Christian Griepenkerl

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Christian Griepenkerl

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Christian Griepenkerl en 1882

Naissance 17 mars 1839
Oldenbourg, Drapeau de la Confédération germanique Confédération germanique
Décès 22 mars 1912
Vienne, Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Activités Peinture
Autres activités Enseignement
Griepenkerl (vers 1907), à l'époque où il rejeta la demande d'inscription de Hitler à l'Académie des beaux-arts de Vienne.

Christian Griepenkerl, né le 17 mars 1839 à Oldenbourg et mort le 22 mars 1912 à Vienne[1], est un peintre germano-autrichien qui enseigna à l'Académie des beaux-arts de Vienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Griepenkerl est né dans l'une des familles principales d'Oldenbourg. Jeune homme, il suivit le conseil de son compatriote, le paysagiste Ernst Willers[2], et se rendit à Vienne à la fin de 1855 afin de s'inscrire à l'école des beaux-arts privée fondée quatre ans plus töt par Carl Rahl (en). Ce dernier permit à plusieurs de ses élèves de participer aux esquisses et à l'exécution de ses peintures et orienta ainsi leur développement artistique. La première peinture de Griepenkerl, Œdipe, conduit par Antigone, obtint l'approbation de Rahl, et Griepenkerl participa après avec son professeur et d'autres élèves à la peinture de fresques dans les grands escaliers du Musée des Armées (l'actuel Musée d'histoire militaire de Vienne), au palais Todesco et au palais de Simon Sinas (en). À la mort de Rahl en 1865, il continua individuellement et exécuta les commandes inachevées du maître.

En 1874, Griepenkerl fut nommé professeur à l'Académie des beaux-arts de Vienne[3], où il dirigea une école spéciale de peinture historique à partir de 1877. Sa spécialité était l'allégorie avec des thèmes tirés de la mythologie classique et le portrait. Griepenkerl enseigna ainsi à toute une génération de peintres viennois. Parmi ses élèves les plus connus, il y eut Carl Moll (1880–1881), Alfred Roller (en), Max Kurzweil, Carl Otto Czeschka (en) (1894-1899), Richard Gerstl (1898–1899), Egon Schiele[4] (1906–1908) et Anton Faistauer (1906–1909). Le conservatisme extrême de Griepenkerl[5], ce dernier ne jurant que « par les artistes de l'âge d'or Austro-Hongroise [sic] de la fin du » 19e siècle[6], aboutit à des protestations répétées de ses élèves, voire à des abandons de cours, et, entre autres, à la fondation du Neukunstgruppe (de) (groupe de l'Art nouveau).

Griepenkerl s'est aussi fait connaître après sa mort pour avoir refusé la demande d'inscription d'Adolf Hitler à l'Académie des beaux-arts de Vienne. Après que Hitler fut autorisé en 1907 à produire un dessin échantillon, Griepenkerl jugea ce dernier insatisfaisant, avec « trop peu de têtes », et son verdict fut encore plus clair en 1908 : « Non admis sur échantillon[7] ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

L'Académie des sciences à Athènes

Parmi les œuvres de Griepenkerl, il y a les compositions de Rahl qu'il réalisa avec l'aide d'Eduard Bitterlich (en) dans la maison d'opéra municipale. Ils travaillèrent quatre ans au plafond de l'auditorium et au rideau à la guillotine de cet opéra. Ce n'est qu'après la mort de Rahl en 1865 que Griepenkerl accepta ses propres tâches monumentales. L'architecte Theophil Hansen l'employa pour la décoration du palais Ephrussi et du palais Epstein (en), et Franz Klein l'engagea pour le château de Hornstein et le palais de Sina à Venise. Griepenkerl y réalisa la fresque de plafond Processsion nuptiale de Poséidon, Les Démons de la tempête et Les Fantômes protecteurs de la mer, qui sont nobles et très gracieux, mais qui présentent quelques lacunes au niveau des vêtements et de l'éclairage. Les peintures murales du manoir de la grande duchesse de Toscane à Gmunden et sa peinture Le Mariage d'Aphrodite et d'Adonis dans la salle à manger du manoir Simon, près de Hietzing, sont tout aussi importantes.

Griepenkerl réalisa aussi les peintures à l'huile décoratives (achevées en 1878) dans la cage d'escalier de l'augusteum d'Oldenbourg ; il peignit Vénus Urania comme idéal de beauté, entourée de quatre thèmes tirés du mythe de Prométhée, au plafond et, sur trois murs, une rencontre idéale des héros de l'art de tous les temps, dans l'ordre chronologique, semblable à la fresque de l'hémicycle de l'École nationale supérieure des beaux-arts peinte par Paul Delaroche.

Ces œuvres furent suivies par un cycle de peintures illustrant des thèmes provenant du mythe de Prométhée dans la salle des séances de l'Académie d'Athènes.

Hommages et distinctions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (de) « Griepenkerl, Christian », dans Österreichisches Biographisches Lexikon 1815–1950, vol. 2, Vienne, Académie autrichienne des sciences,‎ 1959 (lire en ligne), p. 59.
  2. (de) Kunstmaxx.de « Ernst Willers (1803-1880): Isarlandschaft bei Thalkirchen », sur kunstmaxx.de.
  3. (de) « Griepenkerl, Christian », dans Österreichisches Biographisches Lexikon 1815–1950, vol. 2, Vienne, Académie autrichienne des sciences,‎ 1959 (lire en ligne), p. 60.
  4. (en) « Griegenkerl, Christian (Austrian painter, 1839-1916) », sur Union List of Artist Names (consulté le 4 avril 2014).
  5. Jean-Pierre Bruneau, L'artiste et ses rencontres : Une lecture lacanienne : L'œuvre et la psyché, Éditions L'Harmattan,‎ 2008, 290 p. (ISBN 9782296206526, lire en ligne), p. 223.
  6. Patrick Dubuis, « Egon Schiele », sur Site officiel d'Hermann Huppen.
  7. (en) Brigitte Hamann, Hitler's Vienna. A Dictator's Apprenticeship, Oxford University Press,‎ 1999.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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