Cigarette électronique

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Cigarette électronique à déclenchement automatique, imitant l'aspect d'une vraie cigarette, avec indicateur lumineux à l'extrémité.
Cigarette électronique de type « eGo », montée avec un clearomiseur et équipée d'un interrupteur manuel.

La cigarette électronique ou e-cigarette est un dispositif électromécanique ou électronique destiné à simuler l'acte de fumer du tabac. Elle produit une vapeur ou « fumée artificielle » ressemblant visuellement à la fumée produite par la combustion du tabac. Cette vapeur peut être aromatisée (arôme de tabac blond, brun, de fruits, etc.) et contenir ou non de la nicotine. À la différence de la fumée produite par la combustion du tabac, cette vapeur n'a pas l'odeur du tabac et semble (selon les premières études scientifiques) contenir beaucoup moins de particules et substances cancérigènes ou toxiques. Son usage comme substitut pour l'arrêt du tabagisme est néanmoins controversé.

Sommaire

Terminologie[modifier]

Un modèle féminin réalisant une démonstration de e-cigarette en expirant de la « vapeur »

Le dispositif est communément désigné par « cigarette électronique » ou « e-cigarette », car il rappelle la forme et l'usage de la véritable cigarette et sa fumée. Le terme « électronique » ou « e-» est un élément de marketing inventé en 2005, pour des dispositifs qui ne comportaient à l'époque pas d'éléments électroniques, ni microprocesseur. En 2013, certains dispositifs sophistiqués sont électroniques, avec variateur de tension et/ou de puissance, décompte des bouffées, écran, etc[1].

Quand elles ont la forme d'un cigare ou d'une pipe, elles peuvent alors aussi être nommées « cigare électronique » ou « pipe électronique » également appelé e-pipe ou epipe. Toutefois elles peuvent prendre des formes plus originales.

Les utilisateurs de cigarettes électroniques préfèrent souvent le terme « vapoter » ou « vaper » (dérivé du mot « vapeur ») au lieu de « fumer » et se désignent non plus comme des fumeurs, mais comme des « vapoteurs ».

Historique[modifier]

Le concept d'une cigarette electronique est élaboré par Herbert A. Gilbert en 1963, avec un brevet déposé en 1965 présentant le schéma d'une cigarette électronique « remplaçant le tabac et le papier par de l’air chauffé et aromatisé »[2]. Gilbert fut approché par des sociétés souhaitant fabriquer cette cigarette, mais son invention ne fut jamais commercialisée.

Le premier dispositif rendu public, destiné à simuler l'utilisation d'une cigarette a été réalisé en 2003 par Hon Lik[3], un pharmacien chinois qui a déposé en 2005 un brevet pour une « cigarette sans fumée à pulvérisation électronique »[4]. Toutefois, ce premier dispositif exploite alors la technologie dite « ultra-sonique ». Hon Lik s'est ensuite associé à la société Golden Dragon Holdings pour commercialiser sa cigarette électronique en Chine en 2004. Dans un second temps, la Golden Dragon Holdings a changé le nom de l'entreprise en Ruyan (如烟), qui signifie « comme de la fumée » en chinois.

La technologie de vaporisation par résistance chauffante, la plus répandue pour les cigarettes électroniques en 2013, a été inventée et brevetée vers 2009 par le chinois David Yunqiang Xiu (修运强) avec son « Electronic Nicotine Delivery System (ENDS) »[5],[6].

Les cigarettes électroniques sont fabriquées en Chine, dans diverses usines des villes de Shenzhen et Hong-Kong. Les revendeurs du monde entier sélectionnent leurs produits via des intermédiaires sur place, et se font livrer les kits tout prêts, ou achètent les divers éléments et font eux-mêmes le conditionnement des kits. Certains gros revendeurs louent des ateliers au sein des usines de production ou possèdent des ateliers de montage sur place.

Principes généraux[modifier]

Éléments constitutifs d'une cigarette électronique.
A : Indicateur lumineux de fonctionnement.
B : Batterie et circuits électroniques.
C : Résistance chauffante et atomiseur.
D : Cartouche et embout.

Le principe d'une cigarette électronique consiste à produire de la vapeur. Deux techniques sont possibles : soit par utilisation d'ultra-sons (complexe à industrialiser et coûteuse), soit par une résistance chauffante, technique la plus couramment utilisée. La résistance appelée « atomiseur » chauffe un liquide (dit « e-liquide »), qui a la propriété de s'évaporer à une température proche de 50 °C.

Afin de vapoter, l'utilisateur doit déclencher le chauffage de la résistance, le e-liquide chauffe et s'évapore et l'utilisateur peut alors inhaler cette vapeur. Le déclenchement du chauffage de la résistance peut être manuel (l'utilisateur appuie sur un interrupteur) ou automatique (un dispositif électromécanique placé sur la cigarette électronique détecte l'aspiration de l'utilisateur et active aussitôt la résistance).

Éléments d'une cigarette électronique[modifier]

Une cigarette électronique est constituée des trois éléments principaux suivants :

  • une cartouche pour contenir le e-liquide ;
  • une résistance électrique ;
  • une batterie qui alimente la résistance pour chauffer le e-liquide.

Le composant qui contient la résistance (ainsi que le système de mèche ou tresse) est nommé « atomiseur » (atomizer pour les anglophones). Quand l'atomiseur et la cartouche sont indissociables et ne forment qu'un seul composant, ce dernier est nommé « cartomiseur » (contraction des mots « cartouche » et « atomiseur ») ou cartouche à atomiseur intégré.

Ainsi, pour une même batterie, on peut visser soit un atomiseur, soit un cartomiseur, soit un combiné regroupant les deux éléments, appelé clearomiseur. Différents standards de pas de vis existent ("510", "901", "eGo"), en fonction des modèles et des marques. De ce fait, il y a différentes familles d'atomiseurs ou de cartomiseurs compatibles ou non, avec des adaptateurs. Mais la tendance va vers une standardisation des pas de vis avec les pas de vis 510 et eGo.

La cartouche[modifier]

Cigarette électronique à cartouche pré-remplie

C'est le dispositif destiné à recevoir le e-liquide, généralement cylindrique, en plastique ou en en métal, avec différentes contenances de 0,5 à 7 ml. La cartouche peut aussi contenir une bourre (synthétique ou métallique) pour éviter un écoulement trop important du e-liquide.

La cartouche a deux ouvertures, celle du haut pour laisser échapper la vapeur, celle du bas pour recevoir la mèche ou la tresse de l'atomiseur. Sur l'ouverture du dessus, peut être posé un bec (drip tip pour les anglophones), que l'utilisateur place en bouche.

Elle peut être réutilisée et remplie de nombreuses fois, souvent pour une utilisation sur plus d'un mois.

L'atomiseur[modifier]

Atomiseur démontable

Un atomiseur contient une résistance, plus généralement un système de tresse (ou de mèche) et un dispositif pour y clipser une cartouche. Il y a deux grandes familles d'atomiseurs, suivant qu'ils sont destinés à recevoir des cartouches avec ou sans bourre. Dans chacune de ces familles, il est proposé différentes résistances (de 1,25 ohm à 5 ohm).

Le cartomiseur[modifier]

Un cartomiseur peut être vu comme un atomiseur auquel est directement associée une cartouche non amovible. Il y a donc des cartomiseurs avec des cartouches à bourre (mais la résistance est placée à l'intérieur de la bourre) et des cartomiseurs avec des cartouches sans bourre (ils sont alors nommés clearomizers en anglais). Comme pour les atomiseurs, il y a différentes tailles de cartomiseurs avec différentes résistances.

Un cartomiseur est considéré comme un consommable. Certains peuvent être remplis un nombre limité de fois avant d'être jeté.

Le clearomiseur[modifier]

Innovation récente (2012), le clearomiseur regroupe la résistance, la mêche et la cartouche contenant le liquide, le tout surmonté d'un embout ou bec. Plusieurs tailles existent, avec des résistances et des contenances variées. Avec cette innnovation, la cigarette électronique ne comporte plus que deux éléments, puisque le clearomiseur se visse directement sur la batterie.

La batterie[modifier]

Compartiment de batterie avec système électronique de réglage de la tension

Les batteries se distinguent par le pas de vis qu'elles proposent, par leur capacité et par leur tension nominale. Plus la capacité de la batterie est grande, plus sa taille et son poids seront importants, mais plus l'autonomie qu'elle offre sera grande. La capacité des batteries est généralement mesurée en milliampère-heure (mAh). La puissance d'une cigarette électronique est égale au quotient du carré du voltage de la batterie par la résistance en ohm de l'atomiseur. Ainsi, plus une batterie délivre une tension forte, plus elle peut faire chauffer la résistance, qui produira alors une plus grande quantité de vapeur et de sensations dans la bouffée, mais plus vite elle se déchargera. La batterie peut être à fonctionnement manuel ou automatique et la capacité maximum disponible actuellement est de 3.400 mAh, mais la moyenne se situe autour de 1000mAh. Son rechargement prend entre 2 et 7 heures selon sa capacité et sa tension. Il peut se faire soit sur le secteur (avec un adaptateur), soit sur un ordinateur (prise usb), soit avec l'allume-cigare, soit sur un chargeur de piles spécifique (lithium-ion).

Les e-liquides[modifier]

Plusieurs flacons de e-liquids et une cigarette electronique

Ils se composent essentiellement d'un liquide dit « de base », consistant le plus souvent en un mélange d'environ 80 % de propylène glycol (PG) et de 20 % de glycérine végétale (VG), auquel est ajoutée une certaine quantité d'arômes, plus une certaine quantité de nicotine en plusieurs dosages différents (de 0 à 24 mg/mL), ainsi que, plus rarement, avec certains additifs comme l’alcool et l’eau. Les e-liquides sont vendus séparément dans des flacons en verre ou en plastique, contenant le plus souvent 10 ml. Des centaines de saveurs sont disponibles. Ce liquide existe aussi sous forme de gel qui se liquéfie avec la chaleur de l'atomiseur.

Le propylène glycol sous forme de brouillard de micro-gouttelettes constitue un nuage blanc imitant la fumée de cigarette. Il est pratiquement sans odeur. Cette « vapeur » visible disparait complètement après quelques secondes, principalement par évaporation.

Concentration en nicotine[modifier]

Les solutions sont disponibles en différentes concentrations de nicotine, ce qui permet à l'utilisateur de choisir la quantité qu'il veut absorber, allant dans le commerce d'une absence totale de nicotine, jusqu'à des doses maximales (France 20 mg/mL), en passant par faibles et moyennes doses (6-8 mg/mL et 10-14 mg/mL, respectivement)[7]. Les concentrations sont indiquées sur le flacon de liquide ou sur la cartouche quand elle est pré-remplie, parfois avec l'abréviation « mg » (au lieu de « mg/mL »)[8]. La sensation de picotement dans la gorge et la bouche, provoquée par la nicotine, est appelée « hit » par les utilisateurs de cigarette électronique. C'est l'abréviation de l'expression en anglais : hit throat.

Les arômes[modifier]

Certaines variétés imitent les saveurs des cigarettes : tabac brun ou blond, américain, menthol ou du nom des principales marques du commerce. De très nombreuses saveurs sont disponibles : fruits, vanille, caramel, café, chocolat, etc.

Aspects sanitaires[modifier]

Toxicité[modifier]

Généralités[modifier]

Les premières études scientifiques sur la cigarette électronique sont apparues seulement vers 2009. Faute d'études suffisantes, les avis des experts et autorités publiques étaient basés essentiellement sur un principe de précaution, les stratégies publiques de lutte contre le tabagisme et les risques connus de dépendance à la nicotine. Les études scientifiques deviennent plus nombreuses à partir de 2012-2013 ; elles confirment progressivement que l'utilisation de la cigarette électronique n'est pas totalement inoffensive pour l'organisme humain, mais aussi que la vapeur de e-cigarette est « infiniment moins dangereuse » pour l'organisme que la fumée du tabac.

Une synthèse sur l'efficacité et l'innocuité de la cigarette électronique a été publiée en 2010-2011 dans le Journal of Public Health Policy (en) par Michael Siegel[9] et al.[10], de la Boston University School of Public Health (BUSPH)[11] et conclut que :

  • La cigarette électronique contient peu ou pas de produits chimiques susceptibles de présenter des risques sérieux pour la santé[12].
  • Les données actuelles indiquent que les cigarettes électroniques pourraient être moins nocives que les cigarettes ordinaires et comparables, en termes de toxicité, avec les spécialités pharmaceutiques contenant de la nicotine (timbres, gommes, inhalateurs)[13].
  • Les cigarettes électroniques pourraient être efficaces contre l'envie de fumer, surtout parce qu'elles simulent l'acte de fumer une véritable cigarette[14].
  • Ce dispositif pourrait se révéler supérieur en efficacité aux autres méthodes d'auto-administration de la nicotine parce que les stimuli associés à l'acte de fumer ont un effet durable contre les symptômes du sevrage[15].

En France, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) souligne dans un avis datant du mois de mai 2011, outre la toxicité de la nicotine :

« concernant le risque de toxicité des solvants utilisés dans les cigarettes électroniques, en particulier le propylène glycol, il est difficile de se prononcer en raison de l’absence de données qualitatives et quantitatives suffisantes. À ce jour, aucun effet indésirable ou cas d’intoxication en lien avec la présence de ces solvants dans les cigarettes électroniques n’a été rapporté[16]. »

Nicotine[modifier]

La nicotine est une substance très toxique. L'ingestion accidentelle par des enfants de liquides de recharge contenant de la nicotine peut être mortelle[17].

Propylène glycol[modifier]

Inhalateur pour l'asthme

Le propylène glycol n'est pas considéré comme un produit toxique pour l'homme. Il est utilisé, depuis les années 1950 comme composé chimique pour l'administration de nombreux médicaments atomisés ; par exemple, dans les inhalateurs et les nébuliseurs pour l'asthme.

Les études et données connues permettent à des organismes de santé publique (FDA, EPA, NTP, ATSDR, INRS) de faire des conclusions identiques, à savoir que les différents composés du propylène glycol présentent « un très faible risque pour la santé humaine »[18],[19]. Lors d'expérimentation sur les animaux par ingestion ou inhalation (2011), le propylène glycol s'est avéré « peu toxique en exposition répétée ou prolongée »[19],[20]. Selon une étude d'avril 2013, aucun des propylènes glycols n’a présenté des preuves de « toxicité cancérigène, mutagène ou potentiellement reproductive chez l'homme »[18].

Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) inclut ainsi le propylène glycol dans sa liste des « substances généralement reconnues comme inoffensives » (Generally recognized as safe, GRAS).

Glycérol et ses dérivés[modifier]

Le glycérol (glycérine végétale ou synthétisée) est souvent utilisé comme complément (à 10-20%) au propylène glycol. Ce composé n'est pas considéré comme toxique ; c'est un additif très largement utilisé dans les préparations alimentaire (E422), les cosmétiques, les savons et détergents, les produits pharmaceutiques[21]. L'inhalation répétée et prolongée d'aérosol de glycérine par des animaux n'a révélée aucune toxicité[21].

Le glycérol peut néanmoins produire une fumée très toxique appelée acroléine, au-delà d'une température de décomposition (250 °C), pouvant être atteinte dans l'atomiseur. La présence d'acroléine a été attestée dans la vapeur de cigarettes électroniques, dans une proportion environ quatre fois moindre que dans la fumée de cigarette[22].

Nitrosamines[modifier]

Les nitrosamines, principaux agents cancérigènes contenus dans le tabac, n'ont été détectés dans les e-liquides qu'à l'état de traces, à des taux équivalents à ceux des substituts nicotiniques tels que les patchs ou gommes à la nicotine, et qui sont 500 fois moindres que ceux que l'on retrouve dans les cigarettes[23].

Particules métalliques[modifier]

Des traces de particules métalliques ont été détectées dans certaines études. Ces particules peuvent provenir des composants et soudures du dispositif de la cigarette électronique ou bien de l'environnement de production (usines) des e-cigarettes ou des e-liquides. [réf. nécessaire]

La réglementation de la commercialisation de l'e-cigarette est parfois proposée comme un moyen de limiter ces risques sanitaires issus de la production : marquage CE, classification comme dispositif médical, production du e-liquide par des laboratoires pharmaceutiques, etc.

Comparaisons avec la fumée du tabac[modifier]

  • Monoxyde de carbone,
  • Produits cancérigènes,
  • Particules,
  • Produits irritants buccaux,
  • Nicotine.

Réduction du tabagisme[modifier]

Début 2013, aucune étude avec un protocole suffisamment rigoureux ne permet d'établir des conclusions scientifiques sur l'efficacité de la cigarette électronique comme substitut de la cigarette, pour l'arrêt du tabagisme.

Une étude italienne conduite par le Pr Riccardo Polosa[24] montre un arrêt du tabac ou au moins une diminution de moitié de la consommation de cigarette chez 55 % des membres d'une cohorte de 40 fumeurs sans intention de cesser le tabac. Toutefois, concluent les auteurs, le faible effectif de la cohorte nécessite des essais de plus grande ampleur. Une enquête de 2011 sur 222 utilisateurs de la cigarette électronique a donné des résultats comparables : 31 % d'abstinence après 6 mois ; 66,8 % de réduction du nombre de cigarettes fumées ; périodes prolongées d'abstinence chez 48,8 % des répondants[25].

Ces constats ont été confirmés en France par une observation menée par le Comité Départemental des Maladies Respiratoires de Dordogne (France) auprès de 100 fumeurs sans intention d'arrêter le tabac : l'usage de la cigarette électronique a permis une forte diminution du tabagisme chez 72‍% des vapoteurs et 8 (11% de ces derniers) ont totalement arrêté de fumer[26].

Une autre étude, conduite en 2012, a permis de constater d’importantes modifications de la fonction cardiaque diastolique des fumeurs, dans l'essai. Par contre aucune différence significative n'a été mesurée parmi le groupe des utilisateurs de cigarette électronique[27]. Les auteurs concluent donc que la cigarette électronique est une alternative à envisager pour l'arrêt du tabac et que des études supplémentaires devraient être menées car elle pourrait constituer une méthode potentiellement efficace pour le sevrage tabagique.

Risques du vapotage passif[modifier]

Signe d'interdiction de fumer, métro de Berlin (Allemagne)
Salon pour fumer, aéroport de Munich (Allemagne)

La cigarette électronique ne provoque aucun risque comparable au tabagisme passif de la fumée du tabac. Selon une étude médicale publiée en avril 2013, l'aérosol (avec ou sans nicotine) d'une e-cigarette ne « comporte pas de risque réel de « tabagisme passif » » en raison d'une disparition extrêmement rapide par évaporation, à l'inverse des composants de la fumée de cigarette ou chicha[28].

L'application à la cigarette électronique des lois et règlements interdisant de fumer dans les espaces publics (ou les lieux de travail) est néanmoins l'objet de controverses et de variations selon les pays. L'usage de la cigarette électronique est considérée par certaines associations et organismes comme une normalisation ou incitation de l'acte de fumer et donc une promotion du tabac et doit donc être interdite pour cette raison dans les lieux publics. Pour d'autres spécialistes, interdire complètement la e-cigarette dans les lieux publics ou lieux de travail engendre des problèmes pour les vapoteurs ayant arrêté le tabac, en les forçant à vapoter en compagnie des fumeurs (influence sociale, tabagisme passif).

Les limitations techniques des détecteurs de fumée sont parfois invoquées pour interdire la cigarette électronique (par exemple dans les avions).

Incitation à la consommation de tabac[modifier]

L'actrice porno Jessica Nyx photographiée avec une cigarette électronique.

La promotion de la cigarette électronique et son usage dans les lieux publics sont parfois considérés comme un moyen indirect de faire la promotion du tabac[29]. La e-cigarette favoriserait ainsi l'initiation des jeunes à la consommation de tabac ; cette considération est une simple hypothèse, sans étude scientifique pour la corroborer[29],[30].

Pour Joseph Osman, président de l'Office français de lutte contre le tabagisme, elle risque d'être un moyen pour les jeunes de s'initier au tabagisme[31]. En 2012, l'enquête Paris sans tabac a montré que les deux tiers des collégiens parisiens de 12 à 15 ans qui ont essayé la cigarette électronique étaient non-fumeurs[32].

Dautzenberg remarque que le marketing et les publicités assimilent parfois la e-cigarette à des produits du tabac, à un moyen plus économique ou moins risqué de fumer. Celles-ci visent parfois un public jeune et c'est un produit susceptible de placement au cinéma[33].

Statut légal et commercialisation[modifier]

Europe[modifier]

Jusqu'en 2011, les cigarettes électroniques n'étaient vendues que sur internet ou dans quelques pharmacies. Depuis 2012, les magasins spécialisés se développent en Europe et dans le monde.

Autriche[modifier]

Selon une étude parue en mars 2007 et publiée par l'Agence autrichienne de santé et sécurité alimentaire[34], ce type de générateur d'aérosol correspondrait à un dispositif médical de classe IIa (voire IIb), et sa commercialisation nécessite un marquage CE approprié, voire une autorisation de vente telle que stipulée par la législation sur les appareils médicaux.

France[modifier]

En France, la cigarette électronique est largement commercialisée dans des boutiques spécialisées, sur Internet, dans des bureaux de tabac, des épiceries, des vendeurs de journaux et quelques pharmacies[29]. Fin 2012, selon les estimations des fabricants, près de 500 000 personnes utilisaient régulièrement la cigarette électronique en France, et près d'un million de personnes l'avait essayé[35].

La cigarette électronique n'est considérée ni comme un dispositif médical ni comme un médicament, selon un avis de 2011 de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), si elle n'est pas revendiquée par ses vendeurs comme un produit de sevrage tabagique, si elle ne contient aucun produit médicamenteux et si la quantité de nicotine ne dépasse pas un certain seuil (20 mg/ml). Cette cigarette électronique relève alors de la « réglementation sur la sécurité générale des produits mis à disposition du public » et ne peut pas être vendue en pharmacie[36]. Certaines voix dont le pneumologue Bertrand Dautzenberg regrettent qu'aucune cigarette électronique ne soit enregistrée comme médicament en France, et demandent pour ces produits un statut similaire aux autres substituts de drogues comme la méthadone[29].

Dans un avis du 30 mai 2011, l'AFSSAPS recommande de ne pas utiliser la cigarette électronique en raison de la toxicité pouvant être mortelle de la nicotine et du risque de dépendance primaire[37].

Fin 2012, l'absence d'étude satisfaisante sur l'efficacité de la e-cigarette pour l'arrêt tabagique, et les interrogations sur sa toxicité, divisaient les médecins et spécialistes qui déconseillaient généralement cette solution. « Malgré tout, l'efficacité de ce produit dans le sevrage tabagique commence à être établie, constate Jean-François Etter, professeur en santé publique à l'université de Genève. Quant aux utilisateurs, ils s‘en disent très satisfaits, ce qui crée un vrai décalage avec le positionnement médical. »[35]

Le 31 Mai 2013, la Ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine, a annoncé son intention d'interdire l'utilisation de la cigarette électronique dans les lieux publics, sa publicité et sa vente aux moins de 18 ans[38].

Royaume-Uni[modifier]

Stand de vente de cigarette électronique sur un marché à Chesterfield. Le slogan « More cash, no ash [plus d'argent, pas de cendres] »

En septembre 2011, un groupe de réflexion lié au gouvernement anglais déclare « Essayez la cigarette électronique » et l'envisage comme une alternative au tabac afin de lutter contre les risques liés au tabagisme[39].

Le 12 Juin 2013, la NHS a annoncé qu'à partir de 2016, les cigarettes electroniques devraient avoir une autorisation de mise sur le marché et seront considérées comme des médicaments.

Suisse[modifier]

En Suisse, la cigarette électronique peut être vendue uniquement sans nicotine dans les cartouches et liquides de recharge. Cependant, l'importation de liquide et recharge avec nicotine est autorisée pour les particuliers dans la limite de 150 ml tous les deux mois[40]. La consommation de e-liquide avec nicotine est autorisée dans toute la Suisse.

Belgique[modifier]

En avril 2013, l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) et le SPF Santé publique déconseillent l'usage des cigarettes électroniques, en raison des dangers de surdosage de la nicotine, de l'absence d'étude sur son efficacité pour l'arrêt du tabagisme, de l'absence de contrôle de la qualité de production[41].

Italie[modifier]

En Italie, la cigarette électronique peut être vendue à des personnes de plus de 16 ans[42].

Canada[modifier]

Les autorités canadiennes déconseillent l'usage des cigarettes électroniques[43].

États-Unis[modifier]

Les autorités américaines déconseillent l'usage des cigarettes électroniques.

Aux États-Unis, en juillet 2009, la Food and Drug Administration avait tenté d'interdire l'importation de cigarettes électroniques et lancé un sévère avertissement[44] à leur encontre, arguant de ce qu'on y trouvait des traces de contaminants spécifiques au tabac, y compris certains agents cancérigènes (TSNA). Toutefois, le procès entre deux des principaux importateurs et la FDA pour déterminer s'il est du domaine de compétences de cette dernière de bannir de tels produits[45] s'est achevé en janvier 2010. Le juge américain Richard Leon a déclaré que la FDA n'avait pas le pouvoir de réglementer les cigarettes électroniques et a ordonné le déblocage des cigarettes électroniques retenues depuis fin 2008 par la douane sur demande de la US Food and Drug Administration[46].


Autres pays[modifier]

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La vente de la cigarette électronique est interdite en Australie, la nicotine y étant classée comme poison, même si la vente de cigarettes contenant du tabac y reste autorisée.

Autres pays ayant interdit la cigarette électronique :

Notes et références[modifier]

  1. Rapport OFT mai 2013
  2. Brevet US 3200819
  3. http://articles.latimes.com/2009/apr/25/world/fg-china-cigarettes25
  4. http://brevets-patents.ic.gc.ca/opic-cipo/cpd/eng/patent/2518174/summary.html
  5. http://www.slate.fr/story/69293/cigarette-electronique-sante-dangers-nicotine
  6. Liste de brevets de Yunqiang Xiu
  7. Rapport et avis d'experts sur l'e-cigarette, Office Français de prévention du Tabagisme, mai 2013, p. 46.
  8. (en) Health New Zealand, « The Ruyan e-cigarette; Technical Information Sheet », Health New Zealand, 17 octobre 2007. Consulté le 31 mars 2008
  9. Siegel se spécialise dans la lutte contre le tabagisme et déclare qu'il n'a aucun conflit d'intérêt avec les producteurs de cigarettes électroniques.
  10. (en) Cahn Z, Siegel M, « Electronic cigarettes as a harm reduction strategy for tobacco control: A step forward or a repeat of past mistakes? », J Public Health Policy, vol. 32, no 1, février 2011, p. 16–31 [lien PMID, lien DOI] 
  11. (en)« Evidence Suggests E-Cigs Safer Than Cigarettes, Researcher Claims » The Insider. Boston University School of Public Health. 16 décembre 2010
  12. « Few, if any, chemicals at levels detected in electronic cigarettes raise serious health concerns »
  13. « Although the existing research does not warrant a conclusion that electronic cigarettes are safe in absolute terms and further clinical studies are needed to comprehensively assess the safety of electronic cigarettes, a preponderance of the available evidence shows them to be much safer than tobacco cigarettes and comparable in toxicity to conventional nicotine replacement products. »
  14. « The report also reviews preliminary evidence that electronic cigarettes can be effective in suppressing the urge to smoke, largely because they simulate the act of smoking a real cigarette. »
  15. « E-cigarettes might also offer an advantage over traditional nicotine delivery devices, the authors argue, because smoking-related stimuli alone have been found capable of suppressing tobacco abstinence symptoms for long periods of time. »
  16. ANSM, Cigarette électronique: point d'information, 30 mai 2011
  17. http://www.jpost.com/Breaking-News/Toddler-who-ingested-liquid-nicotine-passes-away-314683
  18. a et b « A toxicological review of the propylene glycols », Critical Reviews in Toxicology, avril 2013 [1] Résumé en français
  19. a et b Fiche toxicologique du Propylène glycol par l'INRS
  20. (en) Werley MS & al., « Non-clinical safety and pharmacokinetic evaluations of propylene glycol aerosol in Sprague-Dawley rats and Beagle dogs », Toxicology, 2011 Résumé en ligne
  21. a et b (en) http://www.chem.unep.ch/irptc/sids/OECDSIDS/56815.pdf
  22. (en) Maciej L. Goniewicz, Jakub Knysak, Leon Kosmider, Marzena Zaciera, Jolanta Kurek, Peyton Jacob III et Neal Benowitz, Assessment of electronic cigarette as a source of exposure to acrolein , Boston (É.-U.), International Meeting, Society for Research on Nicotine and Tobacco, 2013, pdf [lire en ligne], p. 45 
  23. Rapport et avis d'experts sur l'e-cigarette, Office Français de prévention du Tabagisme, mai 2013, p. 52.
  24. http://www.categoriagroup.com/UK/download.asp?file=doc/1st_Convention_CATEGORIA_e-cig_POLOSA.pdf
  25. (en) Siegel MB, Tanwar KL, Wood KS. « Electronic cigarettes as a smoking-cessation: tool results from an online survey » Am J Prev Med. 2011;40(4):472-5. (DOI:10.1016/j.amepre.2010.12.006) PMID 21406283
  26. https://docs.google.com/document/d/1VlWS_aPQFoHaFZaqrjSp672EHbFD8OvzOScapPMoB-c/edit Communiqué de Presse du Comité Départemental des Maladies Respiratoires de Dordogne (5 décembre 2012)
  27. (en)[PDF] Farsalinos K, Tsiapras D, Kyrzopoulos S, Savvopoulou M, Avramidou E, Vassilopoulou D, Voudris V. « Acute effects of using an electronic nicotine-delivery device (e-cigarette) on myocardial function: comparison with the effects of regular cigarettes » (Effets aigus de l’utilisation d’une cigarette électronique sur la fonction myocardique : comparaison avec les effets des cigarettes classiques) European Society of Cardiology Congress, Munich. 2012.
  28. J.-F. Bertholona, b, , , M.H. Becquemina, c, M. Roya, F. Royd, D. Ledure, I. Annesi Maesanof, B. Dautzenbergb, g, « Comparaison de l’aérosol de la cigarette électronique à celui des cigarettes ordinaires et de la chicha », Revue des Maladies Respiratoires, 17 avril 2013. — Voir aussi Schripp, T., Markewitz, D., Uhde, E. and Salthammer, T. , « Does e-cigarette consumption cause passive vaping? », juillet 2012, dans Indoor Air, (DOI:10.1111/j.1600-0668.2012.00792.x) [2]
  29. a, b, c et d Réglementons la cigarette électronique, Le Monde, supplément Sciences et techno, 7 février 2013
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  36. "Cigarette électronique - Point d'information"
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  39. (en) the guardian, « "Try smokeless nicotine cigarettes, says government" », 18 Septembre 2011. Consulté le 18 Septembre 2011
  40. stop-tabac.ch, « "Stop-Tabac La cigarette électronique" ». Consulté le 9 Avril 2013</
  41. http://www.rtl.be/info/belgique/societe/994187/la-cigarette-electronique-pourrait-gravement-nuire-a-la-sante http://www.dhnet.be/infos/societe/article/431235/l-e-cigarette-un-produit-nocif.html
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  43. Santé Canada déconseille l'usage des cigarettes électroniques Avis du 27 mars 2009, consulté le 24 octobre 2012.
  44. (en) Food and Drug Administration, « FDA and Public Health Experts Warn About Electronic Cigarettes », juillet 2009. Consulté le 14 août 2009
  45. Sotera Inc. v/ FDA, CA No 09-cv-0771 (D.D.C).
  46. (en) CBS, « "Judge FDA Can't Ban Electronic Cigarettes" », 15 Janvier 2010. Consulté le 15 Janvier 2010

Voir aussi[modifier]

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