Chartreuse de Grenade

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Chartreuse de Grenade
Image illustrative de l'article Chartreuse de Grenade
Vue de la Chartreuse de Grenade
Présentation
Nom local Cartuja de Granada
Culte Catholicisme
Début de la construction 1516
Style dominant Architecture baroque
Géographie
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Communauté autonome Andalousie Andalousie
Ville Grenade
Coordonnées 37° 11′ 31″ N 3° 35′ 58″ O / 37.191931, -3.59943337° 11′ 31″ Nord 3° 35′ 58″ Ouest / 37.191931, -3.599433  

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Chartreuse de Grenade

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Chartreuse de Grenade

La chartreuse de Grenade (dont le nom officiel fut Chartreuse de l'Assomption de Notre-Dame, est un monastère de moines-ermites de l'Ordre des Chartreux sis à Grenade, en Espagne. Fondée et construite au XVIe siècle la chartreuse est l'un des plus importants monuments religieux de l'Andalousie. De style baroque, elle accueillit des moines chartreux depuis sa construction jusqu'à 1835.

L'ordre des Chartreux fut fondé en 1084 dans le massif de la Chartreuse (qui lui donna son nom), près de Grenoble, au Dauphiné, par saint Bruno et six compagnons (quatre clercs et deux laïcs). Il est très austère, en observant le jeûne et le silence avec beaucoup de rigueur. Les moines vivent dans des cellules individuelles et ils consacrent leur temps à la prière, l'étude et le travail manuel. L'ordre eut vingt-quatre monastères en Espagne, dont la grande majorité seraient éteints en 1836 par le désamortissement de Mendizábal et la sécularisation générale. Aujourd'hui ne demeurent que quatre chartreuses en activité en Espagne : Miraflores à Burgos, Montealegre à Tiana, Aula Dei à Saragosse et Porta Cœli à Serra.

La construction de la chartreuse de Grenade commença en 1516 grâce à un don de terres par Gonzalve de Cordoue, le « Gran Capitán ». Elle porte le titre de monastère de l'Assomption de Notre-Dame. Aujourd'hui l'ensemble n'est plus complet parce que se sont perdus le grand cloître, les cellules et d'autres pièces, mais on en conserve une grande partie.

Entrée
Vue du monastère du sud-est

On arrive au portique par un portail de style plateresque. Le beau perron qui nous amène à la porte de l'église, œuvre du maçon Cristóbal de Vílchez, est précédé d'un chemin empierré de style grenadin, en pierres noires et blanches, fait en 1679. La façade de l'église a en haut un blason d'Espagne, peut-être parce que ce monastère dépendait de la chartreuse de Notre Dame du Paular, à Rascafría, fondation royale. Le portail du Néoclassicisme en marbre gris fut dessiné par Joaquín Hermoso en 1794. L'image de saint Bruno en marbre blanc est dû à Pedro Hermoso, frère du précédent.

Un vestibule austère nous amène à un beau cloître d'ordre dorique, communément appelé le « petit cloître » pour le distinguer du grand cloître maintenant disparu. Il est aujourd'hui le centre du monastère et les portes des pièces donnent toutes sur ses galeries. De l'un de ses angles on peut observer la tour de l'église.

Le réfectoire est une pièce grande avec voûte de vielles à roue ogivales et arcs. On y trouve une chaire pour la lecture durant le repas. Le contrecœur a une croix peinte par le frère lai Juan Sánchez Cotán, qui est également l'auteur de la « Cène » et des tableaux qui ornent les parois représentant différents épisodes de la fondation de l'ordre et séquences du martyre subi par les chartreux en Angleterre durant le règne d'Henri VIII, et de trois toiles de la Passion du Christ.

« Les apôtres Pierre et Paul » par Sánchez Cotán

À côté du réfectoire des monastères se trouve une petite pièce, appelée 'lavatorium', avec une fontaine où les moines se lavent les mains avant d'entrer au réfectoire, tout en récitant le psaume 130, dont les premiers versets sont De profundis clamavi ad Te, Domine (« Des profondeurs, je criais vers Toi, Seigneur »).

La salle de ce monastère (maintenant sans fontaine) est ornée d'un retable sur les « Apôtres Pierre et Paul » peint au clair-obscur par Sánchez Cotán (parce que cette pièce s'appelle la salle des saints Pierre et Paul), et d'autres tableaux du même auteur sur des séquences de la construction de la première chartreuse, la « sainte Face », « Deux évêques de l'ordre » et la « Vierge à l'Enfant ». Cette pièce gothique fut la chapelle du monastère jusqu'à la construction de l'église ; puis, fut employée comme chapitre de frères lais. Les arcs en faisceaux de petites colonnes s'y réduisent à une seule qui achève à bonne hauteur du sol. Dans l'autel se trouve un tableau d'auteur inconnu. Aux côtés, la « Vierge donnant le sein à son bébé » et la « Vierge et le Christ mort ». Les autres sont de Vincenzo Carducci représentant des séquences rattachées à la vie et à la mort des saints Bruno et Hugues.

La salle capitulaire est la pièce où les moines se réunissent pour délibérer sur les affaires de la communauté. La porte d'entrée, remarquable pour les ornements et clous en bronze, est l'œuvre du frère convers Juan Martín, comme celles du cloître. La voûte a influences du Gothique. Les tableaux qui aujourd'hui ornent les parois sont de Carducci : l'« Apparition de la Vierge à saint Bruno dans le lit de mort », l'« Apparition de la Vierge à frère Joan Fort » et diverses martyres de moines aux mains des Turcs et des Huguenots.

Au côté suivant du cloître il y a trois petites chapelles: l'une renferme une sculpture de « Notre Dame du Rosaire » ; l'autre, une table et deux chaises en marqueterie en plus d'un ancien pavillon petit pour l'exposition de l'Eucharistie à l'adoration des fidèles ; et la troisième, un « Ecce Homo », œuvre des frères García.

Voûte du tabernacle dans la chartreuse de Grenade. Fresques d'Antonio Palomino

L'église est d'une seule nef, divisée en trois parties : la première, pour le peuple ; la deuxième, pour les frères convers ; et la troisième, plus étendue, pour les moines. Entre celle des frères convers et celle des moines on trouve l'arrière-chœur avec deux retables de style baroque churrigueresque portant deux tableaux de Sánchez Cotán, sensibles pour leur délicatesse et leur mysticisme : le « Repos pendant la fuite en Égypte » et le « baptême du Christ ». La porte en verre à incrustations de coquilles, d'ivoire, d'argent, d'ébène, et de bois de gaïac. Les parois ont beaucoup d'ornements en plâtre. Parmi les niches portant des statues également en plâtre, on trouve des grands tableaux portant six toiles représentant des scènes de la vie de la Vierge. Elles sont dues a Pedro Atanasio Bocanegra, auteur également de l'« Immaculée Conception » qui se situe sur la porte d'entrée et de la belle toile de « Notre Dame du Rosaire » qui se situe sur un petit retable à gauche.

Le sanctuaire, où se trouve l'autel, est couronné d'une coupole elliptique. Se distingue par l'ornementation et la polychromie. Il y a quatre sculptures en plâtre (« Évêque cartusien », « saint Jean Baptiste », « saint Bruno », « saint Hugues », quatre tableaux de Sánchez Cotán de scènes de la Passion et, au centre, l'« Assomption de Marie », de Bocanegra.

Le maître-autel est orné d'un baldaquin en bois avec miroirs dont à l'intérieur se trouve l'« Assomption de Marie », de José de Mora.

Après le maître-autel, séparé de l'église par une porte en verre de Venise, se trouve la chapelle du tabernacle, où peinture, sculpture et architecture se fondent pour créer l'une des plus beaux et sensibles œuvres du Baroque espagnol. L'ensemble fut construit par Francisco Hurtado Izquierdo entre 1704 et 1720. L'austérité cartusienne devient ici grandeur en l'honneur du sacrement de l'Eucharistie. À chaque angle, sur de hauts piédestaux, deux colonnes d'ordre corinthien soutiennent d'arcs sur lesquels se dresse la coupole. Dans les travées, ornées d'étendards soutenus par des bébés, on trouve des consoles avec des statues de « saint Joseph » (José de Mora), « saint Jean Baptiste » (Risueño), « saint Bruno » (José de Mora) et « sainte Marie-Madeleine » (Duque Cornejo). Les statues des vertus appuyées sur les oculus dont deux donnent sur des chapelles aux côtés, ce qui est caractéristique des églises cartusiennes, sont l'œuvre de ce dernier auteur. Les parois, très décorées, encadrent des toiles d'Antonio Palomino représentant des thèmes de l'Ancien Testament. Sur les quatre triangles curvilignes qui forment l'anneau de la coupole avec les arcs sur lesquels celui-là s'appuie, sont représentés les évangélistes et, dans la coupole, peinte à la fresque par Palomino, est représenté saint Bruno comme un Hercule soutenant l'ostensoir sur le monde, la Trinité avec Marie et Jean le Baptiste et, autour, des différents cœurs d'anges et des saints. Au centre se dresse le tabernacle en marbre. Un piédestal soutient quatre statuettes dorées avec des symboles eucharistiques et huit colonnes noires salomoniques sur lesquelles on voit une riche architecture dont au sommet se situe l'image de la foi. À l’intérieur, il y a une structure avec la forme de temple où se trouve le tabernacle, le coffre où on garde l'Eucharistie, qui était adorée par les moines des oculus des côtés.

La sacristie fut dessiné par Hurtado Izquierdo et réalisée par différents maîtres entre 1727 et 1764. Elle paraît, par sa forme et structure, une petite église. Forme, lumière, couleur et des nombreux ornements baroques s'y fondent pour donner une sensation de grandeur, de mobilité et d'inconsistance. Le socle est en marbre de Lanjarón. Il est également en marbre un retable de « saint Bruno », de Ferrer, de l'« Immaculée Conception », d'Alonso Cano. La coupole obscure détonne : elle est une fresque de Tomás Ferrer. Dans un niche à gauche, à côté du retable, se trouve un image de « saint Bruno », œuvre de José de Mora, de beauté unique. La décoration est complétée par des œuvres du frère lai Francisco Morales représentant des scènes de Jésus-Christ (le « Christ de l'Expiration », l'« Immaculée Conception reçue par le Christ de l'Expiration » et l'« Immaculée Conception reçue par le Père Éternal ») et de saintes cartusiennes. Les portes et commodes, couvertes d'acajou, de gaïac, d'ébène, de coquilles, d'ivoire et d'argent, sont l'œuvre du frère lai Manuel Vázquez, qui mit trente-quatre ans.

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