Chauchat

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CSRG 1915
Image illustrative de l'article Chauchat
Un Chauchat exposé dans un musée à Varsovie
Présentation
Pays Drapeau de la France France
Type fusil mitrailleur
Munitions M1915 : 8 mm Lebel
M1918 : .30-06 Springfield
7,65 mm Mauser
Fabricant Cycles Gladiator et Sidarme
Période d'utilisation 1915
Production 280 000
Poids et dimensions
Masse (chargé) 8,7 kg
Longueur(s) 1,14 m
Longueur du canon 0,47 m
Caractéristiques techniques
Cadence de tir relativement lente : 250 coups/min
Vitesse initiale 630m/s
Capacité 20 coups
Variantes M1915, M1918

Le fusil mitrailleur Chauchat est l'appellation commune du fusil mitrailleur Mle 1915 CSRG. Sous l'impulsion du général Joffre, il a été mis en service dans l'infanterie française en 1916, durant la Première Guerre mondiale. Il fut également largement utilisé par l'armée américaine en 1917-1918. Arme légère, de poids et d'encombrement limités, le « FM Chauchat » augmenta nettement la densité des feux offensifs de l'infanterie. L'arme n'était pas sans réels problèmes, causés par des fabrications qui avaient été trop simplifiées afin de permettre d'urgence la très grande série (262 000 CSRG furent fabriqués en trois ans).

Historique sommaire[modifier | modifier le code]

En 1915, les troupes françaises étaient démunies de toute arme collective légère. Il était évident que ce type d'armement devenait indispensable dans le contexte d'une guerre moderne, en raison de sa maniabilité, et du gain de puissance de feu qu'il procurait à une section d'infanterie. Sous l'impulsion directe du général Joffre, il fut donc décidé d'adopter le FM 1915 CSRG, surtout en raison de son faible coût, et de l'équipement relativement peu spécialisé qu'il nécessitait pour sa fabrication.

Cette arme fut adaptée à partir d'un prototype datant de 1911, le fusil mitrailleur CS, qui tirait la munition de 8 mm du fusil Lebel réglementaire. Ce prototype avait été réalisé par le colonel Louis Chauchat, polytechnicien, et le contrôleur d'armes Charles Sutter, et réalisé à l'Atelier de construction de Puteaux (APX). L'essentiel de la production de série au profit des armées françaises et américaines fut réalisée au sein de l'usine des Cycles Gladiator, au Pré-Saint-Gervais, dirigée par Paul Ribeyrolles. La société SIDARME (filiale des « Forges et Aciéries de la Marine et d'Homecourt » à Saint-Chamond) participa également aux fabrications en 1918.

Le sigle « CSRG » reprend les initiales de ces éléments (Chauchat, Sutter, Ribeyrolles et Gladiator).

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le FM Chauchat fonctionne par long recul du canon, un système breveté par Browning en 1900 et qui fut utilisé à partir de 1903 par le fusil semi-automatique de chasse FN/Browning Auto-5, par le Remington "Model 8" de 1906 et par le pistolet Frommer Stop (1911). Ce dernier n'est donc pas le précurseur du FM Chauchat mais une des adaptations du système Browning original breveté en 1900. Le FM Chauchat est refroidi par air et comporte un radiateur en aluminium. La crosse, la poignée-pistolet et la poignée antérieure cylindrique sont en bois. Son chargeur est semi-circulaire (modèle français M1915) ou cintré (M1918 construit pour l'US Army). Les munitions utilisées sont le 8 mm Lebel ou du .30-06 Springfield pour le M1918 seulement. Les armuriers militaires belges les convertirent en 7,65 mm Mauser ; leurs homologues polonais et yougoslaves firent de même pour la cartouche de 8 mm Mauser. Malgré sa rusticité, la qualité de fabrication fut souvent critiquée (enrayements fréquents causés par le chargeur semi-circulaire[1]). De surcroît il nécessitait 4 hommes pour son utilisation au lieu de 2 comme initialement prévu. Le Chauchat « américain » en calibre .30-06 fut très sérieusement affecté par des problèmes d'extraction causés par une mauvaise finition de la chambre du canon. Le FM Chauchat en 8 mm Lebel, par contre, fonctionnait correctement mais au prix d'une grande attention dans le choix et le remplissage des chargeurs. L'arme était mal protégée contre les intrusions de boue et poussière dans son mécanisme et demandait donc beaucoup de méticulosité de la part des servants. Enfin le FM Chauchat s'échauffait rapidement et donc fonctionnait plus régulièrement en tir semi-automatique ou par courtes rafales.

Production[modifier | modifier le code]

262 000 Chauchat M1915 en 8mm Lebel furent produits de 1915 à 1918 au sein des "Usines des Cycles Gladiator" au Pre-Saint-Gervais et chez "Sidarme" a Saint-Chamond. Mises a l’épreuve du front, les fabrications "Sidarme' acquièrent une meilleure réputation que les fabrications "Gladiator". En outre, une commande speciale de 18,000 FM Chauchats M1918 en calibre 30-06 US, fut entierement fabriquee par Gladiator en 1918 . Les FM Chauchat en 30-06 US furent largement rejetés par l’Armée américaine à cause de graves défauts résultant des fabrications chez "Gladiator".

Diffusion[modifier | modifier le code]

Soldat de l'armée belge avec un Chauchat en 1918.

Outre l'armée française, le CSRG fut utilisé par les soldats belges (6 900 armes), grecs (3 900), polonais (11 000 environ), russes et serbes. Durant la Grande Guerre, le Corps expéditionnaire américain en France reçut 39 000 M1915 et 18 000 M1918. Les Allemands l'utilisèrent aussi après en avoir capturé. Durant la Seconde Guerre mondiale, il fut à nouveau utilisé par la France, la Finlande et la Wehrmacht (stocks français polonais, grecs, yougoslaves ou belges).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel GOYA, La chair et l'acier, l'invention de la guerre moderne (1914-1918), p385 (ISBN 2-84734-163-3)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • "The Chauchat Machine Rifle (Honour Bound)", Gérard Demaison et Yves Buffetaut, 1995, Collector Grade Publications, PO Box 1046, Cobourg, Ontario, Canada, K9A4W5 (ISBN 0-88935-190-2). Librairie des Armes, Paris.
  • Valérie Perlès (dir.) et Christine Misselyn, Le Pré, entre Paris et banlieue : histoire(s) du Pré-Saint-Gervais, Paris, Créaphis,‎ 2005, 239 p. (ISBN 2913610544, OCLC 60824539)