Cherubino Cornienti

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Cherubino Cornienti (Pavie, Milan, ) est un peintre italien, représentant du mouvement romantique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de l'artisan Luigi et de Paola Marazzi, Cherubino a à peine 12 ans lorsqu'il suit son frère Giuseppe (graveur et lithographe), plus âgé que lui de presque vingt ans, à Milan où il est reçu grâce à lui à l'Académie de Brera. À partir de 1835, il participe aux expositions annuelles de l'Académie ; l'année suivante il obtient le prix du mérite avec Domenico Induno. Outre celui-ci, il fait la rencontre d'autres camarades de classe : Giuseppe Mongeri et Mauro Conconi, à qui il vouera longtemps une grande amitié.

En 1838, à vingt-deux ans, il peint à l'huile le portrait du riche philanthrope Felice Borroni di Solcio di Lesa, probablement sa première commande importante. En 1839 on lui demande un travail analogue : le portrait de l'évêque de Lodi, Comte Gaetano Benaglia. En 1842 il peint l'Adieu de Paolo Erizzo à sa fille, mais déçu dans ses attentes, il le cède à un brocanteur.

En 1843 il obtient de l'Académie de Brera le Pensionato Artistico [le Pensionnat Artistique] triennal pour la peinture à Rome et y est transféré ; avant son départ, la même année, il peint son autoportrait et le dédie à sa mère (aujourd'hui le tableau fait partie de la collection de la Galerie des Arts Modernes Villa Begioioso-Buonaparte à Milan). La suggestion qu'il reçoit du Président de Brera est de corriger certains de ses défauts à travers l'étude des classiques.

À Rome, il entre en contact avec les artistes locaux, surtout avec ceux qui fréquentent l'Accademia di San Luca et avec le groupe d'étrangers. Il devient ami du peintre Karl Brioullov. Puis suit des cours de nu à l'Académie de France à Rome dans la Villa Medici.

En 1850, il reçoit une demande de fresque au Couvent des Capucins de Tivoli ("Disparition du Christ à Emmaus"). En 1853, le "Moïse qui piétine la couronne du Pharaon" est finalement terminé, mais la Commission examinatrice de Brera, comprenant Francesco Hayez, le critique vivement. Cornienti doit retourner à Milan, puis travaille à Garlate et à Crema.

L'année 1854 est pour une lui une année de profonde prostration, à cause de la mort de Lalla, son mannequin et compagne, qui l'avait suivi de Rome à Milan.
Il visite Venise et peint quelques portraits à Trieste. De retour à Milan, il rencontre le conte Renato Borromeo. En 1856, il peint deux tableaux pour une église de Malgrate. Puis on lui annonce la possibilité de peindre une fresque dans le Dôme de Vigevano, assignée en réalité à Francesco Gonin (1857). Rome le regrette déjà et voudrait le voir de retour.
Cherubino continue de peindre sur des sujets historiques, sur le thème des épisodes de vie de Léonard de Vinci, Michel-Ange, Ludovic le More et Galeazzo Sforza. En 1858, il reçoit d'importantes commissions du mécène Brambilla.

L'année 1859 est une année marquée par des évènements politiques particuliers : l'exposition annuelle de Brera lui permet d'exposer ses travaux. Ses satisfactions personnelles sont néanmoins affectées par sa santé qui se fait de plus en plus délicate : la fièvre le tourmente et son physique s'affaiblit, le contraignant à négliger ses travaux importants. Il se consacre alors à de petits travaux, sur le thème du sentimental, de l'érotique, surtout avec de petites éclaboussures, des ébauches, à la mode du XVIIIe siècle.

Enfin une importante reconnaissance : le 5 mars 1860, l'Académie des Beaux arts de Bologne le nomme professeur de Peinture avec un salaire annuel de 3500 lires. La bonne nouvelle lui a été communiquée le 26 mars depuis Bologne, avec la prière de le revoir le plus tôt possible. Mais Cherubino meurt à Milan le 12 mai 1860, à l'âge de 44 ans. Son ami Mongeri est appelé à faire partie du cortège d'amis et d'artistes, qui ont suivi son enterrement jusqu'à sa sépulture dans le Cimetière de la Porte Orientale, où à ses côtés fut enterré son ami artiste Mauro Conconi, mort deux jours après lui.

"Né pour être grandiose, assassiné par le sort malheureux" : avec ces mots Giuseppe Rovani résumait le parcours de Cherubino Cornienti comme homme et comme artiste, en comparaison avec un monde académique fermé aux nouvelles libertés d'expression.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Portrait de Felice Borroni, (1838)
  • Portrait du Conte Giacomo Tenaglia, évêque de Lodi, (1839)
  • L’Adieu de Paolo Erizzo à sa fille, (1842)
  • Les Réfugiés de Prague, (1843)
  • Autoportrait, Galerie d'art de la Villa Belgioioso Bonaparte, Musée du XIXème [Museo dell'Ottocento], Milan, (1843)
  • La femme du Lévite d'Efraim (1845)
  • La Madonne avec San Carlo et San Alessandro, retable, Église de San Alessandro, Milan
  • Michel-Ange montre Moïse au Pape Paolo III, (1848)
  • Moïse enfant piétine la couronne du Pharaon, Pinacothèque de Brera, Milan, (1853)
  • Portrait de Carlo Testori, (1853)
  • Portrait de Madame Testori, (1853)
  • Le mythe de Prométée, peinture murale, villa Testori, Garlate, (1855)
  • L'Annonciation, Église de San Leonardo, Malgrate, (1856)
  • La Nativité, Église de San Leonardo, Malgrate, (1856)
  • Leonardo montre à Ludovico le Maure les cruches du Naviglio, (1858)
  • Vénus et Amour, Galerie d'Art Moderne, Milan, (1859)

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1835, 1839, Milan, Exposition de l'Académie des Beaux Arts de Brera
  • 1842, Venise, Exposition de l'Académie des Beaux Arts
  • 1842, 1843, 1845, 1846, 1850, 1851, 1853, Milan, Exposition de l'Académie des Beaux Arts de Brera
  • 1855, Paris, Exposition Universelle des Arts et de l'Industrie
  • 1856, 1857, 1858, 1859, Milan, Exposition de l'Académie des Beaux Arts de Brera
  • 1900, Milan, Peinture Lombarde du XIXe siècle
  • 1929, Milan, Manifestation commémorative du 50e anniversaire de la mort de Tranquillo Cremona
  • 1934, Rome, Galerie d'Art Sacré
  • 1960, Pavie, Cherubino Cornienti et les peintres paviens de l'an 800
  • 1969, Milan, La Milan du premier Romantisme
  • 1975, Milan, Exposition des maîtres de Brera
  • 1976, Pavie, Cent ans de culture artistique
  • 1983, Constanta, La Bataille de Legnano
  • 1986, Milan, 1886-1986 La Permanente. Un siècle d'art à Milan
  • 1989, Rome, Renaissance grecque philhellénique italien
  • 1991, Sartirana, Les Galeries Marchandes de la peinture de l'an 800
  • 1992, Milan, Le premier XIXe siècle italien
  • 1993, Milan, Milan et la Lombardie à l'époque des communes
  • 1996, Pavie, Cherubino Cornienti peintre (1816-1860)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • I. Marelli, Cherubino Cornienti, La peinture en Italie au XIXe siècle, vol II [La pittura in Italia. L'Ottocento, II], Milan, 1991.
  • F. Mazzocca, Cherubino Cornienti, au Musée et dans les Galeries de Milan, [Cherubino Cornienti, in Musei e Gallerie di Milano], Pinacothèque de Brera, Milan, 1993.
  • Cherubino Cornienti peintre (1816-1860) [Cherubino Cornienti pittore (1816,1860)], Catalogue de l'exposition au Château Visconti de Pavie [Castello Visconteo], Édition Diakronia, Vigevano, 1996.
  • C. Carrà, La peinture romantique en Lombardie, dans "L'Ambrosiano" [La pittura romantica in Lombardia, ne "L'Ambrosiano"], Milan, 1930.
  • U. Ojetti, Tranquillo Cremona et les artistes lombards de son temps [Tranquillo Cremona e gli artisti lombardi del suo tempo], Catalogue des expositions, Château de Pavie, Milan, 1938.
  • G. Ballo, La Milan du Premier Romantisme [La Milano del primo Romanticismo], Catalogue des expositions, Milan, 1969.
  • Catalogue Asta Finarte, no 537 du 18 mars 1986, Milan.