Chevaliers de la Foi

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Ordre des Chevaliers de la Foi
Création 1810
Dissolution 1826
Créateur(s) Ferdinand de Bertier de Sauvigny

L’ordre des Chevaliers de la Foi est une société secrète qui a été fondée en 1810 pour défendre le catholicisme et la monarchie légitime. Durant la période du Premier Empire, il avait pour objectif le rétablissement de la monarchie française. Puis durant la Restauration, les Chevaliers se sont organisés dans la tendance parlementaire des ultraroyaliste, avant de se disperser d'eux-mêmes en 1826.

Les caractéristiques des chevaliers[modifier | modifier le code]

La hiérarchie[modifier | modifier le code]

Chevalier de la foi.JPG

Les cinq degrés fondamentaux[modifier | modifier le code]

Initialement Ferdinand de Bertier de Sauvigny a longtemps hésité avant de créer une société secrète, au départ il aurait voulu fonder un ordre laïc de chevaliers tel que celui de l'ordre de Malte, c'est pourquoi on retrouve une dénomination des grades très proche de la vieille chevalerie.
La hiérarchie secrète de l'ordre laisse ignorer aux grades inférieurs l'existence de degrés supérieurs ainsi que le visage des dirigeants. Chaque dénomination des degrés est influencée par l'idéal chrétien et monarchique qui soumet tous les membres à l'autel et au trône[1].
Le premier grade est celui des associés de charité qui contribuent seulement en priant et en cotisant. Les associés pensaient être dans une association pieuse de chrétiens nostalgiques de l'ancien régime[2]. Les écuyers étaient mis au courant du rétablissement de la chevalerie, mais seuls les chevaliers étaient initiés durant une cérémonie. Ensuite les Chevaliers Hospitaliers s'occupaient spécialement des soins des prisonniers et des hôpitaux. Le dernier grade, le statut suprême était celui de Chevaliers de la foi . Eux seuls connaissent l'étendue de la société et ses objectifs politiques et religieux[3]. Après la Restauration française l'Ordre a gardé ses grades secrets mais a tourné son activité vers le Parlement.

Les trois cercles du pouvoir interne[modifier | modifier le code]

Chevalier de la foi 2.JPG

Les Chevaliers de la foi gouvernent la société grâce à un grand conseil supérieur, composé de 9 membres, dont certains sont titrés du grade de Grand-Maître. C'est surtout autour du conseil supérieur que va avoir lieu l'activité parlementaire, car après la Restauration, lui seul avait un poids politique sur Louis XVIII et Charles X. Ces derniers donnent des instructions aux Sénéchaux, qui dirigent les divisions militaires, et qui vont beaucoup servir durant la seconde restauration. Les Bannières, sont les cellules de base qui correspondent à des zones d'influences départementales.

Les signes et les symboles[modifier | modifier le code]

La société des chevaliers de la foi ont pour modèle organisationnel la franc-maçonnerie. Ils utilisent eux aussi des mots d'ordres et des signes de reconnaissance. Les simples chevaliers ont tous un anneau béni, à l'intérieur duquel était gravé le mot caritas, les chevaliers hospitaliers avaient un chapelet avec une croix d'ébène et les chevaliers de la foi en avaient un avec une croix d'argent. Ils pratiquaient donc aussi les cérémonies initiatiques. À genoux devant un crucifix, entourés de luminaires, les chevaliers jurent sur les évangiles le secret, l'obéissance, et la fidélité à Dieu, à l'honneur, au Roi, et à la Patrie. Ils recevaient finalement un coup d'épée sur l'épaule et une accolade des autres chevaliers, pour enfin être de vrais chevaliers.

L'implantation[modifier | modifier le code]

Géographie[modifier | modifier le code]

Les chevaliers de la foi ont trouvé un terrain favorable dans les anciennes provinces de Franche-Comté, de Flandre, d'Artois, d'Auvergne, en Aquitaine, en Provence, en Vendée et bien sur dans les grandes villes comme Paris, Bordeaux, Toulouse…

Politique[modifier | modifier le code]

Les Chevaliers était l'un des seuls groupes politiques au début du XIXe siècle constitué et organisé. Par ce fait on pourrait presque parler de « parti politique » surtout pendant la seconde Restauration avec un groupe parlementaire quasiment à ses ordres mais son fonctionnement secret et sa hiérarchie mystique l'éloignent de la notion de « parti ».

Religion[modifier | modifier le code]

Les fondateurs de la société des Chevaliers de la Foi sont tous passés par La Congrégation. Étant donné l'hésitation de départ sur l'utilité d'une telle organisation, le rapport entre religion et politique est très proche. Les chevaliers ne se montrant pas clairement comme tels par respect du secret qu'ils portaient, n'étaient pas vus comme un groupe influençant le pouvoir. À l'époque on pensait plutôt que c'était la Congrégation qui jouait ce rôle. Mais cela peut s'expliquer par le fait que la plupart des dirigeants des Chevaliers étaient membres de la Congrégation. Après la dissolution en 1826 les chevaliers ont sans doute, mis à part les parlementaires, repris une activité de charité chrétienne.

Les chevaliers célèbres[modifier | modifier le code]

Membres de l'Ordre[modifier | modifier le code]

Histoire des Chevaliers[modifier | modifier le code]

1810 : la fondation[modifier | modifier le code]

Ferdinand de Bertier de Sauvigny (1782-1864) est reçu en 1807 à la Congrégation, il participé en 1809 avec ses amis Mathieu de Montmorency et Alexis de Noailles à la propagation de la bulle d'excommunication de Pie VII contre Napoléon[5]. Durant la période de l’empire, il cherche avec son frère Bénigne-Louis à unifier et regrouper toutes les forces de résistance royalistes. Ils étaient fascinés par la franc-maçonnerie qu'ils pensaient être le principal outil de la Révolution française. Les deux frères souhaitaient transposer le système maçonnique au service de l'Église et du roi, ils ont donc « infiltré » des loges pour en étudier le fonctionnement. Une fois Bénigne-Louis arrêté en 1807 par la police Impériale, Ferdinand a dû réaliser son projet seul. Il a fondé en 1810 l'ordre des Chevaliers de la Foi[6], institution qui repose sur une structure identique à la franc-maçonnerie, sur des valeurs chevaleresques du Moyen Âge et sur une discipline militaire. On peut remarquer par ailleurs que les fondateurs de cette société qui associe trône et autel font partie d'une génération assez jeune ayant vaguement connu l'ancien régime, contrairement à la période de leur formation qui a été la Révolution française et sa déchristianisation. Finalement c'est cette génération royaliste non émigrée qui a fait monter les effectifs des Chevaliers.

1810-1814 : de la clandestinité aux premiers complots[modifier | modifier le code]

Sous l’Empire, le principal objectif des Chevaliers était de garder contact avec les royalistes et transmettre les nouvelles d’un hypothétique retour Bourbon. Les ordres et les nouvelles se véhiculaient oralement, aucune trace ne devait rester, au risque de se faire prendre par la police impériale.
Le système et le réseau d’informations royalistes étaient tellement bien rodés que même le courrier officiel n’arrivait pas aussi vite en province.
On peut se demander si pendant l’Empire, les Chevaliers avaient projeté de prendre de force le pouvoir et de restaurer la monarchie. Et bien non, avec leur fonctionnement clandestin, l’organisation est restée faible en influence. Le recrutement restait quasiment dans la sphère aristocratique, mise à part à Paris et à Toulouse où on peut voir des traces d’éléments populaires dans les bannières. Insurrection violente, coup d’État armé, ou actions contre-révolutionnaires n’ont jamais été à l’ordre du jour de l’organisation sous l’Empire, alors que Ferdinand de Bertier croyait que seul un mouvement royaliste national indépendant des alliés et sous l'Empire pouvait rétablir correctement le trône de France.
Le rôle des Chevaliers en attendant était de créer un esprit favorable aux Bourbons. Grâce à la propagande et au travail de sape, ils ont réussi à rappeler l’existence des princes légitimes, à réchauffer les souvenirs de l’ancien régime, et à exciter leur milieu contre l’Empereur. Pendant la « libération » alliée, les Chevaliers tentent surtout de faire pression sur les Anglais, les Autrichiens, les Prussiens et les Russes pour les aider ou du moins pour ne pas les empêcher de rétablir la monarchie.

Au printemps 1812, Louis XVIII apprend l'existence des chevaliers de la foi, grâce à Alexis de Noailles qui vient d'arriver en Angleterre.

Ferdinand de Bertier a été à Bordeaux en 1813 pour fédérer trois organisations monarchistes (l'ex-Institut philanthropique, la Garde royale de Saint Germain et la Bannière de Bordeaux) sous la direction d'un comité mixte.

Début octobre 1813, Louis XVIII écrit aux Chevaliers : "Le temps de se montrer plus efficacement est arrivé". Le 9 octobre, le Conseil Supérieur se réunit chez Mathieu de Montmorency et travaille une stratégie de restauration, il pense d'abord à un débarquement allié en Bretagne et une insurrection royaliste à l'intérieur, mais le plan de l'opération n'est jamais parvenu entre les mains de Louis XVIII, le porteur s'étant fait arrêter en train d'embarquer pour l'Angleterre.

En fin d'année 1813, Ferdinand de Bertier prend la direction des bannières de Garonne comme lui avait demandé le Conseil supérieur. Depuis le château de sa sœur Mme de Solages, il impulse une vive propagande dans les départements du Tarn et de la Haute-Garonne, pour finalement préparer une insurrection à Rodez.

1814 : l'avant-Restauration[modifier | modifier le code]

En janvier le maire de Bordeaux, Jean Batiste Lynch prend contact avec la Bannière Bordelaise et promet sa fidélité à la cocarde blanche, avec trois de ses conseillers municipaux. Au mois de février près de 200 chevaliers se trouvèrent à Rodez, dans un château près de la ville. Ferdinand de Bertier avait prévu le coup dans la nuit du 16 au 17 février. Des rumeurs circulaient et parlaient du complot, c'est pourquoi au dernier moment les renforts toulousains reculèrent et firent demi-tour. Ferdinand de Bertier a dû annuler l'opération.

À l'arrivée des troupes alliées pour la campagne de France, les Chevaliers ont tenté de manifester leurs joies. À Troyes, une petite manifestation royaliste s'est produite à l'arrivée des Prussiens. En Franche-Comté, pendant que les Autrichiens nommaient un gouverneur militaire, les Chevaliers de la bannière de Dijon, ont arboré la cocarde blanche.
Les alliés loin d'être partout très favorables à une restauration des Bourbons essayaient au départ d'ignorer les royalistes. Les Autrichiens et les Russes par exemple hostiles aux Bourbons les ont sévèrement réprimés à Dijon, malgré une tentative de conciliation entreprise par Alexis de Noailles auprès du tsar Alexandre Ier de Russie.

Le douze mars bordelais, une opération des Chevaliers de la foi[modifier | modifier le code]

À Bordeaux, en mars, Arthur Wellesley de Wellington décida d'investir la ville sous les acclamations populaires, les autorités locales impériales se sont alors cachées du côté droit de la Gironde. Le maire Lynch et la bannière locale ont arrêté le convoi anglais le 12 mars 1814 avant d'avoir eu l'assurance que les troupes n'interviendraient pas en cas de restauration (sauf si l'ordre public était troublé). Lynch symboliquement avait sorti une cocarde blanche et crié « vive le roi ! » Quelque temps plus tard il imposa à la garde nationale la cocarde monarchique, puis il fit remplacer tous les emblèmes impériaux de la ville par des insignes royalistes. L'archevêque de l'époque à Bordeaux, Aviau du Bois de Sanzay, féroce opposant au concile de Paris (1811) participa avec le maire à l'accueil de Louis de France, fils du futur Charles X, sur le parvis de la cathédrale de Bordeaux devant une foule en liesse. Après cette date le prince Bourbon organisa un gouvernement royal qui devait étendre son pouvoir sur toute la région. En 1820, en souvenir de ces événements Louis XVIII, nomma l'enfant du fils de son frère Henri d'Artois duc de Bordeaux. Le reste de la France apprend petit à petit la nouvelle de l'opération bordelaise surtout en Vendée, où les royalistes sont très excités par ces événements. Ils se sont réveillés pour fixer la date du 11 avril comme celle du soulèvement général de la France.

La faiblesse des Chevaliers parisiens[modifier | modifier le code]

Bien que le conseil supérieur des Chevaliers de la foi se tienne à Paris, l'activité de la société reste difficile dans la capitale. La plupart des grandes figures de l'ordre ont été envoyées en Province pour soulever la population. Le 31 mars, après la Bataille de Paris et la fuite de l'impératrice Marie-Louise d'Autriche alors que les rues sont pleines de monde, un groupe de Chevaliers tente quand même de provoquer une manifestation royaliste, sans y parvenir.

1814/1815 : la Première Restauration[modifier | modifier le code]

Une fois Bonaparte déchu par le Sénat le 3 avril et exilé à l’île d’Elbe, les royalistes se regroupèrent autour des Chevaliers. Ils ne pouvaient pas intervenir directement sur les puissances étrangères pour restaurer l'exact Ancien Régime, sachant que Talleyrand essayait d'être au maximum indépendant de la société secrète pour négocier avec le tzar Alexandre Ier de Russie.
À Toulouse, le 12 avril après que l'occupant Arthur Wellesley de Wellington prit connaissance de la situation parisienne, la population put s'associer aux manifestations organisées par les Chevaliers pour faire leur révolution locale.
Malgré une forte implantation dans le sud de la France, les Chevaliers n'ont pas pu s'opposer à la Charte de 1814[7]. Ils sont donc restés quasiment inactifs durant la Première Restauration.

1er mars/18 juin 1815 : les Cent-Jours[modifier | modifier le code]

Louis de France appelé aussi duc d'Angoulême se servant des pleins pouvoirs que lui a conférés Louis XVIII le 5 mars, organise depuis Barcelone le retour du roi. Il s'est beaucoup appuyé sur les Chevaliers de la foi, qui était la seule organisation présente sur tout le territoire, avec l'expérience de la clandestinité, la passion des complots, et la structure militaire qui peut assurer des opérations insurrectionnelles. Ils vont donc encourager les désertions et organiser neuf bataillons de volontaires royaux, les futurs Verdets, de la couleur de la livrée du comte d'Artois[8]. Dans la nuit du 15 au 16 juin ces bataillons ont joué un rôle important en débarquant secrètement près d'Aigues-Mortes, pour ensuite prendre le contrôle et le commandement des départements de l'Hérault, des Bouches-du-Rhône, de la Lozère et du Gard au nom de Louis XIX (le duc d'Angoulême).

1815-1826 : la Seconde Restauration[modifier | modifier le code]

La Chambre introuvable[modifier | modifier le code]

Durant la nouvelle période qui s'annonçait avec la Restauration de 1815, les Chevaliers ont retrouvé une nouvelle activité dans l'ombre des parlementaires[9], pour s'opposer au binôme ministériel Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord et Joseph Fouché et au dissident orléaniste. Les chevaliers habitués à l'ordre et à la hiérarchie ont réussi à influencer et à imposer leur méthodes à tout le parti qui obéissait à une discipline de fer[10]. C'est dans ces conditions qu'est élue les 14 et 22 août 1815 la Chambre introuvable dominée par les Ultra. Ils ont fondé dès 1815, lors de la première session parlementaire, une bannière qui dirigeait la tendance politique, alors que, rappelons-le, au départ les Chevaliers avaient été fondés surtout dans un but religieux pour d'une part contrecarrer le pouvoir des maçons et d'autre part pour pallier la faiblesse du clergé après le Révolution française[11].

La Terreur blanche[modifier | modifier le code]

Les Chevaliers partout où ils se trouvaient ont participé à la terreur légale dite "Blanche". Ils ont donc pratiqué les poursuites, les traques, les jugements, et sans doute aussi les meurtres contre les auteurs de près ou de loin des Cent-Jours. Par exemple certains historiens avancent le fait que les Chevaliers de la Foi seraient à l'origine de l'affaire Fualdès.
La bannière parlementaire, par l'intermédiaire du parti ultra, pousse le gouvernement au renforcement de cette terreur blanche. Des excès font craindre au roi une nouvelle révolution, il a donc mis fin à la terreur blanche en dissolvant la Chambre ultra-royaliste dite "Introuvable" le 5 septembre 1816.

Le Parti ultraroyaliste[modifier | modifier le code]

Des comités secrets réfléchissaient à des stratégies politiques pendant que le parti se réunissait chez le député Piet pour donner les mots d'ordres aux non-chevaliers.
Villèle avant 1822, était un des leaders de la tendance parlementaire ultra et membre du conseil supérieur des Chevaliers. Il a donc souvent pu utiliser la société secrète pour influencer le groupe parlementaire. Par exemple en 1819, il a délibérément eu recours à une manipulation stratégique dite "circonspect", pour imposer le vote de six douzièmes provisoires, afin de permettre au modéré Élie Decazes d'avoir six mois supplémentaires avant le vote du budget. Sans l'appui des Chevaliers Villèle était seul contre "la faction des impatients", menée par François-Régis de La Bourdonnaye qui voulait faire une contre-révolution très rapide, c'est-à-dire ils voulaient faire un 1789 à l'envers et en 1819 ils voulaient renverser le président du Conseil, sans attendre que celui-ci limoge tous les ministres.

1821 : le ministère Villèle[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste comte de Villèle plus connu sous le nom de Joseph de Villèle, est nommé premier ministre le 14 décembre 1821. C'est le premier ministre ultra-royaliste de la Restauration. Les Chevaliers étant toujours aussi nombreux et influents, imposent deux ministres au comte. Le ministère de l'Armée a été offert à Victor duc de Bellune, un pair de France qui a été maréchal de l'Empire avant de suivre le roi à Gand. Les Affaires étrangères ont été directement à Mathieu Jean Félicité, duc de Montmorency-Laval. Ce dernier tenait les Chevaliers de la Foi d'une main de fer vu le prestige de son nom et la renommée de son réseau. Villèle l'a donc nommé contre les conseils du Roi, qui avait peur du poids politique que cela donnait aux Chevaliers. Villèle souvent surnommé la "Taupe" a préféré avoir Mathieu de Montmonrency près de lui pour limiter son influence sur l'Ordre, ce qui permit à Adrien de Rougé[12] de prendre la tête de la société durant le mandat ministériel du Grand maître. Dès 1822 le poids des chevaliers était considérable, et l'idéologie ultra influençait le pouvoir. Les chevaliers ont entre autres poussé la religion au premier plan de la politique avec l'outrage à la religion d'État et aux cultes reconnus mais aussi le retrait symbolique des restes de Voltaire et de Rousseau du Panthéon de Paris pour le rendre au culte catholique, le remplacement des recteurs d'académies et des grands-maitres d'universités par le clergé et la nomination de pairs ecclésiastiques à la Chambre des pairs. Ils ont aussi influencé la politique sur les questions de libertés d'expression avec les lois de mars 1822 sur le régime de la presse qui avait pour but de liquider la presse libérale grâce à une autorisation préalable.

Après avoir fait démissionner de son ministère Mathieu de Montmorency en décembre 1822, et bien que ce dernier continuait à soutenir son gouvernement dans lequel Chateaubriand avait un portefeuille, il écarta le duc Victor du pouvoir militaire en octobre 1823.

1826 : la dissolution[modifier | modifier le code]

Au début le parti est fort et unifié mais une foi entré en contre-opposition de droite en 1824 pendant le règne de Charles X, il était depuis le ministère Villèle, une majorité divisée à la chambre des députés. Villèle n’est pas assez « ultra » pour certains députés déçus. Malgré les tentatives de cohésion et de stabilité de la droite de la part des Chevaliers de la Foi, une opposition de droite se forme derrière des personnalités comme François-Régis de La Bourdonnaye. En 1826, Mathieu Jean Félicité, duc de Montmorency-Laval et Ferdinand de Bertier de Sauvigny décident de dissoudre les bannières par opposition à la politique de Villèle. À partir de ce moment la majorité tomba dans une crise et finit par s’effriter sans le ciment que représentait les Chevaliers à la chambre. Le reste de l'organisation en France s'est auto-dissoute, elle n'a plus jamais eu d'apparition ou de refondation publique depuis ce jour.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le trône de Saint Louis sans la religion de Saint Louis est une supposition absurde », citation de Chateaubriand.
  2. Dans cette société secrète, les chevaliers de la foi demandaient à leurs membres le secret, une activité charitable, des prières communes. Issu des mémoires de Ferdinand De Berthier de Sauvigny
  3. […]Pour ses chefs (les membres du conseil supérieur) initiés à tous les buts de cette société, des communications au service de Dieu et du de la France par son roi Issu des mémoires de Ferdinand De Berthier de Sauvigny.
  4. Anne Pierre de Bertier de Sauvigny (1770-1848), vicomte de Bertier, garde du corps du comte d'Artois (1789), colonel (1815), maréchal de camp (1817), député de Seine-et-Oise (1815), gentilhomme ordinaire de la Chambre du roi (1825), lieutenant-général honoraire (1830), chevalier de Saint-Louis, cofondateur des Chevaliers de la Foi.
  5. "Nous (Ferdinand et son frère) concourûmes aux secours donnés au pape dans sa captivité et à entretenir les communications du Saint Père avec la chrétienté. Enfin, quand l'excommunication fut lancée, (en 1809) nous en fîmes faire de nombreuses copies pour la faire connaître." Issu de la thèse de Jacques Duroselle, [1]
  6. "Un soir j'avais (Ferdinand de Bertier de Sauvigny) réuni quatre de mes amis, mon frère Bénigne, le marquis de Vibraye, le comte Alexis de Noailles, le comte de Solages, mon beau-frère, et après avoir rappelé les souffrances de notre patrie dont nous nous entretenions souvent, je leur proposai de nous engager par serment à employer tous nos moyens et tous nos efforts pour amener plus tôt ou plus tard la chute du Colosse. Ce serment fut fait; Hippolyte de Solages ne put s'empêcher de dire : « On rirait bien, si l'on connaissait la résolution que cinq individus isolés viennent de prendre de renverser la puissance du Grand Homme. » Je lui répondis avec quelque chaleur que je ne doutais pas que Napoléon lui-même n'en pensât autrement, car la volonté fortement arrêtée et persévérante de quelques hommes de cœur était toujours chose désirable. Trois paysans suisses firent le même serment, et la Suisse fut affranchie de la tyrannie qui pesait sur elle.
    Dès lors nous nous distribuâmes les rôles à l'étranger, à l'intérieur, dans le clergé et dans l'armée. Une contre-police fort restreinte fut organisée dans Paris. Cette organisation, ce travail, furent continués jusqu'à la première et la seconde Restaurations." Issu de la thèse de Jacques Duroselle [2]
  7. "Les Ultras sont entrés dans la Charte comme les grecs dans le cheval de Troie ", Citation de Germaine de Staël
  8. "Chaque homme recevait un fusil, de l'argent et une carte de filiation, l'on avait cru de ne pas devoir trop chercher des garanties de caractère et de moralité" Issu des mémoires de Ferdinand de Bertier de Sauvigny
  9. Son action et le réseau qu'elle constituait a formé le noyau des parlementaires ultra-royalistes de la Restauration, inconnue des contemporains elle a été attribuée à la « congrégation » confrérie de prière d'inspiration jésuite qui agissait à la même époque.
  10. "[…]on le voit (le parti Ultra) se lever, s'asseoir, parler, et se taire comme un seul homme", Description du parti Ultra par le comte Mathieu Molé
  11. "Je suis convaincu que les prêtres ne peuvent être les apôtres les plus efficaces", écrit de Ferdinand de Bertier de Sauvigny
  12. « C'est ce grand principe de la Légitimité que nous devons surtout proclamer dans nos discours, affermir par nos travaux et défendre par nos épées, s'il était jamais ouvertement attaqué. Les deux premiers soins, sont le partage plus particulier des députés que nous choisirons, et nous nous réservons, à nous tous qui leur donnons ce Mandat spécial, l'emploi du troisième, dans le cas où le succès ne répondrait pas à leurs efforts. », citation d'Adrien de Rougé

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean Fourcassie, Villèle, Paris, Arthème Fayard, 1954, p. 52.
  • Camille Rousset, Un ministre de la Restauration : le marquis de Clermont-Tonnerre, Paris, 1883.
  • E. de Waresquiel et Benoît Yvert, Histoire de la Restauration 1814-1830 la naissance de la France moderne, 1996.
  • G. de Bertier de Sauvigny, La Restauration, Paris, 1955.

Articles connexes[modifier | modifier le code]