Cimetière Saint-Pierre

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Cimetière Saint-Pierre
Image illustrative de l'article Cimetière Saint-Pierre
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Ville Marseille
Religion(s) Catholique, protestant, juif, musulman
Superficie 63 hectares
Mise en service 1856
Coordonnées 43° 17′ 28″ N 5° 24′ 45″ E / 43.291208, 5.412508 ()43° 17′ 28″ Nord 5° 24′ 45″ Est / 43.291208, 5.412508 ()  

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Cimetière Saint-Pierre
Personnalités enterrées
Gaston Defferre, Edmond Rostand, André Roussin, Adolphe Monticelli, Jean Bouin

Avec ses 63 hectares, le cimetière de Saint-Pierre est le plus grand cimetière de la ville de Marseille. C'est la troisième nécropole de France après Pantin (130 hectares) et Thiais (106 hectares)

Historique[modifier | modifier le code]

Contrairement à l’époque grecque et romaine où les sépultures se trouvaient à l’extérieur des villes, les inhumations s’effectuent du Moyen Âge jusqu’au XVIIIe siècle dans des cimetières à l’intérieur des villes et même à l’intérieur des églises pour les ecclésiastiques et les nobles. Aux environs de 1770 l’offensive contre les inhumations urbaines commence, à Marseille comme ailleurs. En 1771 parait chez Mossy l’ouvrage du docteur Olivier, au titre explicite : « Sépultures des Anciens, où l’on démontre qu’elles étaient hors des villes, l’on donne les moyens de revenir à l’ancien usage et l’on expose les effets de la putréfaction sur l’air et sur nous ». Le but de l’auteur est clair : « En exposant au public les dangers dans les églises et les villes, j’ai voulu le prémunir contre ces abus que la coutume, le préjugé et la vanité soutiennent »[1].

Une ordonnance royale du 10 mars 1776 interdit d’inhumer dans les églises ; elle prévoit que les cimetières devenus insuffisants soient agrandis et que ceux placés dans l’enceinte des habitations soient portés, autant que les circonstances le permettent en dehors de l’enceinte des villes[2]. Cette ordonnance qui supprime le choix du lieu de sépulture dans une église en imposant le cimetière ne fait qu'accélérer une évolution en cours[3].

Pour satisfaire cette nouvelle réglementation, la ville de Marseille achète du 9 octobre 1819 au 16 décembre 1820 plusieurs terrains d'une superficie totale de 87 730 m2 pour y créer le cimetière qui prendra le nom de Saint Charles, celui du quartier. C’est alors le seul lieu de sépulture reconnu, les autres, situés près des églises étant simplement tolérés. Mais ce cimetière est très vite condamné car il ne peut plus s’étendre. Il est en effet contourné par la nouvelle voie ferrée et se trouve très vite à l’intérieur de la ville du fait de l’urbanisation qui se développe au XIXe siècle. Un nouveau cimetière, celui de Saint Pierre, est donc créé en 1855 à partir des jardins de plusieurs bastides et aménagé par Sixte Rey. Il est béni le 25 septembre 1855. Celui de Saint Charles est définitivement fermé par décision municipale du 24 mai 1876, confirmée par arrêté préfectoral du 15 juin 1876[4]. Les terrains de cet ancien cimetière Saint Charles serviront notamment à l’implantation de la nouvelle faculté des Sciences.

Malgré une opposition des habitants du quartier qui protestaient contre l’insalubrité qui résulterait de la présence du cimetière[5], la déclaration d’utilité publique est prononcée par décret impérial du 7 avril 1855 et les premières inhumations se font en janvier 1856. Le transfert des dépouilles mortuaires de l’ancien cimetière Saint Charles a lieu de 1856 à 1863 et le préfet Maupas prend un arrêté y interdisant les inhumations le 10 décembre 1863. L’inauguration officielle du cimetière Saint Pierre est effectuée le 30 décembre 1863 par le préfet Maupas et le maire de Marseille Rouvière.

Personnalités enterrées au cimetière Saint-Pierre[modifier | modifier le code]

Artistes[modifier | modifier le code]

Industriels et hommes d'affaires[modifier | modifier le code]

Personnalités politiques et militaires[modifier | modifier le code]

Érudits, hommes de lettres, scientifiques[modifier | modifier le code]

Sportifs[modifier | modifier le code]

Ecclésiastiques[modifier | modifier le code]

Tombes et sculptures remarquables[modifier | modifier le code]

Dans ce cimetière, les monuments remarquables sont nombreux et variés, quelquefois décorés de belles sculptures. On y trouve tout ce que l’art architectural a pu produire de sévères et de gracieux, de triste et de consolant.

Hémicycle et allée principale[modifier | modifier le code]

Dans l’hémicycle situé devant la porte d’entrée principale ainsi que le long de la grande allée bordée de magnolias se trouvent de vastes tombeaux de la bourgeoisie marseillaise de la seconde moitié du XIXe siècle. Parmi les œuvres les plus remarquables de cette zone, il faut retenir deux magnifiques sculptures de André-Joseph Allar : « L’homme à la harpe » et « Une pleureuse ». Derrière cet hémicycle un tombeau émouvant a été édifié à la mémoire d’un poilu de la Première Guerre mondiale, représenté grandeur nature dans son uniforme de soldat ; la signature du sculpteur Honoré qui a réalisé cette œuvre figure sur l’obus de droite.

Parmi les imposants tombeaux de l’allée principale, celui de Camille Olive, négociant en bois, est particulièrement remarquable ; il a été réalisé par Pascal Coste, éminent architecte du palais de la bourse. Ce somptueux mausolée, très différent des autres réalisations de l’architecte, constitue le seul édifice d’inspiration orientale qu’il ait construit dans sa ville natale. Coste a su intégrer à un monument explicitement catholique, des formes décoratives islamiques. Cet édifice se situe entre deux cultures et allie harmonieusement des styles différents ce qui lui donne un aspect inattendu et fascinant. Une jolie frise constituée de croix alternant avec des têtes d’angelots sur le front desquels est posé une étoile, ceinture le monument[6].

Dans cette allée principale se trouve également le tombeau de Clot-Bey, médecin marseillais qui a effectué une grande partie de sa carrière en Égypte. Son tombeau, sorte de chapelle de style oriental, rappelle son séjour au Moyen-Orient et porte la devise « Inter infideles fidelis » soit « Fidèle parmi les infidèles ».

Tombes remarquables
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Sud du cimetière[modifier | modifier le code]

Un des plus beaux monuments du cimetière est celui de la famille Barbaroux qui représente la religion consolant la douleur. Ce groupe est un chef d’œuvre dû à Pierre Travaux, auteur des bas-reliefs des façades latérales du palais de justice de Marseille et des sculptures représentant l’isthme de Suez du bassin du parc du château Borély. C’est le dernier travail de cet artiste mort jeune et dans la gêne. Ce thème de la religion consolant la douleur est repris dans un bas-relief réalisé par R. Bagnasco[7].

La tombe du peintre Claverie est également remarquable car elle est décorée d’une sculpture de Louis Botinelly représentant une jeune femme allongée tenant dans sa main droite une palette de peintre et dans sa main gauche une branche de laurier. Le buste du défunt est placé sur un piédestal. Aux environs se trouvent un bronze de Henri-Édouard Lombard représentant La Charité protégeant l’Enfance et une splendide sculpture d’Auguste Carli représentant l’Envol.

Dans une pinède se trouve la tombe de la chanteuse Gaby Deslys avec une colonne de marbre décorée par une guirlande de fleurs au-dessus de laquelle est placé un médaillon sculpté par Botinelly et la représentant de profil. À côté de cette tombe se trouvent deux statues de Carli.

Tombes remarquables
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Ouest du cimetière[modifier | modifier le code]

L'âme à Dieu.

La pinède du carré 6 constitue un véritable panthéon des gloires marseillaises du Second Empire et des débuts de la Troisième République. Au sommet de cette pinède se trouve le tombeau de l’écrivain et militant républicain Alphonse Esquiros (1814-1875) : c’est une colonne de marbre avec à son sommet un buste sculpté par Lucien Chauvet. Sur l’allée de ceinture de cette pinède on peut admirer un magnifique haut-relief du sculpteur Allar représentant l’âme à Dieu. À proximité se trouve la tombe du peintre Raphaël Ponson (1835-1904) avec un médaillon de son fils Édouard, mort prématurément avant son père, sculpté par Henri-Édouard Lombard.

La tombe du mime Louis Rouffe (1849-1885), père de l’actrice Alida Rouffe qui a jouée dans plusieurs films de Marcel Pagnol, se présente sous la forme d’une très belle colonne de marbre sculptée avec au sommet, la tête du mime grimée en Pierrot et sur le fût un médaillon sculpté par Émile Aldebert le représentant de profil. A quelques mètres est située la sépulture de Jean-Baptiste Rolland dit Rolland de Kessang, explorateur à la fin du XIXe siècle de la presqu’île de Malacca. Il explora cette péninsule afin de fournir au commerce européen les dépouilles d’oiseaux aux riches coloris. Afin de rappeler cette activité, de nombreux oiseaux sont sculptés sur la colonne de marbre de son tombeau.

Le peintre Émile Loubon (1809-1863) est également enterré dans cette partie du cimetière. Sur la colonne surmontant sa tombe est placée une sculpture en bronze représentant une palette de peintre avec des pinceaux. Au sommet est placé un buste de l’artiste sculpté dans un bloc de marbre offert par Jules Cantini et réalisé par un de ses élèves Marius Guindon (1831-1918).

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Boulaméry Odette, Le cimetière Saint-Pierre de Marseille, Editions : Comité du Vieux-Marseille, 1999 (Marseille Alcazar 3e ét. Bibliographie régionale Cote : 712 BOUL MARS)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Régis Bertrand, les cimetières marseillais, Provence historique, tome XXIII, fascicule 92, avril - juin 1973, p. 224, Marseille
  2. Régis Bertrand, les cimetières marseillais, Provence historique, tome XXIII, fascicule 92, avril - juin 1973, p. 226, Marseille
  3. Michel Vovelle, Piété baroque et déchristianisation en Provence au XVIII° siècle, Coll. Civilisations et mentalités, édition Plon, Paris, 1973, p.106
  4. Régis Bertrand, les cimetières marseillais, Provence historique, tome XXIII, fascicule 92, avril - juin 1973, p. 244, Marseille
  5. Pierre Bianco, Saint-Pierre : histoire et évolution d’un quartier marseillais autour de son église, Comité du Vieux Marseille,Deuxième trimestre 1988, n° 38, p. 161
  6. Régis Bertrand, « Le tombeau de Camille Olive », dans Daniel Drocourt et Maurice Culot (dir.) Marseille, la passion des contrastes édition Mardaga, « collection ville » Liège, 1991, p. 259-265, (ISBN 2-87009-474-4)
  7. Bruno Wuillequiey, Denise Jasmin, Luc Georget, Bénédicte Ottinger, Florence Dagousset et Gilles Mihière, Régis Bertrand, Marseille au XIXe, rêves et triomphes, Musées de Marseille (16 novembre 1991-15 février 1992), p. 358, (ISBN 2-7118-2487-X)