Cicadidae

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La famille des Cicadidae est une famille d'insectes de l'ordre des hémiptères et sont des insectes hétérométaboles (seule la dernière métamorphose sera complète). Le nom vient du grec kiccos (membrane) et de ado (chanter). Il s'agit de la famille des cigales. Deux espèces sont très répandues dans le sud de la France Lyristes plebejus et Cicada orni.

Dénomination[modifier | modifier le code]

La famille des Cicadidae a été décrite par l'entomologiste français Pierre André Latreille en 1802[1].

Description[modifier | modifier le code]

Nutrition[modifier | modifier le code]

Cigale au repas, le rostre est planté dans l'écorce

Les cigales se nourrissent de la sève d'arbres ou d'arbustes, qu'elles prélèvent à l'aide de leur rostre situé sous la tête.

Cycle de vie[modifier | modifier le code]

Accouplement de cigale

Les œufs sont pondus en été en France, au collet (base du tronc) d'arbustes et d'herbes. À la fin de l'été ou à l'automne les œufs donnent des larves qui vont s'enfouir dans le sol, pour plusieurs années en général (17 ans pour la Magicicada septendecim).

Période larvaire[modifier | modifier le code]

Pendant la période larvaire souterraine, qui dure de 10 mois à plusieurs années, la nutrition se fait sur des racines. Les pattes avant sont munies d'une structure fouisseuse qui lui permet de creuser des galeries. La structure de l'abdomen est telle que l'urine abondante des larves de cigales est canalisée vers les pattes avant, ce qui permet de ramollir la terre.

Mue imaginale[modifier | modifier le code]

Ce n'est que durant la dernière année de sa vie que commence la vie aérienne de la cigale. La nymphe sort de terre et se fixe sur une tige ou un tronc, voire sur une pierre et commence sa dernière mue ou « mue imaginale ». La cigale se transforme alors en insecte adulte dit « parfait », ou imago, pour se reproduire durant seulement un mois et demi.

Nécromasse[modifier | modifier le code]

Dans les régions où les émergences produisent une grande quantité de cigales notamment les cigales périodiques (ou cycliques) de l'espèce magicicada septendecim, celles qui ne seront pas mangées par les prédateurs vont mourir après s'être reproduites[2].
L'abondance cyclique d'une grande quantité de cadavres (nécromasse) de cigales mortes (tous les 17 ans aux États-Unis) fait partie de ce que les anglophones appellent « ressources naturelles pulsées »[2].
Cette impulsion se traduit par un accroissement rapide de la biomasse microbienne du sol, ainsi que par une biodisponibilité accrue d'azote dans les sols forestiers ; s'ensuivent des effets indirects sur la croissance et la reproduction des plantes forestières[2]. Les données scientifiques disponibles suggèrent que les impulsions périodiques induites par les émergences et mortalités de cigales créent des « effets en cascade » de type « bottom-up » (du bas vers le haut), qui confirment les liens étroits et réciproques existant entre les réservoirs aériens et souterrains des composants d'un écosystème forestier nord-américain abritant des populations importantes de cigales[2].

La cymbalisation ou « chant des cigales »[modifier | modifier le code]

Cymbalisation de cigales de Grèce.

La cymbalisation est produite chez le mâle et a pour fonction d'attirer les femelles. Dès que la température est suffisamment élevée (environ 25 °C), le mâle « chante », ou plus exactement, il cymbalise. Une erreur fréquente est de dire que les cigales stridulent comme le criquet. En effet, la stridulation est produite par le frottement de deux parties du corps d'un insecte (ou plus généralement d'un arthropode, car les mygales stridulent aussi, par exemple), alors que le mâle cigale possède un organe phonatoire spécialisé, les cymbales, qui est situé dans son abdomen.

La cymbalisation est le résultat de la déformation d'une membrane (un peu comme le couvercle d'un bidon) actionnée par un muscle. Le son produit est amplifié dans une caisse de résonance et s'évacue par des évents. La fréquence et la modulation de la cymbalisation caractérisent les différentes variétés de cigales. Le but de cette cymbalisation est d'attirer les femelles de la même espèce.

Généralement, on différencie les espèces grâce à leurs particularités morphologiques. Chez certaines cigales, les entomologistes n'en trouvent aucune. Le chant est alors un critère majeur de différenciation. Le mâle cigale fait vibrer ses cymbales, l'organe qui émet les sons, pour attirer la femelle qui n'est sensible qu'au chant de son espèce. Des notes faibles, aiguës et parfois à la limite de la perception. Les spécialistes sont capables de distinguer deux espèces de cigales simplement à l'oreille. Le plus délicat consiste à enregistrer et à collecter les individus en même temps. C'est la seule façon d'être sûr que le son vient bien de la cigale que l'on ramasse.

La cigale apparaît assez craintive, car lorsque l'on s'approche d'une cigale qui cymbalise, elle arrête généralement son chant et s'immobilise totalement : elle ne reprend ce chant que lorsque l'on s'éloigne. Si on réussit à la faire entrer dans un bocal de verre, elle reste totalement immobile, et ne se remet à bouger que lorsqu'on la repose sur une branche d'arbre.

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Liste des sous-familles et genres[modifier | modifier le code]

Selon NCBI (17 juil. 2011)[3] :

Aceropyga
Afzeliada
Albanycada
Ayesha
Azanicada
Brevisiana
Cacama
Capcicada
Cicada
Cicadatra
Dundubia
Graptopsaltria
Haphsa
Ioba
Koma
Kongota
Leptosemia
Macrosemia
Megapomponia
Meimuna
Mogannia
Munza
Neocicada
Oncotympana
Oxypleura
Platylomia
Platypleura
Pomponia
Psalmocharias
Psithyristria
Pycna
Semia
Severiana
Taiwanosemia
Soudaniella
Systophlochius
Tanna (Distant, 1905)
Ugada
Ariasa (Distant, 1905)
Cryptotympana
Dorisiana (Metcalf, 1952)
Fidicina (Amyot & Serville, 1843)
Lyristes (Horváth, 1926)
Tibicen (Latreille, 1825)
Carineta (Amyot & Serville, 1843).

Europe[modifier | modifier le code]

La famille des Cicadidae est divisée en 2 sous-familles :

Cicadinae
  • Cicada
    • Cicada barbara (Stål 1866)
    • Cicada cretensis Quartau & Simões, 2005
    • Cicada mordoganensis Boulard 1979
    • Cicada orni Linnaeus 1758. La cigale grise de l'Orne. Écoutez le chant[4]
  • Cicadatra
    • Cicadatra alhageos (Kolenati 1857)
    • Cicadatra atra (Olivier 1790)
    • Cicadatra hyalina (Fabricius 1798)
    • Cicadatra hyalinata (Brullé 1832)
    • Cicadatra persica Kirkaldy 1909
    • Cicadatra querula (Pallas 1773)
Platipleurinae

[réf. nécessaire]

Australie[modifier | modifier le code]

Cicadinae

[réf. nécessaire]

La cigale en sciences humaines et littérature[modifier | modifier le code]

En France, on l'associe couramment au folklore de Provence et des pays méditerranéens (quelques espèces remontent pourtant jusqu'en Alsace et au Bassin parisien).

Insecte estival par excellence (au moins dans les pays tempérés), la cigale a évoqué l'insouciance depuis l'Antiquité, et le fabuliste Esope en a fait l'héroïne d'une de ses fables, La Cigale et la Fourmi.

Jean de La Fontaine reprit cette fable dans son recueil deux millénaires plus tard : La Cigale et la Fourmi est tellement connue et étudiée qu'elle est devenue un symbole de ce genre littéraire.

En 1981, cette fable a été parodiée par le duo comique Pit et Rik.

Magicicada dans les Appalaches[modifier | modifier le code]

Dans 13 États de l'est des États-Unis, dont le Tennessee et la Virginie, les cigales Magicicada septendecim, Magicicada cassini et Magicicada septendecula ont des cycles de 13 ou 17 ans de reproduction. À partir de la mi-mai, dès que la température atteint environ 17 °C, les larves sortent, généralement le soir, à la faveur d'une petite pluie qui ramollit la terre. Les femelles pondent environ 800 œufs chacune, dans de petites fentes qu'elles creusent dans l'écorce des branches à l'aide de l'ovipositeur situé à l'extrémité de leur abdomen, seul dégât causé par la cigale dont les œufs éclosent au bout d'environ quatre semaines. Les larves se laissent alors tomber sur le sol qu'elles creusent de leurs pattes avant fouisseuses. Un mécanisme original de gouttières abdominales leur permet même d'utiliser leur urine pour ramollir la terre.

En Chine : symbolique[modifier | modifier le code]

On place dans la bouche des morts une cigale en jade, symbole de vie éternelle et de résurrection dans l'au-delà.

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Latreille P. A. 1802 - Famille troisième. Cicadaires ; cicadariae. In: Latreille P. A. 1802 - Histoire naturelle générale et particulière des crustacés et des insectes : ouvrage faisant suite aux œuvres de Leclerc de Buffon, et partie du cours complet d'histoire naturelle rédigé par C.S. Sonnini, 3. p. 256-263.
  2. a, b, c et d Yang, Louie H. (2004). "Periodical cicadas as resource pulses in North American forests". Science 306 (5701): 1565–1567. DOI:10.1126/science.1103114 ; PMID 15567865 (résumé)
  3. NCBI, consulté le 17 juil. 2011
  4. a et b PMS: Staff and Departments - Bioacoustics: Asian cicadas

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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