Christian Poveda

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Christian Poveda, né le 12 janvier 1955 en Algérie et assassiné le 2 septembre 2009 près de San Salvador, est un reporter et réalisateur franco-espagnol.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses parents sont des réfugiés républicains durant la guerre civile espagnole. Il naît en Algérie durant le tumulte précédent l'indépendance. En 1961, sa famille fuit l'Algérie, lors de l'exode des pieds-noirs. Il a alors 6 ans[1].

Il commence son métier de journaliste en suivant le front Polisario en Algérie à Tindouf (lieu de regroupement de ce groupuscule). Il couvre comme photographe l'invasion de l'île de la Grenade par les États-Unis et les faits historiques en Argentine et au Chili. Il est le premier photographe à pénétrer dans la guérilla salvadorienne, en 1982, avec le journaliste de Paris Match Jean-Michel Caradec'h. Il en ramènera une série de « Portraits de guerilleros ». Il sera également reporter de guerre en Iran, en Irak, au Liban et dans d'autres pays[2].

En 1986 il réalise clandestinement pour TF1 et CBS new's avec le journaliste reporter d'images Patrick Denaud, Chili : les guerriers de l'ombre. Il s'agit d'un documentaire sur le groupe « terroriste » MAPU Lautaro qui combat le régime fasciste de Pinochet.

Le réalisateur Christian Poveda à longtemps vécu à El Salvador. C'est en 1980 qu'il y met les pieds pour la première fois, en tant que photoreporter. Il y couvre l'actualité au quotidien jusqu'au début des années 1990. C'est en 1991 qu'il y réalise son premier documentaire, ce qui lui permet de se faire de nombreux amis et contacts dans le pays. En 1990, après avoir quitté le photojournalisme, il décide de se consacrer entièrement à la réalisation de documentaires. Le cinéaste signe ainsi On ne tue pas que le temps en 1996 et Voyage au bout de la droite en 1998. Dix ans plus tard, il réalise sa dernière œuvre en tant que cinéaste est un documentaire long métrage sur les gangs au Salvador intitulé La vida loca. Le tournage se déroule sur 16 mois auprès des bandes criminelles qui sévissent au Salvador, appelées « Maras ». Son tournage se concentre particulièrement sur la Mara 18, « La Dieciocho ».

Il est assassiné le 2 septembre 2009, de quatre balles dans la tête, alors qu'il rentrait d'un tournage avec la Mara 18. Son corps est retrouvé près de sa voiture, entre Soyapango et Tonacatepeque[1],[2].

Selon deux journalistes français de l'agence CAPA, cet assassinat aurait été rendu possible, autorisé ou peut-être même commandité par « le parti d’extrême droite au pouvoir et (...) le chef de la police (...), qui a aujourd’hui été suspendu »[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Documentaires :

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Michel Caroit, « Christian Poveda », Le Monde,‎ 5 septembre 2009 (lire en ligne).
  2. a et b (en) Jenny Booth, « Controversial French filmmaker Christian Poveda shot dead in El Salvador », Times Online,‎ 3 septembre 2009 (lire en ligne).
  3. Spécial Investigation : « Qui a tué Christian Poveda ? », une enquête de H.Van Offel et F.Faux, diffusée le 16 avril 2011 à 22h40 sur Canal+, résumé, CapaTV.com
  4. Article sur le site du journal Libération.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien interne[modifier | modifier le code]