Chlorure d'étain(IV)

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chlorure d'étain(IV)
Chlorure d'étain(IV)
Identification
Synonymes

tétrachlorure d'étain
chlorure stannique

No CAS 7646-78-8
No EINECS 231-588-9
SMILES
InChI
Apparence liquide fumant incolore (anhydre),
solide déliquescent (pentahydrate)[1]
Propriétés chimiques
Formule brute Cl4SnSnCl4
Masse molaire[2] 260,522 ± 0,015 g/mol
Cl 54,43 %, Sn 45,57 %,
Propriétés physiques
fusion −33 °C [3],

56 °C (pentahydrate),

80 °C (trihydrate)[1]
ébullition 114,15 °C [1]
Solubilité décomposition dans l'eau chaude;
Sol. dans acétone, éthanol, essence, benzène, tétrachlorure de carbone, toluène, kérosène, méthanol, eau froide, disulfure de carbone[1]
Masse volumique 2,23 g·cm-3 (20 °C)[3]
Pression de vapeur saturante 24 mbar (20 °C)

40 mbar (30 °C)

108 mbar (50 °C)[3]
Point critique 318,75 °C, 3,75 MPa [1]
Thermochimie
Δfus 9,20 kJ·mol-1 [1]
Propriétés électroniques
1re énergie d'ionisation 11,7 ± 0,2 eV (gaz)[4]
Constante diélectrique 2,97 (20 °C)[1]
Propriétés optiques
Indice de réfraction n^{  }_{  }  1,512 [1]
Précautions
Directive 67/548/EEC[3]
Corrosif
C



Transport[3]
X80
   1827   

80
   2440   
NFPA 704

Symbole NFPA 704

SGH[5]
SGH05 : Corrosif
Danger
H314, H412,
Inhalation toux, mal de gorge
Peau brûlures, ampoules
Yeux brûlures, douleur
Ingestion vomissements
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le chlorure d'étain(IV) ou tétrachlorure d'étain ou chlorure stannique est un sel de chlore et d'étain de formule chimique SnCl4. À la température ambiante, c'est un liquide incolore, qui réagit au contact de l'air humide en formant des fumées de chlorure d'hydrogène. Il existe également sous forme pentahydrate.

Le chlorure d'étain(IV) anhydre est un acide de Lewis puissant qui réagit violemment avec l'eau en formant de l'acide chlorhydrique et de l'oxyde d'étain.

Aspects historiques[modifier | modifier le code]

La première mention du chlorure d'étain apparaît en 1605 chez Andreas Libavius dans Spiritus fumans Libavii (liqueur fumante de Libavius). Il est utilisé en Hollande dès 1630 pour fabriquer de la teinture à partir de cochenille. Il fut l'objet d'un intérêt certain de la part des alchimistes lors de la quête de la potion pour fabriquer de l'or.

Synthèse[modifier | modifier le code]

Il est fabriqué par réaction chimique du dichlore et de l'étain métallique.

L'étain gris se dissout dans l'acide chlorhydrique pour former du SnCl4[6].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le chlorure d'étain(IV) était utilisé comme arme chimique au cours de la Première Guerre mondiale. De nos jours, il est utilisé dans l'industrie du verre d'emballage pour effectuer des traitements de surface. Ces traitements permettent de former une couche de surface de dioxyde d'étain qui rend le verre plus résistant.

C'est également le produit de départ pour des réactions de formation de composés organométalliques à base d'étain.

Il sert à récupérer l'étain par désétamage du fer-blanc (boîtes de conserve recyclées). Il est également utilisé dans le domaine de la teinturie et dans la fabrication de la céramique car il permet de créer le pourpre de Cassius qui peut donner un ton entre le rose et le violet.

Enfin, il est utilisé au cours de substitutions électrophiles aromatiques avec de l'acide nitrique fumant (à 90 %) pour effectuer la nitration sélective de cycles aromatiques activés en présence de cycles désactivés.

La consommation annuelle mondiale est d'environ 33 00 tonnes (en excluant la production d'organo-étains).

Sécurité[modifier | modifier le code]

Le chlorure d'étain(IV) est une substance dangereuse qui doit être manipulée avec précautions. L'inhalation des fumées peut entraîner un œdème pulmonaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h « Stannic Chloride » dans la base de données Hazardous Substances Data Bank, consulté le 15 septembre 2010
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. a, b, c, d et e Entrée de « Tin tetrachloride » dans la base de données de produits chimiques GESTIS de la IFA (organisme allemand responsable de la sécurité et de la santé au travail) (allemand, anglais), accès le 15 septembre 2010 (JavaScript nécessaire)
  4. (en) David R. Lide, Handbook of chemistry and physics, Boca Raton, CRC,‎ 2008, 89e éd., 2736 p. (ISBN 978-1-4200-6679-1), p. 10-205
  5. Numéro index 050-001-00-5 dans le tableau 3.1 de l'annexe VI du règlement CE N° 1272/2008 (16 décembre 2008)
  6. (en) Bodie E. Douglas, Shih-Ming Ho, Structure and Chemistry of Crystalline Solids, Pittsburgh, PA, USA, Springer Science + Business Media, Inc.,‎ 2006, 346 p. (ISBN 978-0-387-26147-8), p. 43

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]