Chkval

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La VA-111 Shkval (en russe : шквал, « rafale[1] ») est une torpille russe. Grâce à l'utilisation du phénomène de supercavitation, elle peut atteindre des vitesses extrêmement élevées (500 km/h). Cependant, la vitesse et le bruit générés imposent un fonctionnement plus proche d'une balle de fusil, en tir tendu, que de celui d'une torpille traditionnelle, et la portée est relativement réduite (entre 7 et 13 kilomètres, selon les versions).

Description[modifier | modifier le code]

La construction de tels engins reste un secret jalousement défendu par les armées mais dans le cas de la Shkval, on sait que la torpille envoie une partie des gaz qui s'échappent de ses tuyères en direction de son nez, ce qui permet de maintenir une bulle stable de forme adéquate. Le nez du projectile est relativement plat et le corps de l'arme possède plusieurs ailettes destinées à la stabiliser.

Détail du nez

Un incident avec ce type d'arme pourrait être à l'origine du naufrage du sous-marin Koursk. Les torpilles-fusées à supercavitation utilisent un carburant très dangereux et hautement instable à base de peroxyde (Exemple de formule : peroxyde et méthanol CH3OH ~ 57 % sur hydrate d'hydrazine N2H4•H2O ~ 30 % sur poids d’eau H2O ~ 13 % idem).

Ce même carburant fut utilisé par les Français, les Américains et les Britanniques sur des torpilles conventionnelles dans les années 1960. C’est la dangerosité extrême de ce carburant qui a conduit à la perte du sous-marin USS Scorpion en 1968. Une fuite de peroxyde (dioxyde d’hydrogène) sur une torpille entra en contact avec une batterie à l’argent défectueuse et entraîna un feu, puis une explosion suffisamment puissante pour faire détoner d’abord le carburant qui s’était mis à bouillir dans les bouteilles-réservoirs contenues à l’intérieur des torpilles, puis les têtes des armes posées sur rack dans la chambre des torpilles.

Détail de l'arrière

De nos jours, seuls les Russes utilisent encore ce produit comme carburant dans des armes expérimentales dont la Shkval. Le 16 juin 1955, les Britanniques eurent le même problème avec le même type de propulsion pour torpilles entraînant la perte du sous-marin HMS Sidon (en). L'une des « Fancy » à charge inerte vit son propulseur exploser dans le tube, entraînant un incendie et un dégagement intense de gaz toxiques. Vingt hommes furent tués immédiatement et sept autres très grièvement blessés. L'équipage réussit in extremis à s'extraire du bâtiment et fut secouru par un navire d'escorte ; le sous-marin fut perdu. La commission d'enquête établit que le peroxyde utilisé par ces torpilles-fusées expérimentales était à l'origine de l'explosion. Le programme de torpilles-fusées fut donc abandonné.

En 2005, l'entreprise Diehl a présenté, pour la marine allemande, la "Superkavitierender Unterwasserlaufkörper", une torpille d'une vitesse de plus de 370 km/h (200 nœuds), utilisant les mêmes procédés mais qui reste téléguidée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. ou plutôt « coup de mer » ou « ouragan » (dictionnaire Cherba/Matousévitch édition de 1997)