Chlorocebus

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Singes verts

Chlorocebus est un genre de singes de l'Ancien Monde de la famille des cercopithécidés appelés singes verts [1]. L'aire de répartition de ces primates est l'Afrique subsaharienne, du Sénégal à l'Éthiopie et jusqu'à l'Afrique du Sud.

Description[modifier | modifier le code]

La fourrure dorsale des Chlorocebus varie par espèce du jaune pâle, gris-vert en passant par le gris-vert brun à brun foncé, tandis que la partie inférieure et les cheveux autour du visage est jaune blanchâtre. Le visage, les mains et les pieds sont sans poil et noir, même si leur peau abdominale est bleutée. Les mâles ont un scrotum bleu et un pénis rouge. Les Chlorocebus atteignent la taille adulte de 40 à 45 cm pour les mâles et de 34 à 39 cm pour les femelles, avec une queue de 30 à 50 cm de long. Les mâles pèsent de 4 à 4,5 kg et les femelles de 2,5 à 3,5 kg.

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Fruits, feuilles, racines, graines et à l'occasion œufs, petits reptiles ou oiseaux et… pique-nique des touristes.

Mode de vie[modifier | modifier le code]

  • Vit en groupe de 20 à 50, le plus souvent au sol, mais trouve refuge dans les arbres.
  • Bon nageur.
  • Maturité sexuelle à 4 ans.
  • Durée de gestation 160 jours.
  • Longévité : jusqu'à 30 ans.
  • possède la faculté, tels d'autres primates de savane, de se tenir debout, dressé haut sur ses pattes arrières; stature prudente d'observation, tant pour s'assurer que la voie est libre avant d'occuper le terrain que pour repérer ses congénères. Les ancêtres de l'Homme, savanicoles aussi, seraient passés par ce stade de station debout avant d'acquérir la bipédie.
  • possède plusieurs cris pour alerter ses congénères en cas de danger, la réaction du groupe est alors immédiate et les modes de fuite sont différents en fonction du cri. Le cri "serpent" provoque une fuite dans les arbres, le cri "aigle" entraîne un plaquage au sol dans un buisson et le cri "léopard" une dispersion en hauteur dans les arbres.[citation nécessaire] Lorsqu'un juvénile lance un cri d'alerte, une vérification est faite par un adulte avant que la troupe s'enfuie. Ce comportement pose la question de la théorie de l'esprit dans cette espèce.
  • Une étude menée sur des singes vervets, en Afrique du Sud, par Erica van de Waal et publiée dans Science (340,483, 2013), montre que les mâles qui migrent dans un autre groupe que le leur se conforment aux préférences alimentaires de leur nouvelle communauté. L'hypothèse est que ces singes, adoptant de nouvelles habitudes alimentaires, tirent profit des connaissances acquises dans cette communauté, en l'occurrence le fait qu'une nourriture ne soit pas consommable. Reste à savoir si ce conformisme est durable[2].

Répartition géographique et habitat[modifier | modifier le code]

Il vit en lisière des zones boisées et dans les savanes africaines, du Sénégal à la Somalie, et jusqu'en Afrique du Sud. Il est abondant dans le parc du Niokolo-Koba au Sénégal. Sa population y est estimée à 30 000 individus.

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Le taxon Chlorocebus a été décrit pour la première fois en 1870 par le zoologiste britannique John Edward Gray (1800-1875). Les différentes espèces ont longtemps été intégrées au genre Cercopithecus, mais Chlorocebus a été reconnu comme genre à part entière par Colin Groves en 1989[3].

Liste des espèces et sous-espèces[modifier | modifier le code]

Selon la troisième édition de Mammal Species of the World de 2005 :

Utilisation pour la recherche scientifique et la production de vaccins[modifier | modifier le code]

Les chlorocebus sont l'objet de nombreuses recherches scientifiques depuis les années 1950. Leurs cellules vero sont toujours utilisées de nos jours pour produire des vaccins, notamment contre la polio[6], le virus H5N1[7],[8] et la variole. Elles sont issues des cellules épithéliales du rein et largement utilisées en immunologie et dans les maladies infectieuses.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Murray Wrobel, Elsevier's Dictionary of Mammals : in Latin, English, German, French and Italian, Amsterdam, Elsevier,‎ 2007, 857 p. (ISBN 978-0-444-51877-4, lire en ligne)
  2. La Recherche no 477, juillet-août 2013, p. 26
  3. (en) Colin P. Groves, A Theory Of Human And Primate Evolution, Oxford Science Publications,‎ 1989 (ISBN 0-19-857758-3).
  4. a, b, c, d, e, f, g et h Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  5. a, b, c et d (en) Jonathan Kingdon, David Happold, Thomas Butynski, Michael Hoffmann, Meredith Happold et Jan Kalina, Mammals of Africa, vol. 2, Bloomsbury Publishing,‎ 2013, 3500 p. (ISBN 9781408122570, lire en ligne).
  6. (en) Cells in Culture. Microscopy Resources Center. Dernier accès le 7 février 2010.
  7. (en) O Kistner, P. N. Barrett, W. Mundt, M. Reiter, S. Schober-Bendixen, F. Dorner, Development of a mammalian cell (Vero) derived candidate influenza virus vaccine, Vaccine, Volume 16, Issues 9-10, May-June 1998, Pages 960-968, ISSN 0264-410X, DOI 10.1016/S0264-410X(97)00301-0
  8. (en) Ehrlich, HJ., Muller, M., Oh, HM. et al. (2008). A Clinical Trial of a Whole-Virus H5N1 Vaccine Derived from Cell Culture, N. Engl. J. Med. 358, 2573-2584. PMID 18550874

Liens externes[modifier | modifier le code]

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