Christophe de Villeneuve-Bargemon

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Christophe de Villeneuve-Bargemon

Christophe de Villeneuve-Bargemon né le 27 juin 1771 au château de Bargemon (Var), décédé le 12 octobre 1829 est un préfet, conseiller d'État.

Biographie[modifier | modifier le code]

Descendant d'une vieille famille provençale d'origine espagnole[1], Christophe Villeneuve-Bargemon est nommé, à sa sortie du collège de Tournon, sous-lieutenant au régiment Royal-Roussillon. Il entre ensuite dans la garde constitutionnelle de Louis XVI et échappe de peu à la mort le 10 août 1792. Il se réfugie alors dans son village natal pendant la Révolution et revient à Paris sous le Consulat, qui lui confie la sous-préfecture de Nérac. Il est nommé en 1806 préfet de Lot-et-Garonne puis, étant resté fidèle à Louis XVIII, est nommé après la défaite de Waterloo, préfet des Bouches-du-Rhône. Dans ce département il fait restaurer des monuments antiques (théâtre d'Arles), construire de nombreux bâtiments publics (Arc de Triomphe de Marseille, Lazaret du Frioul), et lance des grands travaux de viabilité : routes, ponts et canaux.

Il meurt le 13 octobre 1829 alors qu'il essaye de régler l'affaire des Capucins qui font partie d'une congrégation non autorisée par la loi. Les libéraux réclament leur dissolution alors que l'évêque Fortuné de Mazenod souhaite leur restauration dans le diocèse. La presse de gauche écrit en guise d'oraison funèbre : « Ils l'ont tué, les hommes à la barbe longue et sale...à la tête rasée...au sourire dévot et sardonique[2]. » Mgr Leflon, historien d' Eugène de Mazenod écrit en parlant du préfet : « Préfet d'une valeur exceptionnelle qui, des années durant, dans des conditions extrêmement délicates, avait administré les Bouches-du-Rhône avec tant de conscience, tant de compétence, tant de sagesse, méritait mieux que cette odieuse exploitation de sa fin par les passions partisanes. L'histoire, il faut le souhaiter, lui rendra quelque jour l'hommage qu'il mérite[3]. »

Villeneuve-Bargemon est essentiellement connu pour la publication d'une Statistique des Bouches-du-Rhône, ouvrage en quatre volumes et un atlas pour lequel il fit appel aux meilleurs spécialistes de l'époque. L'ouvrage reste pour les historiens d'une grande utilité.

Le 28 mars 1816 il est élu à l'Académie de Marseille[4] dont il assure la présidence en 1817, 1823 et 1829[5]. Il est commandeur de la Légion d'Honneur. La ville de Marseille a donné son nom à une place publique située à proximité de l'hôtel de ville.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Statistique du département des Bouches-du-Rhône, publiée d'après le vœu du Conseil Général du Département, quatre volumes in-quarto et un atlas in plano, éd. Antoine Ricard imprimeur du roi et de la préfecture, Marseille, 1821-1829
    • Volume 1, LXXVI et 944 p. paru en 1821
    • Volume 2, 1212 p. paru en 1824
    • Volume 3, 867 p. paru en 1826
    • Volume 4, 1100 p. paru en 1829
  • Notice historique sur la Ville de Nérac : Ses environs, le Château des Ducs d'Albret, qui fut long-temps le séjour des Rois de Navarre..., Agen, R.Noubel,‎ 1807, 150 p. (lire en ligne)

Décorations[modifier | modifier le code]

Rubans des décorations
Commandeur de la Légion d'honneur Grand-croix de l'ordre impérial de Léopold Chevalier de l'ordre de Charles III Officier de l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare
Drapeau de la France France 
Flag of the Kingdom of the Two Sicilies (1816).svg Royaume des Deux-Siciles 
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Royaume d'Espagne 
Flag of Kingdom of Sardinia (1848).svg Royaume de Sardaigne 

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Académie de Marseille, Dictionnaire des marseillais, Édisud, Marseille, 2001, p. 354, (ISBN 2-7449-0254-3)
  • Paul Masson (sous la direction de), Encyclopédie départementale des Bouches-du-Rhône, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille, 17 volumes parus de 1913 à 1937, tome XI, p. 543-544.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Masson (sous la direction de), Encyclopédie départementale des Bouches-du-Rhône, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille, 17 volumes parus de 1913 à 1937, tome XI, p. 543
  2. Le Messager du 17 octobre 1829
  3. Jean Leflon, Eugène de Mazenod, évêque de Marseille, fondateur des missionnaires Oblats de Marie Immaculée (1782-1861), Edition Plon, Paris, 3 volumes 1957, 1960 et 1965, tome 2 p. 340
  4. Abbé Dassy, L’académie de Marseille, ses origines, ses publications, ses archives, ses membres, Barlatier-Feissat éditeur, Marseille, 1877, p. 602
  5. Abbé Dassy, L’académie de Marseille, ses origines, ses publications, ses archives, ses membres, Barlatier-Feissat éditeur, Marseille, 1877, p. 580
  6. « Notice no LH/2720/52 », base Léonore, ministère français de la Culture : vide

Articles connexes[modifier | modifier le code]