Cimetière Beth Haim d'Ouderkerk sur l'Amstel

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Beth Haim
Image illustrative de l'article Cimetière Beth Haim d'Ouderkerk sur l'Amstel
Vue du cimetière, les sépultures sont surmontées de dalles horizontales suivant en cela la tradition sépharade alors que les cimetières ashkénazes contiennent des stèles dressées.
Pays Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
province Hollande-Septentrionale
Ville Ouderkerk-sur-l'Amstel
Religion(s) judaïsme
Superficie 4 hectares
Nombre de tombes 27500
Mise en service 1614
Coordonnées 52° 17′ 44″ N 4° 54′ 18″ E / 52.295556, 4.90552° 17′ 44″ Nord 4° 54′ 18″ Est / 52.295556, 4.905  

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Cimetière Beth Haim d'Ouderkerk sur l'Amstel

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Cimetière Beth Haim d'Ouderkerk sur l'Amstel

Le Cimetière Beth Haim d'Ouderkerk sur l'Amstel est le plus ancien cimetière juif des Pays-Bas encore en usage[1]. Il fut fondé par la communauté juive sépharade d'Amsterdam au début du XVIIe siècle et est situé à quelques kilomètres au sud de cette ville. Les traditions spécifiques de cette communauté en grande partie formée de marranes se retrouvent dans le cimetière.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

La communauté juive amstellodamoise issue des populations sépharades la péninsule Ibérique et arrivée en Hollande au tournant du XVIIe siècle eut de grandes difficultés à obtenir un terrain des autorités municipales de la ville afin de pouvoir enterrer ses membres selon la tradition juive. Des demandes avaient été effectuées successivement en 1606 et en 1608 sans succès, en l'attente de l'obtention de ce terrain les Juifs avaient été enterrés à partir de 1607 à Groet un village situé à plus de 56 km d'Amsterdam et qu'il fallait par mauvais temps deux jours pour atteindre en convoi ce qui entrait en contradiction avec la loi juive qui statue que l'on doit procéder aux enterrements dans les plus brefs délais après le décès[2].

Finalement en 1614 la communauté parvint à acheter le terrain où est situé l'actuel cimetière en se gardant de mentionner quelle serait sa fonction. Les habitants du village montrèrent de prime abord leur compassion lors du premier enterrement, celui d'un enfant mais, très vite protestèrent auprès du gouverneur de la province. Celui-ci rejeta la plainte et donna en mai 1614 une autorisation officielle aux Juifs leur permettant d'y enterrer leurs défunts[3]. En 1626, les dépouilles de 52 personnes enterrées à Groet furent transférées dans le nouveau cimetière suite à des déprédations sur place.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le cimetière vu par le paysagiste hollandais Jacob van Ruisdael (1653-55)

Le cimetière était destiné essentiellement à la communauté sépharade mais la petite communauté juive ashkénaze hollandaise l'utilisa aussi jusqu'à ce qu'elle établisse son propre cimetière à Muiderberg en 1642. Il existait aussi un autre groupe spécifique de personnes enterrées à Ouderkerk, les Juifs et mulâtres noirs issus des colonies hollandaises d'Amérique, entre autres de la communauté juive du Suriname. Les registres signalent la présence d'au moins 40 de ces juifs et ce jusqu'en 1716, date à laquelle cette mention fut supprimée. Leurs sépultures n'étaient en général pas surmontées d'une pierre tombale et ils furent enterrés à partir de 1647 dans une section spécifique du cimetière[3] à l'exception de ceux qui étaient mariés avec des blancs et de ceux qui étaient nés d'un mariage juif[3]. Autre spécificité, à côté de Beth Haïm s'étendait un cimetière privé, celui de la famille Del Sotto, ceux-ci, suite à une dispute avec le reste de la communauté décidèrent d'acheter leur propre terrain et d'y enterrer leurs défunts. En 1691 les deux parties s'entendirent pour fusionner la majeure partie de ce terrain avec le cimetière principal mais les De Sotto continuèrent à enterrer leurs défunts dans le quart restant[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L. Alvarez Vega, The Beth Haim of Ouderkerk aan de Amstel, 1994
  2. Steven M. Nadler, Rembrandt's Jews, University of Chicago Press, (ISBN 0226567362), p.187-190 (lire en ligne)
  3. a, b, c et d Paolo Bernardini Norman Fiering, The Jews and the Expansion of Europe to the West, 1450 to 1800. éd. Berghahn Books, 2001 (ISBN 1571814302), pp.408-409 (lire en ligne)

Lien externe[modifier | modifier le code]

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