Christianisme en Algérie

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Basilique Saint-Augustin à Annaba en 2009. Rénovée en 2013

Le christianisme est introduit en Algérie au cours de l'époque romaine. Son influence connait un certain déclin durant les invasions vandales et se renforce durant la période byzantine. Celle-ci tend à disparaitre progressivement avec les invasions arabes au VIIe siècle[1].

Le christianisme est la religion croissant le plus vite en Algérie. L'Afrique du Nord est principalement musulmane : l'islam est la religion d'État en Algérie, en Libye et au Maroc. Bien que la loi garantisse la liberté de culte, celle-ci est limitée par l'interdiction du prosélytisme.

Les convertis au christianisme peuvent, en effet, faire l'objet d'enquête et de poursuites de la part des autorités[2]. Bien que le nombre d'adeptes soit bas en Algérie, des églises construites durant la période coloniale existent encore. Il semble, cependant, que le nombre de conversions au christianisme soit en augmentation ces dernières années. Les chiffres restent très bas, il n'y avait que 0,2 % de chrétiens en Algérie en 2009. L'ONU décomptait, alors, 45 000 catholiques romains et entre 50 000 et 100 000 protestants dans le pays.

Les conversions se concentrent principalement dans la Kabylie, particulièrement dans la wilaya de Tizi Ouzou[3]. La proportion de chrétiens dans cette wilaya est évaluée entre 1 et 5 %. Il est arrivé qu'ils soient attaqués en raison de leurs croyances. En 1996 Monseigneur Pierre Claverie, évêque d'Oran, est assassiné par des terroristes. Ce meurtre s'est déroulé peu de temps après celui des moines de Tibéhirine et de six religieuses. Cette période est communément appelée la décennie noire, durant laquelle entre 100 000 et 200 000 algériens ont perdu la vie.

Christianisme après la conquête arabe[modifier | modifier le code]

Basilique de Notre Dame d'Afrique à Alger

Généralement, on considère que la conquête arabe a mis fin au christianisme en Algérie pour plusieurs siècles[4]. L'analyse classique est que l'église a manqué, à cette époque, d'un monachisme fort et souffrait toujours d'hérésies comme le donatisme[5]. On lui oppose souvent le cas de l'Église copte égyptienne qui possédait une forte tradition de monachisme qui lui permit de rester majoritaire jusqu'au XIVe siècle.

Cependant, un nouveau courant contredit cette idée. Il s'appuie sur des preuves d'existence de communautés chrétiennes entre la Tripolitaine et le Maroc plusieurs siècles après l'achèvement de la conquête arabe. On retrouve l'une d'entre-elles à Qal'a dans le centre de l'Algérie vers 1114. On trouve également des preuves de pèlerinages religieux, après 850, sur des tombeaux de saints chrétiens situés à l'extérieur de la ville de Carthage, ainsi que des indices de contacts avec les chrétiens de l'Espagne musulmane. De plus, des réformes calendaires entreprises en Europe sont suivies par les communautés chrétiennes de Tunis, ce qui n'aurait pas été possible sans des liens avec Rome.

Le christianisme local est mis sous pression avec l'avènement des Almohades et des Almoravides. On demande aux chrétiens de Tunis de se convertir à l'islam. Mais la présence de communautés chrétiennes et d'un évêque à Kairouan, ville fondée par les musulmans afin d'y installer leur centre administratif durant la conquête, reste très significative. Une lettre des archives catholiques datant du XIVe siècle montre qu'il existait encore quatre évêques en Afrique du Nord à cette période, chiffre largement en baisse face aux 400 recensés avant l'invasion[6]. Des berbères chrétiens ont continué à vivre à Tunis et à Nefzaoua jusqu'au début du XVe siècle.

Réintroduction du christianisme[modifier | modifier le code]

Construction de l'église de Aïn Témouchent en 1936

L'Église chrétienne est réintroduite en Algérie après la conquête française avec la création du diocèse d'Alger en 1838. Le prosélytisme à destination de la population musulmane est dans un premier temps strictement interdit. Plus tard, l'interdiction est moins vigoureuse mais peu de conversions ont lieu. Plusieurs missions catholiques établies en Algérie ont œuvré de façon caritative et mené des missions humanitaires : construction d'écoles, d'ateliers de fabrication, d'hôpitaux et formation du personnel de ces nouveaux établissements. Certains des missionnaires de ces organisations sont restés dans le pays après l'indépendance, travaillant auprès des populations les plus pauvres. Au début des années 1980, 45 000 chrétiens vivent en Algérie. La plupart sont des étrangers ou des algérien(ne)s marié(e)s à des européen(ne)s[1].

Durant la période française, le nombre de chrétiens a atteint un million de personnes en Algérie, mais la plupart d'entre-eux sont partis après l'indépendance en 1962.

Le pays est, alors, divisé quatre diocèses dont un Archidiocèse :

Protestantisme[modifier | modifier le code]

Les protestants sont entre 50 000 et 100 000 en Algérie[7]. Cette petite communauté pratique généralement sa foi sans entrave de la part des autorités[8], mais des incidents un peu plus fréquents ont été rapportés dans les années 2000[9]. On permet aux groupes de missionnaires de conduire des activités humanitaires sans interférence gouvernementale tant qu'ils sont discrets et ne pratiquent pas le prosélytisme de façon ouverte. Depuis 2006, toute action à destination des musulmans de la part des missionnaires peut être punie de 5 ans d'emprisonnement[10].

L'Église protestante d'Algérie est une union de l'Église méthodiste et de l'Église réformée, elle compte environ 10 000 membres[11]. Elle est l'une des deux seules institutions chrétiennes du pays officiellement reconnues[12]. Selon l'International Christian Concern (en), la plupart des chrétiens se réunissent dans des maisons afin de se protéger.

Institutions protestantes en Algérie[13]:

  • Armée du salut
  • Assemblées de Dieu
  • Église Adventiste du Septième Jour
  • Église Évangélique Copte
  • Église Protestante d'Algérie
  • Frères Larges
  • Diocèse Anglican d'Égypte
  • Mission Baptiste Évangélique
  • Mission Biblique de Ghardaia
  • Mission d'Afrique du Nord
  • Mission Évangélique au Sahara
  • Mission Évangélique de Médéa
  • Mission Évangélique du Sahara
  • Mission Rolland

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Deeb, Mary Jane. "Religious minorities" Algeria (Country Study). Federal Research Division, Library of Congress; Helen Chapan Metz, ed. December 1993. This article incorporates text from this source, which is in the public domain.[1]
  2. (en) « Echorouk Online - A postal executive in Tlemcen province under security investigation into the shady circumstances surrounding his decision to embrace Christianity » (consulté le 3 janvier 2011).
  3. Sadek Lekdja, Christianity in Kabylie, Radio France Internationale, 7 mai 2001.
  4. http://www.bethel.edu/~letnie/AfricanChristianity/WesternNorthAfricaHomepage.html
  5. (en) The Disappearance of Christianity from North Africa in the Wake of the Rise of Islam C. J. Speel, II Church History, Vol. 29, No. 4 (Dec., 1960), pp. 379-397
  6. (en) THE LAST CHRISTIANS OF NORTH-WEST AFRICA:SOME LESSONS FOR ORTHODOX TODAY
  7. (en) « Operation World: Algeria » (consulté le 12 décembre 2011)
  8. « Mustapha Krim : "Ils veulent fermer nos églises, nous sommes persécutés" » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), DNA - Dernières nouvelles d'Algérie, 26 septembre 2010. Consulté le 11 décembre 2011
  9. « Country News: Algeria », Compass Direct News, Compass Direct News (consulté le 11 décembre 2011)
  10. « German Site of the International Society for Human Rights »
  11. (en) World Council of Churches: Regional Members: Protestant Church of Algeria
  12. (en) « PC(USA) Mission Yearbook for Prayer and Study »
  13. (en) The World Christian Encyclopedia, Second edition, Volume 1, p. 57