Chester Nez

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Chester Nez
Chester Nez (au centre) en juin 1944.
Chester Nez (au centre) en juin 1944.

Naissance 23 janvier 1921
Two Wells Nouveau-Mexique
Décès 4 juin 2014 (à 93 ans)
Albuquerque
Origine américaine
Allégeance Drapeau des États-Unis États-Unis
Arme corps des Marines
Grade Caporal
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre de Corée
Distinctions médaille d'or du Congrès

Chester Nez, né le 23 janvier 1921 à Two Wells (Chichiltah en langue navajo) au Nouveau-Mexique et mort le 4 juin 2014 à Albuquerque, est un vétéran américain de la Seconde Guerre mondiale.

Il fait partie des « code talkers », des amérindiens recrutés par le corps des Marines afin de transmettre des messages codés sur le champ de bataille. Il prend part aux combats durant la guerre du Pacifique. Démobilisé en 1945, il se porte volontaire durant la guerre de Corée. Chester Nez reçoit la médaille d'or du Congrès en 2001.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Chester Nez naît au Nouveau-Mexique et grandit dans une famille de bergers appartenant à la tribu des Navajos[1],[2]. Après la mort de sa mère[3], il est envoyé dans des pensionnats gérés par le bureau des affaires indiennes afin de poursuivre ses études secondaires. Ces établissements tentent d'assimiler les jeunes indiens dans la société américaine. Ils y apprennent l'anglais et l'usage de la langue navajo leur est interdit[1],[4],[5]. En 1942, il est recruté par le Corps des Marines. Chester Nez, qui a menti sur son âge pour pouvoir s'engager[6], rêve de quitter la réserve et de découvrir le monde. Il est assigné à la 382e section des Marines, constituée de recrues indiennes[2],[7].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Chester Nez fait partie des premiers « code talkers », qui, à la demande des autorités militaires, mettent au point un langage codé dérivé de la langue navajo afin d'assurer la confidentialité des messages radio transmis sur le champ de bataille[7],[8]. Durant la Seconde Guerre mondiale, il combat dans le Pacifique et prend part aux batailles de Guadalcanal, Bougainville, Guam et Peleliu[4]. Démobilisé en 1945, il souffre de cauchemars et est hospitalisé durant plusieurs mois dans un hôpital de San Francisco[1]. Au déclenchement de la guerre de Corée, il se porte volontaire[7]. Pendant le conflit, il est stationné à Hawaii et dans l'Idaho[9].

Vie civile[modifier | modifier le code]

Une fois revenu à la vie civile, Chester Nez bénéficie du G.I. Bill. Il étudie les arts visuels à l'université du Kansas, mais doit abandonner ses études en 1952 lorsque l'aide financière prend fin. Employé comme peintre dans un hôpital d'Albuquerque géré par le département des Anciens combattants, il prend sa retraite en 1974[6],[10]. En 2002, l'université lui décerne une licence (Bachelor of Fine Arts) honorifique[10].

La mission des « code talkers » reste classifiée jusqu'en 1968[4],[7]. En 2001, la médaille d'or du Congrès est attribuée au groupe des 29, pour la plupart à titre posthume[3],[11],[12]. Leur notoriété est accrue par le film Windtalkers : Les Messagers du vent de John Woo, sorti en 2002[11],[13]. Le groupe reçoit en 2013 le prix Audie Murphy de l'American Veterans Center (en)[13].

Au cours des années 2000, Chester Nez se rend dans les établissements scolaires pour rencontrer les jeunes générations et les encourager à apprendre la langue navajo[9]. En 2011, il est le dernier survivant du groupe de 29 « code talkers » constitué en 1942 et confie son histoire à Judith Schiess Avila, qui rédige ses mémoires[9],[14]. Nez souffre de diabète et ses deux jambes sont partiellement amputées[5],[11]. Il meurt en 2014 et est inhumé au cimetière national de Santa Fe[6].

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • (en) Code Talker : The First and Only Memoir By One of the Original Navajo Code Talkers of WWII (en collaboration avec Judith Schiess Avila), Berkley Caliber,‎ 2011, 320 p. (ISBN 978-0-425-24423-4)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Margalit Fox, « Chester Nez Dies at 93; Navajo Words Once Washed From His Mouth Helped Win War », The New York Times,‎ 5 juin 2014
  2. a et b (en) Betty Reid, « Death of Last original Navajo Code Talker ends proud era », The Arizona Republic,‎ 5 juin 2014
  3. a et b (en) Brian Pendreigh, « Code of honour », The Scotsman,‎ 20 juillet 2002
  4. a, b et c (en) Elaine Woo, « Chester Nez, last of WWII's original Navajo code talkers, dies at 93 », Los Angeles Times,‎ 4 juin 2014
  5. a et b (en) Meredith Tibbetts, « Navajo Code Talker Chester Nez: Telling a tale of bravery and ingenuity », Stars and Stripes,‎ 15 novembre 2011
  6. a, b et c (en) « Last of original group of Navajo Code Talkers dies », Associated Press,‎ 4 juin 2014
  7. a, b, c et d (en) AnneClaire Stapleton, Chelsea J. Carter, « Chester Nez, last of original Navajo code talkers of World War II, dies », CNN,‎ 5 juin 2014
  8. « Mort de Chester Nez, le dernier Navajo « code talker » », Le Monde,‎ 5 juin 2014
  9. a, b et c (en) Richard Walker, « At 90, Chester Nez Keeps Alive the Story of Navajo Code Talkers », Indian Country Today,‎ 8 août 2011
  10. a et b (en) Ursula Rothrock, « Alumni Profile: Chester Nez, Navajo Code Talker », sur le blog Learning Without Boundaries, université du Kansas,‎ 14 janvier 2013
  11. a, b et c (en) Felicia Fonseca, « Last of Original 29 Navajo Code Talkers », Associated Press,‎ 12 septembre 2010
  12. (en) Beverly Beyette, « A Time For Heroes », Los Angeles Times,‎ 28 octobre 2001
  13. a et b Charlotte Durand, « Disparition du dernier Code Talker navajo de la 2e Guerre mondiale », La Croix,‎ 5 juin 2014
  14. (en) Priscilla S. Taylor, « Book Review: ‘Code Talker’ », The Washington Times,‎ 19 octobre 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]