Chemin de fer Le Cap – Le Caire

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Chemin de fer Le Cap – Le Caire, jamais complété.

Le chemin de fer Le Cap – Le Caire (Cape – Cairo Railway) est un projet incomplet de liaison ferroviaire nord-sud à travers l'Afrique. Il fut conçu à la fin du XIXe siècle, à l'époque coloniale, sous l'inspiration de Cecil Rhodes, pour relier les possessions africaines de l'Empire britannique par une ligne de chemin de fer continue du Cap, en Afrique du Sud, au Caire, en Égypte. Bien que la plupart des sections prévues soient en activité, une partie importante manque entre le Soudan et l'Ouganda.

Raisons de la construction[modifier | modifier le code]

La colonisation britannique en Afrique est étroitement liée à ce projet de ligne de chemin de fer du Cap vers le Caire. Cecil Rhodes fut l'artisan de l'Empire britannique pour la conquête des territoires de l'Afrique australe, tentant de matérialiser une « ligne rouge » continue entre les dominions britanniques du nord au sud. Un chemin de fer aurait constitué l'épine dorsale pour unifier ces territoires et en faciliter l'administration et l'exploitation, ainsi que la gestion militaire. La construction de cette ligne de chemin de fer représentait par ailleurs un défi technique.

Pourquoi il ne fut pas terminé[modifier | modifier le code]

Carte montrant la « ligne rouge » pratiquement complétée du Cap au Caire en 1913

Les intérêts britanniques devaient non seulement affronter les nombreux obstacles posés par les territoires et leurs climats, mais aussi se mesurer aux autres puissances colonisatrices. Les Français envisagèrent à la même époque l'établissement d'un continuum territorial depuis les importants territoires en Afrique occidentale et le Sahara occidental, jusqu'à Djibouti. Leur tentative échoua à l'issue de la crise de Fachoda. Les Belges durent se contenter de l'enclave de Lado dans leur quête du Nil. Les Portugais essayèrent vainement de joindre l'Angola et le Mozambique. La mainmise britannique en Afrique du Sud fut assurée après les deux guerres des Boers. L'Allemagne détenait cependant d'importants territoires en Afrique orientale, qui auraient pu permettre la complétion d'une liaison Nord-Sud. Avec la défaite de l'Allemagne en 1918, l'essentiel de ce territoire (actuelle Tanzanie) échut aux Britanniques, ce qui assurait une continuité nord-sud de territoires britanniques. Cependant, la liaison ne fut pas complétée dans l'entre-deux guerres pour des raisons économiques. Après la Seconde Guerre mondiale, les revendications nationalistes des peuples africains et la fin du colonialisme consacrèrent la fin du projet.

Liaisons actuelles[modifier | modifier le code]

La section septentrionale[modifier | modifier le code]

L'Égypte disposait d'un réseau ferroviaire depuis 1856, reliant Alexandrie au Caire, et qui descendait vers le sud jusqu'à Assouan. L'écartement des voies en Égypte était 1,435 mètre. Après une traversée en ferry sur le Nil, le chemin de fer continuait au Soudan, de Wadi Halfa jusqu'à Khartoum, avec un écartement d'1,067 mètre. Cette partie du réseau fut commencée par lord Kitchener en 1897 quand il eut maté la révolte mahdiste. D'autres lignes s'éloignaient vers le sud, le point le plus méridional étant Wau, actuellement au Soudan du Sud. Cependant, une grande partie du réseau soudanais est actuellement inexploité suite aux différentes guerres civiles et autres troubles politiques.

Le chemin de fer ougandais[modifier | modifier le code]

L'Afrique orientale a un réseau de chemin de fer à écartement étroit (1,00 m), développé au départ de l'océan Indien, et développé vers l'ouest en parallèle sous la colonisation allemande (Tanzanie) et britannique (Kenya). Son extension nord est l'Uganda Railway. Ces deux réseaux furent reliés et il existe une connexion entre Kampala, Ouganda, le lac Victoria d'une part, et les côtes océaniques à Mombasa au Kenya et Dar es Salaam en Tanzanie d'autre part. Plusieurs compagnies nationales exploitent ces lignes, l'Uganda Railway Corporation, la Kenya Railways Corporation, et la Tanzania Railways Corporation.

La liaison TAZARA[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chemin de fer Tanzanie-Zambie.

Une ligne de chemin de fer séparée de 1 860 km lie Kapiri Mposhi en Zambie, fut terminée au bout de six ans par des travailleurs de la République populaire de Chine en 1976 [réf. souhaitée]. Le chemin de fer Tanzanie-Zambie (Tanzania-Zambia-Railroad ou TAZARA) fut construit pour désenclaver la Zambie et lier ses ressources minérales au port de l'Océan Indien, indépendamment du réseau de l'Afrique du Sud et des territoires à cette époque contrôlés par les Portugais. Non prévue dans le projet initial Le Cap – Le Caire, la ligne TAZARA établit une liaison importante. Cette partie a le même écartement d'1,067 m que celui en Afrique australe.

La section méridionale[modifier | modifier le code]

Traversée aux chutes Victoria

La section méridionale fut terminée au cours de la domination britannique avant la Première Guerre mondiale. Elle fut connectée avec le système à écartement 1,067 m du Cap. La construction commença au Cap et montait en parallèle avec la Great North Road jusqu'à Kimberley, passant ensuite à travers le Botswana jusqu'à Bulawayo. La ligne continuait ensuite vers le nord, section actuellement exploitée par les National Railways of Zimbabwe, jusqu'à la traversée du Zambèze. Le pont des chutes Victoria fut terminé en 1905. Le réseau est ensuite exploité par Zambia Railways et continue par Lusaka et Kapiri Mposhi, où il rejoint la ligne TAZARA vers la Tanzanie.

Futur[modifier | modifier le code]

Le projet d'une ligne de chemin de fer du Cap au Caire n'est pas enterré. Malgré l'instabilité actuelle au Soudan, il existe des projets d'achèvement de la liaison pour des raisons économiques[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]