Charon (mythologie)

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Achille tuant un prisonnier troyen devant Charon (à droite), cratère en calice étrusque à figure rouges, fin IVe – début IIIe siècle av. J.-C., Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France

Dans la mythologie grecque, Charon ou Caron[réf. nécessaire] (en grec ancien Χάρων / Khárôn), le « nocher des Enfers » (le nocher est celui qui conduit une embarcation), était le fils d'Érèbe (les Ténèbres) et de Nyx (la Nuit). Il avait pour rôle de faire passer sur sa barque, moyennant un péage, les ombres errantes des défunts à travers le fleuve Achéron (ou selon d'autres sources, le Styx) vers le séjour des morts.

Mythe grec[modifier | modifier le code]

Charon était un vieillard à l'aspect revêche, sale et peu conciliant mais encore fort solide et qui ne se laissait pas fléchir par les prières de ceux qui n'avaient pas de quoi le payer. Vêtu d'une cagoule, il choisissait ses passagers parmi la foule qui s'entassait sur la rive. Seuls ceux ayant mérité un enterrement adéquat étaient choisis et uniquement s'ils pouvaient payer le voyage, entre une obole et trois oboles, d'où la coutume de placer une obole sous la langue du mort avant son enterrement. Ceux qui ne pouvaient payer devaient errer sur les bords de la rivière pendant cent ans.

Charon traversant le Styx, par Joachim Patenier, 1515-1524, musée du Prado (Madrid)

Il était très rare que Charon laisse passer un mortel encore vivant. Héraclès, quand il descendit aux Enfers sans mourir, n'aurait pu passer s'il n'avait usé de sa force pour le contraindre à lui faire passer le fleuve, à l'aller comme au retour. Charon fut emprisonné un an pour l'avoir laissé passer sans en avoir obtenu le paiement habituel pour les vivants, un rameau d'or obtenu auprès de la sibylle de Cumes. L’Énéide de Virgile (chant VI) raconte la descente d'Énée aux Enfers, lui aussi armé d'un rameau d'or donné par Apollon, et accompagné de la Sibylle.

Autre mortel à avoir « deux fois vainqueur traversé l'Achéron » (Gérard de Nerval, Les Chimères « El Desdichado »), Orphée charma Charon, ainsi que Cerbère, pour ramener du monde des morts sa bien-aimée, Eurydice. C'est après la deuxième traversée, au retour, qu'il la perdit définitivement. Enfin, la belle Psyché, bien que vivante, paye par deux fois Charon (l'aller et le retour) afin d'accéder au palais de Perséphone pour le compte d'Aphrodite, comme Apulée le raconte dans ses Métamorphoses.

Homère et Hésiode ne font aucune référence au personnage en tant que nocher infernal. La première mention du nom « Charon » dans la littérature grecque est une citation par Pausanias d'un poème perdu rattaché au Cycle épique, la Minyade[1],[2].

Diodore de Sicile[3] évoque les allégations d'Égyptiens selon lesquelles le nom Charon et le mythe associé trouveraient leur origine dans des coutumes funéraires égyptiennes.

Les Étrusques font eux aussi mention d'un Charon, qui gardait l'entrée des enfers et jouait un rôle psychopompe. Sa représentation diffère profondément du Charon grec. Il est figuré sur les murs des tombes comme un être hybride mi-animal, mi-humain. Il tient un marteau avec lequel il frappe les morts.

Dante, guidé par Virgile, rencontre Charon dans l'Enfer (premier livre de la Divine Comédie). L'accès lui est interdit en tant que vivant (seules les âmes damnées sont autorisées à franchir l'Achéron dans l'embarcation de Charon), il franchira cependant l'Achéron de façon surnaturelle lors d'un évanouissement.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne], X, 28, 2 = Minyade, fr. 1 West.
  2. A. Severyns, Le cycle épique dans l'école d'Aristarque, p. 184.
  3. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], I, 92 et 96.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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