Chrysostome de Smyrne

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Chrysostome de Smyrne.

Chrysostome Kalafatis ou Chrysostome de Smyrne est né en 1867 à Triglia (aujourd'hui Zeytinbağı), en Bithynie, et est décédé à Smyrne (aujourd'hui Izmir), en Ionie, le 9 septembre 1922. C'est le dernier métropolite de Smyrne (1910-1922) et un martyr de l'Église orthodoxe grecque.

Famille[modifier | modifier le code]

Le métropolite Chrysostome est l'arrière-grand-oncle de l'homme politique et artiste libanais Michel Éléftériadès.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1902, Chrysostome Kalafatis est élu métropolite de Dráma par le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique de Constantinople. La ville de Dráma, située en Macédoine orientale, est alors encore sous domination ottomane et cela bien qu'elle soit majoritairement peuplée de Grecs. Une fois nommé, Chrysostome entreprend une importante politique sociale et culturelle auprès de la population hellène. Il favorise ainsi la construction d'écoles, d'églises, d'hôpitaux et de complexes sportifs. Il soutient aussi la reconquête des églises occupées par la minorité bulgare.

Par trop philhellènes, ses activités aboutissent à son bannissement de Dráma par les autorités turques le 30 août 1907. Cependant, trois ans plus tard, le 10 mai 1910, Chrysostome Kalafatis est élu métropolite de Smyrne, une cité d'Ionie majoritairement peuplée de chrétiens grecs et arméniens. L'homme d'Église reprend alors son travail social auprès de la population. Pendant la Première Guerre mondiale et la vague de persécutions anti-grecques qui s'ensuit dans l'Empire ottoman, le métropolite aide des Micrasiates à trouver refuge dans les îles grecques de la Mer Égée. Il sert par ailleurs de porte-parole à la population civile auprès du corps diplomatique et de la presse internationale. Cependant, son action lui vaut d'être exilé une seconde fois le 20 août 1914 et de quitter Smyrne pour Constantinople.

C'est seulement à la fin du premier conflit mondial que le métropolite retourne dans son évêché. Peu de temps après, le 2 mai 1919, l'armée hellène occupe la ville en accord avec les clauses du traité de Sèvres : commence alors la Guerre gréco-turque de 1919-1922. Redevenu évêque, Chrysostome reprend son travail auprès de la population grecque mais apporte également son soutien aux minorités turques et arméniennes. Il s'occupe aussi de politique, ce que les officiels grecs n'apprécient pas toujours.

Après la défaite de l'armée grecque en Anatolie et la reconquête de Smyrne par les révolutionnaires turcs, Chrysostome refuse de quitter la ville et d'abandonner ses fidèles. Le 9 septembre 1922, il est arrêté par la foule turque, encouragée par le gouverneur Nureddin Pasha. Selon des observateurs français, « La foule s'empara du métropolite Chrysostome et l'emmena... un peu plus loin, devant la boutique d'un coiffeur italien du nom d'Ismaël... [Les Turcs] s'arrêtèrent et le Métropolite fut introduit dans le salon de coiffure. Ils commencèrent à le frapper à coups de poings et de bâtons et à lui cracher au visage. Ils le criblèrent de coups de couteaux. Ils lui coupèrent la barbe, ils l'énucléèrent, ils lui coupèrent le nez et les oreilles. Les soldats français [présents dans les environs] furent écœurés par ce qu'ils virent et cherchèrent à intervenir mais leur commandant avait l'ordre de rester strictement neutre. Un revolver à la main, il interdit à ses hommes de porter secours au Métropolite. Chrysostome fut ensuite conduit dans une petite rue du district d'Iki Cheshmeli, où il succomba finalement à ses terribles blessures. »[1].

Chrysostome de Smyrne est aujourd'hui considéré comme un ethno-martyr de l'Église orthodoxe grecque et de la république hellènique. Pour les orthodoxes, sa canonisation est justifiée.

Annexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Giles Milton, Paradise Lost: Smyrna 1922: The Destruction of Islam's City of Tolerance. Hodder & Stoughton Ltd., Londres, 2008.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Giles Milton, Paradise Lost: Smyrna 1922: The Destruction of Islam's City of Tolerance, Hodder & Stoughton Ltd., Londres, 2008, p. 268-269.