Chelidonium majus

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La Grande Chélidoine (prononcer [kelidwan]) ou Grande Éclaire (Chelidonium majus, « grande hirondelle » en latin) est une plante de la famille des Papavéracées et la seule espèce du genre Chelidonium. On l'appelle aussi herbe aux verrues (ou herbe à verrues), car son latex jaune-orangé toxique passe pour éliminer les verrues.

Autres noms communs : Chélidoine majeure, grande éclaire, herbe aux boucs, herbe de l'hirondelle, herbe de Sainte-Claire, lait de sorcières, sologne, félongène, felougne.

Étymologie[modifier | modifier le code]

La Chélidoine (du grec χελιδών et du latin chelidonium, hirondelle) doit son nom à la coïncidence de la floraison de cette papavéracée (pavot, coquelicot) avec l'arrivée de ces migrateurs[1]. L'étymologie populaire qui voudrait donner comme origine le latin cœli donum (« don du ciel ») ne doit pas être retenue.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Grande chélidoine, était considérée depuis des temps reculés comme une plante magique associée à la magie noire.
Les alchimistes du Moyen Âge ont vu dans la sève de la grande éclaire de couleur jaune, le moyen de transformer les vils métaux en or. Il semble que jusqu'à présent cette herbe n'ait pas tenu toutes ses promesses[2].

Description[modifier | modifier le code]

Planche
Latex jaune de la plante.
Fleur

La tige dressée et ramifiée atteint 30 à 50 cm de haut. Elle est cylindrique, poilue par endroits et les blessures laissent échapper un latex jaune à orange, couleur due à son pigment, la chélidoxanthine.

Les feuilles inférieures sont pétiolées, celles du sommet sont sessiles. Elles sont molles, imparipennées et crénelées (parfois dentées), de couleur un peu glauque (surtout en dessous).

Les fleurs poussent en ombelle à l'extrémité de longs pédoncules. Elles ont environ 2 cm de diamètre, elles comportent deux sépales verts caducs, quatre pétales jaunes, et de nombreuses étamines de la même couleur que les pétales.

Après fécondation l'ovaire se transforme en capsule linéaire qui peut atteindre 5 cm de long et qui ressemble beaucoup à une gousse, aussi appelée une silique.

Les graines sont petites et noires. Elles possèdent un élaïosome qui attire les fourmis qui assurent la dispersion des graines (myrmécochorie).

Cette espèce est très variable, en particulier dans la forme des feuilles et dans leurs divisions. On a décrit plus de vingt variétés.

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

Elle est commune dans toute l'Europe sauf au nord où elle n'est qu'introduite, comme en Angleterre ou en Irlande.

Habitat[modifier | modifier le code]

Elle pousse à partir du printemps sur le bord des chemins, dans les décombres, le long des murs ou à l'orée des bois. Elle est considérée comme un indicateur d'azote. La chélidoine a besoin d'un sol calcaire. Lorsqu'on la rencontre sur sol neutre ou acide, cela indique la présence de roches calcaires introduites : pierres calcaires d'un mur, remblais de roches calcaires...

Utilisation[modifier | modifier le code]

La chélidoine a traditionnellement été utilisée pour guérir de nombreuses maladies (foie, rhumatismes...)[3]. Le suc (latex) qui s'échappe quand on casse la tige de la chélidoine contient un alcaloïde, la coptisine, qui possède des propriétés antimitotiques. C'est de là que vient la réputation de faire disparaître les verrues et les cors, d'où son surnom d'« herbe aux verrues ». Le suc de la plante contient plusieurs alcaloïdes toxiques. La chélidoine a été expérimentée en homéopathie par Hahnemann et ses élèves. Elle agit également sur la circulation sanguine en élargissant les coronaires et en augmentant la tension. Les alcaloïdes ont aussi un effet bactéricide. Les remèdes à base de chélidoine ne doivent être employés que sous contrôle médical.

Propriétés médicinales internes : cholérétique, cholagogue, antispasmodique, dépuratif de voies biliaires[4].

Toxicité[modifier | modifier le code]

On y retrouve en outre différents alcaloïdes isoquinoléiques tels la chelidonine qui cause la toxicité de la plante, la sanguinarine, la chélerythrine, la berberine et la coptisine.

La plante est rarement ingérée à cause de son odeur et de son goût désagréables. L'ingestion peut causer des nausées, vomissements, crampes abdominales, diarrhées et déshydratations[5].

Divers[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Chélidoine » du TLFi, sur le site du CNRTL.
  2. Guide de visite, les plantes magiques, du jardin des neuf carrés de l'abbaye de Royaumont
  3. (en) Gilca, Marilena, et al. « Chelidonium majus–an integrative review: traditional knowledge versus modern findings » Forschende Komplementärmedizin/Research in Complementary Medicine2010; 17(5): 241-248.
  4. (fr) Chelidoine sur medecinesnaturelles.com
  5. (en) Lewis S. Nelson, M.D. ; Richard D. Shih, M.D. ; Michael J. Balick, Ph.D., Handbook of Poisonous and Injurious Plants, Second Edition, Springer,‎ 2007, 340 p. (ISBN 0-387-31268-4)
    pages 120 à 121

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Liens externes[modifier | modifier le code]