Chouette de l'Oural

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Chouette de l'Oural

Description de cette image, également commentée ci-après

Une chouette de l'Oural (Strix uralensis)
au parc animalier de Pairi Daiza, en Belgique.

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Aves
Ordre Strigiformes
Famille Strigidae
Genre Strix

Nom binominal

Strix uralensis
Pallas, 1771

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 28/06/79

La Chouette de l'Oural (Strix uralensis) est une espèce de rapaces de la famille des Strigidae. Cet oiseau de proie nocturne peut ressembler à la Chouette hulotte, et se rencontre à l'est de l'Europe, appréciant les forêts profondes. L'espèce n'est pas menacée.

Description[modifier | modifier le code]

De la taille d'une buse, elle mesure environ 60 cm de long, pour une envergure de 105 à 116 cm. Son poids varie entre 500 et 1 300 g[1].

Il n'y a pas de dimorphisme sexuel apparent mais cependant le mâle est un peu plus petit et un peu plus léger que la femelle. Cette espèce rappelle la Chouette hulotte à la livrée très variable, mais sa queue est plus longue, les disques faciaux plus clairs avec des yeux plus petits[1].

L'adulte effectue une mue complète d'avril à août tandis que celle du jeune est partielle et se déroule de juin à septembre.

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Régime alimentaire[modifier | modifier le code]

Son régime alimentaire est essentiellement constitué de rongeurs (mulots, souris et campagnols) et musaraignes du genre Sorex, et l'espèce abonde là où ces proies sont nombreuses. Elle attrape également oiseaux (merles, pigeons, des geais et même des Tétras lyre) et amphibiens.

Dans le centre de la Suède, le Campagnol terrestre (60 % de la biomasse consommée) et le Campagnol agreste sont les deux proies principales de la Chouette de l'Oural. Sur 2 309 proies examinées, surtout au printemps, il y avait 765 campagnols terrestres, 711 campagnols agrestes, 273 campagnols roussâtres, 155 musaraignes du genre Sorex, 195 oiseaux et 78 amphibiens[2].

Comportement[modifier | modifier le code]

Agressive et peu craintive, elle peut attaquer des rapaces plus puissants qu'elle et même l'homme pour défendre sa couvée. En cas de manque de nourriture, notamment en hiver, elle n'hésite pas à s'approcher des habitations humaines.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Œuf de Chouette de l'Oural, trouvé après la saison nuptiale, et donc infertile.

La Chouette de l'Oural installe son nid dans des cavités d'arbre spacieuces ou dans des nids abandonnés de rapaces à des hauteurs comprises entre 4 et 20 m. De manière plus occasionnelle, elle peut l'édifier sur de grosses branches, dans des crevasses de rochers ou à terre entre des racines.

Elle pond une seule fois par an par couvée de 3 à 4 œufs parfaitement blancs, dont la taille a pour valeurs extrêmes : 47,1-54,7 mm × 39,0-44,0 mm[3]. La femelle couve ses œufs seule, durant 27 à 29 jours, pendant que le mâle chasse pour la nourrir. Lorsque les jeunes sortent de l'œuf couverts d'un duvet blanc crème, le mâle continue de chasser, mais c'est la femelle qui se charge de distribuer la nourriture aux oisillons. Les jeunes quittent le nid vers un mois mais ne volent bien qu'à partir de cinq semaines, y revenant ponctuellement pour dormir[3]. Ils commencent à muer à 45 jours.

Les années avec de faibles densités de proies, la Chouette de l'Oural ne se reproduit pas.

Longévité[modifier | modifier le code]

Sa longévité est de 15 ans dans la nature et jusqu'à 25 ans en captivité.

Voix[modifier | modifier le code]

Elle chuinte et hulule. Son appel est ressemblant à celui de la Chouette hulotte, mais d'un ton plus haut et plus résonnant[3] (Écouter). Elle produit également des haouhaouhaou et des cris en khwê.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Distribution géographique[modifier | modifier le code]

Carte de distribution de la Chouette de l'Oural

La Chouette de l'Oural vit en Eurasie, dans la Scandinavie, en Europe du nord et centrale.

Habitat[modifier | modifier le code]

Elle aime les forêts denses de plaine ou de montagne, surtout dans les endroits riches en rongeurs, sa source première de nourriture.

Systématique[modifier | modifier le code]

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

On reconnait 10 à 11 sous-espèces[4] :

  • S. u. uralensis Pallas, 1771, sous-espèce pâle présente de la Russie centrale jusque l'ouest de la Sibérie ;
  • S. u. daurica Stegmann, 1929 ;
  • S. u. davidi (Sharpe, 1875), quelquefois considérée comme une espèce à part entière, Strix davidi ;
  • S. u. fuscescens Temminck & Schlegel, 1850, de protonyme Strix fuscescens ;
  • S. u. hondoensis (Clark, 1907), de protonyme Syrnium uralense hondoense ;
  • S. u. japonica (Clark, 1907) ;
  • S. u. liturata Lindroth, 1788, de protonyme Strix liturata, occupant le sud-est de la Norvège, la Suède au nord du 60°, la Finlande (sauf le sud-ouest), l'ouest de la Russie de la limite septentrionale des forêts jusqu'en Prusse orientale et vers Smolensk-Pinsk, avec des populations isolées dans les forêts de Bohême, les Carpates jusqu'en Transylvanie, les Alpes orientales (Styrie et Carinthie) et dinariques (Slovénie, Croatie, Bosnie et nord de l'Albanie) ;
  • S. u. macroura Wolf, 1810 ;
  • S. u. momiyamae Taka-Tsukasa, 1931 ;
  • S. u. nikolskii (Buturlin, 1907), de protonyme Syrnium uralense nikolskii ;
  • S. u. yenisseensis Buturlin, 1915.

On rencontre également S. u. buturlini Dementiev, 1951, S. u. carpathica Dunajewski, 1940, S. u. tatibanai Momiyama, 1927 et S. u. coreensis Momiyama, 1926.

Menaces et conservation[modifier | modifier le code]

La déforestation dans l'est de l'Europe peut être un danger pour la Chouette de l'Oural. Elle est classée par l'UICN en LC (Préoccupation mineure)[5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Multimédia[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Référence Oiseaux.net : Strix uralensis (+ répartition) (fr)
  2. Géroudet P. (2000) Les Rapaces d'Europe diurnes et nocturnes. Delachaux & Niestlé, Lausanne, Paris, 446 p.
  3. a, b et c Jiří Félix, Oiseaux des Pays d'Europe, Paris, Gründ, coll. « La Nature à livre ouvert »,‎ 1986, 22 cm × 30 cm, 320 p. (ISBN 2-700-01504-5), p. 201
  4. Référence Avibase : Strix uralensis (+ répartition) (fr+en)
  5. Référence UICN : espèce Strix uralensis Pallas, 1771 (en)