Chartreuse du Reposoir

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Chartreuse du Reposoir
Image illustrative de l'article Chartreuse du Reposoir
Présentation
Nom local Béol puis Le Reposoir
Type Chartreuse
Rattachement Ordre des Chartreux (anciennement)
Début de la construction XIIe siècle, puis 1151. Restaurée en 1671
Fin des travaux XVe ; XVIe et XVIIe siècles
Protection Logo monument historique Classé MH (1910, 1995, cloître-entrée,ensemble des bâtiments)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Commune Le Reposoir
Coordonnées 46° 00′ 20″ N 6° 32′ 15″ E / 46.0056, 6.537546° 00′ 20″ Nord 6° 32′ 15″ Est / 46.0056, 6.5375  

Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie

(Voir situation sur carte : Haute-Savoie)
Chartreuse du Reposoir

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Chartreuse du Reposoir

La chartreuse du Reposoir (lat. : Repausatorium) est un monastère de moines chartreux fondé en 1151 par le chartreux Bienheureux Jean d'Espagne. Fermé et vendu en 1793 par le pouvoir révolutionnaire, il est réoccupé par les moines chartreux au XIXe siècle, qui le quittent définitivement en 1901. L'ancienne chartreuse abrite depuis 1932 une communauté de religieuses carmélites.

Situés sur la commune du Reposoir, dans la vallée de l'Arve (Faucigny) en Haute-Savoie, les bâtiments se blottissent dans un cirque boisé au bord d'un petit lac de montagne, sur les bords du Foron.

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Avant son départ pour la deuxième croisade, en 1147, Aymon Ier de Faucigny, fait une donation à des moines pour qu'ils s'installent en Faucigny. À son retour, il précise que ceux-ci s'installeront sur la rive gauche du Brevon[1]. Ils s'installent sur les terres de la vallée du Béol, mais les difficultés rencontrés sur le site (climat, faune, inondation des torrents), leur font abandonner le projet. Il faut attendre quelques décennies plus tard pour que le chartreux Jean d'Espagne réinvestisse le site qui prendra le nom de Reposoir[2]. Aymon de Faucigny rédige cette fois-ci un acte en date du 11 des calendes de février, soit le 22 janvier 1151, selon certaines sources dans l'une des résidences des barons de Faucigny à Châtillon-sur-Cluses.

Extrait de l'acte signé par Aymon et Jean, sous les auspices de l'évêque de Genève Arducius de Faucigny, frère de Aymon, et en présence de Aymon de Sales, vicaire d'Arducius[3] :

« Moi, Aymon de Faucigny, je désire depuis longtemps et ardemment l'établissement d'une maison de Chartreux dans mes domaines. Pour arriver à cette fin, je ne me suis épargné aucune peine. J'ai multiplié auprès des Supérieurs de l'Ordre, mes démarches et mes prières, auxquelles j'ai associé mes amis. aujourd'hui, par la grâce de Dieu qui regarde les bons désirs des cœurs et les accomplit, je touche enfin au but de mes efforts !

Je donne à l'Ordre des Chartreux, en possession entière et perpétuelle, avec pleine exemption de toutes charges et servitudes, la vallée dite de Béol, qui s'ouvre au nord-est sur le bassin de l'Arve. Donation à laquelle j'entends que soient attachés au bénéfice des Chartreux tel et tel privilèges (amodiation, albergement)... Je leur ai fait toutes ces faveurs afin qu'ils ne soient aucunement empêchés dans leurs saintes coutumes et manières de vivre, et que Dieu tout-puissant fasse miséricorde à mon âme, ainsi qu'à toute ma descendance et succession. »

— Texte consultable à la Chartreuse

La vallée du Béol, dans laquelle s'installent les chartreux, portera désormais le nom de Reposoir, d'après le mot de Jean d'Espagne lors de la vue de cet endroit. Il aurait dit « Hic est repausatorium meum ! » (« C'est ici mon reposoir ! »), en découvrant le lieu[4]. En latin médiéval, repositorium signifie « le repos de l'âme ».

Henri de Faucigny essaya de reprendre une partie des donations faites par son père, mais se rétracte et confirme celles-ci en 1185[5].

Aymon II de Faucigny, sous la tutelle de Nantelme de Miolans, confirme durant son règne les différentes donations faites (1202, 1210)[6].

Jean d'Espagne[modifier | modifier le code]

Entré dans les ordres à l'âge de 19 ans, Jean, originaire de Salamanque (?) en Espagne, arrive à l'âge de 28 au Reposoir et trouve les traces des premières installations des moines. Il souhaite réinvestir ce lieu et en faire un monastère. Il meurt le 11 juin 1160[7]. On l'enterre rapidement au Reposoir à l'extérieur de la clôture. Son corps est exhumé sous l'impulsion de Charles-Auguste de Sales, évêque d'Annecy-Genève et neveu de Saint François de Sales, le 8 septembre 1649. Les restes du saint homme sont déposés dans une cassette, puis dans une châsse. Il est béatifié le 14 juillet 1864 par un décret du pape Pie IX.

Possessions[modifier | modifier le code]

Les donations de Aymon de Faucigny comptent ainsi l'ensemble de la vallée de Béol ainsi qu'une somme d'argent. Les chartreux disposent ainsi de vignes (auxquelles s'ajoutent celles de la Crête offerte par Rodolphe de Lucinges), des terres et d'alpages sur les communes de Scionzier, Saint-Hyppolite, Magland, ainsi que sur le versant genevois sur les paroisses du Grand-Bornand, Thônes et Veyrier[5]. Hugues de Faucigny, Dauphin de Vienne et seigneur de Faucigny, fait don en 1316 de la montagne de Chérente.

Restauration[modifier | modifier le code]

Soumise aux intempéries du climat montagnard et ayant subi les crues des deux Foron, la chartreuse est restaurée en 1671. Toutefois, les bâtiments continuent à se délabrer et une partie brûle durant l'hiver 1705.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

  • 1793 : Exil des moines, le Directoire du district de Cluses devient propriétaire
  • 27 octobre 1795 : achat par Jean-Pierre Veradier
  • 2 janvier 1797 : achat en indivis par 17 fermiers du Reposoir
  • 4 août 1803 : Le Reposoir devient une paroisse[8]
  • 28 décembre 1848 : Le Reposoir devient une commune, détachée de Scionzier
  • 1848-1850 : Reconstruction de l'église
  • 1855 : Chartreux à nouveau chassés
  • 1866 : Retour des Chartreux
  • 27 septembre 1901 : Retrait définitif des Chartreux
  • 1907 : l'ensemble devient un hôtel de luxe "Hôtel de la Chartreuse"
  • 28 Novembre 1910: Classement aux monuments historiques de l'entrée et du portail[9]
  • 3 février 1995 : Classement aux monuments historiques de l'ensemble des bâtiments[9]

De nos jours[modifier | modifier le code]

Sous l'impulsion de la Mère Marie de Jésus (Alessandra di Rudini), les bâtiments sont investis, le 15 octobre 1932, par un groupe d'une vingtaine de religieuses (Carmélites). La chartreuse est classée monument historique et peut être visitée.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Falconnet: La chartreuse du Reposoir au diocèse d'Annecy, Montreuil-sur-Mer, 1895.

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lydie Meynet, Histoire de Bellevaux : 1732-1790, La Fontaine de Siloé,‎ 2009, 305 p. (ISBN 978-2-8420-6439-6), p. 30.
  2. Nicolas Carrier, La vie montagnarde en Faucigny à la fin du Moyen Âge. Économie et société fin XIIIe - début XVIe siècle, Harmattan, 2001, p.29.
  3. Grillet, Jean-Louis (1807), Dictionnaire historique, littéraire et statistique des départements du Mont-Blanc et du Léman, Chambéry: Librairie J.F. Puthod, p.311
  4. Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie : Hier et aujourd'hui, La Fontaine de Siloé,‎ 2007, 399 p. (ISBN 978-2-8420-6374-0), p. 171.
  5. a et b Nicolas Carrier, La vie montagnarde en Faucigny à la fin du Moyen Âge. Économie et société fin XIIIe - début XVI siècle, Harmattan, 2001, p.29.
  6. Mémoires et documents de la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, 1862, p.17 & p.21
  7. Grillet, Jean-Louis (1807), Dictionnaire historique, littéraire et statistique des départements du Mont-Blanc et du Léman, Chambéry: Librairie J.F. Puthod, p.192
  8. Fiche communale sur Sabaudia.org
  9. a et b « Notice no PA00118422 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fascicule de présentation Monastère du Carmel du Reposoir édité par le Monastère, 8 pages.