Christian Death

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Christian Death

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Wave-Gotik-Treffen 2014

Informations générales
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis, Los Angeles
Genre musical Death Rock
Années actives Depuis 1979
Labels Frontier Records
Season of Mist
Site officiel www.christiandeath.com
Composition du groupe
Membres Valor Kand
Maitri
Nate Hassan
Tiia
Juan "Punchy" Gonzales
Anciens membres Rozz Williams
Gitane Demone
Eva O.

Christian Death est un groupe de Death rock fondé en 1979, sur la côte ouest américaine, par le chanteur, poète, écrivain, réalisateur et compositeur Rozz Williams.

Christian Death "princeps" (1979-1985)[modifier | modifier le code]

Bien que peu connu en France, le groupe y connut son heure de gloire grâce au label havrais L'Invitation Au Suicide, créé par Yann Farcy, qui choisit de ressortir des éditions luxueuses de leur premier album Only Theatre of Pain, sorti en 1982, et du EP Deathwish, des versions antérieures de morceaux d'OTOP ainsi que d'autres titres. Le tout est agrémenté de textes et de photos de toute beauté, à l'instar de ce que l'I.A.S. avait fait pour l'album concept "Heresie" des Virgin Prunes.

Cette première formation comporte Rozz Williams (Chant), Rick Agnew (guitare), James Mc Gearty (bass), & George Belanger (drums),aidés par une certaine Eva O. -qui fait quelques chœurs sur Cavity- et Franck, le frère du guitariste.

Tension, énergie sombre, douleur et poésie romantique... autant de traits marquants du mouvement gothique américain naissant. On y trouve, entre autres perles noires, marqué par le courant post-punk californien, le tube Romeo's distress. De ce courant, d'autres groupes émergent: 45 Grave, The Adolescents, Superheroines (avec Eva O.) et autres Pompei 99.

Fin 1983, Yann Farcy commande à Rozz Williams un nouvel album de Christian Death: ce sera Catastrophe Ballet, en hommage à André Breton. Hélas, le Christian Death originel s'est séparé, notamment à cause de problèmes de drogues. Le groupe Pompei 99, (composé de Valor Kand, Gitane Demone et David Glass) qui a partagé l'affiche avec Christian Death plusieurs fois, se propose de continuer l'aventure, même si Rozz aurait préféré qu'ils prennent le nom Daucus Karota. Mais c'est sans compter sur Farcy et surtout Valor, qui tiennent au concept de Christian Death. Le résultat de cette collaboration est moins tendue que le premier opus, et gagne en atmosphère ce qu'il perd en énergie brute. Catastrophe Ballet, enregistré en Écosse, est un jalon dans la discographie de Christian Death, Valor mettant son talent d'arrangeur au service d'idées parfois anciennes ("Sleepwalk" sur l'album et une version superbe de "Mysterium Iniquitatis" sous le nom de "Theatre Of Pain" lors des concerts) et dans des morceaux déchirants comme "The Blue Hour". La voix et les claviers de Gitane Demone contribuent beaucoup à étoffer le son du groupe.

Ashes sort en 1985: encore plus sombre et varié, cet album marque l'apogée du duo Rozz/Valor. On peut y entendre Sevan Kand, l'enfant de Gitane et Valor, qui y pousse la chansonnette dans une pure tradition du cri d'enfant enregistré, inaugurée par Bob Ezrin sur l'album "Berlin" de Lou Reed: quand on sait le groupe fan du chanteur new-yorkais, on comprend mieux leur choix. Le morceau qui inaugure l'album "Ashes" est une lente montée en puissance, commençant par quelques notes de piano dissonantes, pour finir en totale furie cacophonique, le puissant chant de Rozz décrivant dans ses lyrics ce mélange de romantisme et de douleur de manière encore plus convaincante que dans les deux premiers 33 tours.

Les riches instrumentations de Valor évoquent la musique médiévale (tambours de guerre, violons, violoncelles) et jamais par la suite Christian Death n'arrivera à atteindre une telle puissance évocatrice. On devine, sans qu'ils soient nommés de manière explicite, les écrits de Lovecraft (The Luxury of tears fait immanquablement penser à "je suis d'ailleurs"), Edgar Poe ou encore Oscar Wilde derrière les thèmes développés ici. Un titre comme Lament, très marqué par le cabaret d'entre deux guerres, fait la part belle aux deux vocalistes, Rozz et Gitane, qui sortiront d'ailleurs, bien plus tard, un album en duo ("Dream Home Heartache" en 1995), plus marqué par le cabaret et le spoken word que par le rock gothique.

When I was Bed est un tube potentiel et c'est ce genre de titre qui décidera Rozz à quitter le groupe, considérant que la tournure que prend Christian Death est à l'opposé de sa quête artistique personnelle. Le génial Off the Wound, une comptine complètement dérangée clôt l'album entre les vocalises suraigües de Gitane, des violons grinçants et la voix du chanteur qui semble être celle d'un vieillard dément. Ce dernier morceau donne clairement la direction que prendra désormais Williams sous le nom de Premature Ejaculation, un projet conceptuel qui puise ses racines dans les expérimentations apocalyptiques de Throbbing Gristle. Rozz retourne toutefois en studio la même année avec Eric Westfall, leur producteur, pour enregistrer deux titres qui n'auraient pas dépareillé sur l'album "Ashes" : "Spectre" ainsi que "Love is Dead".

Christian Death après Rozz (1985-1990)[modifier | modifier le code]

Après le départ de Rozz en juin 1985, Le guitariste Valor Kand reprend à son compte le nom et la destinée du combo et sort à la va-vite une flopée de titres, rassemblés sur "The Wind Kissed Pictures". Cette collection de simples souffre cruellement d'une production calamiteuse et de l'absence de Rozz, cela malgré Barry Galvin, recruté peu de temps avant le départ du membre fondateur du Christian Death originel. Barry Galvin (Bari-Bari), futur membre de Mephisto Walz et des Scarlets Remains, ne sera pas crédité pour certaines de ses compositions du premier album du "nouveau" Christian Death.

Sorti en 1986, le dit album marquera les esprits : Atrocities, comme cette opération à cœur ouvert illustrant la jaquette, lumière blafarde du bloc opératoire sur un inévitable fond noir. Le style vigoureusement pompier de Valor n'a pas encore totalement étouffé la créativité du groupe, et on retrouve même ici un esprit très proche de "Ashes" : Ventriloquist est le seul et unique morceau dans lequel le nouveau maître du groupe se lâche totalement au niveau du chant. Une ambiance décadente et noire qui n'est pas pour déplaire au public habitué des précédents opus. Les fans qui n'ont pas suivi le Christian Death de Valor avouent tout de même qu'Atrocities n'est pas un disque déplaisant. Gitane s'épanouit au chant dans une superbe reprise du Gloomy Sunday de Billie Holiday. Cela dit, la cohésion et la qualité de l'album n'empêcheront pas Bari-Bari et le bassiste Johann Schumann de quitter le navire, pour fonder Mephisto Walz, un projet gardant la continuité de l'esprit gothique et romantique initié par le Christian Death originel.

"The Scriptures" suit en 1987 avec le single "Sick of Love" et quelques titres pop qui l'accompagnent: "Vanity", "Four Horsemen" et "1983" (une magistrale réinterprétation de Jimi Hendrix). Le reste de l'album, très marqué par la spiritualité -un des chevaux de bataille de Valor avec le sexe et l'apocalypse- continue dans un délire totalement conceptuel, à partir d'écrits bibliques en tout genre, notamment des témoins de jehovah... à la sauce Valor. En effet le "Livre des révélations" est le nom donné par cette secte à l'Apocalypse de Jean. Les obsessions de Kand pour Nostradamus le poursuivront jusqu'au 1er janvier 2000, date à laquelle le monde était censé disparaître dans les flammes. L'histoire aura tranché, Valor passera pour le Paco Rabanne du gothic rock.

Sont recrutés James Beam et Kota pour succéder respectivement à Barry Galvin et Johann Schumann, ce qui n'empêchera pas par la suite au groupe de tomber dans la vulgarité et le mauvais goût. À noter le superbe "Golden Age" assez délicat avec son piano et ses chœurs, chanté par Gitane.

Sex & Drugs & Jesus Christ, en 1988, commence à se perdre dans les provocations faciles et les lourds riffs de guitare tout droit venus de la planète Hard-rock... Cela dit, pour son ultime participation à un album de Christian Death, Gitane Démone donne le meilleur d'elle-même dans le sarcastique "Jesus, if you love me, where's the sugar?" et dans le lyrique Incendiary lover. Wretched Mankind n'est pas désagréable non plus, même si les thèmes abordés par Valor tournent un peu en rond. Quelques maxis sortent, même si, comme à l'image de Church of no return, le leader se crédite un peu pour tout et n'importe quoi, ses qualités de musiciens lui permettant ce tour de force, qu'il renouvellera dans les deux opus à suivre. Zero sex et This is blasphemy ne font que confirmer la nouvelle tournure métal que prend le "groupe". Après un live moyen, The Heretics Alive, Gitane met la clé sous la porte à la ville comme à la scène, s'estimant lésée et avouant être restée dans le groupe pour des raisons extra-musicales (leur fils, notamment).

Qu'à cela ne tienne, en 1989 Valor n'a besoin que d'un guitariste multi-talents, "Nick the bastard", pour le seconder dans un double album en demi-teintes. All the love - All the hate est à moitié raté, c'est-à-dire que "All the hate" souffre des mêmes tares que les maxis de 1986, à savoir une production atroce qui ne met pas en valeur les compositions, celles-ci n'étant pas forcement à la hauteur... Pour ce qui est de "All the love", le disque comporte de très beaux titres We fall like love en est un bel exemple. Valor sait baisser le volume pour faire quelque chose d'autrement plus délicat que de la bouillie métal produite à la louche de "All the hate" à la pochette douteuse en plus d'être visuellement discutable. on s'éloigne parfois complètement du gothic rock pour aller lorgner vers la pop ou le gospel et une reprise de Jimi Hendrix (encore) "Angel", ce qui prouve l'étendue de la culture musicale du leader de "Christian Death 1989". Ce dernier avouera par la suite ne pas avoir eu le temps de produire correctement le jumeau de "All the love", cela expliquant peut-être cela. À noter tout de même le caustique I hate you chanté par un Sevan Kand un peu plus grand que sur "Ashes", qui se défoule sur fond de heavy métal en jurant et en criant tout ce qui lui passe par la tête. A tel point que la version américaine du single est inaudible tellement elle comporte de bips.

Valor termine les années 80 en beauté avec INSANUS, ULTIO, PRODITO, MISERICORDIAQUE, une espèce de compilation dans laquelle figure des démos retravaillées par le maître et qui avaient été abandonnées par Christian Death de 1985 à 1989, dont un morceau avec Rozz Williams, "Infans Vexatio", magnifique, aussi connu sous le titre "Lullaby". "Venenum" retient aussi l'attention, avec la présence de Gitane à la voix, David Glass et Bari-Bari ainsi que d'autres titres un peu pop, à l'esprit plus ou moins gothique. En tout cas point de métal lourdingue ici, ce qui sauve cet opus de bonne facture dans l'ensemble. "Mors Voluntaria" comporte un sample de la version studio de "A saucerful of secrets" de Pink Floyd, de manière à peine perceptible, ce qui donne à ce morceau une dimension parfaitement hypnotique. Valor crédite par ailleurs un orchestre symphonique.

Rozz après Christian Death (1985-1998)[modifier | modifier le code]

Rozz, de son côté, bien qu'occupé avec son nouveau groupe Shadow Project, reforme une mouture de Christian Death fin 1989 avec deux des membres originaux. Valor, ne souhaitant pas en rester là, l'attaque en justice et obtient du groupe de Rozz qu'il se rebaptise Christian Death featuring Rozz Williams, pendant que son propre groupe tourne sous le nom de Christian Death TM, une situation burlesque qui n'est pas sans rappeler le groupe Yes et les scrupules artistiques qui poussent les uns et les autres à utiliser une franchise pour valider leur démarche artistique, Rozz ayant laissé ses compagnons en 1985 et Valor ayant quelque peu dénaturé le cahier des charges death rock originel du concept, sans parler du fait qu'il revendique encore aujourd'hui la paternité et le nom d'un groupe dont il n'est pas lui-même un membre fondateur. Cette position délicate n'est pas sans rappeler celle de David Gilmour dans le groupe Pink Floyd, toutes proportions gardées... De cette reformation opportuniste de Christian Death par Rozz surnagent tout de même quelques titres intéressants, tels les albums "The Rage of Angels" et "The path of Sorrows", ainsi que des titres épars tels l'honorable "Skeleton kiss", avec une réserve tout de même pour les personnes allergiques au métal. Un dernier concert des Christian Death originels est donné en juin 1993.

Shadow Projectest l'occasion pour Rozz Williams et Eva O. de revenir à un son rock brut, parfois plus sombre que Christian Death, et intègre en plus des technologies modernes telles le sampling grâce au claviériste Paris, celui-là même que l'on voit en pleine action sur la pochette de la compilation "The Whip". Johann Schumann et David Glass feront partie d'une mouture primitive de Shadow Project.

Rozz Williams est aussi très actif avec ses autres différents projets (Daucus Karota, EXP, Premature Ejaculation), et sous son propre nom dans d'excellents albums spoken word introspectifs, qui ne sont pas sans rappeler l'esprit des écrits de William Burroughs: spirale cauchemardesque de l'héroïne et de l'auto-analyse, les textes de Rozz se font de plus en plus pointus et acérés.

En 1998, Rozz Williams se donne la mort, ne laissant aucune explication sur son geste.

Christian after the Death[modifier | modifier le code]

Depuis sa rencontre au début des 90's avec la bassiste et chanteuse Maitri, le désormais Christian Death (tm) de Valor n'avait plus fait plus appel qu'à des membres additionnels, écumant la scène rock plus ou moins métal. "Sexy Death God" daté de 1994 comporte de bons moments, tels "Temple of desire", "Heresy Act Two", ou "Drilling the Hole", même si le gros métal qui tache domine, tout comme dans l'album suivant "Prophecies"...

Valor sort en 1998 "Pornographic Messiah"[1], dédicacé à la mémoire de Rozz Williams (ce qui n'a pas manqué de faire réagir les proches de Rozz, tels Williams Faith). L'album renoue avec un esprit un peu plus gothique, avec des titres comme Millenium unwind, et la reprise du Sex Dwarf de Soft Cell qui avait fait son petit effet quand le groupe Synth-pop l'avait assortie d'une vidéo croustillante. Christian Death s'en sort bien dans cet exercice de style, même s'ils s'adjoignent les services de membres du groupe black métal "Cradle of Filth", et qu'ils reprennent un titre des "Tétines Noires" : Washing Machine.

En 2001 sortent "Born again Anti-Christian", puis le projet de Maitri "Lover of Sin", dans une veine purement métal.

En 2006, les membres originels, de l'époque de Only Theatre of Pain", ainsi que Eva. O en tant que chanteuse, reforment le groupe. il s'agirait à l'origine d'une volonté de réagir face au détournement du concept original par Valor. Le groupe nouvellement (re)créé est composé de Rikk Agnew (guitare), James McGearty (basse), Christian Omar Madrigal Izzo (batterie), Eva O (chant), Jaime Pina (guitare) ainsi que Le Rue Delashay (synthé).

Le groupe prendra tout d'abord le nom de Christian Death 1334 (en référence à la chanson de Rozz Williams), puis simplement CD 1334 pour des raisons de respect de droits de propriété intellectuelle, l'appellation étant réservée au groupe de Valor. Son concept est de reprendre l'intégralité de l'album "Only Theatre of Pain", plus la chanson "Sleepwalk" de l'album "Catastrophe Ballet". Le groupe s'adresse plutôt à un public de nostalgique, plus proches de la scène Death Rock que métal. Après une tournée en Europe en 2007, James McGearty quittera le groupe.

En 2007, après un long silence, Valor réanime Christian Death avec "American Inquisition", un album très noir et glauque, voire carrément dérangeant[2].

En 2008, les deux groupes participeront au fameux festival allemand Wave-Gotik-Treffen. La reprise d'une chanson issue de l'album "Only Theatre of Pain" par Valor, sera l'occasion d'une dispute entre Eva O. et ce dernier, en plein concert. Valor sera jeté de la scène par un des membres du public, sans doute plus favorable à CD 1334 qu'au nouveau Christian Death.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pour une critique de l'album : http://www.gutsofdarkness.com/god/objet.php?objet=1482
  2. Pour une critique de l'album : http://www.progressive-area.com/index.php?option=com_content&task=view&id=596

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