Chassagny

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Chassagny
Blason de Chassagny
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Rhône
Arrondissement Lyon
Canton Givors
Intercommunalité Communauté de communes du Pays mornantais
Maire
Mandat
Françoise Tribollet
2014-2020
Code postal 69700
Code commune 69048
Démographie
Population
municipale
1 256 hab. (2011)
Densité 135 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 36′ 26″ N 4° 43′ 58″ E / 45.6072222222, 4.7327777777845° 36′ 26″ Nord 4° 43′ 58″ Est / 45.6072222222, 4.73277777778  
Altitude Min. 171 m – Max. 343 m
Superficie 9,33 km2
Localisation

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Chassagny

Chassagny est une commune française, située dans le département du Rhône en région Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

À 300 mètres d'altitude, Chassagny se trouve sur le plateau faisant la jonction entre la vallée du Rhône, à l'est, et les monts du Lyonnais à l'ouest. Son sous sol granitique à longtemps été exploité pour en extraire de la pierre de taille.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Le nom même de Chassagny vient du mot d'origine gauloise cassanus signifiant le chêne, le nom latin quercus n'a pas pénétré en Gaule parce que cet arbre, symbole de la force, était sacré dans le druidisme.

De nombreux vestiges romains aux alentours laissent penser que le village était habité déjà à cette époque, d'autant plus qu'on a trouvé un conduit romain d'adduction d'eau pour Givors au lieu-dit « le gour du lac », des tombeaux d'époque ré-enterrés par respect, ainsi qu'un bassin à quête de l'église représentant une tête avec l'inscription « Marcus Tullius Cicero Consul ».

Cependant, le village semble s'être définitivement implanté lorsque autour de l'an 1000, Odilon, abbé de Cluny, aurait établi un prieuré sur « les fonds de Terre sis à Taluyers », situé à 5 km de Chassagny.

L'étang près du château au début du XXe siècle



Châteaux et fortifications

La première mention d'un seigneur de Chassagny remonte à 1186 : Guillaume de Chassagny possède alors le château qui défend le village avec une fortification imposante (pont-levis, herses, barbacanes et mâchicoulis). Les fossés qui l'entouraient ont été comblés sauf la réserve d'eau qui les alimentait et qui constitue maintenant un joli petit étang ou l'on peut admirer un couple de cygnes. Deux tours de défense ont été conservées avec leurs meurtrières ainsi qu'un donjon très bien entretenu.

Des murailles entouraient complètement le bourg moyenâgeux mais elles ont été détruites pour construire une place et une bascule publique. Elles n'étaient pas superflues puisque le village a subi des assauts dévastateurs notamment de la part des "Tard-Venus" (soldats mercenaires sans emploi après la signature du traité de paix de Brétigny avec l'Angleterre en 1360, débutant une période de trêve pendant la guerre de Cent Ans) qui ravagèrent le pays en 1362 jusqu'à ce qu'ils soient arrêtés à Brignais (à 9 km) au cours d'une bataille à laquelle les nobles de Chassagny ont participé selon un ancien texte.

Le fief de la Vaure

Au nord du village se trouve le domaine de la Vaure dont le plus ancien titulaire connu est Hugues de la Vaure, clerc du diocèse de Lyon et notaire royal public au XIVe siècle. Il n'en reste aujourd'hui que deux tours de défense et un mur, ruine probable d'échauguettes.

On sait alors que la Vaure devient un fief important: on note alors les noms de « Pierre Gibert sieur de la Vaure » en 1625, « Damoiselle Marguerite de Chacassiere Dame de la Vaure » en 1651, Jacques Cogniat en 1672.

Aux XVIe et XVIIe siècles

On signale la peste dans les environs en 1551. Elle réapparaitra en 1628: « 41 personnes meurent du mal contagieux. C'est Claudine Boissy quy a apporté le mal de la ville de Lyon. »

Piscine liturgique: détails de l'église

En 1561, le terrible baron des Adrets saccage le château puis l'église. Le fief de la Vaure subit le même sort un an plus tard. Puis il fait le siège de la baronnie de Montagny.

Au début du XVIIe siècle, Richelieu fait détruire de nombreux châteaux afin d'abaisser la puissance des nobles et n'épargne pas celui du village dont les fossés furent comblés et les quatre tours démantelées.

En 1697, le dernier descendant des Duprat, "escuyer et seigneur de Chassagny", prend officiellement le nom de Monsieur de Chassagny. Les Duprat sont régulièrement cités comme parrain ou marraine des enfants des paysans de Chassagny et contribuèrent souvent à les élever par leurs dons.

En 1670 est construit un puits actuellement encore en très bon état dans le hameau de la Charbonnerie. On venait tirer l'eau du puits avec son seau et elle se déversait directement dans un bac en pierre par une gargouille pour faire boire les animaux.

Au XVIIIe siècle et après la Révolution

Les documents de cette époque deviennent plus nombreux.

Le nombre d'artisans est important. Certains travaillent à Lyon comme ouvriers tailleurs ou "canuts", d'autres étaient "éclusiers au canal", à Givors. Dans le village même, on compte de 1720 à la fin du siècle : cinq tailleurs d'habits, cinq maréchaux-ferrants, 18 cordonniers, trois tisserands, deux tonneliers, un charpentier, un architecte entrepreneur, une sage-femme, un garde-chasse et deux jardiniers.

La plupart étaient très pauvres.

Les paysans de l'époque ne possédaient aucune terre, ils cultivaient celles des châtelains.

Le village n'était pas un bourg tranquille comme aujourd'hui mais plutôt un véritable coupe-gorge! Les portes sont verrouillées la nuit mais cela n'empêche pas les voleurs d'agir, quitte à tuer ceux qui les surprennent s'il le faut.

La misère et la grippe font des ravages d'autant que les médecins préconisent des remèdes comme « une tisane abondante faite de rave, pastonnade et scorcenaire » qui n'a pour seul mérite de ne pas faire mourir plus vite les malades. Par exemple, on signale 12 décès dus à la grippe en 1775.

Les registres paroissiaux montrent que près de 40 % des enfants meurent à moins de trois ans.

Les bêtes ne sont pas épargnées non plus. En 1714 par exemple, 133 des 260 bêtes à cornes sont terrassées par « une espèce de maladie contagieuse ». S'y ajoute la perte des récoltes par des catastrophes naturelles comme la grêle, des pluies incessantes et le froid « si violent qu'il y eut beaucoup d'arbres qui se fendirent depuis la terre jusqu'aux branches », et les prix des denrées alimentaires sont multipliés par trois ou quatre entre 1730 et 1770.

La première école

En 1779, Francoise Gelin meurt sans descendance et demande sur son testament à ce que ses biens servent à bâtir une école pour les pauvres. Cependant les habitants veulent changer le testament pour qu'enseigne un maître et non une maîtresse. De plus, une subtile ordonnance du Roi concernant les biens immobiliers légués à une œuvre augmenta la part prise par l'État et diminua la donation. La mention du premier instituteur exerçant n'apparaît qu'en 1781 et il s'agit d'une école payante réservée aux garçons.

La Révolution

La Révolution ne fut d'abord pas reçue avec enthousiasme mais créa au contraire une panique générale. En effet, des rumeurs circulaient comme quoi des brigands dévastaient les campagnes. Les paysans prennent les armes.

Le seigneur de l'époque, le sieur Dumarest de Chassagny (Louis Dumarest, chevalier, seigneur de Chassagny, conseiller du Roi, trésorier général de France au Bureau des finances de Lyon), est tant aimé que les habitants le défendent et lui sauvent la vie.

Mais très vite, les chassagneront rejoignent les révolutionnaires : pour fêter le 14 juillet 1790, un détachement de cinquante hommes dit « détachement de la communauté de Chassagny » est fondé et fait le "serment civique décrété par l'Assemblée Nationale".

La commune fut alors débaptisée et prit le nom de Cornas en Gier et St Martin de Cornas, alors annexe de Chassagny, fut érigée en commune indépendante.

Au XIXe siècle

L'événement de la première moitié du XIXe siècle est l'ouverture d'une mine de charbon dans le bois de Montrond. Malheureusement, l'anthracite y est de mauvaise qualité et la mine, peu rentable, fermera bientôt. Elle sera brièvement exploitée de nouveau pendant la première Guerre Mondiale et emploiera alors plusieurs centaines d'ouvriers dont beaucoup de réfugiés belges et lillois.

En 1851, l'église est rénovée, ornée de nouvelles boiseries à l'intérieur, agrandie. Un nouveau cimetière est aménagé afin de remplacer celui placé à côté de l'église. Cette dernière autrefois orientée vers l'est (c'est-à-dire vers Jérusalem) est maintenant orientée vers l'ouest.

En 1854, les étangs de la Vaure sont vidés car ils étaient la cause de trop nombreux cas de malaria.

En 1861 est construite la Mairie-École (qui n'est déjà plus l'école et qui ne sera bientôt plus la mairie). En fait, des instituteurs de passage faisaient auparavant la classe mais ils n'avaient aucun diplôme. Des religieuses de Saint-Joseph avaient aussi fondé une école de garçons et une école de filles mais elle partirent en 1885 après s'être brouillées avec le curé et le maire.

La mairie-école est une école de garçons et elle ne reçoit son premier instituteur qu'en 1872. L'école des filles, après le départ des religieuses, fut reléguée au premier étage d'une petite maison ou l'on ne pouvait accéder que par une échelle !..

L'industrie prospère de l'époque était la chapellerie et le travail du feutre. Chassagny ne comptait pas moins d'une douzaine d'ateliers qui travaillaient pour Lyon et Givors. On y fabriquait surtout les chapeaux de gendarmes, de curés et d'officiers. Le dernier chapelier ferma boutique en 1914.

La vie au siècle dernier est beaucoup plus aisée qu'avant et les maisons sont beaucoup plus cossues et confortables. Entre autres on notera le remplacement de la lampe à huile par la lampe à pétrole et la lecture de journaux quotidiens (partagés entre trois ou quatre familles). Les transports s'améliorent également: jusqu'en 1875, il faut aller à Lyon à pied mais de 1875 à 1887 passe la "patache" tous les matins à 9 h. C'est une diligence à cheval qui met deux heures pour aller à Lyon et ne peut pas transporter plus de douze voyageurs. Elle sera supprimée en 1887 lors de la création de la voie de chemin de fer de Mornant.

En 1895, on recensait six cafés, un buraliste et un épicier. La plupart des habitants étaient agriculteurs et on répertoriait 160 hectares de vignes autour du village.

Après 1900…

La modernisation du village arrive très vite.

En 1904, le bourg est éclairé par sept réverbères à pétrole sur les façades de la mairie.

Puis tous les habitants cotisent pour l'achat d'une pompe à incendie et un bureau de télégraphe et téléphone est ouvert en octobre de la même année.

En 1905, la subdivision des pompiers est créée. En 1912, un lavoir est construit. Mais ce n'est qu'en 1924 que l'électricité est installée dans le village et dans les hameaux importants.

En 1927, l'école primaire de garçons devient officiellement école primaire publique mixte et compte 25 élèves environ.

(Source : site (bientôt désactivé) de l'auteur de cet article[1])

Bastien Puygranier, « Site sur Chassagny »,‎ 2000 (consulté le 07/08/2008)

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2014 en cours Françoise Tribollet    
1995 2014 Michel Oziol    
1983 1995 Jean Besson    
1965 1983 Étienne Bonnand    
1953 1965 Charles Condamin    
Les données manquantes sont à compléter.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune fait partie de la communauté de communes du Pays mornantais.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 256 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
455 442 440 394 407 409 403 405 406
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
425 448 444 424 433 401 428 402 373
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
360 367 331 302 293 303 248 240 276
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
243 315 365 414 749 1 064 1 204 1 256 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Politique[modifier | modifier le code]

Résultats des élections présidentielles de 2012
Nombre de voix (premier tour) Pourcentage (premier tour) Nombre de voix (second tour) Pourcentage (second tour)
Nicolas Sarkozy 221 28,41 % 403 55,05 %
François Hollande 175 22,49 % 329 44,95 %
Marine Le Pen 170 21,85 %.
Jean-Luc Mélenchon 89 11,44 %
François Bayrou 74 9,51 %
Eva Joly 20 2,57 %
Nicolas Dupont-Aignan 15 1,93 %
Philippe Poutou 7 0,90 %
Jacques Cheminade 5 0,64 %
Nathalie Arthaud 2 0,26 %
Exprimées 778 voix exprimées sur 878 inscrits (88,61 %)

Enseignement[modifier | modifier le code]

Chassagny possède une école primaire nommée "la Rose des Vents".

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Cadre de vie[modifier | modifier le code]

Environnement[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église, construite sur un cimetière très ancien, date du XIIe siècle, mais l'architecture intérieure est de style gothique, ce qui laisse penser que sa construction a été très longue. Elle est divisée en trois nefs ogivales. Quelques pierres tombales sont visibles dans le chœur, deux notamment portent les épitaphes des seigneurs de Chassagny. Ses créneaux en « pinces à linge » lui donnent une allure assez curieuse.

Au début du XVIe siècle, la famille de Bron qui possède le fief marque son empreinte en ajoutant une fenêtre géminée de style flamboyant à la nef de droite, comme le décrit un chroniqueur de l'époque.

Toujours dans la nef de droite existe une curiosité digne d'intérêt : la piscine : ce sont les anciens fonts baptismaux, situés dans la nef droite, qui n'ont pas échappés à la sauvage attaque du Baron des Adrets en 1561 durant les guerres de religion. Construits par Béatrix, seigneur en 1520, ils sont ornés de ses armoiries, le coq gaulois emblème de la vigilance et un dragon ailé emblème des obstacles à vaincre.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. membres.lycos.fr/bpuygranier/
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]