Charlotte d'Aragon-Naples

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Charlotte d'Aragon-Naples, ou encore Carlotta d'Aragon-Naples, (1480 - , Vitré), princesse de Tarente, héritière du royaume de Naples.

Famille[modifier | modifier le code]

Leur mariage fut arrangé par ce dernier qui avait constitué à sa nièce une dot de 12 000 livres de rente, selon sa vue politique, et le contrat fut signé le 1er septembre 1478, à la Lande, au diocèse de Chartres[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Venue en France[modifier | modifier le code]

Charlotte perdit sa mère à la suite de sa naissance, en 1480. Comme elle était descendante du roi Charles VII de France par Yolande de France, grand-mère et sœur de Louis XI, ce dernier assigna, en août 1480, 12 000 livres tournois de rente au profit de Charlotte sur les seigneuries de Villefranche-de-Rouergue, Villeneuve, Peyrusse, Rieuperoux, la Salvetat, Montrosier, la Roque-Boillac, dit Pétrasac, Flagnac, Marcillac, Cassanges-Comtaux, érigées en comté de Villefranche, par lettres patentes de la Motte-d'Égry[3], puis du Plessis-du-Parc-lèz-Tours, en janvier 1483[4].

Dès que son père contractait une seconde alliance avec Isabelle de Baux, venue en France vraisemblablement en raison de cette dot, elle était placée avec Marguerite d'Autriche, fille de Maximilien Ier du Saint-Empire, fiancée du roi Charles VIII qu'elle ne quitta sans doute qu'en juin 1493. Elle y resta après le départ de Marguerite que le roi répudiait pour épouser la duchesse de Bretagne. Charlotte dut à sa proche parenté avec la maison de France de trouver à la cour un honorable asile. Elle fut élevée à la cour de France avec le titre de première demoiselle de la reine Anne. On la traita en fille de roi et on lui fournit une maison spécialement montée à ses ordres.

Elle fut d'abord fiancée au roi d'Écosse. César Borgia, duc de Valentinois, convoitant les droits que la princesse d'Aragon avait sur le royaume de Naples, voulut l'avoir en mariage. Sous prétexte d'apporter au roi Louis XII les bulles du Pape que ce prince demandait pour son mariage avec la veuve de Charles VIII, il vint étaler à la cour de France un luxe qu'il poussa jusqu'à l'extravagance.

Charlotte reçut avec répugnance les avances de César. Elle répondit à Louis XII, qui lui faisait part de sa demande, que si, pour prix du sacrifice qu'on exigeait d'elle, le roi vouloit assurer le trône à son père et à ses frères en se désistant des droits qu'il réclamoit sur le royaume de Naples, elle étoit disposée à obéir[5].

Mariage[modifier | modifier le code]

Les conventions du mariage avec Nicolas de Laval[6] furent arrêtées à Vierzon, le . Une procuration donnée par son père, le 27 mars 1499, enjoignait à Guillaume de Poitiers-Valentinois de chercher à la marier au gré du roi.

Nicolas, ayant accompagné la princesse Anne et le roi Louis XII, son époux, en 1500, au voyage de Lyon, il fut du tournoi qui s'y donna en l'honneur de leurs majestés, et fut le chef du parti de la reine. Le 20 juillet[7], le mariage fut célébré dans l'église de Sainte-Croix de Lyon. Et à ce mariage, dit Bertrand d'Argentré[8], furent faicts d'étranges tournoys, et les lices tendues de draps de soye en la place de Grenette.

Alliance[modifier | modifier le code]

Cette alliance mêlait le sang de la maison de Laval avec celui des maisons de France, d'Espagne, d'Aragon et de Savoie. Ce mariage pouvait promettre beaucoup à Nicolas[9]. Par le contrat de leur mariage, Frédéric Ier s'engagea à verser à son gendre les cent mille livres de la dot de sa fille ; et, tout en exigeant l'engagement pour elle et ses ayants droit de respecter les droits successifs de ses héritiers mâles, Frédéric reconnut pour la postérité de Charlotte le droit d'hériter à son tour, à défaut des mâles.

Néanmoins, Frédéric, père de Charlotte, chassé de ses Etats, vint mourir en France. Il avait perdu son trône et sa fortune. Il ne resta au sire de Laval que l'honneur d'une alliance qui le rattachait à toutes les maisons royales d'Europe[10]. Les chances qu'avait Charlotte d'occuper le trône de Naples étaient nulles ; et, Nicolas en l'épousant ne dut pas les faire entrer en ligne de compte. Sans doute, épouser la fille d'un roi, une nièce de Louis XI, la favorite de la reine Anne de Bretagne, et compter sur une dot de cent mille livres, était bien suffisant à ses yeux pour constituer une alliance.

Décès[modifier | modifier le code]

Charlotte ne vécut que six ans avec son mari, étant morte à Vitré, le , en couche d'Anne de Laval. Ce fut son mari, devenu Guy XVI de Laval qui apporta dans la maison de Laval, des droits sur la principauté de Tarente, par son mariage. Le corps de Charlotte, ramené à Laval, fut enseveli à la Collégiale Saint-Tugal de Laval, le 11 octobre, par le cardinal Philippe de Luxembourg.

Principauté de Tarente[modifier | modifier le code]

Princesse de Tarente, sa fille Anne de Laval (1505-1554) en épousant François de La Trémoille, vicomte de Thouars lui apporta ses prétentions au trône de Naples en l'année 1521, et de là vient le titre d'altesse accordé à leurs descendants. Ils avaient en outre, avant 1789 le rang de princes étrangers.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Petit Larousse sub Frédéric Ier (Sicile péninsulaire)
  2. Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome VIII, p.163, Librairie Renouard, Paris 1903
  3. http://books.google.fr/books?id=j3kUAQAAMAAJ&pg=569
  4. Archives nationales, J 893, n°1, d'après Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome VIII, p.163-164, Librairie Renouard, Paris 1903
  5. Vely, Histoire de France, t. 21, p. 151.
  6. Sous l'influence d'Anne de Bretagne.
  7. L'année commençait à Pâques, qui, en 1500, se trouvait le 19 avril.
  8. Histoire de Bretagne. Edition de 1618, p. 1030.
  9. Voir le contrat de mariage inséré dans le mémoire présenté à Munster[Lequel ?] par la famille de la Trémoille, imprimé à Paris chez des Hayes, 1648, in-folio, ayant pour titre : De regni Neapolitani jure pro Tremollio duce.
  10. Guy XVI ne reçut qu'un beau cheval, nommé le Coreador, et un diamant de grand prix, seuls débris des richesses de cette famille déchue du trône. Charles Maucourt de Bourjolly, Histoire manuscrite de Laval.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Histoire de Thouars, 1870, Les Mémoires de la Société de statistique, sciences et arts des Deux-Sèvres (Série 2 - Tome X), par Hugues Imbert.