Chrétiens d'Orient

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Les Chrétiens d'Orient (en rouge et violet) à l'époque de la Ire croisade.

L'expression « chrétiens d'Orient » désigne de manière simplificatrice « les chrétiens [...] apparus d'abord au Proche-Orient, puis dans l'est et le sud-est de l'Europe », et qui se sont répandus au fil du temps sur le globe entier[1].

La réalité que l'expression recouvre de nos jours est débattue et la réalité des christianismes d'origine orientale, qui constituent une mosaïque de multiples confessions, n'a pas permis une unanimité typologique et terminologique dans l'usage fait communément de ces appellations. L’expression, en définissant des populations chrétiennes par rapport à la chrétienté latine, présente l'inconvénient d'épouser le point de vue de l’Europe occidentale[2].

L'expression sert ainsi parfois à désigner « au sens le plus large » les chrétiens non-latins, donc surtout orthodoxes[2]. Elle sert plus particulièrement pour définir les chrétiens qui relèvent essentiellement des « Églises orthodoxes orientales » — ou non-chalcédoniennes (Églises des deux et des trois conciles) — mais aussi parfois des « Églises orthodoxes d'Orient » — ou « chalcédoniennes » (Églises des sept conciles) — [3], auxquelles certains auteurs catholiques ajoutent les Églises catholiques orientales[4].

Les chrétiens repris sous ces appellations représentent des minorités plus ou moins importantes présentes en Iran, Turquie, Inde, Pakistan, Indonésie, Éthiopie[2], en Érythrée, en Égypte, en Arménie, en Syrie et au Liban mais aussi à travers leurs diasporas européenne, nord et sud-américaine ou encore australienne[3].

Si au Moyen-Orient, les chrétiens orientaux sont, au début du XXIe siècle, une dizaine de millions qui se répartissent au sein de onze églises[5], les seules églises non-chalcédoniennes, toutes membres du Conseil œcuménique des Églises, rassemblent environ soixante millions de chrétiens.

Les Églises protestantes sont par ailleurs également présentes en Orient, sous de très nombreuses dénominations.

Histoire des chrétiens d'Orient[modifier | modifier le code]

La naissance des communautés chrétiennes en Orient[modifier | modifier le code]

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Concile de Nicée représenté sur une icône.

Le christianisme est né et s'est d'abord développé dans la partie orientale de l'Empire romain[4]. C'est à Antioche, alors capitale de la province romaine de Syrie, que les disciples du Christ auraient pour la première fois reçu le nom de « chrétiens »[6]. Si les débuts du christianisme sont relativement bien connus, il est plus difficile de retracer l'histoire des communautés chrétiennes d'Orient hors de l'Empire. Cependant, il est certain qu'Édesse, capitale du royaume d'Osroène, a été le cœur de la chrétienté de langue araméenne[2]. La première trace de chrétiens à Édesse date de 200. Il semble aussi que l'évangélisation de la Mésopotamie soit partie de cette ville. En Iran, le christianisme se développe sous le règne de l'empereur Shapour Ier au milieu du IIIe siècle, en raison de la déportation en Perse de prisonniers chrétiens d'origine grecque ou araméenne[7]. Toutes ces communautés dépendent du patriarcat d'Antioche. À partir de la fin du IIIe siècle, le christianisme se propage le long du golfe arabo-persique. Quand Constantin se convertit, au début du IVe siècle, les chrétiens d'Orient forment une communauté nombreuse et organisée. Au milieu du VIe siècle, on mentionne l'existence de chrétiens à Ceylan et un évêché dans le Kerala actuel.

Les chrétiens de Mésopotamie se trouvent vite dans une situation délicate. Les affrontements entre les Parthes puis les Perses avec l'Empire romain puis byzantin les coupent souvent du patriarcat d'Antioche. Quand en 391-392, le christianisme devient la religion officielle de l'Empire, l'empereur est considéré comme le protecteur de tous les chrétiens. Les chrétiens vivant dans l'Empire perse sont considérés comme des traîtres potentiels. La répression et les persécutions sont donc très importantes. Ceci explique pourquoi se développe dans cette région, une Église autocéphale qui ne reconnaît aucune autorité extérieure, l'Église apostolique d'Orient, appelée parfois Église nestorienne. Le plus ancien synode de cette Église date de 410. L'évêque de Séleucie-Ctésiphon, capitale de l'empire sassanide est le chef de l'Église d'Orient. Il n'a aucune autorité au-dessus de lui[8]. Le credo est le même que celui de Nicée en 325. La séparation ne se fait donc pas sur des bases religieuses mais sur des considérations liées à la situation géopolitique du Moyen-Orient.

En ce qui concerne, l'Égypte, on sait qu'il y a eu des chrétiens dès le Ier siècle. La tradition chrétienne en fait même une des provinces les plus christianisées à l’avènement de l'empereur Constantin.. La christianisation de l'Éthiopie est mieux connue. Au IVe siècle, deux marchands romains font naufrage en revenant d'Inde. Ils commencent à évangéliser l'Éthiopie. Au milieu du IVe siècle, le roi est christianisé. La Bible est traduite en guèze. L'Éthiopie est le premier pays africain évangélisé, confirmant ainsi la vocation universelle et non attachée à une race ou une civilisation du christianisme. L'Église éthiopienne est rattachée au patriarcat d'Alexandrie mais, étant donné son isolement, elle bénéficie d'une grande autonomie. Elle développe ses propres rites tout en conservant la même doctrine.

Les disputes théologiques[modifier | modifier le code]

Disputatio entre catholiques latins et chrétiens orientaux (1290)

Les disputations théologiques de l'Antiquité tardive sont essentiellement des querelles christologiques. Elles portent sur la manière de considérer la ou les natures du Christ. À Antioche, les penseurs chrétiens, avec à leur tête Théodore de Mopsueste défendent l'idée qu'il existe deux natures parfaitement distinctes dans le Christ. Ces thèses sont reprises par le patriarche de Constantinople Nestorius. Le Christ est constitué de deux natures séparées, une nature humaine et une nature divine. Pour Nestorius, Marie est uniquement la mère du Christ homme (christotokos) et non pas celle de Dieu (theotokos)[9]. À Alexandrie par contre, est défendue l'idée de l'union parfaite de l'homme et de Dieu dans la personne du Christ.
Le concile d'Éphèse, dominé par la forte personnalité du patriarche Cyrille d'Alexandrie, aboutit en 431 à la condamnation des thèses de Nestorius. L'École théologique d'Antioche perd rapidement de son importance, et les partisans de Nestorius se réfugient en dehors de l'Empire romain d'Occident. L'Église d'Orient adopte une profession de foi inverse de l'arianisme et de l'unitarisme ; la séparation religieuse se calque sur la séparation politique entre les deux parties de l'ancien Empire.

La Trinité, manuscrit éthiopien des XVIe et XVIIIe siècles

Le concile d'Éphèse ne met pas fin aux disputes entre les chrétiens. Les unitariens ne reconnaissent qu'une seule nature au Christ, la nature divine tellement supérieure à la nature humaine qu'elle l'a engloutie. Un nouveau concile œcuménique est convoqué en 451 à Chalcédoine. Celui-ci finit par expliquer que le Christ est à la fois pleinement homme et Dieu. L'unitarisme est condamné. Si cette déclaration satisfait l'Occident, elle suscite beaucoup d'opposition et d'agitation en Orient. En Syrie, l'opposition au concile de Chalcédoine est menée par le patriarche Sévère d'Antioche et l'évêque Philoxère de Mabboug. Au VIe siècle, l'impératrice Théodora soutient les unitariens. Elle fait nommer deux évêques monophysites dont Jacques Baradée, qui occupe le siège d'Édesse de 542 à 578. Il parcourt l'Asie mineure et la Syrie, ordonnant prêtres, diacres, évêques, et constituant ainsi une hiérarchie parallèle qui donne naissance à l'Église syriaque orthodoxe ou « Église jacobite »[8]. Les villes étant fidèles à la théologie officielle de l'Empire byzantin, l'Église syriaque orthodoxe se développe dans les campagnes de la Syrie intérieure et trouve refuge dans les couvents. Ce n'est qu'au VIIe siècle, avec l'invasion arabe, que cette Église peut se développer.

La majorité de la population égyptienne, sauf à Alexandrie, passe à l'unitarisme. Cette adhésion est aussi la marque d'une certaine forme de rejet du pouvoir byzantin. Deux patriarches émergent à Alexandrie : le patriarche de l'Église copte orthodoxe (unitarienne) et celui de de l'Église grecque orthodoxe (chalcédonien)[9]. L'Église d'Arménie finit aussi par rejeter les décisions du concile de Chalcédoine.

L'Église maronite est aussi née des querelles théologiques. Les maronites étaient à l'origine un groupe de pression et d'influence organisé autour du monastère de Mac Haron dans la région de Hama et d'Apamée. Ils soutiennent les décisions du concile de Chalcédoine[9]. Le monastère de Mac Haron, dans son désir de concilier chalcédoniens et anti-chalcédoniens, se fait le partisan du monothélisme. Mais cette théorie est condamnée en 681. Le parti maronite se retrouve donc dans l'opposition. Vers la fin du VIIIe siècle, les moines de Mac Haron élisent leur propre patriarche, officialisant ainsi la rupture avec le monde byzantin[10].

Conquête arabe[modifier | modifier le code]

Aux VIIe et VIIIe siècles, la plupart des chrétiens d'Orient passent sous domination musulmane. Cela ne change rien pour ceux de Mésopotamie, habitués à composer avec un pouvoir non chrétien. Ils restent majoritaires dans la région jusqu'à la fin du Moyen Âge. Pour la plupart des Églises orientales, la domination musulmane apporte plus de liberté et une amélioration de leur condition[11]. En Syrie, les Syriaques, plus libres d'organiser leur religion que sous le pouvoir byzantin, déplacent leur patriarcat à Bagdad pour être plus proches du calife. Les patriarches mettent ainsi en place un dialogue avec les autorités, qui dure même sous l'Empire ottoman[12]. Seuls les Melkites, restés fidèles aux rites grecs, sont mécontents de la conquête musulmane. Les chrétiens ont le statut de dhimmis et au cours de l'histoire de la domination islamique, ils subissent parfois des persécutions. Malgré l'augmentation des conversions à l'islam, il y a peu ou pas de conversion forcée durant les premiers siècles de la domination islamique[13],[14]. Quant à la pression fiscale, elle n'était pas plus forte que sous la domination romaine[15]. En Égypte, les conversions entraînent le développement de l'arabe comme langue vernaculaire aux dépens du copte. Les monastères et les écoles coptes dépérissent. L'Arménie, qui occupe une position marginale par rapport à l'Empire, subit peu de pressions. Après la conquête seldjoukide en 1064, une partie des Arméniens quitte le haut-plateau arménien pour la Cilicie, où est fondée la principauté de Petite-Arménie en 1080[12].

Croisades[modifier | modifier le code]

Les États latins d’Orient au XIIe siècle

C'est pour porter secours aux chrétiens d'Orient malmenés par les Turcs Seldjoukides que le pape Urbain II prêche la croisade à l'issue du concile de Clermont. L'idée de « délivrer » Jérusalem n'est venue vraisemblablement qu'après[16]. Lors de la première croisade, les populations chrétiennes aident les croisés. Les chrétiens syriens indiquent la route la plus sûre aux chevaliers latins. Ils les aident lors du siège de Tripoli. Pour éviter les collusions, les musulmans les expulsent de certaines cités. Lorsque les États latins d'Orient sont fondés, chrétiens d'Orient et latins cohabitent sans trop de difficultés. Dans les villes, les chrétiens d'Orient exercent des activités diverses. À la campagne, la condition des paysans chrétiens ne change pas. Certains orientaux ont parfois atteint des niveaux supérieurs dans la société franque. On peut noter des chevaliers d'origine arménienne ou syrienne. Les mariages entre latins et orientaux ne sont pas rares. C'est le cas de Baudouin de Boulogne, premier comte franc d'Édesse qui épouse une princesse arménienne, de même que son fils. Les « barons de la montagne » arméniens parviennent même à se faire reconnaitre un statut royal par le pape en 1198[17]. Dans les montagnes libanaises, les seigneurs maronites restent indépendants et servent d'auxiliaires aux troupes franques[18].

Henri Delaborde, Les chevaliers de Saint-Jean restaurant la religion en Arménie en 1347, 1844.
Au Concile de Sis, le roi Constantin V accepte de se rallier à la foi romaine

Pour les Églises orientales, la domination franque paraît comme un moment plutôt favorable. Ils peuvent restaurer ou reconstruire leurs églises. Les Latins admirent leur piété. Les problèmes se posent surtout entre Grecs et Latins. Les tensions entre les deux Églises sont grandes depuis le schisme de 1054, même si celui-ci ne parait pas encore définitif. Lorsque Bohémond de Tarente s'empare pour son propre compte d'Antioche, le patriarche de la ville part pour Constantinople. Les deux Églises étant encore considérées comme une seule, lorsque les Francs se dotent d'un patriarche, il n'y a pas de place pour les Grecs. Autour des lieux saints, les tensions sont fréquentes entre les différentes communautés[19].

La domination latine sur le Proche-Orient est l'occasion de rapprocher les Églises. En 1179, le patriarche jacobite d'Antioche écrit une réfutation de la doctrine cathare à la demande de son homologue latin et à l'intention du concile du Latran. En 1182, les chrétiens maronites reconnaissent l'autorité de pape. En 1198, un concordat avec le royaume arménien est conclu[20].

La reconquête turque met fin à cette période favorable. En 1144, lors de la prise d'Édesse par Zengi, celui-ci fait preuve de bienveillance en échange de la soumission des chrétiens. Saladin obtient la capitulation de Jérusalem en 1187. Il offre aux chrétiens orientaux de rester ses sujets et de conserver leurs biens. L'hostilité des musulmans à l'égard des chrétiens augmente de nouveau au milieu du XIIIe siècle avec l'arrivée des Mongols. Lorsque ceux-ci prennent Bagdad en 1258, ils massacrent la population en épargnant les chrétiens. En 1256, les Mamelouks, qui ont pris le pouvoir en Égypte, massacrent ou réduisent en esclavage la population chrétienne de Qara, soupçonnée d'aider les Francs. Au fur et à mesure que les places franques tombent, la population chrétienne évacue les villes. Une grande partie se réfugie dans l'île de Chypre[20].

Période ottomane[modifier | modifier le code]

Les chrétiens dans l'Empire ottoman connaissent des situations diverses. Le sultan tolère les différentes religions, les enfants et garçons ainsi enlevés n'étaient point forcée de se convertir à l'islam, car comme le disait le coran On est musulmans du cœur et non pas, par force.

Les chrétiens de Turquie, derniers Ottomans non musulmans[modifier | modifier le code]

Le titre fait référence à la dénomination des sujets chrétiens dans L'empire ottoman du XIXe siècle ; seuls les musulmans avaient le droit d'être appelés “Turcs” ; les non musulmans étaient simplement “Ottomans”.

C'est pourtant en Turquie actuelle que se sont déroulés les premiers conciles chrétiens, Nicée, Éphèse, Chalcédoine. L'empire byzantin, successeur de L'empire romain détruit par les Barbares dès le Ve siècle, se maintiendra jusqu’en 1453. L'Empire ottoman, par la suite, adopte une classification hiérarchique de ses sujets, d'abord les musulmans puis les non musulmans (chrétiens, juifs) qui verront leur communauté religieuse (millet) régie par leurs autorités ecclésiastiques autorisées à légiférer en matière religieuse et civile. En 1900, un habitant sur quatre de l'Empire ottoman était chrétien. À partir des premiers pogroms de 1880, l'extermination des Arméniens (2 millions), des Grecs (1,5 millions), des syriaques, assyriens, chaldéens (plusieurs centaines de milliers) est programmé. Aujourd'hui la Turquie ne compte plus que 60 000 Arméniens, 2 000 Grecs, 10 000 Syriaques. En tout à peine 100 000 chrétiens, dont 20 000 Latins ; soit 0,2 % de la population contre 98 % de musulmans pour 72 millions d'habitants[21].

La « protection » des chrétiens orientaux et les puissances européennes[modifier | modifier le code]

Il faut rappeler le rôle joué par les puissances européennes dans la protection des minorités chrétiennes de l'Empire ottoman et de l'Empire perse. Les premières « capitulations » entre la France et la Sublime Porte remonte à 1535, avec un traité d'alliance entre les deux États, qui accordait des privilèges à la première dans l'étendue du territoire du second. Le roi de France se voyait reconnaître le droit de protection sur les étrangers de l'empire (musta'min) et, à partir de 1604, sur les religieux étrangers catholiques. Les sujets chrétiens du Grand Seigneur (dhimmî) étaient par contre exclus de cette protection. Une interprétation abusive de ces « capitations » dans les siècles suivants permit de prendre sous la protection des consuls de France et de l'ambassadeur de France à Constantinople quelques chrétiens porteurs d'une patente de la Porte en tant que « drogman » au service des « Francs », et le clergé uni, considéré comme appartenant à la « religion des Francs »[22].

La première mention officielle de la protection d'une puissance chrétienne sur des sujets chrétiens du sultan se trouve dans le traité de paix de Kutchuk-Kaïnardji (1774), qui reconnaît un droit de protection de la Russie sur les orthodoxes de l'Empire ottoman. Mais c'est au siècle suivant, et surtout à partir de 1840, dans le contexte de la compétition entre les puissances pour le démantèlement de l'Empire ottoman et pour la prise de possession des Lieux saints de la Palestine que le thème de la « protection » est devenu central. Il devint alors un prétexte pour intervenir dans les affaires ottomanes internes.

L'exigence de droit particuliers et d'un statut pour les Arméniens à la conférence de Berlin (1878) fut considérée comme une menace russe par les autorités et l'opinion publique ottomanes, et contribua à la montée d'un sentiment nationaliste turc à base ethnique et religieuse, qui débouchera sur les violences anti-chrétiennes de 1895 et 1909, puis sur le génocide de 1915. Les massacres de chrétiens au Liban et à Damas en 1860 vont faire de la France, qui envoie alors un corps expéditionnaire, le principal recours pour les catholiques ottomans. Les répercussions de ces violences sur l'opinion publique catholique en France donnèrent vie à l'œuvre de secours aux chrétiens d'Orient, encore importante aujourd'hui, sous le nom de L'Œuvre d'Orient[23]. À partir de 1860, les écoles catholiques et l'enseignement en français se développèrent dans l'Empire, avec d'importants subsides de l'État français, dans un contexte de vive concurrence avec les écoles protestantes américaines et orthodoxes russes[24].

Mandat français sur la Syrie et le Liban, (1920-1943).

Une véritable clientèle francophone et francophile se constitua alors sous la bannière de la « mission civilisatrice de la France ». Le couronnement de cette politique fut atteint à la fin de la Première Guerre mondiale, avec la création d'un Liban indépendant, et l'attribution à la France d'un Mandat de la Société des Nations sur le Liban et la Syrie. C'est à cette époque que la protection de la France sur les chrétiens orientaux fut mythifiée. On fit remonter le lien des maronites avec la France au moins au temps des croisades. Une lettre de saint Louis datée de 1250, mais apparue pour la première fois en 1844, donc visiblement apocryphe, fut insérée à cette époque, en tant qu'original arabe, dans les archives du patriarcat maronite au Liban[25][26].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1908, les chrétiens s'enthousiasment pour la révolution « jeune-turque ». Mais le nouveau régime professe vite un nationalisme ethnique turc fondé sur l'appartenance à l'islam. Dès 1909, les chrétiens sont victimes d'un premier massacre à Adana. La Première Guerre mondiale accélère le processus des massacres. En 1915 débute le génocide arménien. La même année, les communautés syriaques de Haute-Mésopotamie sont massacrées. La famine s'installe au Liban. Les Chaldéens de la frontière perse sont éliminés[27].

Cette situation ne doit pas faire oublier le dynamisme des communautés d'Orient. Les chrétiens libanais jouent un rôle important dans la fondation du Liban en 1920, alors que la région était sous mandat français. Lors du concile de Vatican II, les catholiques orientaux jouent un rôle important dans le dialogue avec les orthodoxes et l'islam. En 1974, les chrétiens orientaux créent le Conseil des Églises du Moyen-Orient (CEMO). Il réunit les Églises orthodoxes chalcédoniennes, les Églises coptes, arméniennes et syriennes et les Églises protestantes qui se sont développées en Orient à partir du XIXe siècle. En 1990, les catholiques d'Orient rejoignent le CEMO. Pour la première fois de leur histoire, les Églises d'Orient parlent d'une même voix[28].

En 2014, la conquête d'une partie de l'Irak par l'État islamique conduit à une épuration de plusieurs villes habitées par des Chrétiens depuis plus de 1800 ans : ils ont le choix entre se convertir et de prendre l'exil, étant rançonnés au passage. À Mossoul, le tombeau du prophète Jonas est détruit par les islamistes[29].

Spécificités des chrétiens d'Orient[modifier | modifier le code]

Les principales différences entre les chrétiens d'Orient et ceux de rite latin tiennent aux rites et à la langue liturgiques. Les chrétiens d'Orient syriaques utilisent l'araméen et la traduction syriaque de la Bible, la Peshitta. L'araméen fait encore aujourd'hui l'unité des Églises syriaques malgré les différences institutionnelles[10]. En Égypte, c'est la dernière langue de l'Égypte pharaonique, le copte, qui est la langue liturgique, alors qu'en Éthiopie, c'est le guèze, et en Arménie, une forme classique d'arménien, le grabar. Le déroulement des cérémonies diffère légèrement d'une Église à l'autre. L'Église apostolique d'Orient a le rituel le plus ancien. Il est très proche du rituel juif.

Le rôle des images est également moins important que dans le monde grec, sauf chez les melkites, marqués par la culture grecque. Les chrétiens d'Orient ne représentent jamais le Christ en croix mais seulement la croix nue, à de rares exceptions. Le Christ n'est figuré que Pantocrator, c'est-à-dire « tout-puissant ». Les chrétiens d'Orient ont inventé le monachisme, qui prend parfois des formes extrêmes comme l'érémitisme inventé en Égypte par saint Antoine[10]. En Syrie, le monachisme existe dès le IVe siècle. On y trouve des Stylites, c'est-à-dire des moines perchés sur une colonne dont ils ne descendent jamais, comme Siméon le Stylite, des reclus murés dans une tour, des errants[12].

Les chrétiens d'Orient aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion au Moyen-Orient.

Terminologie[modifier | modifier le code]

L'expression « chrétiens d'Orient », comme l'expression « Églises d'Orient », désigne de manière simplificatrice « les chrétiens et les Églises apparues d'abord au Proche-Orient, puis dans l'est et dans le sud-est de l'Europe. Au fil des siècles, les chrétiens d'Orient, qui se réclament de leurs origines palestiniennes, s'implantèrent progressivement dans le monde entier »[1].

La terminologie concernant les chrétiens appartenant aux différentes églises chrétiennes d'origines orientales ne trouve ainsi pas d'unanimité : l'expression « chrétiens d'Orient » peut désigner, au sens le plus large, les chrétiens non-latins, donc surtout orthodoxes[2] mais on trouve l'expression régulièrement utilisée pour désigner toutes sortes de groupes chrétiens du Proche ou du Moyen-Orient. L'historienne Catherine Mayeur-Jaouen souligne en 2008 que si l'expression est « pratique », elle n'en est pas moins « désuèt[e] », « utilisé[e] par des Européens surtout français inquiets de la montée de l’islam dans leurs propres sociétés »[30].

Au début du XXIe siècle, suivant l'historien Antoine Arjakovsky, dans le monde francophone, on distingue les « églises non-chalcédonienne » ou « Églises orthodoxes orientales » (Églises assyrienne, copte, éthiopienne, érythréenne, syrienne-occidentale, malankare du Sud de l'Inde et arménienne) et les « églises chalcédonienne » ou « églises orthodoxes d'Orient » ; dans le monde anglophone cette distinction se traduit en « Oriental Orthodox Churches » pour les premiers qui regroupent les Églises des deux et des trois conciles, et « Eastern Orthodox Churches » pour les seconds qui regroupent les Églises des sept conciles[3]. Certains auteurs catholiques y ajoutent les Églises catholiques orientales, dépendantes de Rome, ou s'y étant rattaché, mais de rite oriental[4].

Ces chrétiens représentent des minorités plus ou moins importantes présentes en Iran, Turquie, Inde, Pakistan, Indonésie, Éthiopie[2], en Érythrée, en Égypte, en Arménie, en Syrie et au Liban mais elles connaissent également d'importantes diasporas en Europe, en Amériques du Nord et du Sud et en Australie[3].

Églises d'Orient[modifier | modifier le code]

Évolution du christianisme.

Les ruptures opérées par les conciles d'Éphèse en 431 (proclamation de Marie en tant que mère de Dieu) et de Chalcédoine en 451 (proclamation du Christ vrai Dieu et vrai Homme) conduisent à la naissance de quatre traditions historiques principales d'Églises orientales[31] :

Type Nom Commentaire
Églises non-éphésiennes Église de l'Orient née au premier siècle, remonte à l'apôtre Thomas. S'est scindée en 1553, date à laquelle une branche chaldéenne (voir ci-dessous) s'unit à Rome. Ces deux Églises ont chacune leur patriarche.
Église chaldéenne Se sépare en 1553 de l'Église précédente et s'unit à Rome.
Églises non-chalcédoniennes Église syriaque d'Antioche Organisée en patriarcats, elle célèbre le rite araméen. Une partie est rattachée à Rome.
Église copte A été fondée par l'évangéliste Marc, issue de l'église d'Alexandrie. Sous la juridiction d'un patriarche-pape, les Coptes célèbrent leur rite en langues copte et arabe.
Église apostolique arménienne Fondée au IVe siècle par Grégoire l'Illuminateur.
Églises chalcédoniennes Églises orthodoxes et grecque-catholique (ou melkite) Fidèles à la doctrine de l'unique personne du Christ en deux natures, elles sont de rite byzantin. Les Grecs orthodoxes dépendent du Patriarcat de Constantinople. Les Melkites — unis à Rome — dépendent de celui d'Antioche, de Jérusalem, ou d'Alexandrie.
Église maronite Implantée au Liban, rattachée à Rome, mais organisée en Patriarcat autonome. Le culte célèbre le rite en syriaque ou en arabe, dirigé par Mgr Bechara Boutros Rahi.
Église latine Patriarcat latin de Jérusalem Patriarcat héritier des Croisés, dirigé par Mgr Fouad Twal, qui réunit des fidèles dans le Proche-Orient. Le rite est célébré en arabe et parfois en latin.
Églises Protestantes À ces « latins », il convient d'ajouter des églises protestantes implantées depuis le XIXe siècle. La plupart sont rassemblées dans la FMEEC (en) et le CEMO.

Les Églises catholiques orientales sont des Églises issues de ces différentes traditions historiques qui se sont, à un moment de leur histoire, unies à Rome.

Des communautés en pleine mutation[modifier | modifier le code]

Si beaucoup de chrétiens d'Orient cherchent à émigrer, c'est plus pour fuir la misère que pour sauvegarder leurs croyances[32]. La formation d'États-Nations au XXe siècle a contribué à accentuer le départ des chrétiens d'Orient. La vague la plus récente est celle des Chaldéens d'Irak à la suite des deux guerres que le pays a vécu. Ces chrétiens possèdent déjà un réseau de relations à l'étranger et peuvent obtenir plus facilement des visas. La marginalisation des chrétiens s'est accrue avec l'arrivée des pétrodollars à partir de 1973.

On assiste actuellement à un véritable renouveau religieux chez les chrétiens d'Orient. Le clergé dynamique s'est rajeuni. Si les conditions des non-musulmans se sont durcies[33], cependant, le monachisme, longtemps laissé à l'abandon, est en pleine renaissance. Des couvents sont restaurés et repeuplés, surtout chez les Coptes. Le patrimoine artistique et liturgique est mis en valeur. Le renouveau copte se colore cependant de traditions fondamentalistes[28].

Dans la diaspora, les Églises orientales s'appliquent à conserver un lien social entre les migrants.

Recensement des chrétiens d'Orient[modifier | modifier le code]

Composant une mosaïque complexe où il n'est pas facile de se retrouver et qui ne trouve pas d'unanimité typologique, les membres de ces églises sont difficiles à dénombrer : même s'ils sont regroupés sous une même appellation, les chrétiens d'Orient n'ont souvent pas grand-chose à voir les uns avec les autres et tant les rites que les langues — vernaculaires ou rituelles —, ou encore les niveaux sociaux sont divers[34].

Le recensement des chrétiens d'Orient est donc malaisé : peu d’enquêtes fiables ont été menées et, en outre, les responsables religieux ont tendance à surestimer leurs effectifs[35]. Les statistiques varient ainsi d’une source à l’autre et doivent être considérées à titre indicatif plutôt qu’absolu[36].

Lent exode[modifier | modifier le code]

D'une manière générale, ces communautés chrétiennes connaissent un exode important depuis la fin du XIXe siècle siècle avec l’exil de nombreux Libanais chrétiens en Europe et en Amérique latine, puis le génocide arménien par les Ottomans qui occasionne plus d'un million de morts au début du XXe siècle et l'exil des survivants dans les pays arabes voisins, en Europe et en Amérique[36].

L'exode s’est aggravé depuis le milieu du XXe siècle, notamment à la suite de l'essor des nationalismes de la période post-coloniale, au conflit israélo-arabe, à la guerre civile libanaise, à la guerre Iran-Irak, à la guerre du Golfe puis la guerre d'Irak[36], et enfin depuis 2011 à la Guerre civile syrienne[37].

Parmi d'autres facteurs, on peut également relever le soutien américain aux fondamentalistes musulmans pour contrer l'URSS après l'invasion de l'Afghanistan et déstabiliser les régimes nationalistes, autoritaires ou dictatoriaux, ou encore la montée du terrorisme islamique d’Al Qaida[36]. Par ailleurs, comme le reste de la population, les chrétiens souffrent du manque de démocratie, des difficultés économiques, du sous-développement, de l'emprise de l'Occident et des nombreux conflits[32].

Dénombrement[modifier | modifier le code]

De manière globale, il n’y a probablement pas moins de chrétiens au Moyen-Orient au début du XXIe siècle que cent ans auparavant mais le pourcentage qu'ils représentent dans l’ensemble de la population régionale n’a cessé de baisser, parfois de manière très importante[35]. Suivant les estimations concernant le début du XXe siècle, les chrétiens représentaient alors entre 12 et 15% de la population dans les pays arabes du Proche-Orient[36]. Au début du XXIe siècle, ils ne représenteraient plus que 4[32] à 5% de la population d'environ 300 millions d’Arabes[36].

Églises[modifier | modifier le code]

Au seul Moyen-Orient, les chrétiens orientaux seraient ainsi une dizaine de millions au début du XXIe siècle, qui se répartissent au sein de onze églises[5].

Patriarche et évêques maronites à Rome en 1906

En termes d'églises, les coptes d'Égypte sont à eux seuls environ[38] huit millions[39] et si l'Église apostolique arménienne compte plus de trois millions de fidèles en Arménie, la diaspora arménienne compte plus de quatre millions de personnes[40]. L'Église apostolique assyrienne de l'Orient, compte elle deux millions de fidèles au Liban, en Irak et en Inde tandis que, dans les mêmes régions, on dénombre un million de membres de l'Église syrienne ou « Jacobite »[40]. Ainsi, les églises non-chalcédoniennes, toutes membres du Conseil œcuménique des Églises, rassemblent environ soixante millions de chrétiens[41].

Suivant les chiffres avancés par le périodique catholique Témoignage chrétien en octobre 2010[42], quatre catégories sont à distinguer parmi les chrétiens d'Orient :

Répartition en Orient[modifier | modifier le code]

Estimations des populations chrétiennes au début du XXIe siècle, à titre indicatif, les chiffres variant parfois beaucoup selon les publications[43] :

  • Égypte : généralement estimé de 7 à 10% d'une population de 84 millions d’habitants. Mais la fourchette des pourcentages proposés peut osciller de 5 à 20%.
  • Liban : de 35 à 40% sur une population de 3,8 millions d’habitants (répartis en 20 à 25% de maronites, 7% de grecs-orthodoxes, 5% de grecs-catholiques, 4% d’Arméniens, orthodoxes et catholiques[35]). Mais la diaspora libanaise compte environ 6 millions de personnes, principalement des chrétiens, dont un tiers aux États-Unis, et le reste réparti entre l’Europe, l’Amérique latine, l’Afrique subsaharienne et l’Australie.
  • Syrie : de 4 à 9% sur une population de 20 millions d’habitants (répartis entre grecs-orthodoxes, syriaques, melkites, jacobites, Arméniens et latins[35]).
  • Palestine : environ 8% en Cisjordanie et 0,7% à Gaza sur une population totale de 3 millions de Palestiniens.
  • Israël : de 2 à 4% sur une population de 6,5 millions mais en comptant l'importante immigration catholique et orthodoxe venue de l’ex-URSS depuis 1990.
  • Jordanie : environ 6% sur une population de 6,5 millions[44].
  • Irak : entre quatre cent mille et un million de personnes sur une population totale de 31 millions d'habitants. Un nombre important de chrétiens se sont exilés depuis la guerre du Golfe de 2003 l'instabilité qui s'en est suivie dans le pays et le mouvement semble se poursuivre.
  • Iran : de 180 000 à 300 000 personnes sur 77 millions d’habitants, essentiellement des Arméniens, majoritairement orthodoxes. La moitié des chrétiens du pays se sont exilés lors de la révolution iranienne de 1979, la plupart s’étant réfugiés en Californie.
  • Turquie : quelques dizaine de milliers de personnes, de 80 000 à 200 000 sur une population de 75 millions d'habitants.

L'Arménie, avec ses trois millions d'habitants, est quant à elle un pays considéré comme entièrement christianisé. On dénombre également environ 6 millions de chrétiens syriaques en Inde dans l'État du Kerala, et 4 millions qui forment une diaspora aux États-Unis, en Europe et en Australie[45].

On rencontre des chrétiens non-orientaux au Moyen-Orient, des catholiques latins, des protestants, des évangéliques ou encore des travailleurs Philippins émigrés dans le Golfe persique. L'Arabie saoudite ayant décrété l’ensemble de son territoire « terre sacrée » de l’islam, il est interdit d’y construire des synagogues, des églises ou des temples et les travailleurs immigrés chrétiens n’ont pas le droit — même en privé — de célébrer leur culte sous peine d’arrestation et d’expulsion, à la différence du Koweït, de Bahreïn et des Émirats arabes unis qui ont autorisé la construction de quelques lieux de cultes. La minorité chrétienne du Yémen est elles en voie d’extinction[36].

Les démographes estiment que vers 2020, les chrétiens d'Orient ne représenteraient plus que 5 ou 6 millions de personnes au milieu d’une population musulmane en nette augmentation[36].

Quels horizons pour la présence chrétienne en Syrie ?[modifier | modifier le code]

La Syrie : terre d'origine du christianisme
Monastère (grec) orthodoxe Saint-Georges dans la Vallée des Chrétiens, Syrie.

La communauté chrétienne syrienne a représenté au début du XXe siècle 11,3 % de la population totale de la Syrie qui s’élevait alors à 1 120 792 habitants, soit 127 146 chrétiens de différentes Églises[46]. Aujourd'hui, elle serait réduite à 7 ou 8 % d'une population syrienne totale s'élevant à 22 millions d'habitants, soit environ 1 600 000 personnes. En termes de pourcentage, le poids démographique des Syriens chrétiens est bien inférieur à la proportion de chrétiens au Liban. En effet, bien que le poids de ces derniers ait été autrefois supérieur à 50 % de la population totale du Liban lors de l'accession du pays à l'indépendance en 1943, leur poids démographique est aujourd'hui réduit à une proportion de 35 % à 40 % de la population libanaise totale résidente (hors réfugiés syriens) d'environ 4 millions d'habitants, soit environ 1,5 millions de personnes[47]. En nombre absolu, les deux communautés chrétiennes de Syrie et du Liban sont donc du même ordre de grandeur.

Autrefois, province de l'Empire romain, la Syrie fut avec la Palestine et l'Égypte parmi les premières régions du Levant à se convertir au christianisme. C'est en cheminant vers Damas que Saint Paul, citoyen romain et juif, reçut la vision du Christ et se convertit. C'est en Syrie que diverses Églises chrétiennes se formèrent mais furent malheureusement longtemps déchirées par des querelles théologiques compliquées et passionnelles, notamment vis-à-vis de la doctrine de l'Église byzantine, devenue Église dominante, une fois la Syrie passée sous le contrôle de l'Empire romain d'Orient au IVe siècle. Ces longues querelles christologiques sur la nature du Christ épuisèrent les différentes Églises de Syrie devenues non seulement antagonistes, mais objet de l'hostilité de l'Église byzantine. Cela facilita grandement la conquête arabe de la Syrie qui ne rencontra pratiquement pas d'opposition, beaucoup de grandes tribus arabes étant d'origine syrienne. Damas devint en 661 la capital du premier empire arabe, celui des Omeyyades. La grande cathédrale byzantine de cette nouvelle capitale fut alors partagée avec les musulmans qui vinrent y prier aux côtés des chrétiens. Ces derniers ont d'ailleurs participé pleinement à l'administration de l'empire, les plus illustres d'entre eux furent saint Jean Damascène et son père Serge Sarjoun.

L'histoire de la Syrie est donc intimement mêlée à celle du christianisme des premiers siècles. Si au fil des siècles le nombre de chrétiens a diminué, comme dans l'ensemble du Levant[48], le patrimoine religieux du christianisme a été maintenu, ainsi qu'au Liban, en Palestine ou en Égypte et en Irak. Les Syriens chrétiens sont restés totalement intégrés à la société syrienne et ont participé de plain-pied à la lutte pour l'indépendance du pays à l'issue de la Seconde Guerre mondial

Expression chrétiens d'Orient[modifier | modifier le code]

Au demeurant, l'expression chrétiens d'Orient ou chrétiens de Syrie ou du Liban ou d'ailleurs au Levant est impropre. Elle implique, en effet, la prégnance totale de l'identité religieuse sur tout autre élément d'identité (géographique, ethnique, tribale, sociale, politique). L'identité de tout être humain, surtout dans le monde moderne, est complexe. Sa composante religieuse ne peut venir se substituer à tout ce que notre milieu géographique, sociale, économique apporte à l'identité. L'homme est d'abord le produit de la terre où il est né, son terroir, le statut socio-économique hérité de ses ascendances familiales, le produit de la langue qu'il parle, bref son enracinement physique et moral. Il est ensuite le produit de son éducation, de ses lectures, de son tempérament, des idées politiques et philosophiques qu'il reçoit, de la foi religieuse qu'il peut conserver, acquérir ou abandonner[49].

La réalité démographique et géopolitique des chrétiens d'Orient[modifier | modifier le code]

Sur le plan démographique, et contrairement aux idées reçues, le nombre des chrétiens au Proche-Orient a augmenté. D'après une étude réalisée par Pew Research Center, ils sont passés entre 1910 et 2010, de 4 à 13 millions. En revanche, leur proportion par rapport à l'ensemble de la population a baissé, elle est passée de 0,7 à 0,6 %. Ce qui signifie que le nombre des musulmans a considérablement augmenté[50].
Incontestablement, et pour différentes raisons, les chrétiens d'Orient n'ont cessé de quitter leur pays natal pour s'installer en Afrique, en Europe, en Amérique du Sud et du Nord ou en Océanie, sans oublier les pays du Golfe. En effet, les raisons sont très différentes entre la fuite de Turquie lors du génocide arménien et celle de la famine à la même époque des chrétiens du Proche-Orient, la guerre en Iraq, les pressions sociales en Égypte, les guerres au Liban et en Syrie et le climat de discrimination dans plusieurs sociétés à majorité musulmane. Certains départs sont purement économiques, d'autres sont orchestrés.

Sans être exhaustif, on peut remarquer que la situation des chrétiens d'Orient est loin d'être identique. Entre les pays où leur présence s'est considérablement réduite comme la Turquie (environ 0,1 % de la population, soit 200 mille, alors qu'un siècle plus tôt à Istanbul les chrétiens représentaient 30 %) et ceux où leur présence en tant que travailleurs immigrés s'est accrue comme les Pays du Golfe, la réalité est bien différente. Brosser un tableau rapide permet ainsi de constituer une idée d'une diversité réelle qui implique une approche différenciée.

Cathédrale copte d'Assouan vue du Nil (Égypte)

.

  • En Égypte, la situation est bien paradoxale. Si le nombre des chrétiens n'a cessé d'augmenter (estimé aujourd'hui entre 7 et 10 millions), la situation des chrétiens n'est pas des plus simples. la montée d'une pensée fondamentaliste organisée comme celle des Frères musulmans ou intégriste à multiple facettes tels les salafistes crée une ambiance complexe. Présents dans le pays, les chrétiens sont sommés d'adopter un profil bas de peur des représailles en tout genre. L'État lui-même, sous pression, se conduit à leur égard d'une manière discriminante. Sans laisser la persécution se propager, sa protection les maintient dans une situation de dhimmitude politique. Jusqu'à une certaine mesure, le christianisme en Égypte se préserve en s'enfermant sur lui-même. Par voie de conséquence, la diaspora a considérablement augmenté ces dernières décennies par peur ou par refus d'une situation insupportable, tant sur le plan politique d'une forme de citoyenneté de seconde zone que sur le plan économique ou religieux.
  • La réalité des chrétiens en Syrie est relativement similaire à l'Égypte d'avant la révolte. Protégés, et donc soumis au pouvoir politique, ils se sont trouvés à l'abri des persécutions, mais fortement exposés au moment de la révolte 2011. Sur une population de 20 millions, les chrétiens occupaient jusqu'à 5 à 10 %[51] répartis entre villages à majorité chrétienne et présence dans les grandes villes, comme Damas ou Alep. La confessionnalisation de la révolte dans un pays marqué par une forme de diversité confessionnelle et ethnique a rendu impossible une prise de position claire par la hiérarchie ecclésiale. La peur de l'inconnu et la salafisation de l'opposition les ont conduit à s'en méfier, au risque d'apparaître comme des alliés du pouvoir et d'être identifiés à un régime politique autoritaire et sanguinaire. À la différence des Coptes qui se sont engagés contre Moubarak, puis contre Morsi et les Frères musulmans, les chrétiens de Syrie cherchent à survivre et à se protéger contre les aléas d'un lendemain peu rassurant. Leur départ pour le Liban, certains pour l'Europe ou les États-Unis, a sans aucun doute réduit considérablement leur nombre.
  • Au Liban, si la proportion des chrétiens a baissé, passant de plus de 60 % à environ 37 à 40 % de la population[52], leur nombre a bel et bien augmenté, malgré les vagues successives de migration depuis la Première Guerre mondiale pour fuir la famine jusqu'à la guerre civile (1975-1990) et l'occupation du territoire par Israël (2000) et par la Syrie (2005). La particularité du contexte libanais et une forme de partage du pouvoir assurent une certaine stabilité et liberté politique, intellectuelle et religieuse. Toutefois, pendant la présence syrienne, les chrétiens sont passés par une période d'hésitation et de pessimisme. Impliqués dans les réseaux éducatifs, hospitaliers et implantés dans certaines régions où ils se trouvent majoritaires, leurs poids sur l'échiquier politique est actuellement assuré par un régime qui garantit la représentativité confessionnelle au sein du pouvoir. Le passage par une guerre civile a doublement et fortement marqué les consciences collectives. D'un côté, les séquelles de la guerre se manifestent dans la répartition géographique des communautés, les régions mixtes entre chrétiens et druzes, chrétiens et sunnites, chrétiens et chiites, sont nettement moins importantes qu'avant la guerre où les chrétiens étaient présents numériquement et massivement sur l'ensemble du territoire. Ce qui n'est pas sans conséquences sur le vivre ensemble du territoire. D'un autre côté, la prise de conscience de la fragilité politique conduit des organismes et des institutions ecclésiales à investir dans l'éducation et le dialogue inter-religieux. Ce qui n'est pas sans redonner confiance, dans un contexte de méfiance. Au Liban, on passe tour à tour d'une juxtaposition à une méfiance et d'une interaction à un réel dialogue. À l'image des communautés, églises et mosquées se côtoient dans une forme de proximité bienveillante et de rivalité mimétique.
  • D'après plusieurs analystes[53], les chrétiens de Jordanie jouissent d'une situation plutôt favorable, le Liban excepté. Impliqués dans la société et engagés dans le dialogue inter-religieux et la cause arabe, les Jordaniens chrétiens sont reconnus par la Constitution qui leur reconnaît la liberté du culte. On estime à environ 4 % le nombre de chrétiens au sein du royaume d'une population de 6 millions d'habitants. Dans la chambre haute des sénateurs, ou dans la chambre basse des députés, des sièges leur sont attribués[54], ce qui se traduit par une implication politique et diplomatique. Toutefois, comme dans la majorité des pays arabes, les plus hauts postes de l'armée ou de la fonction publique sont assurés par des musulmans. De plus, en droit matrimonial, seules les femmes chrétiennes ont le droit d'épouser des hommes musulmans, les hommes chrétiens se trouvent contraints de se convertir. Depuis les années 1990, et la montée des Frères musulmans en Jordanie, le climat n'est plus le même. Malgré les garanties que certains veulent donner aux chrétiens[55], ces derniers sont inquiets de l'islamisation grandissante selon une idéologie politique.
  • En Iraq comme en Terre sainte, deux pays en proie à la guerre et à des tensions à dimension ouvertement religieuse, la situation des chrétiens est dramatique. En Iraq, Assyriens et Chaldéens ont vu leur nombre chuter considérablement au début et à la fin du XXe siècle (les assyriens se sont alliés aux Britanniques et aux Russes dans l'espoir d'un territoire indépendant et ont subi plusieurs massacres, les chaldéens ont emprunté massivement le chemin de l'exil par peur du climat chaotique survenu après la chute de Saddam Hussein, réduisant à environ 1 % les chrétiens d'Iraq). À en croire les chiffres avancés, le nombre des chrétiens en Terre Sainte oscillerait entre 1,5 et 3 % de la population. Mais comme en Iraq ou aujourd'hui en Syrie, les chrétiens préfèrent quitter un pays en tension où la montée du fondamentalisme religieux n'annonce pas un avenir radieux[56].

Quelles que soient les situations, la transformation majeure qui inquiète les chrétiens de cette région du monde se traduit par l'exaspération identitaire sur une base religieuse. Excepté en Terre Sainte, ce fondamentalisme prend le visage d'un islam politique et intégriste. Si le nombre des chrétiens a augmenté, leur proportion a diminué. Endiguer la montée de l'islamisme ne peut relever des seuls chrétiens ou d'une action politique occidentale. Une des manières pour contrecarrer l'islamisme réside dans la capacité des musulmans à inverser la tendance, en puisant dans leurs ressources propres. La profondeur historique de ces ressources peut garantir une légitimité et se constituer en un réel levier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Iso Baumer, « Unité et diversité des Églises d'Orient en Suisse », dans Martin Baumann et Jorg Stöltz (dir.), La nouvelle Suisse religieuse : Risques et chances de sa diversité, éd. Labor et Fides,‎ 2006 (ISBN 978-2-8309-1278-4, lire en ligne), p. 168.
  2. a, b, c, d, e et f Françoise Briquel-Chatonnet, « Tout commence à Édesse », dans L'Histoire, no 337 (décembre 2008), p. 43
  3. a, b, c et d Antoine Arajakovsky, Qu'est-ce que l'orthodoxie ?, Gallimard, coll. « Folio essais »,‎ 2013, p. 69-70, 76
  4. a, b et c Irénée-Henri Dalmais et Hervé Legrand, « Églises chrétiennes d'Orient », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 27 juillet 2013).
  5. a et b « Le christianisme d'Orient », sur La Croix,‎ 2 octobre 2011 (consulté le 24 juillet 2013)
  6. Acte, XI, 18-25.
  7. Françoise Briquel-Chatonnet, op. cit., p. 46.
  8. a et b Françoise Briquel-Chatonnet, op. cit., p. 48.
  9. a, b et c Françoise Briquel-Chatonnet, op. cit., p. 49.
  10. a, b et c Françoise Briquel-Chatonnet, op. cit., p. 50.
  11. Bernard Lewis, « L'islam et les non-musulmans », dans Annales. Histoire, Sciences Sociales, 35e année, no 3-4, 1980, p. 788 [Lire en ligne sur Persée].
  12. a, b et c Françoise Briquel-Chatonnet, op. cit., p. 51.
  13. Claude Cohen, « Note sur l'accueil des chrétiens d'Orient à l'Islam », dans Revue de l'histoire des religions, tome 166, no 1, 1964, p. 55 [lire en ligne sur Persée].
  14. Bernard Lewis, op. cit., p. .787
  15. Claude Cohen, op. cit., p. 51.
  16. Jean Richard, « Face aux croisés », dans L'histoire, no 337 (décembre 2008), p. 52.
  17. Gérard Dédéyan (dir.), Histoire du peuple arménien, Toulouse, Éd. Privat,‎ 2007, 991 p. (ISBN 978-2-7089-6874-5), p. 343.
  18. Jean Richard, op. cit., p. 53.
  19. Jean Richard, op. cit., p. 54.
  20. a et b Jean Richard, op. cit., p. 55.
  21. Christian Lochon, in Perspectives & Réflexions n° 1 - 2013 , Directeur honoraire des études au Centre des hautes études sur l'Afrique et l'Asie modernes (CHEAM), prolonger par l'Institut des hautes études internationales, p. 71
  22. Maurits H. Van Den Boogert, The Capitulations and the Ottoman Legal System: Qadis, Consuls, and Beratlh in the Eighteenth Century, Leyde-Boston, Brill, 2005.
  23. Dominique TRIMBUR, "Entre politique et religion. Les origines et les premières années de l'Œuvre des Écoles d'Orient", dans Hervé LEGRAND, Giuseppe Maria CROCE (dir.) L'Œuvre d'Orient. Solidarités anciennes et nouveaux défis , Cerf, 2012, p. 115-141.
  24. Jean RIFFIER, Les œuvres françaises en Syrie (1860-1923) , L'Harmattan, 2000. Chantal VERDEIL, La mission jésuite du Mont-Liban et de Syrie (1830-1864) , Les Indes Savantes, 2011. Jérôme BOCQUET, Missionnaires français en terre d'islam. Damas, 1860-1914 , Les Indes Savantes, 2005.
  25. Youssef MOUAWAD, " Aux origines d'un mythe : la lettre de saint Louis aux maronites ", Bernard HEYBERGER, Carsten WALBINER (dir.), Les Européens vus par les Libanais à l'époque ottomane , Beyrouth, Orient-Institut der DFG / Würzburg, Ergon Verlag, 2002, p. 97-110.
  26. Le patriarche maronite Bechara Boutros Rahi, voulant rappeler les liens historiques entre la France et les maronites lors de sa première visite en France (2011), a encore fait mention de cette lettre.
  27. Bernard Heyberger, « Le “bon temps” des Ottomans », dans L'histoire, no 337 (décembre 2008), p. 61.
  28. a et b Catherine Mayeur-Jaouen, « Dans la tourmente », dans L'histoire, no 337 (décembre 2008), p. 66.
  29. Étienne de Montéty, « L'épuration islamiste », Le Figaro,, mercredi 30 juillet 2014, page 1.
  30. Catherine Mayeur-Jaouen, « Dans la tourmente », L'Histoire, no 337 « Les chrétiens d'Orient »,‎ décembre 2008, p. 62
  31. Les données de cette section s'inspirent de Jérémie Lanche in périodique La Vie, Paris, 6 septembre 2012.
  32. a, b et c Catherine Mayeur-Jaouen, op. cit., p. 63.
  33. Catherine Mayeur-Jaouen, op. cit., p. 65.
  34. Catherine Mayeur-Jaouen, op. cit., p. 64.
  35. a, b, c et d François Boëdec, « Chrétiens d'Orient », Études, no 405,‎ novembre 2006, p. 496-506 (lire en ligne)
  36. a, b, c, d, e, f, g et h Paul Balta, « L'exode des chrétiens d'Orient », Confluences Méditerranée, vol. 2, no 49,‎ 2004, p. 161-165 (ISSN 2102-5991, lire en ligne)
  37. Xavier Baron, Aux origines du drame syrien : 1918-2013, Paris, Tallandier, coll. « Approches », 2013, 324 p. (ISBN 979-1021001039)
  38. les chiffres de la population copte d'Égypte sont fort débattus, oscillant parfois du simple (5 millions) au triple (15 millions) ; cf. article Copte
  39. Antoine Arajakovsky, Qu'est-ce que l'orthodoxie ?, Gallimard, coll. « Folio essais »,‎ 2013, p. 72
  40. a et b Antoine Arajakovsky, Qu'est-ce que l'orthodoxie ?, Gallimard, coll. « Folio essais »,‎ 2013, p. 71
  41. Antoine Arajakovsky, Qu'est-ce que l'orthodoxie ?, Gallimard, coll. « Folio essais »,‎ 2013, p. 70
  42. Jérôme Anciberro, « Les Églises d'Orient en un seul (grand) tableau », sur Témoignage chrétien,‎ octobre 2010 (consulté le 24 juillet 2013).
  43. sauf références contraires, les chiffres présentés ici synthétisent les publications de Paul Balta, « L'exode des chrétiens d'Orient », Confluences Méditerranée, vol. 2, no 49,‎ 2004, p. 161-165, François Boëdec, « Chrétiens d'Orient », Études, no 405,‎ novembre 2006, p. 496-506 et l'Atlas des religions, édition Le Monde/La Vie, 2011, p. 85, actualisés concernant la population totale
  44. suivant les statistiques publiées par l'Office du Tourisme de Jordanie
  45. Catherine Mayeur-Jaouen, op. cit., p. 64-65.
  46. Raymond O'Zoux, Les États du Levant sous mandat français . Préface de M. F. Pierre-Alype, Librairie Larose, Paris, 1931, p. 74.
  47. Le dernier recensement de la population libanaise par communautés religieuses remonte à 1932 ; depuis, pour des raisons de sensibilités communautaires, l'Etat n'a plus procédé à de tels recensements. Les estimations de la population sont faites par sondages et excluent l'appartenance communautaire des Libanais. Raymond O'Zoux, dans l'ouvrage cité à la note précédente, fait état d'une population chrétienne de 326 890 personnes sur une population totale de 597 789, soit 54,7 % de chrétiens et 44,3 % de musulmans et 1 % d'israélites et divers.
  48. Youssef Courbage et Philippe Fargues, Chrétiens et juifs dans l'islam arabe et turc , Payot, 2005, (ISBN 978-2228899376)
  49. Georges Corm, in Perspectives & Réflexions , n° 2 - 2014, p. 5-6.
  50. http://features.pewforum.org/global-christianity/map.php#/middleeast.ALL (visité le 25 février 2013).
  51. Les estimations varient entre 4,6 % (Y. Courbage) et 10 % (J.-C. Jeanbart). Depuis l'indépendance, si le nombre de chrétiens a augmenté avec un total d'un million de chrétiens, leur proportion a baissé, passant de 15 % à moins de la moitié. Il semble que le régime d'el-Assad surestimait leur nombre pour faire baisser la proportion des sunnites. in A. Fleyfel, Géopolitique des chrétiens d'Orient. Défis et avenir des chrétiens arabes , L'Harmattan, p. 184-185.
  52. Voir Y. Courbage et E. Todd, Le rendez-vous des civilisations , Seuil, 2007, p. 164 et les indications du cite de la CIA données par A. Fleyfel, Géopolitique des chrétiens d'Orient , p. 73.
  53. Voir les données et les sources mentionnées par Antoine Fleyfel, op. cit. , p. 75-96.
  54. (e) Naseer H. Aruri, Jordan: a study in political development (1921-1965) , La Haye, Martinus Nijhoff, 1972 (en particulier le chapitre III, The communal structure of politics, p. 32-48)
  55. Comme par exemple l'élection d'un chrétien au conseil administratif du parti du Front de l'Action Islamique. Cf. Antoine Fleyfel, op. cit. , p. 89.
  56. Plusieurs études sur les chrétiens en Terre Sainte peuvent être consultées. La synthèse d'Antoine Fleyfel donne à voir l'essentiel sur le plan géopolitique, démographique, ou encore au niveau de la répartition selon les différentes traditions ecclésiales. Cf. Antoine Fleyfel, op. cit , p. 123-149.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Billioud, Jean Maksud, Histoire des chrétiens d'Orient, L'Harmattan, 1995, 251 p. 
  • Claude Cohen, « Note sur l'accueil des chrétiens d'Orient à l'Islam », dans Revue de l'histoire des religions, tome 166, no 1, 1964, p. 51-58 [lire en ligne sur Persée].
  • Catherine Dupeyron, Chrétiens en Terre sainte — Disparition ou mutation ?, Albin Michel, 2007 (ISBN 978-2-226-18058-2)
  • Claude Lorieux, Chrétiens d'Orient en terres d'islam, Perrin, 2001, 372 p. 
  • Pierre Rondot et Paul Abela, Les Chrétiens du monde arabe : problématiques actuelles et enjeux, Maisonneuve & Larose, 1987, 160 p. 
  • Antoine Sfeir, « Chrétiens d'Orient, et s'ils disparaissaient ? », dans Les cahiers de l'Orient, Bayard, 2009 (ISBN 2227478098)
  • Jean-Pierre Valognes, Vie et mort des Chrétiens d'Orient, Fayard, Paris, 1994 (ISBN 2213030642)
  • Mahmoud Zibawi, Orients chrétiens, Desclée de Brouwer, Paris, 1995 (ISBN 2220036006)
  • Annie Laurent, Les chrétiens de l'Orient vont-ils disparaître ? : Entre souffrance et espérance, Salvator, 2008 (ISBN 2706705701)
  • Bernard Heyberger, Les Chrétiens en Orient, éd. Payot, 2013 (ISBN 2228908835)
  • William Dalrymple, Hélène Collon, Dans l'ombre de Byzance : Sur les traces des Chrétiens d'Orient, Éditions Phébus, Collection : Libretto, 2011 (ISBN 2752905424)
  • Herman Teule, Les Assyro-Chaldéens : Chrétiens d'Irak, d'Iran et de Turquie, Brepols, 2008, (ISBN 978-2503528250)
  • Christian Cannuyer, Nabil Boutros, Coptes du Nil : Entre les pharaons et l'Islam, ces chrétiens d'Égypte aujourd'hui, Éditeur : L'Archange Minotaure, 2007, (ISBN 978-2354630065)
  • Antoine Fleyfel, Théologie Contextuelle Arabe Modèle Libanais, L'Harmattan, 2011, Collection : Pensée religieuse & philosophique arabe, (ISBN 978-2296549760)
  • Antoine Fleyfel, Géopolitique des chrétiens d'Orient, Éditions L'Harmattan, 2013, (ISBN 978-2343014852)
  • Mouchir Aoun, Une pensée arabe humaniste contemporaine : Paul Khoury et les promesses de l'incomplétude humaine, L'Harmattan, 2012, Collection : Pensée religieuse & philosophique arabe, (ISBN 978-2296963696)
  • Christian Lochon, Jean-Marc Aractingi, Secrets initiatiques en Islam et rituels maçonniques : Druzes, Ismaéliens, Alaouites, confréries soufies, L'Harmattan, 2012, (ISBN 2296065368)
  • Antoine Arjakovsky, Myrna Nazour, messagère de l'unité des chrétiens : Entretien sur les événements de Soufanieh, Damas, Éditeur : François-Xavier de Guibert, 2010, (ISBN 978-2755404005)
  • Georges Corm, Le Liban contemporain : Histoire et société, Éditions La Découverte; édition revue et augmentée, 2012, (ISBN 978-2707173577)
  • Jean Corbon, L'Église des Arabes, Cerf, 2007, (ISBN 978-2204085038)
  • Michel Younès, L'entreprise au défi des religions : Regards croisés à partir du bassin méditerranéen, Éditeur : Chronique Sociale, 2013, (ISBN 978-2367170190)
  • Yousif Ephrem ISA, Les chrétiens de Mésopotamie, Editions L'Harmattan, 2014, Collection : Peuples et cultures de l'Orient, (ISBN 978-2343022895)
  • Marie-Françoise Baslez, Chrétiens persécuteurs : Destructions, exclusions, violences religieuses au IVe siècle, Editions Albin Michel, 2014, Collection : Bibliothèque histoire, (ISBN 978-2226253767)
  • Jean Flori, Guerre sainte, jihad, croisade : Violence et religion dans le christianisme et l'islam, Seuil, 2002, (ISBN 978-2020516327)
  • Janine Sourdel et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, Presses Universitaires de France, 2004, Collection : Quadrige, (ISBN 978-2130545361)
  • Jean-François Colosimo, Les hommes en trop : La malédiction des chrétiens d'Orient, Fayard, 2014, (ISBN 978-2213629230)

Revues et articles[modifier | modifier le code]

  • Catherine Mayeur-Jaouen, « Dans la tourmente », in L'Histoire no 337, décembre 2008, p. 62-67
  • François Boëdec, « Chrétiens d'Orient », in Études t. 405, novembre 2006, p. 496-506
  • Paul Balta, « L'exode des chrétiens d'Orient », in Confluences Méditerranée no 49, février 2004, p. 161-165
  • Christine Chaillot, « Fidélité et vulnérabilité des plus anciennes Églises d'Orient », in Les Richesses de l'Orient Chrétien, éd. Saint-Augustin, 2000, p. 135-168
  • L'Œuvre d'Orient : Herman Teule, Christian Cannuyer, Antoine Fleyfel, Mouchir Aoun, Christian Lochon, Antoine Arjakovsky, in Perspectives & Réflexions no 1 - 2013
  • L'Œuvre d'Orient : Georges Corm, Mouchir Aoun, Gabriel Hachem, Bernard Heyberger, Michel Younès, Georges Massouh, in Perspectives & Réflexions no 2 - 2014

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

[3] (visité le 26 juin 2014).