Chaux-des-Crotenay

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Chaux-des-Crotenay
Mairie
Mairie
Blason de Chaux-des-Crotenay
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Franche-Comté
Département Jura
Arrondissement Lons-le-Saunier
Canton Les Planches-en-Montagne
Intercommunalité Communauté de communes Champagnole Porte du Haut-Jura
Maire
Mandat
Daniel Vionnet
2014-2020
Code postal 39150
Code commune 39129
Démographie
Gentilé Chauliens, Chauliennes
Population
municipale
407 hab. (2011)
Densité 35 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 39′ 30″ N 5° 58′ 05″ E / 46.6583333333, 5.9680555555646° 39′ 30″ Nord 5° 58′ 05″ Est / 46.6583333333, 5.96805555556  
Altitude Min. 560 m – Max. 859 m
Superficie 11,67 km2
Localisation

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Chaux-des-Crotenay

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Chaux-des-Crotenay

Chaux-des-Crotenay est une commune française située dans le département du Jura et dans la région Franche-Comté. Elle fait partie de la Communauté de communes Champagnole Porte du Haut-Jura.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Syam Rose des vents
Le Vaudioux
Châtelneuf
N Les Planches-en-Montagne
O    Chaux-des-Crotenay    E
S
La Chaux-du-Dombief Entre-deux-Monts
Eperon Ouest de Chaux des Crotenay
Panorama de Chaux-des-Crotenay, depuis le belvédère du Rachet, au sud du village.

Économie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

André Berthier a proposé en 1962, après une recherche par portait robot, de situer le lieu de la bataille d'Alésia à Chaux-des-Crotenay [1]. Le site de Chaux-des-Crotenay est depuis défendu par des particuliers partisans de la thèse jurassienne, des journalistes, (Franck Ferrand notamment), historiens ou docteurs de l'université[2] et certaines associations (AAB/ CEDAJ). L'association ArchéoJuraSites([1]), dont le siège est à la Mairie de Chaux-des-Crotenay, bénéficie depuis 2011 de subventions des autorités publiques, et elle a installé une exposition dans l'immeuble de l'ancienne poste de Chaux-des-Crotenay. On peut y voir une maquette reprenant la topographie des lieux d'après les cartes IGN, et les explications de la recherche du site par portrait robot morpho-géographique s'inspirant des travaux d'André Berthier[3]. Les autorités publiques de la Côte d'Or et les historiens et archéologues tenants de la thèse "Alesia en Bourgogne" s'accordent cependant, depuis les fouilles dirigées par Michel Reddé dans les années 1990 à Alise Sainte Reine[4], à confirmer l'emplacement du siège d'Alésia à Alise-Sainte-Reine en Côte-d'Or[5].

Napoléon, l'armée des Alpes, Marengo[modifier | modifier le code]

Dans le numéro 250 de la revue "Historia", en date de septembre 1967, André Castelot publie un article intitulé "Marengo ou la consécration du régime", dans lequel il décrit l'itinéraire de l'armée de réserve, constituée par Napoléon Bonaparte, Premier Consul, rassemblée à Dijon, et qu'il emmène jusqu'au col du Grand Saint-Bernard et qui s'illustrera par une victoire éclatante à Marengo, en Italie:

"Le 7 mai, de grand matin, il quitte Avallon.... Puis c'est Auxonne et ses souvenirs : les maison familières, son ancien professeur de musique.... La course reprend le long de la route où s'échelonne l'armée qui l'acclame au passage. Il passe ainsi à Dole, à Champagnole, arrive à la nuit à Morez où toutes les fenêtres sont illuminées. Le maire, Perrad, s'approche de la voiture: - Citoyen Premier consul, fais-nous le plaisir de te montrer - Bonaparte paraît à la portière. Aussitôt des cris fusent: - Bonaparte, montrez-vous aux habitants du Jura ! Est-ce bien vous ? Vous nous donnez la paix ? - Oui, oui... répond-il d'une voix altérée, précise un témoin, qui ajoute: - Il avait l'air content. Le sourire était toujours sur ses lèvres...A trois heures du matin, le 9 mai - il arrive à Genève"[6].

En traversant Chaux des-Crotenay, l'armée de réserve n'éprouva pas autant de difficultés que celles qu'elle rencontra quelques semaines plus tard, entre le 10 et le 18 mai 1800, en passant par le Col du Grand Saint Bernard pour aller en Italie. La route passant par Chaux-des-Crotenay était connue depuis l'antiquité : elle suit à peu près le tracé de la nationale 5, maintenant départementale, et est marquée sur les cartes anciennes comme "grande route royale de Genève". Napoléon lui-même put donc ainsi rester dans sa diligence jusqu'à Genève, ainsi qu'il vient d'être dit. Néanmoins, il ne passa sans difficulté qu'au printemps, car cette route, à flanc de montagne, longeant un fleuve impétueux, la Lemme, bordée par les rives abruptes de l'éperon barré, pratiquée depuis l'antiquité par les charrois portant le sel de Salins jusqu'en Suisse, pouvait être impraticable en hiver, obligeant les voyageurs à séjourner à Syam[7].

Vie culturelle et associative[modifier | modifier le code]

L'association ArchéoJuraSites a terminé l'aménagement de ses locaux dans l'ancien immeuble de la Poste grâce à l'appui des autorités locales. La numérisation des archives “texte” d’André Berthier est quasiment terminée : l’essentiel des documents est désormais en ligne (environ 2 800 “cotes”, plusieurs dizaines de milliers de pages). L’équipe de numérisation attaque désormais la numérisation de l’impressionnant fonds de photographies et diapositives. Pour la consultation du Portail (accès aux documents eux-mêmes) : - 150 membres d’ArchéoJuraSites ont un compte ouvert enregistré) - 215 personnes non-membres ont demandé un accès. L'association continue sur le terrain ses travaux en faveur de l'identification, le repérage, la mémoire et la valorisation des vestiges archéologiques du terrain. La base de données “Vestiges” comporte actuellement près de 300 fiches détaillées avec des données précises sur la localisation et la caractérisation des principaux vestiges anthropiques de Chaux-des-Crotenay et des communes des environs. Des fichiers au format kml ont été établis et sont régulièrement actualisés pour une cartographie précise des vestiges. A été développée et mise en ligne une galerie-photos de vestiges anthropiques à partir de la définition http (://bit.ly/1t8YaNe ). Près de 300 photos sont immédiatement accessibles correspondant à 60 vestiges de type murs et monuments sélectionnés, parmi les plus importants et les plus spectaculaires. Il y a possibilité de faire un lien entre les photos de la galerie et les fiches vestiges de la base de données via la cote Vstg du référentiel Vestiges d’ArchéoJuraSites. Toutes les personnes disposant de clichés originaux sur des vestiges visités sont invités à en transmettre de bonnes copies afin d'enrichir la galerie.

En 1995 a été créée dans le village une association culturelle, les Vercingétorales. Cette association organisait chaque été début juillet un festival éclectique : théâtre, musique celtique (harpe celtique, musique irlandaise, folk…), conférences archéologiques ou littéraires, expositions, diaporamas, contes et légendes, rencontres littéraires, randonnées à thème, reconstitution d'un village gaulois, repas gaulois (mets fins servis sur tranchoir) : une approche pluridisciplinaire de la civilisation celte était destinée à interroger et à faire rêver. Après plusieurs années d'activité intense, l'association a été dissoute faute de moyens.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
mars 2001 réélu en 2008[8] Philippe Delavenne    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 407 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
545 522 560 597 623 590 565 562 570
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
540 552 568 502 550 551 503 552 523
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
505 519 496 403 455 453 472 449 487
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
468 454 418 394 362 375 402 410 407
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Oppidum : concernant la querelle sur la localisation d'Alésia, le résultat de la technique du portrait-robot d'André Berthier est accessible au public, sous la forme d'une maquette avec animations. Elle est présentée à la Maison d’ArchéoJuraSites (ancienne poste de Chaux-des-Crotenay). L'ancienne poste de la commune accueille les archives d’André Berthier largement numérisées sur le site ArchéoJuraSite.org.[2].
  • Château des Mottes : ruines de l’ancien château médiéval faisant l’objet de fouilles dans le cadre d’un programme développé par ArchéoJuraSites.
  • Église Sainte-Marguerite (XVe-XVIIe-XVIIIe s), classée MH depuis 1992[11];
  • Ancienne fonderie (XVIIIe-XIXe s), puis scierie, au lieu-dit "le Pont de la Chaux", inscrite à l'IGPC depuis 1997[12];
  • Fromagerie (XIXe s), Grande Rue, inscrite à l'IGPC depuis 1997[13];
  • Gare (XIXe s), au lieu-dit "le Pont de la Chaux", inscrite à l'IGPC depuis 2004[14];
  • Ponts ferroviaires (XIXe s), sur la RN5, au lieu-dit "les Belettes", inscrits à l'IGPC depuis 2004[15];
  • Viaduc de la Renvoise et tunnel ferroviaire (XIXe s), dit souterrain des Belettes, au lieu-dit "les Belettes", inscrits à l'IGPC depuis 2004[16].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages favorables à la localisation de la bataille d'Alésia à Chaux-des-Crotenay :

  • Sous la direction de Danielle Porte, collectif, « Alésia, la supercherie dévoilée », édition Pygmalion, 2014. (ISBN 9782756414508).
  • Pierre Aymard, Alésia...la vérité cachée dans les textes, presses numériques de Dicolor Groupe, Auby (21) France, 5e édition septembre 2010
  • René Potier, Le Génie Militaire de Vercingétorix et le mythe Alise Alésia, Édition Volcan, 1970.
  • André Berthier et André Wartelle, Alesia, préface J.M Croisille, Nouvelles Éditions Latines, 1990.
  • André Wartelle éditeur, Alésia/Alise-Sainte-Reine ou Chaux-des-Crotenay - Actes du colloque 6 février 1998. Édition Institut Catholique de France
  • Danielle Porte, Alésia Citadelle Jurassienne, la colline où soufflait l'esprit, édition Cabedita, 2000.
  • Danielle Porte, L'Imposture Alésia, édition Carnot, 2004.
  • Christian Rollat Le Sang Gaulois du Pilat à Alésia Éditions Rollat , 2007
  • Jean Pierre Picot, Alésia retrouvée, 1989 (film) ; Le procès des Dieux, 1995 (film) ; Alésia le procès, 1999 (film) ; La dernière bataille d'Alésia, 2008 (film).

Ouvrages réfutant la localisation à Chaux-des-Crotenay :

  • Richard Adam, « À propos d'une nouvelle Alésia Comtoise », Revue archéologique de l'Est et du Centre-Est, XXXV, 3-4, 1984, p. 261-275.
  • M. Reddé, Alésia - L'archéologie face à l'imaginaire, Errance - Hauts lieux de l'Histoire, Paris, 2003
    Discussion de la localisation, présentation du site et des sondages.
  • Marie-Pierre Rothé, Carte archéologique de la Gaule 39 : le Jura, CNRS, Paris, 2001

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le site suivant donne quelques exemples de sites intéressants sur la commune : http://alesiajactaest.hautetfort.com/archive/2008/07/20/le-camp-nord.html
  2. exemple:Danielle Porte.
  3. André Berthier "Alésia" Nouvelles Éditions Latines, 1 rue Palatine - 75006 PARIS, p. 131
  4. M. Reddé, Alésia - L'archéologie face à l'imaginaire, Errance - Hauts lieux de l'Histoire, Paris, 2003
  5. L'Architecture de la Gaule romaine : Les fortifications militaires, daf 100, Paris, 2006
  6. André Castelot "Marengo ou la consécration du régime" Revue Historia no 250, page 44
  7. Annie Gay "Les Jobez Maîtres de forges jurassiens au XIXe siècle" Edition Cabédita CH-1137 Yens sur Morges 2002, page 82 "La neige arrivait parfois dès la fin du mois d'Octobre...A saint Laurent, il ne fut plus possible de continuer".
  8. Préfecture du Jura, Liste des maires élus en 2008, consultée le 2 mai 2010
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  11. « Église Sainte-Marguerite », base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. « Fonderie », base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. « Fromagerie », base Mérimée, ministère français de la Culture
  14. « Gare », base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. « Ponts ferroviaires », base Mérimée, ministère français de la Culture
  16. « Viaduc et tunnel ferroviaires », base Mérimée, ministère français de la Culture