Christianisme au Maghreb

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Le christianisme s'est implanté au Maghreb vers le IIe siècle et a été supplanté par l'islam au VIIe siècle.

De nos jours, l'islam est la religion d'État de tous les pays maghrebins. La liberté religieuse varie selon les législations nationales. Bien que la proportion de chrétiens soit faible au Maghreb, il s'y trouve des églises.

Histoire[modifier | modifier le code]

En Afrique romaine[modifier | modifier le code]

Carte des évêchés africains en 256

Selon Claude Lepelley, le christianisme occidental latin est né en Afrique du Nord. Au milieu du IIe siècle, les communautés chrétiennes y étaient déjà très nombreuses et dynamiques. Au IVe siècle, l'Afrique vit la naissance de Augustin d'Hippone, (actuelle Annaba, Algérie) père de l'Église dont la pensée devait avoir une influence déterminante sur le christianisme au Moyen Âge et à l'époque moderne[1].

Faute de documentation assez complète, il est difficile de reconstituer les étapes et les lieux de diffusion qui ont précédé l’arrivée des chrétiens dans les provinces africaines. De plus, ce sont essentiellement les sources chrétiennes – notamment celles de Tertullien - qui permettent de retracer l’histoire de l'Église africaine au IIIe siècle, ceci posant évidemment un problème d’objectivité. Au-delà, la majorité de sources de l'époque sont carthaginoises[2].

On situe l’apparition en Afrique des premiers chrétiens avant l’an 180. Le premier document qui nous permet d'appréhender le christianisme en Afrique sont les Actes des martyrs scillitains. Il s'agit du procès-verbal de la comparution, le 17 juillet 180, d'une dizaine de chrétiens d'une bourgade de Proconsulaire non-localisée devant le proconsul d'Afrique[3].

L’histoire des débuts du christianisme en Afrique est étroitement liée à la personne de Tertullien. Né de parents païens, il entre dans la communauté chrétienne de Carthage vers 195 et devient proche de l’élite municipale, qui saura le protéger contre la répression des autorités. Ayant reçu la prêtrise, il s’emploie dans ses premiers écrits à lutter pour que l'Église chrétienne soit reconnue officiellement par l’Empire.

On peut parler, à la suite de Tertullien, de « christianisme africain » tant ce dernier adopte un caractère spécifique, se faisant remarquer par son intransigeance. Afin de progresser en nombre d’adeptes et de s’ancrer dans la vie populaire africaine, la doctrine chrétienne à travers les écrits de Tertullien cherche à s’émanciper de toutes les institutions païennes qui structurent la société romaine de l’époque. Il faut voir dans ce travail d’écriture plus une transcription et une mise en valeur des problèmes spécifiques d’une nouvelle communauté que la volonté d’un homme d’imposer à de fervents croyants une doctrine qui ne leur convient pas.

Les chrétiens refusent donc de participer aux nombreuses cérémonies fondant la vie civique. Dans son œuvre De l’idolâtrie, Tertullien précise la nature des activités déconseillées aux chrétiens : ils doivent, pour les plus riches, refuser de participer à la vie politique de la cité en tenant un quelconque poste, refuser tout métier agricole qui pourrait fournir des produits et animaux aux séances de sacrifices. Les chrétiens ne doivent pas non plus exercer le professorat qui les obligerait à enseigner les mythes et cultes païens[4].

Chapelle Santa Cruz, Oran.

Mais ce qui sépare et oppose le plus les autorités romaines et la communauté de chrétiens, c’est sans aucun doute le fait que ces derniers refusent de servir l’armée de l’Empire. Tertullien souligne la difficulté de concilier le serment militaire avec celui prononcé lors du baptême[5]. Outre l’omniprésence des rites païens dans la vie militaire, le plus grand dilemme pour les chrétiens est la probabilité de tuer des adversaires pendant les combats, chose incompatible avec le message de la vie du Christ : c’est une transgression du sixième commandement.

Chapelle Santa Cruz, Oran.

Ce choix politico-religieux a été à l’origine de conflits parfois violents, les chrétiens étant accusés de mettre en péril la cité quand leur refus de service militaire se faisait pendant une période qui nécessitait un besoin accru de soldats. Il a amené des sanctions qui ont parfois été jusqu’à la mise à mort, créant la situation de martyr très spécifique à la religion chrétienne. La multiplication des martyrs, de leurs cultes et de leurs récits, comme le martyre de Perpétue et Félicité, fut l'un des traits marquants du christianisme africain[6]. Tertullien lui-même prône la souffrance et le martyre comme issue vers le salut[7], amenant des choix assez éloquents de la part des chrétiens : certains choisissaient des morts « héroïques », en combattant par exemple contre des lutteurs égyptiens [réf. nécessaire]. Le martyre devenait un acte de résistance et de mémoire, inscrit dans un calendrier commémoratif, base du calendrier chrétien.

Mosaïque chrétienne au Musée national du Bardo (Tunisie).

À travers cette base doctrinale extrêmement stricte et difficile à défendre devant une population qui ne comprend pas la plupart du temps les choix des chrétiens, Tertullien cherche à éviter à sa communauté de se mélanger aux rites et coutumes païens afin de garder toute sa spécificité et de préserver ses chances d’éclosion. Pour autant, il ne veut pas s’éloigner de la vie de la cité, encore moins de celle de l’Empire[8]. Il aime l’Empire et est convaincu de ses bienfaits dans les provinces africaines.

Les chrétiens ont cependant aidé, via leur intransigeant besoin à la fois de démarcation et d’affirmation au sein de la société africaine, à instaurer un climat de tension entre eux et le reste de la population, mais surtout avec le pouvoir impérial qui devant cette menace de division, ne tarde pas à réagir.

La doctrine chrétienne qui a pris pied en premier lieu sur les côtes africaines s’est développée par la suite à l’intérieur des terres. Si l'on ne situe pas précisément la ville dont sont originaires les martyrs scillitains (Scillium, Scillitium, dans la région de Carthage, aujourd'hui Kasserine), ceux de Madaure, Miggin et Namphamon, sont attestés à la même époque : les chrétiens connaissent leurs premiers martyrs dans un contexte politico-religieux en constante évolution.

Le IIIe siècle connait une fragilisation importante des fondements religieux du pouvoir impérial. Censé être protégé des dieux, le mythe de l’empereur qui se situe au-dessus des hommes est remis en doute par les païens, en particulier après la mort de Dèce au combat, en 251. Les coupables sont vite trouvés : par leur impiété, les chrétiens sont accusés d’avoir provoqué la colère des dieux.

Dèce lui-même avait déjà instauré cette notion de « bouc émissaire » pendant ce qu’on appelle la « persécution de Dèce », de 249 à 251. La persécution romaine, la première attaque officielle contre l'Église africaine, est entérinée par un édit promulgué dès 249 qui oblige les chrétiens à prier pour le salut de l’empereur, et à procéder en suivant à des sacrifices ou des libations.

Cette nouvelle donne force les chrétiens à un choix. Plusieurs attitudes sont relevées : certains suivent les consignes des autorités relayées par les cités africaines et se plient à l’édit, allant jusqu’aux sacrifices d’animaux - chose formellement interdite par leur dogme - ; d’autres pour qui il est inconcevable de renier l’Évangile préfèrent fuir ; d’autres encore choisissent de déclarer ouvertement leur mécontentement à la population, mettant leur vie en péril.

L’autorité romaine en formulant cet édit a divisé la communauté chrétienne qui à la suite de cette crise montre encore une fois toute son intransigeance. Ceux qui ont cédé aux demandes de Dèce et ont participé aux supplications – les lapsi - se voient très mal accueillis par les « résistants » quand vient l’heure de leur réintégration. Les évêques qui ont « péché » sont pour la plupart pardonnés mais se voient refusé le retour à leur fonction. La persécution a engendré une telle crise au sein de l'Église africaine que le concile de Carthage propose, en 256, de rebaptiser les fauteurs afin qu’ils redeviennent purs. Il se heurte là violemment à l’évêque de Rome pour qui ce double baptême est tout bonnement inconcevable car il dé-crédibiliserait le rite sacré et unique de l’évêque. (Voir aussi Donatisme)

Après une brève période de calme, les persécutions recommencent en 257 sous l’impulsion de Valérien. Ce sénateur romain, proche des élites hostiles au christianisme, emploie une nouvelle tactique pour affaiblir les chrétiens. Il décide de couper l’élite chrétienne de sa base. Les gouverneurs de province ont pour ordre d’exiler tout évêque ou clerc qui refuserait de s’adonner aux rites sacrificatoires. Ainsi Cyprien de Carthage, grande figure du christianisme africain est mis en exil ; d’autres sont condamnés aux mines. La persécution devient sanglante un an plus tard quand Cyprien et d’autres clercs, victimes des nouvelles mesures romaines, sont condamnés à mort et décapités.

Il faut attendre la mort de Valérien en 260 pour que le calme règne à nouveau en Afrique. Son fils Gallien se montre beaucoup plus tolérant : il arrête les poursuites contre les chrétiens et promulgue un édit de tolérance qui débute la période de la petite paix de l’Église. Cette cohabitation pacifique permet à l’Église africaine de se développer dans les provinces et d’augmenter le nombre de ses fidèles.

Conquête musulmane[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la conquête musulmane.

À la suite de la conquête de toute l'Afrique du Nord par les Omeyyades, à la fin du VIIe siècle, l'islam prend la place du christianisme des Églises nord-africaines divisé par des luttes intestines en raison des hérésies.

Dans le nouvel ordre musulman, les chrétiens et les juifs ont un rang de dhimmi. Selon les dynasties, certains les poussent à se convertir à l'islam ou à émigrer.

Toutefois il semble s'être maintenu jusque vers les années 1050, comme en témoignent les historiens arabes Ibn 'Abd al-Hakam, au IXe siècle, Al Bakri, qui mentionne l'existence au XIe siècle, d'une église à Tlemcen et les ruines d'une autre à Alger, et plus tard Ibn Khaldûn attestent la présence de chrétiens parmi les Berbères. La présence d'un nombre important de stèles funéraires chrétiennes datés du XIe siècle, l'existence d'une basilique consacrée à saint Pierre à Sicca Veneria, l'usage par les Berbères d'un dialecte roman (al latini al afariqui) à la même époque, la persistance des pèlerinages sur le tombeau de saint Cyprien corrobore leur témoignage. C'est après 1050 et les invasions hilaliennes que l'extinction du christianisme en Afrique du Nord s'accélère[9] pour s'achever pratiquement au XIIe siècle almohade, dans un processus de conversions forcées à l'initiative du calife Abdelmoumen[10].

Colonisation française[modifier | modifier le code]

La colonisation française en Afrique du Nord était une colonie de peuplement qui n'avait au début aucun but prosélyte : elle n'avait pas pour objectif de convertir les musulmans au christianisme et les autorités cherchèrent le plus souvent à éviter les heurts entre communautés religieuses juives, musulmanes et chrétiennes. Ainsi, au Maroc, Hubert Lyautey édicte en ce sens un certain nombre de règles toujours en vigueur. La question de la nationalité s'est posée avec le Décret Crémieux applicable à l'Algérie, qui accordait la nationalité française aux indigènes juifs, voire aux musulmans à condition de renoncer à leur religion.

Cependant, de nombreux missionnaires ont l'occasion, grâce à elle, de se rendre en Afrique du Nord. Charles de Foucauld, ermite au Sahara, en est une figure emblématique. De plus, la colonisation entraîne l'édification de quelques églises (comme Notre-Dame d'Afrique à Alger ou Saint-Vincent-de-Paul à Tunis) qui sont destinées à l'usage des colons français.

Christianisme au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Depuis une vingtaine d'années, on assiste dans les pays d'Afrique du Nord à un regain d'intérêt à l'égard du christianisme, non pas au profit du catholicisme ou de l'orthodoxie mais plutôt au profit des Églises évangéliques. Ces conversions ne concerneraient tout au plus que quelques milliers de personnes dans des pays où la population se compte en dizaine de millions. Pourtant, elles inspirent des controverses au sein des sociétés marocaines, algériennes et tunisiennes.

Les conversions au christianisme semblent accompagnées de persécutions, ou du moins de rejet, parce qu'elles sont considérées comme des trahisons à plusieurs égards. Certains y voient le fruit de manipulations des États-Unis : selon eux, l'émergence d'une minorité chrétienne (encore toute hypothétique) légitimerait l'ingérence des États-Unis dans la politique de leur pays. D'autres pensent que c'est l'ignorance ou l'attrait d'un visa qui poussent à se convertir. Il ne faut pas oublier non-plus que l'apostasie est interdite dans l'Islam.

Quelles que soient les motivations de ces conversions, certains aspects des modèles socioreligieux des pays d'Afrique du Nord sont mis en question : en particulier, la place des autres religions et leur relation avec l'islam. En outre, on peut voir dans ces conversions un effet de la mondialisation et de l'ouverture du monde qui alimente les échanges marchands mais également culturels.

En Algérie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Christianisme en Algérie.

Chiffres[modifier | modifier le code]

Le pourcentage de chrétiens en Algérie est une question qui fait débat. Il était officiellement de 0,06 % en 2002 selon le gouvernement algérien. Il serait aujourd'hui d'environ 0,7 % de la population totale algérienne (d'après l'ONU et des organismes chrétiens), soit jusqu'à 70 000 chrétiens, surtout des catholiques vivant à l'ouest et à Alger. Les Églises protestantes d'Algérie avançant le chiffre de 50 000 fidèles en 2008[11], mais le ministère des Affaires religieuses parle de 50 000 chrétiens dans le pays, essentiellement catholiques[12]. D'autre part, en 2002 l'ONU dénombrait 100 000 catholiques et de 50 000 à 20 000 protestants dans le pays. Quant au World Factbook de la CIA, il estime dans qu'il y aurait 1 % de chrétiens et de juifs en Algérie[13]. Selon la direction régionale des affaires religieuses, il y aurait environ 2 500 nouveaux convertis en Kabylie[14].

Catholicisme romain[modifier | modifier le code]

Le diocèse catholique d'Algérie est établi en 1838 avec la colonisation de l'Algérie par les troupes françaises. Tout prosélytisme auprès des musulmans est prohibé pendant longtemps et le rôle de l'Église catholique est cantonné à des actions de charité (voir l'article concernant les Missions catholiques au XIXe et au XXe siècles).

Au début du XXe siècle, on estime à environ un million le nombre de catholiques en Algérie : essentiellement des colons d'origine européenne, ainsi que quelques personnes d'origine berbère ou arabe, comme l'écrivain Jean Amrouche, né en Kabylie. Elle a été, en effet, une des rares régions où une politique d’évangélisation ait été menée durant la colonisation, surtout à la fin du XIXe siècle, à l’initiative de Charles Martial Lavigerie, archevêque d’Alger de 1867 à 1892[15]. Cependant elle a connu un échec relatif.

Aujourd'hui, l'Église catholique est organisée en Algérie en quatre diocèses : Alger, Constantine, Laghouat-Ghardaïa (Sahara) et Oran.

Par ailleurs, les jésuites sont présents à Alger et à Constantine depuis 1840 et encadrent aujourd'hui deux services à Alger : le Centre Culturel Universitaire (CCU), qui est une bibliothèque universitaire, et la maison des Exercices Spirituels, dite de Ben Smen, qui est un lieu de prière et de recueillement[16].

Protestantisme[modifier | modifier le code]

En mars 2008, le gouvernement algérien a ordonné la fermeture de 13 chapelles protestantes dans le pays, toutes situées en Kabylie, 11 d'entre elles se trouvant à Tizi-Ouzou[12].

La législation religieuse[modifier | modifier le code]

La constitution algérienne garantit à tous les citoyens une liberté du culte, et l'État en assure la protection. Les imams, prêtres et rabbins dépendent du ministère des Cultes et sont rémunérés par l’État algérien. Le gouvernement contribue au financement des mosquées, des imams et de l'étude de l'islam dans les établissements scolaires. L’enseignement de la charia (les lois de la religion islamique) est devenu depuis septembre 2005 obligatoire dans toutes les filières du secondaire. En outre, le gouvernement a intensifié le contrôle de l'enseignement religieux scolaire, des prêches dans les établissements religieux et l'interdiction de la distribution d'ouvrages religieux faisant la promotion de la violence.

La liberté de culte, pleinement applicable au culte musulman, s'accompagne de certaines restrictions pour les autres cultes, comme la prohibition du prosélytisme ou encore l'obligation d'une autorisation de prêcher par l'autorité religieuse agréée par les autorités algériennes[17]. Ces restrictions apportées par la loi de 2006 ont conduit à de nombreux procès et condamnations: prêtre condamné pour avoir célébré une messe en février 2008 (procès en appel)[18], une condamnation pour transporter des Bibles en mars[19], des peines de prison et d'amendes pour « pratique illégale d'un culte non-musulman » en juin[20],[21]. Le ministre des Affaires religieuses et l'Association des oulémas musulmans algériens accusent des évangélistes étrangers d'avoir contribué à ces conversions[22]. Ainsi, le gouvernement justifie ces actions comme une lutte contre la coercition et le chantage. D'ailleurs, ces mêmes restrictions s'appliquent à l'islam ajoute-t-il[23].

Au Maroc[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Catholicisme au Maroc.

D'après la World Christian Database du Centre pour l'étude du christianisme mondial[24], en comparaison aux chiffres de 1985, le christianisme est la religion dont le taux de croissance au Maroc est le plus élevé. En son sein, le catholicisme (-0,28 %), l'orthodoxie (-0,94 %) mais surtout l'anglicanisme (-1,71 %) baissent en nombre d'adhésions. Ces confessions sont surtout le fait d'étrangers. Par contre, les chrétiens indépendants (protestants évangéliques en général) connaissent une croissance (environ 84 000 adhérents soit une augmentation de 3 % en 2005) vis-à-vis des autres dénominations suivies par les protestants plus classiques (+1,41 %). Ils représentent ainsi 73,11 % du christianisme marocain. Ce phénomène d'augmentation s'explique partiellement par une recrudescence de l'immigration venue d'Afrique subsaharienne, à laquelle s'ajoute un certain nombre de conversions, entre 2000 à 2500 convertis en 2005.

Les chrétiens dits « marginaux » (Témoins de Jéhovah ou mormons) connaissent un faible taux de croissance (+0,41 %), mais globalement on remarque que les chrétiens indépendants augmentent le plus vite en nombre sur toutes les affiliations spirituelles, religieuses ou philosophiques au Maroc, pour être suivis par les athées (+2,51 %), les baha'is (+2,26 %), les « non-religieux » (+1,75 %) et enfin les musulmans classiques (+1,72 %).

Les conversions au christianisme (dont le nombre est difficile à évaluer) sont suspectées par certains d'être soutenues par les États-Unis[réf. nécessaire]. Le prosélytisme non-musulman ciblant un ou des musulmans est interdit au Maroc et les Églises reconnues par l'État marocain, comme l'Église catholique, adoptent une position de neutralité qui motive peut-être l'intérêt des convertis envers les Églises évangéliques considérées plus entreprenantes. D'ailleurs, l'article 220 du code pénal marocain dispose :

« Est puni d'un emprisonnement de 6 mois à 3 ans et d'une amende de 100 à 500 dirhams, quiconque emploie des moyens de séduction dans le but d'ébranler la foi d'un musulman ou de le convertir à une autre religion, soit en exploitant sa faiblesse ou ses besoins, soit en utilisant à ces fins des établissements d'enseignement, de santé, des asiles ou des orphelinats. En cas de condamnation, la fermeture de l'établissement qui a servi à commettre le délit peut être ordonnée, soit définitivement, soit pour une durée qui ne peut excéder 3 ans. »

En Tunisie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Religion en Tunisie et Diocèse de Tunis.
  • Le nombre de chrétiens en Tunisie représente 0,5 % de la population totale. Toutefois, les conversions au christianisme y seraient moins nombreuses que dans d'autres pays[25].

Les grandes dates du christianisme au Maghreb[modifier | modifier le code]

Mère de Dieu avec les Saints de l'Afrique du Nord. Icône à l'église russe de Rabat.
  • 150-160 : Naissance de Tertullien (berbère) à Carthage.
  • 180 (17 juillet) : Décapitation à Carthage de douze chrétiens originaires de Kasserine (martyrs scillitains).
  • 197 : Persécution des Chrétiens.
  • 198 : Victor Ier (berbère) est pape.
  • 200 : Naissance de Cyprien de Carthage (berbère).
  • 202 : Édit interdisant la conversion au christianisme.
  • 203 (7 mars) : Martyre de Perpétue et Félicité livrés aux lions de l’amphithéâtre de Carthage.
  • 249 : Édit obligeant les Chrétiens à prier pour le salut de l'empereur et à sacrifier des animaux. (Persécution de Dèce).
  • 256 : Concile de Carthage proposant de rebaptiser les fauteurs qui ont cédé lors des persécutions de Dèce.
  • 257 : Édit de Valérien, persécution des Chrétiens, exil d'évêques et de clercs récalcitrants.
  • 258 : Décapitation de Cyprien, évêque de Carthage.
  • 260 : Édit de tolérance promulgué par Gallien.
  • 303-305 : Persécutions des Chrétiens d’Afrique.
  • 303-312 : Premiers écrits donatistes.
  • 304 : Manifeste des martyrs donatistes d'Abitina.
  • 305 : Sylvanus (donatiste) élu évêque de Constantine.
  • 311-314 : Miltiade (berbère) est pape.
  • 312 : Caecilianus nommé évêque de Carthage contestée par l’évêque Donat.
  • 317 : Répression accrue des donatistes.
  • 321 : Suspension des mesures répressives à l’égard des donatistes.
  • 336 : Concile de 270 évêques donatistes à Carthage.
  • 340 : Révolte des circoncellions (ouvriers agricoles) contre les propriétaires terriens.
  • 354 : Naissance de Saint Augustin (de père romain et de mère berbère)
  • 355 : Mort de l’évêque Donat.
  • 362 : Julien met fin à l'exil des donatistes qui récupèrent leurs lieux de culte.
  • 372-375 : Les donatistes sont mêlés à la révolte du chef maure Firmus.
  • 376 : Nouvelle interdiction de l’église et du culte donatiste.
  • 385-397 : Soutien du comte d’Afrique Gildon aux donatistes.
  • 373 : Valentinien Ier interdit aux donatistes la pratique du « rebaptême ».
  • 412 : Concile de Carthage réunissant 286 représentants catholiques et 279 représentants donatistes.
  • 429-439 : Invasion du Maghreb par les Vandales (peuple germanique de confession chrétienne arienne).
  • 431 : Mort de Saint Augustin, évêque d’Annaba.
  • 439 : Fondation du royaume vandale arien d'Afrique (Carthage, Sardaigne et Corse).
  • 439 : Début de la persécution des catholiques (flagellation, exil, décapitation)
  • 442 : Les Vandales rendent la Sicile en échange de la Numidie et les deux provinces de Maurétanie (Maroc et Algérie) ; ils reçoivent un traité pour diriger la province romaine d'Afrique (Tunisie et Libye occidentale).
  • 449 : Alliance des Vandales et d’Attila contre Rome.
  • 455 : Pillage de Rome par les Vandales.
  • 456 : Domination vandale en Sardaigne.
  • 468 : Domination vandale en Sicile.
  • 468 : Victoire des Vandales sur la flotte byzantine au Cap Bon.
  • 477 : Mort de Genséric après un demi-siècle de règne sur les Vandales.
  • 484 : Réduction du nombre d’évêchés, passant de 600 à 470
  • 492 : Gélase Ier (berbère) est pape.
  • 523 : Décès du roi Thrasamund. Edit royal mettant fin à la persécution de Catholiques.
  • 523 : Hildéric, fils de la princesse romaine Eudocia, pro-byzantin, devient roi des Vandales malgré son impopularité et son grand âge.
  • 530 : Hildéric est renversé par Gélimer
  • 533 : Les Byzantins (conduits par Bélisaire) battent les Vandales à deux reprises près de Carthage et entrent dans la ville en octobre.
  • 534 : Reddition de Gélimer. Déportation des survivants à Byzance puis en Galatie, fuite des autres rescapés en Kabylie dans ce qui reste du royaume Vandale.
  • 535 : Interdiction des cultes donatiste, juif, païen et arien.
  • 647 : Raid arabe sur Sbeïtla.
  • 698 : Prise de Carthage par les Arabes.
  • VIIIe siècle : Il subsiste une quarantaine d’évêchés au Maghreb.
  • 793 : Construction d’une église à Kairouan.
  • 875 : Le cadi de Kairouan impose le tamyiz (port de vêtements spécifiques pour les Chrétiens et les Juifs)
  • Xe siècle : Exode des Chrétiens vers l’Europe et dans les oasis du sud.
  • 983 : Persistance d’une communauté chrétienne à Carthage et à Kairouan.
  • 1050 : Invasion hilalienne. Mention de communautés chrétiennes à Tlemcen, Alger, au Kef, etc. Accélération du processus d'extinction du christianisme en Afrique du Nord.
  • 1053 : Il ne subsiste que cinq évêchés dans le Maghreb.
  • XIe siècle : Installation de comptoirs chrétiens italiens sur le littoral maghrébin.
  • 1191 : Mention d’une église à El Kala.
  • 1192 : Mention d’un archevêque à Carthage.
  • 1270 : Croisade de Tunis où Saint-Louis trouve la mort.
  • XIVe siècle : Ibn Khaldoun atteste la présence de chrétiens parmi les Berbères (Garawa et Nefusa, qui sont des Zénètes)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Corbin, Histoire du christianisme p.120 (Saint Augustin), Ed. Seuil, 2007
  2. Yvette Duval,« Densité et répartition des évêchés dans les provinces africaines au temps de Cyprien », Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité, 1984, 96, pp. 493-521. Cependant, Paul-Albert Février a pu montrer, en s'appuyant sur les témoignages épigraphiques, le dynamisme du christianisme en Afrique maurétanienne ; « Aux origines du christianisme en Maurétanie césarienne », Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité, 1986, 98, pp. 767-809
  3. LES MARTYRS I
  4. Tertullien, De idololatria, De spectaculis
  5. Tertullien, De corona militis, I.
  6. Voir sur cette question l'ouvrage de Victor Saxer, Morts, martyrs, reliques en Afrique chrétienne aux premiers siècles. Les témoignages de Tertullien, Cyprien et Augustin à la lumière de l'archéologie africaine, Paris, Beauchesne, 1980, 340 p.
  7. Tertullien, Ad Martyras
  8. « Nous ne nous séparons pas du monde: marins, soldats, laboureurs, négociants, acheteurs, gens d'art ou de métier nous vivons comme vous et de notre commerce avec vous ; l'excès, l'abus, voilà seulement ce que nous fuyons », Tertullien, Apologétique, XLII, cité par Edmond Le Blant, « Les chrétiens dans la société païenne aux premiers âges de l'Église », Mélanges d'archéologie et d'histoire, 1888, 8, pp. 46-53
  9. Georges Jehel, Les étapes de la disparition du christianisme primitif en Afrique du Nord à partir de la conquête arabe - Clio - Voyage Culturel
  10. Gilbert Meynier, L'Algérie de origines, La Découverte 2007/2010, (ISBN 978-2-7071-5937-3), p. 198
  11. Lawyer: Jail Christian converts: Africa: News: News24
  12. a et b Algeria closes churches: Africa: News: News24
  13. (en) The World Factbook
  14. Azzeddine Bensouiah, « Algérie : les Églises évangéliques persona non grata », Syfia,‎ 7.3.2008 (consulté en 9.8.2009)
  15. Karima Direche-Slimani, Chrétiens de Kabylie, 1873-1954. Une action missionnaire dans l’Algérie coloniale, Bouchène, Paris, 2004
  16. http://www.ada.asso.dz/articles.php?lng=fr&pg=207
  17. L'Ordonnance n°06.03 du 28 février 2006 fixant les conditions et règles d'exercice des cultes autres que musulman approuvée par la loi n°06.09 du 16 avril 2006, prévoit la condamnation à une peine de 2 à 5 ans de prison et d’une amende de 500.000 à 1.000.000 DA de quiconque utilise des « moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion » ou « qui visent à ébranler la foi d’un musulman ».
  18. Libération.
  19. Le Figaro, Afrik.com
  20. Le point, France24.
  21. Figaro international
  22. RFI - Algérie - Ces Kabyles qui préfèrent le christianisme
  23. cnsnews.com
  24. Ce centre (Center for the Study of Global Christianity) est rattaché au Séminaire universitaire Gordon-Conwell (États-Unis) d'orientation protestante (http://worldchristiandatabase.org/wcd/home.asp). La consultation des chiffres nécessite une inscription mais on peut trouver un aperçu sur le Maroc ici.
  25. Ridha Kéfi, Ils ont choisi le christianisme, « Jeune Afrique », n°2321

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]