Chef d'état-major de la marine

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L'état-major de la Marine siège à l'hôtel de la Marine, place de la Concorde, à Paris.

En France, le chef d'état-major de la marine (CEMM) est responsable devant le ministre de la Défense de la préparation de la marine nationale en vue de sa mise en œuvre.

Principales attributions[modifier | modifier le code]

Le chef d'état-major de la marine assiste, en tant qu'expert naval :

Il a autorité sur :

  • l'organisation territoriale de la marine : commandants de zones maritimes et commandants de la marine, en métropole et outre-mer ;
  • les services et directions suivants :
    • la direction du personnel militaire de la marine (DPMM) ;
    • la direction centrale du commissariat de la marine (DCCM) ;
    • la direction centrale des systèmes d'information de la marine (DCSIM) ;
    • la direction centrale du service de soutien de la flotte (DCSSF) ;
    • la direction centrale des travaux immobiliers et maritimes (DCTIM) ;
    • le service de l'aéronautique navale ;
  • l' état-major de la Marine qui assure, à travers ses quatre divisions (ressources humaines, plans, programmes et opération-logistique) la direction générale de la marine.

Il préside le conseil d'administration du service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM).

Le chef d’état-major de la marine[1][modifier | modifier le code]

Historique de la fonction[modifier | modifier le code]

Avant la Première Guerre mondiale, le chef d'état-major de la marine (CEMM) est avant tout le chef du cabinet militaire du ministre de la marine, et ce mode de fonctionnement est à l'origine de l'appellation utilisée ; le militaire qui a autorité effective sur la marine est alors l'amiral commandant l'armée navale, parfois appelé « amiralissime », en référence au titre de « généralissime » usité dans l'armée de terre[N 1].

La Première Guerre mondiale remet tout cela en cause, car un immense travail de réorganisation doit être effectué « rue Royale[N 2] » pour conduire une guerre maritime industrielle de longue durée et être en mesure d’affronter les nouvelles menaces constituées par les sous-marins allemands et les mines explosives : on crée même alors une sorte « d'état-major bis » appelé « direction générale de la guerre sous-marine » — la DGGSM —, aux domaines d'action parfois redondants ; cette redondance constatée conduit logiquement à la dissolution de la DGGSM à la fin de la guerre et à l'attribution de ses nombreuses prérogatives aux bureaux de l'état-major général de la marine.

Pour disposer d’un système permettant une transition souple entre le temps de paix — période de préparation — et le temps de guerre — période d’action —, le vice-amiral chef d'état-major général de la marine devient, dans les années 1920, le commandant désigné des forces maritimes françaises en cas de guerre, et le travail d'état-major revient dans de telles circonstances au major général de la marine, son premier adjoint en temps de paix.

Après la Seconde Guerre mondiale, la disparition progressive du portefeuille de ministre de la marine amène à confier une partie des prérogatives du ministre au chef d’état-major de la marine, prérogatives qui sont cependant peu à peu reprises au niveau « interarmées » par l'état-major des armées et son chef : le chef d'état-major des armées (CEMA). Le CEMM perd ainsi au profit du CEMA ses responsabilités de direction des opérations maritimes en 1971[N 3].

Dans les années 2000, c'est à nouveau une large part des prérogatives organiques — préparation des forces — qui est transférée au CEMA, mais le CEMM reste son principal conseiller quant à la préparation et à l'emploi de la marine.

L'amiral Bernard Rogel, chef d'état-major de la marine, depuis 2011.

Chefs d'état-major de la marine depuis la fin du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lequel généralissime a pour vocation de prendre le commandement des armées du Nord-Est, destinées à défendre les frontières françaises de cette zone géographique, en cas de guerre.
  2. Où se trouve le ministère de la Marine.
  3. À titre de comparaison, ses homologues de l'armée de terre et de l'armée de l'air les avaient déjà perdues dix ans plus tôt, en 1961.
  4. Du 26 août 1939 au 6 juin 1943, l'organisation de la Marine n'a plus comporté d'état-major général, mais un "état-major des forces maritimes françaises" en lieu et place qui en faisait office pour le temps de guerre. L'amiral Darlan est ainsi devenu commandant en chef des forces maritimes françaises avant d'être appelé à d'autres fonctions en février 1941 dans la France de Vichy. Darlan s'est ensuite rangé du côté des Alliés en novembre 1942, mais il a été assassiné à Alger le 24 décembre 1942.
  5. C'est lui qui, le 11 novembre 1942, donne l'ordre à la flotte de Toulon de se saborder, ordre exécuté le à l’arrivée des troupes allemandes. Il a démissionné de ses fonctions le 18 novembre 1942.
  6. L'amiral Lemonnier est nommé à ce poste par le comité français de Libération nationale, qui a succédé en juin 1943 au comité national français, gouvernement en exil de la France libre. Sont ainsi réunies les Forces navales françaises libres et la Marine française d’Afrique du Nord, sous l’impulsion du général de Gaulle, du général Giraud alors commandant en chef français civil et militaire, et du major général de ce denier, l'amiral Auboyneau.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Selon le site Net-Marine [lire en ligne].
  2. Biographie du chef d’état-major de la marine sur le site du ministère de la Défense, consulté le 27 mars 2014.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]