Chikly

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Chikly
Géographie
Pays Drapeau de la Tunisie Tunisie
Localisation Lac de Tunis
Coordonnées 36° 48′ 59″ N 10° 13′ 02″ E / 36.816268, 10.21731736° 48′ 59″ N 10° 13′ 02″ E / 36.816268, 10.217317  
Superficie 0,035 km2
Administration
Gouvernorat Tunis
Délégation Bab El Bhar
Autres informations

Géolocalisation sur la carte : Tunisie (relief)

(Voir situation sur carte : Tunisie (relief))
Chikly
Chikly
Îles de Tunisie

Chikly, Chikli ou Chekly (شكلي) est un îlot situé dans la partie nord du lac de Tunis, connu pour abriter un fort romain puis espagnol. Il est relié au cordon littoral par une chaussée de 8,5 kilomètres partant du déversoir du lac, entre Le Kram et La Goulette, et orientée est-ouest.

Histoire du fort[modifier | modifier le code]

Le fort Santiago de Chikly est une ancienne citadelle romaine reconstruite par le gouverneur espagnol de La Goulette, Luys Perès de Varga, entre 1546 et 1550[1], sur des fondations préexistantes.

D'autres travaux sont effectués en 1574 sous la direction de Don Juan Zamoguerra[2] mais la construction est détruite la même année lors de la bataille de Tunis livrée contre les Ottomans.

Vue aérienne de Chikly en 2010

Le fort est restauré en 1660 par le dey de Tunis Hadj Mustapha Laz (1653-1665)[3] puis transformé en lazaret sous le règne de Hammouda Pacha (1782-1814), pour mettre en quarantaine les voyageurs revenant de pèlerinage[4],[5]. En 1830, il est complètement abandonné et se dégrade dès lors fortement[5].

Au début du XXe siècle, le cinéaste tunisien Albert Samama-Chikli y organise les fêtes d'une confrérie appelée « Les Pompiers de l'île de Chikly », ce qui serait à l'origine du surnom accolé au patronyme de ce cinéaste[6].

Restauration du fort[modifier | modifier le code]

Vue de la cour du Fort Santiago de Chikly

Déclaré patrimoine culturel national en décembre 1993, l'îlot est propriété du ministère de la Culture.

Le fort a été restauré, dans le cadre de la coopération tuniso-espagnole, par des équipes de l'Institut national du patrimoine et de l'Université de Madrid. Des travaux de déblaiement et de nettoyage ont lieu en 1994, suivis par des fouilles archéologiques menées dès 1995. Elles y ont notamment mises à jour des tableaux de mosaïques remontant aux périodes byzantine et romaine (IVe siècle et Ve siècle)[7]

En 2014, l'ouverture du fort au public est envisagée[8].

Réserve naturelle[modifier | modifier le code]

Vue du fort avec le Djebel Zaghouan en arrière-plan

La réserve naturelle de l'île de Chikly est créée par arrêté du ministère de l’Agriculture du 18 décembre 1993.

Cinquante-sept espèces hivernent sur le lac, se réfugiant principalement à proximité du fort, les populations les plus importantes étant celles des flamants roses et des aigrettes garzettes, ainsi que de diverses espèces de goélands et de faucons[9].

De mars à septembre, l’îlot est un sanctuaire ornithologique, du fait de la présence massive d’oiseaux migrateurs[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Les Cahiers de Tunisie, vol. XIX, éd. Institut des hautes études, Tunis, 1971, p. 216
  2. Dans le Don Quichotte de Miguel de Cervantes se trouve une référence à l’îlot de Chikly comme un « petit fort au milieu de la lagune sous le commandement du célèbre soldat Valencien Don Juan Zamoguerra ».
  3. Les Cahiers de Tunisie, vol. XIX, p. 217
  4. Hédi Slim, Ammar Mahjoubi, Khaled Belkhodja et Abdelmajid Ennabli, Histoire générale de la Tunisie, tome III « Les temps modernes », éd. Sud Éditions, Tunis, 2007, p. 87
  5. a, b et c Tahar Ayachi, « Le fort Chikly », sur mille-et-une-tunisie.com (consulté le 9 août 2014)
  6. [doc] Férid Boughedir, « La communauté juive dans le cinéma tunisien », Confluences Méditerranée, n°10, printemps 1994, p. 140
  7. (es) Alberto Garín [sous la dir. de], Santiago de Chikli : una fortaleza española en Túnez, éd. Agence espagnole pour la coopération internationale au développement (direction générale des relations culturelles et scientifiques), Madrid, 2003 (ISBN 84-7232-993-3)
  8. (es) « Estudio clave para la apertura al público del Fuerte de Santiago y Chikly », sur ciencia.blogs.upv.es (consulté le 9 août 2014)
  9. L'îlot de Chikly. Patrimoine naturel et historique, éd. Ministère de l'Environnement et de l'Aménagement du territoire/Centre d’activités régionales pour les aires spécialement protégées, Tunis, 1999

Liens externes[modifier | modifier le code]