Charlotte Guillard

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Charlotte Guillard (née v. 1480 - morte en 1557)[1] est un imprimeur français, qui, en l'état actuel des connaissances, est la première femme à avoir exercé ce métier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charlotte Guillard est vraisemblablement née à Paris dans les années 1480. Son nom s'écrit parfois Guillart ou en latin, Carola Guillard. Ses parents étaient Jacques Guillard et Guillemyne Saney, de profession et d'origine inconnues. De récente études[2] laissent penser que les Guillard venaient du Maine.

En 1502, elle épouse l'imprimeur Berthold Rembolt, associé d'Ulrich Gering, lequel créa la première imprimerie en France ; il tenait boutique rue de la Sorbonne à l’enseigne du Soleil d’Or, à côté de l'église Saint-Benoît-le-Bétourné. En 1508, Gering cesse ses activités, le couple part alors s'installer rue Saint-Jacques. Rembolt meurt en 1519, et Charlotte prend alors seule en charge l'imprimerie et ce, pendant près de quarante ans.

Elle se remarie en 1520 avec Claude Chevallon, libraire ouvert aux humanistes. Ses goûts influencèrent les choix éditoriaux de Charlotte dont le catalogue comprend entre autres des œuvres d'Érasme, Pacien de Barcelone, Hilaire de Poitiers.

Sans enfants, veuve à nouveau en 1537, elle s'associe à ses neveux Jacques Bogard, Guillaume Guillard, Sébastien Nivelle et Guillaume Desboys, qui tous, débutent au Soleil d'or en tant que libraires. Desboys devient même son associé à compter de 1547.

L'entreprise de Charlotte semble être une véritable réussite. On ne lui connaît point de faillite, mais son rôle exacte reste difficile à évaluer. Elle savait s'entourer de « chasseurs de textes », spécialistes érudits qui lui rapportaient des manuscrits.

Elle meurt en 1557, sans doute avant le mois de juillet.

Elle est, avec Jeanne de la Saulcée et Yolande Bonhomme, l'une des rares femmes imprimeurs connues au XVIe siècle.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Le catalogue à ce jour compterait près de 190 éditions publiées sous sa marque : « apud Carolam Guillard, sub Sole aureo »
  • Lexicon Graecolatinum de Jacques Toussain, 1552 - elle signe la préface

Jugement critique[modifier | modifier le code]

« Nous donnons place parmi les Imprimeurs corrects à charlotte Guillard, femme celebre dans l’Imprimerie, qui a surpassé toutes celles de son sexe dans la pratique de ce grand Art, s’étant signalée par un nombre considérable de bonnes Impressions fort estimées, qu’on garde curieusement dans les Bibliothèques. […] Elle écrit en l’année 1552 qu’elle soûtenoit les fatigues & les grandes dépenses de l’Imprimerie depuis cinquante ans, […] ce qui montre que cette genereuse femme partageoit aussi le poids de cette profession dans le mariage. Digne veuve, à qui on peut avec verité appliquer ces paroles de l’Ecriture: Panem otiosa non comedit[3]. »[4]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Dumoulin, « Charlotte Guillard, imprimeur au XVIe siècle », in Bulletin du Bibliophile et du bibliothécaire, Paris, Techener, 1896, p. 579-584.
  • Philippe Renouard, Répertoire des imprimeurs parisiens, libraires, fondeurs de caractères et correcteurs d’imprimerie, Paris, Minard, 1965.
  • Roméo Arbour, Dictionnaire encyclopédique du Livre, Cercle de la Librairie, 2005, t. 2, p. 203-204 (ISBN 2-7654-0910-2)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La date de naissance de C. Guillard nous est inconnue, d'après la notice sur Charlotte Guillard par Rémi Jimenes, Société Internationale pour l’Étude des Femmes de l'Ancien Régime, 2009 [en ligne].
  2. Beatrice Beech, « Charlotte Guillard: A sixteenth Century Business Woman », Renaissance Quarterly, 3, New York, The Renaissance Society of America, 1983, p. 345-357.
  3. Prov., XXXI, 27 : « elle ne mange pas le pain de l’oisiveté ».
  4. André Chevillier, L’Origine de l’imprimerie de Paris, Paris, chez Jean de Laulne, 1694, p. 148-149 (cité par Rémi Jimenes, op. cit.).

Liens externes[modifier | modifier le code]