Chartreuse de Chercq

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L’ancienne Chartreuse de Chercq se trouvait au bord de l’Escaut, à Chercq (qui fait maintenant partie de Tournai), en Belgique. Fondée en 1375 sous le nom de Chartreuse du Mont-Saint-André elle fut supprimée en 1782 par Joseph II.

Grange de l'ancienne chartreuse de Chercq

Fondation[modifier | modifier le code]

Jean de Werchin, sénéchal du Hainaut et croisé en Terre sainte, avait été fait prisonnier par les Sarrasins. Il fit le vœu, en cas de libération et de retour au pays, de fonder (financièrement) un monastère « pour le salut de son âme et de sa famille ». C’est ce qui arriva. Il invita les chartreux en leur faisant le don d’une terre à Chercq. Le chapitre général de l’ordre des Chartreux donna son consentement le 28 avril 1377, et le mois suivant l'évêque de Tournai approuva le projet. Comme il était de coutume en ces temps-là, la contrepartie de cette fondation demandait que l’abbaye devienne la nécropole officielle des seigneurs de Werchin. Chercq était la 10e fondation de la Province cartusienne de Picardie, et en fait, la seule dans ce qui est la Belgique actuelle.

Brève histoire[modifier | modifier le code]

D’autres donations permirent au monastère d’accroître son patrimoine. En 1419 les moines achetèrent la seigneurie de Chercq, leur donnant des droits divers sur la population et les chargeant de l’administration de la justice. En 1431, ils acquièrent la brasserie du village. La chartreuse fut une première fois pillée par la soldatesque bourguignonne en 1478. Suivit une période de paix et prospérité.

Un siècle plus tard, comme beaucoup d’autres abbayes dans les Pays-Bas, la chartreuse fut dévastée lors de la folie iconoclaste des Gueux calvinistes se révoltant contre la domination espagnole. C’était le jour de Noël 1566. La sépulture des Werchin fut violée. Les moines se réfugient pendant trois ans au château du Biez à Wiers, propriété de la famille de Werchin.

Le monastère se releva de ses ruines, mais pour ce faire les chartreux durent emprunter et aliéner leurs biens. Divers dons aidant, ils parvinrent à le reconstruire. Il fut une nouvelle fois ravagé en 1712.

Le coup fatal fut porté par Joseph II qui, inspiré par l’esprit du ‘siècle des lumières’ s’engagea dans des réformes religieuses. Les congrégations et maisons religieuses jugées «  inutiles » (c’est-à-dire n’ayant ni hôpitaux, ni écoles ou paroisses) furent supprimées. Les Chartreux n’entrant dans aucune de ces catégories, furent dès lors condamnés à disparaître. En 1782 les couvents contemplatifs furent fermés, dont la chartreuse de Chercq. Les moines sont dispersés, les bâtiments du monastère et tout son mobilier sont vendus.

Vestiges et souvenir[modifier | modifier le code]

Des bâtiments de l’ancienne chartreuse ne restent que quelques vestiges : une grange à Chercq et un puits. En 1783, une partie du mobilier est rachetée par des curés des environs pour leur église. Nous retrouvons à l’église de Chercq deux bustes dorés et un tableau; à l’église Saint-Vaast de Gaurain (aujourd’hui Gaurain-Ramecroix) un maître-autel, des sculptures, des stalles et un confessionnal; à Herquegies des stalles admirablement sculptées.

S’il ne reste presque rien de la chartreuse de Chercq la toponymie des lieux rappelle l’ancienne présence, pluriséculaire, des ermites de Saint Bruno. Là où se trouvait le monastère fut construit en 1811 un château (par l’architecte Bruno Renard). On l’appelle communément château de la Chartreuse. Le village de Chercq a sa rue abbaye des chartreux. À Tournai, à la Rue Saint Bruno, se trouve un hôtel de maître qui était sans doute le refuge urbain des chartreux de Chercq.