Chatouillement

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Les chatouilles (ou dit familièrement « guili guili ») correspondent à l'action d'exciter l'épiderme de quelqu'un dans le but de le ou la faire rire.

Étymologie[modifier | modifier le code]

En ancien français, « chatouiller » se disait catiller ou catouiller ; bien que l'origine soit incertaine, plusieurs hypothèses ont été avancées. Graziadio Ascoli postule que « chatouiller » et ses équivalents dans les autres langues romanes proviennent, via les termes dérivés catrulus, catriculus, catuculus, catruccius du latin catus, chat[1]. Chatouiller pourrait également être rapproché du latin catullire (être en chaleur) qui aurait évolué en catulliare et aurait eu le sens de « faire éprouver »[2]. L'hypothèse la plus probable reste celle d'une origine onomatopéique car la succession de consonnes « k-t-l » se retrouve dans plusieurs langues indo-européennes[3]. On trouve par exemple "kittle" en anglais, "kitla" dans les langues scandinaves, "kitzlen" en allemand. De même dans les langues gallo-romanes ("katle"). On rapproche k-t-l de g-t-l, et "catillier" donne "gatillier" ou dans les parlers du midi "gatilha". Ces derniers termes évoquent "grata" (de fait les chatouilles reviennent à un doux grattage)[4].

Physiologie[modifier | modifier le code]

Pourquoi rions-nous quand on nous chatouille ? Pourquoi ne rions-nous pas quand nous nous chatouillons nous-mêmes ?
Ces questions ont intrigué des scientifiques depuis la nuit des temps, depuis Socrate (l'un des premiers théoriciens de la chatouille), en passant par Platon, Charles Darwin et Vanessa Lyssan.

D'après des expériences réalisées par l'Université de San Diego, les chatouilles déclencheraient un réflexe. Socrate y avait d'ailleurs noté un mélange de plaisir et de douleur. À ce jour, deux types de chatouilles ont été identifiés :

  • celles provoquées par un passage léger sur la peau et provoquant l'envie de frotter la zone lorsque la stimulation a cessé ;
  • celles provoquées par des pressions répétées et plus fortes sur des zones particulièrement sensibles du corps, spécifique à chacun (côtes, pieds, ventre, etc.), et provoquant un effet de rire.

Lorsque l'on considère le chatouillement au niveau de ses qualités en tant que sensation, elle résulte d'une légère stimulation qui se déplace à travers la peau. Le caractère dual de chatouillement se réfère aux comportements associés qui incluent sourire, le rire, le retrait et l'horripilation. Le chatouillement peut être divisé en 2 catégories distinctes de sensation. Knismesis est sensation gênante causé sur la peau par un mouvement léger comme un insecte rampant. Il peut également être appelé «gale mobile"[5]. Knismesis est souvent suscitée par les animaux et les insectes rampants, comme les araignées, les moustiques, les scorpions et / ou les coléoptères, qui peuvent être la raison pourquoi nous voyons l'évolution parmi nombreux animaux. Réactions Gargalesis, d'autre part, sont considérés comme étant limité pour les humains et les autres primates, mais certaines études ont montré que les rats peuvent être chatouillé ainsi[6]. Cette sensation se réfère à un sentiment agréable (provoque le rire, annonce d'autres comportements tels) causée par une pression plus profonde qui va à travers la peau dans diverses régions du corps[5].

Certaines personnes éprouvent une sensation agréable tandis que d'autres éprouvent le désir absolu de faire cesser toute stimulation à cause de l'impression de démangeaison provoquée par les attouchements. D'ailleurs, une trop longue stimulation (plusieurs dizaines de minutes) peut provoquer l'énervement de la personne qui les subit (allant parfois jusqu'à des sanglots de rage).

Contrairement au second type de chatouilles, les premières sont ressenties par les animaux. En effet, lorsqu'une mouche s'approche des oreilles d'un cheval, celui-ci les bouge.
Les autres ne sont notamment ressenties que par les Hommes, les rats, et les primates. Dans le cas de ces derniers, aucun son n'est perçu car leur système vocal est inexistant, mais ils émettent des sons de respiration correspondant au rire humain. Quant aux rats, les sons émis lorsqu'ils rient sont situés dans la gamme des ultrasons, donc également non perceptibles par nos oreilles.

Il faut savoir que tous les êtres humains sont chatouilleux, nous n'avons pas tous la même sensibilité. Certaines personnes n'arriveront pas à chatouiller quelqu'un alors que d'autres réussiront.

Pour quelqu'un qui n'est pas chatouilleux, son cerveau bloque les informations reçues. C'est la même chose quand on se chatouille nous même. Ces personnes ont en quelque sorte un don.

À quoi sont dues les chatouilles, et pourquoi nous font-elles rire ?[modifier | modifier le code]

Les chatouilles sont dues à une réponse sensorielle envoyée au cerveau et provoquée par un contact avec la peau. Les corpuscules de Meissner, placés sous l'épiderme (le toucher sensible) sont excités ; pour des chatouilles appuyées ou lourdes, les corpuscules de Pacini peuvent être stimulés.

Une première étude faite en 1997, à l'Université de Californie, montra que le rire lors de chatouilles était un réflexe et non pas un acte social.
En effet, des patients ayant les yeux bandés ont été chatouillés soit par un homme soit par un robot, en étant préalablement informés de l'origine de chacune des stimulations, et ne purent dans tous les cas résister aux stimulations. En réalité l'ensemble des chatouilles a été réalisé par un assistant caché sous la table.

Se chatouiller soi-même[modifier | modifier le code]

Depuis au moins Aristote, il est établi que dans la plupart des cas, lorsqu'une personne se chatouille elle-même, celle-ci ne ressent pas les mêmes sensations que si la chatouille est administrée par une tierce personne[7]. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ce phénomène : la prédictibilité de la simulation, la présence d'une rétroaction de la part du bras effectuant la chatouille, la présence d'une décharge corollaire due au mouvement du bras effectuant la chatouille ou l'absence de contexte social ou sexuel[8]. Diverses expériences ont été réalisées afin d'expliquer ce phénomène.

Au laboratoire de psychologie de l'université de Cambridge, des expériences réalisées en 1971 avec une machine permettant de se chatouiller de façon automatique ont montré de façon expérimentale que lorsqu'une personne se chatouille elle-même, la sensation est beaucoup moins importante que lorsque la chatouille est administrée par une tierce personne[9].

Une autre étude utilisant un robot fut réalisée à l’Institut de neurologie de Londres. Dans le premier cas, lorsqu'un robot contrôlé de l’extérieur stimule les patients, la sensation de chatouillement est normalement perçue. Dans la seconde expérience, les sujets disposaient d’un bouton de commande du robot chatouilleur, ce qui finalement ne produisait aucune réaction. Dans la troisième expérience, les sujets commandaient le robot dont les stimulations étaient décalées de quelques fractions de secondes. À partir d’un délai d’un cinquième de seconde, les sujets répondaient à la stimulation. Ces expériences montrent qu'une zone du cervelet est active et qu'une anticipation des conséquences en avertissant le cerveau permet de ne pas tenir compte des stimulations à venir. La troisième expérience montre que l'avertissement du cervelet vers le cerveau est limité dans le temps et qu'après un certain délai, le cerveau réagit à nouveau à la stimulation. Cela nous montre également que le cerveau est capable de filtrer les messages sensoriels provoqués par nos propres actions, afin de rester réceptif aux messages venant de l'extérieur[10].

Chatouilles et sexualité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Knismolagnie.

D'après Paul Hubert Benamou, le chatouillement des pieds provoque essentiellement une « réaction de sexualité » : il cite notamment les cas de la reine d'Égypte Hatchepsout, qui se faisait chatouiller par des eunuques, et des tsarines qui employaient à plein temps des eunuques pour leur chatouiller les pieds. Certaines personnes se disent « fétichistes des chatouilles » bien que cette pratique n'ait pas les caractéristiques d'un fétichisme sexuel.

Torture par les chatouilles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chatouille (torture).

Les chatouilles ne peuvent être ressenties que dans une situation où la personne a une relative confiance en l'autre. En effet les sensations ne passant pas par le système nociceptif (de la douleur) le cerveau peut donc "choisir" l'impact d'une sensation. L'état mental est primordial dans la perception des chatouilles. Lors d'une séance de torture, on n'a pas confiance en son bourreau, dans la mesure où l'on craint pour sa vie. Mais il est tout à fait possible de torturer sérieusement quelqu'un en le chatouillant[11].

Chatouilles et santé[modifier | modifier le code]

Le rire fait secréter par le corps humain des substances anti-douleurs, euphorisantes, contre l'inflammation, et contre l'anxiété. De plus, chatouiller un enfant lui apprendra à plus tard être touché. Le tout à condition que le "supplice" ne dure pas trop longtemps !

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définition de « chatouiller », Littré (1863-1877).
  2. (Auguste Scheler 1862, p. 58)
  3. Définition de « chatouiller », Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  4. Dictionnaire Etymologique de la Langue Française, PUF, 1975
  5. a et b Selden, S. T. (2004). Tickle. Journal of the American Academy of Dermatology. 50(1): 93-97.
  6. (en) Panksepp J, Burgdorf J, « "Laughing" rats and the evolutionary antecedents of human joy? », Physiol. Behav., vol. 79, no 3,‎ 2003, p. 533–47 (PMID 12954448, DOI 10.1016/S0031-9384(03)00159-8, lire en ligne)
  7. Harris CR, Christenfeld N, Can a machine tickle?, Psychon Bull Rev. 1999 Sep;6(3):504-10.
  8. Claxton, G. (1975). Why can’t we tickle ourselves?. Percept. Mot. Skills 41, 335-338
  9. L. Weiskrantz, J. Elliott & C. Darlington, Preliminary Observations on Tickling Oneself, Nature 230, 598 - 599 (30 April 1971)
  10. Paul M. Bays, Daniel M. Wolpert and J. Randall Flanagan, Perception of the Consequences of Self-Action Is Temporally Tuned and Event Driven, Current Biology, Vol 15, 1125-1128, 21 June 2005
  11. P. H. Benamou, Erotic and sadomasochistic foot and shoe, Médecine et Chirurgie du Pied, Volume 22, Number 2 / juin 2006

Bibliographie[modifier | modifier le code]