Chienlit

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Première apparition du mot Chienlictz dans Gargantua.

Le chienlit, d'abord orthographié chie-en-lit est initialement un personnage typique du Carnaval de Paris. Il est à l'origine d'un substantif féminin : la chienlit, entré dans l'Histoire en 1968.

Du chienlit à la chienlit[modifier | modifier le code]

Le terme masculin « chienlit », avec le temps devenu péjoratif, désigne initialement un personnage typique du Carnaval de Paris.

Son costume consiste en une chemise de nuit avec le postérieur barbouillé de moutarde. L'orthographe originelle du nom de cette tenue et du personnage typique qu'elle caractérise résume bien ce en quoi consiste le déguisement : « chie-en-lit »[1]. Il arrivait que jadis on parle du « Carnaval de Paris et ses chie-en-lit ».

Ce personnage typique du Carnaval de Paris est à l'origine du substantif féminin « la chienlit », désignant ennui, agitation, désordre, pagaille. Exemple : « Faire régner la chienlit ». La première apparition connue du terme se trouve dans Faits et dits du géant Gargantua et de son fils Pantagruel[2], puis on le retrouve chez Émile Zola dans L'Assommoir[3] et dans Nana[4], dans un sens différent.

La chienlit, substantif féminin, est entrée dans l'histoire de la politique de la France lors de son utilisation par le général de Gaulle d'abord en août 1944 lorsque, s'adressant à Georges Bidault, pendant la descente de l'Avenue des Champs-Élysées, de Gaulle lui dit « alors Bidault c'est la chienlit » puis en mai 1968 auquel a été attribué cette phrase : « La réforme, oui ; la chienlit, non », qu'il aurait prononcée, d'après le Premier ministre Georges Pompidou, répondant aux journalistes à la sortie d'un Conseil des ministres.

La Chienlit c'est lui !, affiche de l'Atelier des Beaux-arts
La Chienlit c'est encore lui !, affiche de l'Atelier populaire

Dans le contexte des événements de Mai 68 en France, ce terme se voulait un propos fleuri dans la langue du président de la République, pour qualifier la profusion débridée des évènements et désordres concomitants.

En 1968, le mot chienlit n'était plus d'un usage courant. Beaucoup l'ayant découvert à l'écoute du général de Gaulle durent faire appel au dictionnaire pour en comprendre le sens. Ils n'approfondirent pas jusqu'à une recherche étymologique et historique. Personne ne s'avisa publiquement de remonter jusqu'à l'origine du mot chienlit, pour commenter la parole du chef de l'État. Il faut dire qu'à l'époque le Carnaval de Paris était très largement oublié. Son plus fameux cortège traditionnel : « la Promenade du Bœuf Gras », ne renaîtra que 30 ans plus tard, en septembre 1998.

Lors des manifestations de mai et juin 1968, on a pu notamment observer l'utilisation du mot chienlit sur des tracts et affiches contestataires où apparaissait la silhouette du général de Gaulle accompagnée du slogan « La chienlit c'est lui ! » ou encore : « La chienlit c'est encore lui ! ».

Conséquence de son emploi par le général de Gaulle en mai 1968, le mot chienlit auparavant presque oublié, a connu depuis un certain renouveau et son emploi se retrouve par exemple aujourd'hui dans des sites internet politiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • François Caradec, La Chienlit de papa, Albin Michel, Paris, 1968 (OCLC 10218820).
  • Siné, La Chienlit : c'est moi !, Balland, Paris, 1978 (OCLC 10798655).
  • Dominique Venner, La chienlit : petit guide de la contestation en politique, à l'université, au théâtre, au cinéma, dans la chanson, dans l'église, etc., Paris, 1969 (OCLC 69179217).
  • Jean-Jaques Lebel, La chienlit Dokumente zur französischen Mai-Revolte, Darmstadt Melzer 1969 (OCLC 174305937).