Chartreux (chat)

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Chartreux icône chat
Femelle chartreux

Région d’origine
Région France France
Caractéristiques
Silhouette Médioligne
Taille Taille moyenne à grande
Poids 3 à 7,5 kg
Poil Court et dense
Robe Bleue
Tête Large, en trapèze renversé
Yeux Grands, de jaune soutenu à cuivre intense
Oreilles Placées haut sur le crâne, droites, arrondies au bout
Queue Longueur moyenne
Caractère Réservé, calme
Standards

Le chartreux, aussi appelé chat des Chartreux est une race de chat originaire de France. Ce chat est caractérisé par des yeux de couleur cuivre ou orangé et un pelage court et fourni entièrement bleu. Il serait originaire de Turquie et d’Iran et aurait été ramené en France au temps des Croisades. Au XXe siècle, la race est au bord de l’extinction après des mariages avec le british shorthair, mais l'élaboration de critère dans les années 80 a permis la reconstitution de la race initiale.


Sommaire

[modifier] Origines

Georges-Louis Leclerc de Buffon décrit la race comme une espèce à part entière Catus coeruleus.

Le chartreux est l'une des plus vieilles races naturelles de chats au monde. A l’époque des Croisades, il serait originaire des confins de la Turquie et de l'Iran[1], où il aurait acquis leur pelage laineux caractéristique à cause des climats rudes. Le chartreux aurait alors été ramené par des navires de commerce entre l'orient et l'occident[2].

Selon la légende, ces chats habitaient dans les monastères avec les moines Chartreux et servaient surtout à chasser les rats en ces temps où la peste bubonique faisait des ravages à travers l’Europe[Note 1]. Ces félins lors de leur séjour au monastère auraient alors fait vœu de silence, trait qui persiste encore de nos jours puisque le chartreux miaule très peu[1].

Une autre explication plus plausible voudrait que ces chats, pendant le XVIIIe siècle, aient été nommés d'après la dense laine espagnole « pile des chartreux ». La fourrure d'un chartreux adulte est très dense, laineuse, imperméable et d'une douceur voluptueuse. Les Néerlandais auraient échangé des peaux de chartreux du fait de la qualité de sa fourrure, de sa couleur et de sa densité[1]. Selon Jean Simonnet, cette explication est la plus probable[3],[2].

On retrouve ainsi des traces de chats bleus en occident dès 1556 dans le poème de Joachim du Bellay vantant les mérites de son chat Belaud[Note 2],[2].

La première utilisation du terme « chartreux » apparaît pour la première fois en 1723, dans le Dictionnaire universel de commerce, d'histoire naturelle et des arts et métiers de Savarry des Bruslons[Note 3],[2].

On retrouve ensuite le chartreux en 1735 dans un document de la Systema naturae de Linné, le créateur de la systématique botanique et animale. Il appelle le chartreux Catus coeruleus (chat bleu), et le considère comme une race distincte[2].

Buffon fait référence aux chartreux dans le second volume de son Histoire générale des animaux sur les animaux quadrupèdes[Note 4],[Note 5],[4].

Au début du XXe siècle, on retrouvait le chartreux à travers la France, en Île-de-France, en Normandie et aux abords de l'île de Belle-Île-en-Mer, près de la côte bretonne[2]. Au début des années 1930, les sœurs Léger ont trouvé une vigoureuse colonie de chartreux sur leur île et les ont pris en charge afin d'assurer leur survie. La plupart des chartreux d'aujourd'hui remontent à l'origine de la chatterie des sœurs Léger. C'est également à cette époque que le premier standard de la race a été établi, en 1939 précisément[1]. Leurs efforts aboutirons en 1933 à une exposition du Cat Club de Paris, où leur chatte Mignonne de Guerveur devient championne internationale et est consacrée "chatte la plus esthétique de l'exposition"[2].

La Seconde Guerre mondiale a beaucoup affecté la population des chartreux. À la fin des années 1960, la race des chartreux a aussi été victime du croisement autorisé avec le british shorthair, deux races totalement distinctes. Les croisements étaient tels que la FIFé fusionna les deux standards en 1970 et ne considérait ses deux races comme une seule. Heureusement, cette autorisation a été renversée et seuls les chartreux pur-sang peuvent désormais se reproduire entre eux. La race fut sauvée en 1977 par la promulgation d'un nouveau standard qui soulignait les caractéristiques propres du chartreux[1]. En 1987, la race est reconnue par le CFA et la TICA. Les principales autres associations félines ont emboîté le pas, peu de temps après[2]. La race est aujourd'hui présente dans de nombreux pays et bien représentée en exposition[1], cependant on le considère typiquement français[2].

Un premier couple de chartreux a été exporté vers les États-Unis dans les années 1970 par Helen Gamon de la Californie. Ces premiers chartreux américains sont les ancêtres de la plupart des chats chartreux d'aujourd'hui nés aux États-Unis. Au Québec, l'apport français et américain du chartreux permet une grande diversité dans les lignées[2].

[modifier] Standard

[modifier] Corps

La tête ronde du chartreux est marquée par ses grands yeux dorés.

Le chartreux présente un dimorphisme sexuel assez marqué. Le mâle est moyen à grand, avec un poitrail large ; il doit donc paraître massif[5]. Le chartreux à l'âge adulte possède un corps musclé et robuste, tout en restant souple et très agile, jamais lourdaud. Forte, épaisse et courte, l'encolure est musclée (cela vaut surtout pour le mâle qui, à l'âge adulte, n'a pour ainsi dire presque pas de cou). Les épaules sont larges, la poitrine profonde et le dos droit. Les pattes ont une ossature solide et une musculature puissante[6] mais paraissent fines en comparaison au reste du corps. Les pieds sont ronds et larges avec des coussinets de couleur taupe.

La femelle est plus petite, moins large de poitrine et moins joufflue, mais elle doit rester robuste, bien que les proportions reste les mêmes pour les deux sexes[5]. Le mâle peut atteindre les sept kilos et demi et la femelle pèse entre quatre et cinq kilos. Pour parvenir à maturité il faut quelques années, vers l’âge de deux ou trois ans[6]. Dans l'ensemble, les proportion sont médiolignes, les pattes et la queue sont moyens[5].

La queue est épaisse à la base et s'effile vers un bout arrondi mais ne doit jamais former de nœud[6]. Les petits naissent souvent avec des marques tabby, qui sont amenée à disparaitre progressivement dans les six à douze mois qui suivent. L'achèvement du développement de la musculature, des joues et du pelage laineux se fait vers deux à trois ans.

[modifier] Tête

Vu de face, sa tête a la forme d'un trapèze inversé avec des contours arrondis, surtout chez le mâle. Le profil est légèrement concave avec un front haut et plat. Le nez droit et large peut avoir un très léger stop, bien que son absence soit préférable. La truffe est gris ardoise[5]. La mâchoire est puissante et les joues rebondies, notamment chez le mâle de plus de deux ans[6]. Le museau étroit avec des patons développés, mais non pointu confère à ce chat un sourire caractéristique ; on le surnomme d'ailleurs le chat souriant de France. Le menton est ferme[5].

Les oreilles de taille moyenne, placées haut sur la tête, sont étroites à la base et légèrement arrondies[6].

Les yeux sont arrondis, grands et expressifs, quoiqu’un peu bridés à l'extrémité extérieure. La couleur peut varier, allant du doré à l'orangé[5]. La couleur orange des yeux ne s'installe qu'à partir de trois mois, remplaçant le bleu-gris typique des yeux des chatons[6]. L'intensité de la couleur des yeux s'atténue naturellement chez le chartreux.

[modifier] Robe et fourrure

Les jeunes chartreux naissent avec des « taches fantômes ».

La couleur de la robe du chartreux se décline dans des teintes de bleu, allant du cendré à une couleur argile[5]. La pointe des poils s'illumine de reflets argentés[6]. Qu'elle soit foncée ou pâle, la couleur de sa fourrure doit être complètement uniforme même si des marques tabby sont présentes pendant les deux premières années de sa vie (elles s'estompent progressivement vers six mois à un an). La seule couleur acceptée est le bleu dans toutes ses nuances, du bleu-gris clair au gris-bleu soutenu et elle doit être uniforme de l'extrémité du poil jusqu'à la racine[5].

La lumière du soleil peut faire apparaître des reflets marron sur sa robe[6]. De plus la vie en pleine air et particulièrement en hiver, accentue l'aspect laineux du poil[5].

La fourrure est lustrée, épaisse, dense comme celle de la loutre, serrée. Le sous-poil bien fourni et légèrement laineux rend la fourrure pratiquement imperméable et lui donne une certaine épaisseur[5]. Parvenu à maturité le chartreux arborera une fourrure plus laineuse, rappelant les « cassures » de celles des moutons[6].

La peau, le nez et les coussinets sont bleu-gris[5].

[modifier] Défauts

Parmi les défauts pénalisant en concours félin, on trouve un stop trop marqué ou un nez retroussé, un museau long ou lourd, les yeux en amande. Ces défauts ne retireront pas le titre chartreux au chat mais feront baisser sa valeur[6],[1],[5].

Les défauts pouvant lui retirer complètement le titre sont des yeux verts ou la présence d'un cercle vert dans la couleur des yeux, des taches blanches sur le pelage[6],[1],[5].


[modifier] Races dérivées

Le Bleu Russe possède beaucoup de caractéristiques commune au chartreux, mais se différencie par la couleur de ses yeux.

Actuellement, il est souvent confondu avec les autres races bleues, tel le Korat ou le Bleu Russe[2].

Le bleu russe présente de nombreuse similitude avec le chartreux mais le caractère contradictoire des différentes dénominations de cette race souligne assez les controverses sur son origine. Selon de nombreux spécialistes, le bleu russe partagerait la même origine que le chartreux. Ce chat ne s'est jamais vraiment implanté en France, probablement du fait de la concurrence avec le chartreux et le british shorthair bleu. On le trouve principalement dans les pays anglo-saxons[7].

La robe bleu du chartreux, en plus de s'apparenter à celle du bleu Russe, se rapproche également de celle du korat[8].

On trouve aussi des caractéristiques du chartreux chez le british shorthair particulièrement au niveau de la fourrure sans toutefois avoir l'aspect presque laineux[9]. Les caractéristique du chartreux le distingue nettement du british shorthair, en revanche, le chartreux partage avec celui-ci les yeux cuivre intense[5].

[modifier] Santé

Le chartreux est touché par les même maladies classiques des chats de races, cependant il est plus sensible au syndrome urologique félin, cette maladie crée une inflammation des voies urinaires du chat et provoque des lésions à la vessie et à l'urètre[1].

Sa fourrure épaisse nécessite un étrillage hebdomadaire. Sa mue est importante surtout au printemps où il perd sa fourrure d'hiver. Le matériel conseillé pour l'entretien de son pelage sont un peigne double en métal (avec deux écartements de dents) et une brosse plus douce en soie naturelle (sanglier ou porc)[5].

[modifier] Caractère

La majorité des chartreux sont enjoués et très sociables, tout en conservant une certaine indépendance propre à son image de chat domestique classique[5]. Ils adorent les enfants et se font des amis auprès d'autres animaux de compagnie. Son tempérament fidèle lui vaut le qualificatif de « chat-chien ». Il adore suivre son maître de pièce en pièce. Il excelle à rapporter la balle ou le jouet lancé[1]. Tout en appréciant les caresses, le chartreux n'aime pas être contraint physiquement, de plus certain d'entre eux peuvent avoir des réactions violentes lorsqu'ils sont maintenus par les assesseurs en concours[5].

Ce chat équilibré, calme et peu miauleur, indépendant, a une forte personnalité. Réservé, aimant la tranquillité, c'est un chat doux qui montre rarement les griffes[1]. Robuste, rustique, vif, parfaitement adapté au froid et au intempéries[5], la vie en plein air lui permet de révéler ses instincts de chasseur et assure la qualité et l'aspect laineux de sa fourrure[1].

[modifier] Le chartreux dans l'art et l'Histoire

Perronneau : Magdaleine Pinceloup de La Grange

Le chartreux apparaît la première fois en 1558 dans un poème de Joachim du Bellay intitulé Vers Français sur la mort d'un petit chat[2].

On trouve ensuite une représentation d'un chartreux en 1747 dans un tableau de Jean-Baptiste Perronneau représentant Magdaleine Pinceloup de la Grange, le chat y figure au premier plan, c'est à dire en tant qu'animal de compagnie ce qui est plutôt rare à cette époque.[Note 6],[10]. Au début du XXe siècle, on va commencer à s’intéresser à ce chat pour l’élevage comme animal de compagnie. L'écrivain Colette en possédait d'ailleurs plusieurs et fit d’un de ses chats, Saha, l’héroïne de son livre La chatte où elle lui consacra plusieurs descriptions[Note 7],[Note 8], et notamment dans Les vrilles de la vigne, à propo de sa chatte Saha : [Note 9],[3].

Le Général de Gaulle posséda un chartreux à la fin de sa vie, Ringo de Balmalon qu’il appelait Gris-gris[2].

[modifier] Notes

  1. Ce sont ces mêmes moines qui ont inventé la liqueur de Chartreuse.
  2. "Belaud dont la beauté fut telle
    Qu'elle est digne d'être immortelle.
    Doncques Belaud, premièrement,
    Ne fut pas gris entièrement
    Ni tel qu'en France on voit naitre
    Mais tel qu'à Rome on les voit être.
    Couvert d'un poil gris argentin
    Ras et poli comme satin,
    Couché par ondes sur l'échine
    Et blanc dessous comme ermine."

  3. Chartreux - Le « vulgaire » nomme ainsi une sorte de chat qui a le poil tirant sur le bleu. C'est une fourrure dont les pelletiers font négoce.
  4. On voit par cette description que ces chats de Perse ressemblent par la couleur à ceux que nous appelons chats chartreux, et qu'à la couleur pics, ils ressemblent parfaitement à ceux que nous appelons chats d'Angora. Il est donc vraisemblable que les chats du Korazan en Perse, le chat d'Angora en Syrie et le chat chartreux, ne font qu'une même race...
  5. ...les couleurs se sont uniformément adoucies ; le noir et le roux sont devenus d'un brun clair, le gris-brun est devenu gris cendré ; et en comparant un chat sauvage de nos forêts avec un chat chartreux, on verra qu'ils ne diffèrent en effet que par cette dégradation nuancée de couleurs...
  6. Le Portrait de Magdaleine Pinceloup de La Grange appartient au Getty Center, à Los Angeles.
  7. Le soleil jouait sur son pelage de chatte des chartreux, mauve et bleuâtre comme la gorge des ramiers
  8. Il lui dédia rapidement quelques litanies rituelles qui convenaient aux grâces caractéristiques et aux vertus d’une chatte dite des chartreux, pure de race, petite et parfaite… Mon petit ours à grosses joues… Fine… Fine chatte … Mon pigeon bleu… Démon couleur de perle…
  9. A fréquenter le chat, on ne risque que de s’enrichir. Serait-ce par calcul que depuis un demi-siècle je recherche sa compagnie ?

[modifier] Références

  1. abcdefghijkl Muriel Alnot-Perronin, Colette Arpaillage et Patrick Pageat, Le traité rustica du chat, Rustica, 2006 (ISBN 2840386801), « Le chat, origines et races » , p. 66
  2. abcdefghijklm DR Rousselet-Blanc, Le chat, Larousse, 1992, 160 p. (ISBN 2035174023), « Race et type européen » 
  3. ab Jean Simonnet, Le chat des chartreux, Kapp et Lahure, 1989, 210 p., « Postface » 
  4. Georges-Louis Leclerc de Buffon, Histoire générale des animaux, Firmin Didot Frères, 1754, 125 p. 
  5. abcdefghijklmnopqr DR Rousselet-Blanc, Le chat, Larousse, 1992, 161 p. (ISBN 2035174023), « Race et type européen » 
  6. abcdefghijkl Standards LOOF
  7. Muriel Alnot-Perronin, Colette Arpaillage et Patrick Pageat, Le traité rustica du chat, Rustica, 2006 (ISBN 2840386801), « Le chat, origines et races » , p. 64
  8. Muriel Alnot-Perronin, Colette Arpaillage et Patrick Pageat, Le traité rustica du chat, Rustica, 2006 (ISBN 2840386801), « Le chat, origines et races » , p. 50
  9. Muriel Alnot-Perronin, Colette Arpaillage et Patrick Pageat, Le traité rustica du chat, Rustica, 2006 (ISBN 2840386801), « Le chat, origines et races » , p. 60
  10. Voir la notice de Magdaleine Pinceloup de la Grange, née de Parseval, sur le site du Getty Center.

[modifier] Bibliographie

  • Muriel Alnot-Perronin, Colette Arpaillage et Patrick Pageat, Le traité rustica du chat, Paris, Rustica, 2006, (ISBN 2840386801)
  • Pierre Rousselet-Blanc, Larousse du Chat, Larousse, Paris, 2000. (ISBN 2035174295)
  • Pierre Rousselet-Blanc, Le chat, Larousse, Paris, 1992, (ISBN 2035174023)
  • Jean Simonnet, Le chat des chartreux, Kapp et Lahure, Paris, 1989.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur le chartreux.

Article principal : chat.

[modifier] Liens externes


[modifier] Sources


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