Christophe-Gabriel Allegrain

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Christophe-Gabriel Allegrain
Portrait par Joseph Siffrein Duplessis (1774).
Diane au bain, 1778, musée du Louvre

Christophe-Gabriel Allegrain (11 octobre 1710 à Paris - 1795 à Paris) est un sculpteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Petit-fils d'Étienne Allegrain, peintre de paysage, et fils de Gabriel Allegrain, également membre de l'Académie, il était le beau-frère et collaborateur du sculpteur Jean-Baptiste Pigalle. Il devint sculpteur du roi et membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture, dont il fut le recteur et doyen.

Parmi ses élèves, on peut citer son fils et François Milhomme.

Au tout début du XVIIIe siècle, Christophe-Gabriel Allegrain, s'installe, à Paris, dans le quartier du Marais, le long de la rue Meslay (anciennement rue des remparts), où il établit son atelier, sur l'emplacement des anciens remparts de Philippe Auguste et de Charles V, remparts qui avaient donné leurs noms à cette rue, et qui furent démolis sur ordre de Richelieu. Parmi les artistes, qui avaient leur atelier rue Meslay, son propre collaborateur Jean-Baptiste Pigalle et le sculpteur Robert Le Lorrain.

Successédant à Adam, il est nommé professeur de sculpture à l'École des beaux-arts de Paris le et sera remplacé par Louis Jean-Jacques Durameau en 1781[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

  • Vénus sortant du bain, dite aussi La Baigneuse, 1767, statue, marbre, 174 x 62 x 67,5 cm, Paris, musée du Louvre[2].
  • Diane surprise par Actéon, dite aussi Diane au bain (1778), statue, marbre, Paris, musée du Louvre[3].
  • Narcisse, Paris, musée du Louvre

Vénus et Diane[modifier | modifier le code]

En 1755, le marquis de Marigny, directeur des Bâtiments du Roi, passe commande à Allegrain d'une Vénus pour le château de Choisy. L'esquisse en terre-cuite est présentée au salon de 1757, mais n'est guère remarquée. En 1767, le grand marbre est achevé et exposé dans l'atelier du sculpteur. La même année, il est présenté au Salon, et reçoit des éloges, notamment de Denis Diderot dont le commentaire est resté célèbre : « Belle, belle, sublime figure ; ils disent même la plus belle, la plus parfaite figure que les modernes aient faite [...] Les belles épaules, qu'elles sont belles, comme ce dos est potelé, quelle forme de bras, quelles précieuses, quelles miraculeuses vérités de nature dans toutes ces parties. ». L'œuvre est ainsi unanimement appréciée malgré la mauvaise qualité du marbre fourni au sculpteur, souffrant de plusieurs veines bleuâtres. Il s'agit de la première commande importante passée au sculpteur, et Diderot avouera dans une lettre de mai 1768 au sculpteur Falconet : « Eh bien cet Allegrain dont je n'avais jamais entendu parler, vient de faire une Vénus au bain qui fait l'admiration, même des maîtres de l'art ». Allegrain s'est sensiblement inspiré d'un petit bronze du sculpteur maniériste Jean de Bologne, Baigneuse posant le pied sur un vase de parfum (plusieurs exemplaires connus), reprenant la ligne sinueuse du corps, les épaules tombantes, la poitrine haute et menue, et la coiffure composée de nattes sophistiquées. L'œuvre a intrigué les contemporains par sa pose sensuelle, se penchant en avant, avec une inclinaison délicate de la tête, qui a d'ailleurs nécessité de laisser un pont derrière la nuque pour renforcer la sculpture. Le visage est animé d'un discret sourire et d'un plissement à l'œil gauche, sollicitant la complicité du spectateur. On note le naturalisme du corps, les chairs pleines, laissant apparaître des bourrelets et plis sur le ventre, les hanches, et le creux du bras, si admirés par Diderot. La sculpture est acquise par Louis XV qui l'offre en 1772 à sa favorite madame du Barry, qui l'installe alors dans le parc du château de Louveciennes.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Geneviève Bresc-Bautier, Isabelle Leroy-Jay Lemaistre (sous la direction de Jean-René Gaborit, avec la collaboration de Jean-Charles Agboton, Hélène Grollemund, Michèle Lafabrie, Béatrice Tupinier-Barillon), Musée du Louvre. département des sculptures du Moyen Âge, de la Renaissance et des temps modernes. Sculpture française II. Renaissance et temps modernes. vol. 1 Adam - Gois, Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1998

Élèves[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Chappey, Les professeurs de l'École des beaux-arts (1794-1873) dans Romantisme, n°93. p.95-101
  2. « Notice no 504 », sur la base Atlas du musée du Louvre.Oeuvre présentée au Salon de 1767.
  3. « Notice no 505 », sur la base Atlas du musée du Louvre.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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