioanna Rapti et Dorota Giovannoni (dir.), op. cit., p. 314.
  6. Patrick Donabédian et Jean-Michel Thierry, Les arts arméniens, Éditions Mazenod, Paris, 1987 (ISBN 2-85088-017-5), p. 313.
  7. Jannic Durand, Ioanna Rapti et Dorota Giovannoni (dir.), op. cit., p. 371.
  8. Jannic Durand, Ioanna Rapti et Dorota Giovannoni (dir.), op. cit., p. 370.
  9. (hy+ru+en) Levon Azarian, Խաչքարեր / Хачкары / Armenian Khatchkars, Editions Erebuni, Erevan, 1978 (ASIN B000TD1OSK), p. 31.
  10. a et b Patrick Donabédian et Jean-Michel Thierry, op. cit., p. 434.
  11. (hy+ru+en) Levon Azarian, op. cit., no 196.
  12. (en) « ICOMOS World Report 2002-2003 on monuments and sites in danger (« Azerbaijan ») », sur ICOMOS (consulté le 18 juin 2012).
  13. Gabriella Uluhogian, Boghos Levon Zekiyan, Vartan Karapetian (dir.), Arménie : Impressions d'une civilisation, Skira, Milan, 2011 (ISBN 978-88-572-1245-6), p. 75.
  14. a et b (en) Sarah Pickman, « Tragedy on the Araxes », sur Archaelogy,‎ 30 juin 2006 (consulté le 18 juin 2012).
  15. (en) IWPR staff, « Azerbaijan: Famous Medieval Cemetery Vanishes », sur http://iwpr.net/,‎ 27 avril 2006 (consulté le 18 juin 2006).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (hy+ru+en) Levon Azarian, Խաչքարեր / Хачкары / Armenian Khatchkars, Éditions Erebuni, Erevan, 1978 (ASIN B000TD1OSK).
  • (en) Jurgis Baltrušaitis et Dickran Kouymjian, « Julfa on the Arax and its funerary monuments », dans Dickran Kouymjian (dir.) Armenian Studies — Études arméniennes in memoriam Haïg Berbérian, Calouste Gilbenkian Foundation, Lisbonne, 1986, p. 9-53 [lire en ligne (page consultée le 18 juin 2012)].

Liens externes[modifier | modifier le code]