Chaudes-Aigues

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Chaudes-Aigues
La source du Par et le musée
La source du Par et le musée
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne
Département Cantal
Arrondissement Arrondissement de Saint-Flour
Canton Canton de Chaudes-Aigues
Intercommunalité Communauté de communes de Caldaguès-Aubrac
Maire
Mandat
Madeleine Baumgartner
2008-2014
Code postal 15110
Code commune 15045
Démographie
Population
municipale
935 hab. (2011)
Densité 18 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 51′ 19″ N 3° 00′ 17″ E / 44.8552777778, 3.00472222222 ()44° 51′ 19″ Nord 3° 00′ 17″ Est / 44.8552777778, 3.00472222222 ()  
Altitude 750 m (min. : 637 m) (max. : 1 280 m)
Superficie 53,16 km2
Localisation

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Chaudes-Aigues

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Chaudes-Aigues

Chaudes-Aigues [ʃodzaj][1] est une commune française située dans le département du Cantal, en région Auvergne. C'est une station thermale réputée depuis l'Antiquité pour ses eaux chaudes.

Ses habitants sont appelés les Caldaguès.

Géographie[modifier | modifier le code]

Chaudes Aigues est à proximité de l'A75 à l'est à 28 km de Saint-Flour, 89 km d'Aurillac, 61 km de Mauriac, 85 km de Brioude, 110 km du Puy, 195 km de Clermont-Ferrand et vers l'ouest à 29 km de Saint-Chély-d'Apcher, 80 km de Mende, 120 km de Millau et 220 km de Béziers.

La commune est située dans le département du Cantal (Massif central), dans la partie de l'Aubrac cantalien. Celle-ci est traversée par le ruisseau du Remontalou.

Géothermie et thermalisme[modifier | modifier le code]

La source du Par
Les thermes

Chaudes-Aigues possède une trentaine de sources d'eau chaude naturelles dont la température est comprise entre 45 °C et 82 °C et le débit total voisinant les 10 000 hL par jour, 694 L/min. La plus renommée est la source du Par avec des eaux de 82 °C – soit l'une des plus chaudes d'Europe – dont le débit est voisin de L/s ; elle fournit à elle seule la moitié de la production d'eau de la ville. Le nom de cette source vient du fait que les cochons y était « parés », c’est-à-dire nettoyés, épilés grâce à l'eau chaude[2]. L'eau servait aussi à parer les pieds et têtes de veau, et à dégraisser la laine de mouton[3]. Ces eaux sont utilisées tout au long de l'année par le Centre thermal et thermoludique[Quoi ?] CALEDEN[4]. L'établissement thermal soigne les rhumatisants et l'arthrose.

Cette eau chauffe l'église en hiver, mais seules les maisons avec une source privée utilisent l'eau comme moyen de chauffage. Un réseau de chauffage par géothermie, partagé parmi les habitants, a été mis en place en 1332[3].[pas clair]

Productions[modifier | modifier le code]

Château de Couffour

Les produits du terroir tels que la viande d’Aubrac, la fouace, l’aligot, les tripoux ou encore le pounti sont sur les cartes des restaurants.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestée sous la forme latinisée De Calide Aquis en 1130 et sous sa forme occitane Chadasaygas en 1303[5].

Francisation de l'occitan du nord (auvergnat) chaldas aigas « eaux chaudes », correspondance avec l'occitan caudas aiguas > Caudesaigues, hameau de Caylus[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les alentours de la fontaine du Par ont livré aux fouilles deux grottes contenant des vestiges de thermes, deux baignoires romaines en lave volcanique, une piscine et des monnaies romaines. Vers l'an 450, Sidoine Apollinaire reconnait la qualité thérapeutique des eaux de Chaudes-Aigues, qu'il nomme Calentes Baioe, pour la phtisie et les maladies hépatiques. Les invasions barbares passent et ne laissent que les sources. Le seigneur Bodon, qui possède la villa du Par sous Charles le Gros et sous son fils Charles, la donne en 886 au chapitre de Saint-Julien-de-Brioude avec toutes ses dépendances rurales. Au Moyen Âge, Chaudes-Aigues inclut plusieurs maladreries et des couvents possédant des étuves et des piscines. Les gens du peuple côtoient la bourgeoisie dans la piscine publique du quartier du Par. En 1332, des particuliers s'approprient les sources pour chauffer les maisons[2]. Après la défaite de Jean IV d'Armagnac (1396 - 1450), Charles VII vend la baronnie au duc Jean de Bourbon, qui la vend en 1443 à Jean Salazar, qui la revend à nouveau en 1450 à Charles Ier de Bourbon.

L'hydrologue Jean Blanc en 1618 qualifie les sources de très chaudes, sulfurées et bitumineuses (cette dernière qualité sera infirmée par des analyses modernes). En 1671, Du Clos reconnaît la présence dans l'eau du nitre antique. Après une baisse de fréquentation pendant la Révolution, la ville voit un regain d'activité thermale pendant l'Empire[2].

La ville possède un château. En 1283, le marquis de Canilhac, à qui il appartenait, en rendit hommage au prieur de Saint-Flour. Au XVe siècle, le châtelain était Amauri de Sévérac, maréchal de France sous Charles VII, et à sa mort ce fut son frère Charles de Bourbon. En 1495, il passa par don à Charles de Bourbon-Malausse, fils naturel de Jean II et de Louise d'Albret d'Estouville. Resté dans la famille jusqu'en 1744, il revint à la couronne en 1778[7].

Le château de Couffour surplombe la ville au sud. On trouve aussi dans les environs le château de Montvallat, possédé par le chevalier Guillaume de Montvallat en 1364. Ce château a été pris par les huguenots en 1593 après un siège[7].

En 1676, une maison de religieux de Notre-Dame a été fondée. Il y avait aussi un chapitre et un hôpital fondé par Guillaumette de Fontanges, dame de Saint-Juéry. À l'origine simple communauté de prêtres, les chanoines furent plus tard érigés en chapitre collégial[7].

Anciennes familles[modifier | modifier le code]

  • Famille Babut On trouve dans un manusctit de Charles d’Hozier conservé à la bibliothèque de Paris[8] une " Généalogie ou filiation de la maison de Babute qui a pris son tour dès l’an 811 et depuis firent bâtir une forte et belle tour près de Chaudes-Aigues en Auvergne, en l’an 994, au temps de Hugues Capet, laquelle a subsisté jusqu’au temps….et du voyage de Godefroid de Bouillon et a été possédé par plusieurs du nom de Babute jusqu’à Raoul de Babute qui vivait en l’an 1002 et se nommait… la maison ou baronnie de Babute. " [9]

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

D'azur à la montagne mouvant d'un bouillon d'eaux fumantes d'argent, trois jets de vapeur issant de la dite montagne, surmontée de deux fleurs de lys d'or rangées en chef

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1953 1995 Pierre Raynal RPR  
1995 2008 Pierre Brousse UMP  
mars 2008 2014 Madeleine Baumgartner[10] DVD Conseillère générale
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 935 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 489 2 053 2 314 2 187 2 351 2 557 2 476 2 411 2 207
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 130 1 950 1 948 1 721 1 815 1 823 1 832 1 674 1 650
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 645 1 558 1 675 1 623 1 360 1 272 1 360 1 175 1 200
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
1 218 1 114 1 187 1 186 1 110 986 970 972 926
2011 - - - - - - - -
935 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12])
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Le docteur Pierre Raynal, qui fut longtemps député maire de la commune.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le lavoir d'eau chaude

Festival du Tatouage à Chaudes-Aigues[modifier | modifier le code]

Les 6 et 7 juillet 2013, s'est tenu à Chaudes-Aigues le premier festival de Tatouage organisé par Stéphane Chaudesaigues. La convention comptait environ cent quarante tatoueurs de tous styles qui ont réussi à attirer 10 000 personnes dans le petit village[13].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Suzanne Ardourel, Les Eaux hyperthermales de Chaudes-Aigues, Université de Montpellier, 1964 (thèse de médecine)
  • H. Bellon et J. P. Gibert, « Datations absolues du contexte géologique de l'aire d'émergence des eaux hyperthermales de Chaudes-Aigues, Cantal, France », C.R Acad. Sc., Paris, t. 280, (D) 1975, p. 1849-1852
  • G. Bertrand, J. P. Gibert et R. Laugier, « Caractères physiques et modalités d'émergence des eaux thermales de Chaudes-Aigues (Cantal) », C.R Acad. Sc., Paris, t. 285, (D), 1977, p. 501-504
  • P. Cailleaux, C. Fouillac, G. Michard et C. Ouzounian, « Étude géochimique des sources thermales de Chaudes-Aigues (Cantal). Conséquences géochimiques », C.R Acad. Sc., Paris, t. 282, (D), 1976, p. 1237-1240.
  • Pierre Chassang, Chaudes-Aigues : une description, une histoire, Éditions Gerbert, 1982, 335 p.
  • Alphonse Chevallier, Essai sur Chaudes-Aigues, département du Cantal, et analyse chimique des eaux minérales-thermales de cette ville, 1828, réédité en facsimile sous le titre Les Eaux de Chaudes-Aigues, Res universis, Paris, 1991, 82 p. (ISBN 2-87760-464-0)
  • A. Dupis et J. P. Gibert, « Apport de la magnétotellurique de faible profondeur aux études hydrogéologiques : exemple de l'aire d'émergence d'eaux hyperthermales de Chaudes-Aigues », C.R Acad. Sc., série D, 1977, p. 139-142.
  • J. P. Gibert et Serge Paul, « Télédétection aérienne et phénomènes géothermiques : bilan des recherches technologiques et méthodologiques sur le site naturel de Chaudes-Aigues », Cahier Géologiques, 1983, n° 102
  • Christian Marchi, Le Cantal, Éditions de Borée, 1995, p. 91-92 (ISBN 2908592339)
  • G. Vasseur, G. Michard et C. Fouillac, « Contraintes sur la structure profonde et le fonctionnement du système hydrothermal de Chaudes-Aigues (France) », Hydrogéologie, 1997, n°4, p. 3-17.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Louvain-la-Neuve, Peeters,‎ 1994, p. 102.
  2. a, b et c [PDF] Amélioration de la connaissances des ressources en eau souterraine des sites thermaux en Auvergne, site de Chaudes-Aigues. P. Bérard, M. Loizeau, collaborateurs D. Rouzaire & P. Vigouroux. Étude réalisée dans le cadre des opérations du service public du BRGM 02-ETM-102. Septembre 2002.
  3. a et b Chaudes-Aigues – Inventaire du patrimoine thermal. Association Route des Villes d’Eaux du Massif Central. p. 11.
  4. Caleden - Complexe thermal et thermoludique, sur le site caleden.com, consulté le 6fevrier 2013
  5. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, volume II, Librairie Droz 1991. p. 1064.
  6. E. Nègre, Op. cité.
  7. a, b, c et d Revue de Paris, 4e année, tome 7. Ch. Nodier et Taylor. 1832. p. 201.
  8. Cabinet d’Hozier, dossier 22, folio 498
  9. babutdumares.com : Généalogie des familles Babut du Marès et apparentées
  10. Conseil général du Cantal fichier au format PDF daté du 4 avril 2008
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  13. « Festival de Tatouage à Chaudes-Aigues »,‎ 2013.