Childebert III l'Adopté

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Childebert III
Solidus de 20 siliques émis par Childebert l'Adopté.
Solidus de 20 siliques émis par Childebert l'Adopté.
Titre
Roi des Francs d'Austrasie
656662
Prédécesseur Sigebert III
Successeur Childéric II
Biographie
Titre complet Roi des Francs d'Austrasie
Dynastie Mérovingiens
Date de naissance vers 650
Date de décès 18 octobre 662

Childebert III dit l'Adopté, né vers 650 et mort en 662, fut roi des Francs d'Austrasie de 656 à 662. Il succéda à son père (peut-être adoptif) Sigebert III. Il fut déposé au bout de six ans de règne au profit de Childéric II.

Les deux thèses quant à son identité véritable[modifier | modifier le code]

Childebert III, fils de Grimoald adopté par Sigebert III selon le Liber Historiae Francorum[modifier | modifier le code]

Selon l'auteur anonyme du Liber Historiae Francorum rédigé vers 727 et dont on sait qu'il était un moine partisan des Neustriens, Childebert était le fils de Grimoald, maire du palais d'Austrasie au nom du jeune roi Sigebert III. Ce dernier avait épousé Chimnechilde vers 647, mais aucun enfant n'était né au bout de cinq ans et Sigebert, âgé de vingt et un ans, décide en 652 d'adopter Childebert, le fils du maire du palais. Peu après Chimnechilde donne naissance à un fils, Dagobert II, puis à une fille, Bilichilde.

Quand Sigebert meurt, en 656, Grimoald écarte Dagobert, qu'il fait tonsurer, le confie à Didon, évêque de Poitiers lequel l'envoie en Angleterre, et place Childebert sur le trône. Clovis II, roi de Neustrie et demi-frère de Sigebert III voulant réunir l'Austrasie à son royaume de Neustrie, aurait laissé faire l'exil de son neveu, mais voit ses ambitions contrariées par celles de Grimoald. Au bout de six ans, Ébroïn, maire du palais au nom de Clotaire III, fils aîné de Clovis II attire Grimoald et Childebert en Neustrie, les fait tuer et place sur le trône d'Austrasie le fils cadet de Clovis II, Childéric II, qui épouse Bilichilde.

Childebert III, fils de Sigebert III adopté par Grimoald selon plusieurs historiens[modifier | modifier le code]

Tremissis de 7 siliques émis par Childebert l'Adopté.

Cette histoire encore acceptée de nos jours, a récemment été remise en cause par plusieurs historiens comme Richard Geberding, Mathias Becher, Christian Settipani.

  • Selon Richard Gerberding[1], le récit du Liber Historiae Francorun contient une invraisemblance de taille : il est difficile d'admettre que Sigebert III ait pu craindre à l'âge de 21 ans de ne pouvoir avoir de fils, crainte d'autant plus déraisonnable qu'il lui en naît un peu après.
  • Selon l'historien Matthias Becher[2], aucun texte mérovingien contemporain ne mentionne Childebert III comme un roi non mérovingien[3]. En dehors du Liber Historiae Francorum, la mention d'adoptif n'apparaît que sous le règne de Charlemagne, à la fin du VIIIe siècle et sous la forme Childebertus adoptivus filius Grimoald(i) ou Childebertus i(d est) adoptivus Grimoaldus, formulation qui a plutôt tendance à signifier « Childebert fils adoptif de Grimoald » ou « Childebert c'est-à-dire l'adoptif de Grimoald ».
  • Selon Christian Settipani, il semble que Childebert fut en fait un fils de Sigebert, légitime ou naturel, qui le confia en tutelle à Grimoald au moment de sa mort. L'auteur du Liber Historiae Francorum aurait alors rédigé un récit erroné mais conforme aux intérêts neustriens[4].

Étant donné les habitudes polygames des rois mérovingiens, il est difficile de dire si Childebert III est fils de Chimnechilde ou d'une concubine de Sigebert III. Dans ce dernier cas, l'exil du futur Dagobert II serait en fait un moyen d'éliminer un héritier avec qui il aurait fallu partager le royaume.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Richard Gerberding, The rise of the Carolingiens and the Liber Historiae Francorum, Oxford,‎ 1987.
  2. (de) Matthias Becher, Der sogenannte Staatsstreich Grimoalds. Versuch einer Neubewertung,‎ 1993.
  3. Le Liber Historiae Francorum n'est rédigé que vers 720-730.
  4. Christian Settipani, La Préhistoire des Capétiens, 1993, p. 106-108.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Roman[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]