Charlotte-Aglaé d'Orléans
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Charlotte-Aglaé d'Orléans, « Mademoiselle de Valois », par son mariage duchesse de Modène (1737), est née à Paris le 20 octobre 1700 et morte au Palais du Luxembourg à Paris le 19 janvier 1761.
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Biographie [modifier]
Troisième fille de Philippe d'Orléans (1674-1723) et de Françoise Marie de Bourbon (1677-1749), dite Mademoiselle de Blois, elle n'était pas véritablement belle, mais elle avait de la vivacité et du piquant. Son père avait pour elle une affection particulière et l'éduqua fort mal par faiblesse. Dans une lettre adressée par elle au duc de Richelieu, elle accuse même son père d'avoir eu des relations incestueuses avec elle, afin qu'il lui révèle l'identité du Masque de fer ; néanmoins des doutes subsistent quant à l'authenticité de cette lettre car cette même anecdote se voit aussi associée à la Duchesse de Berry qui, selon l'historien Jules Michelet serait devenue la maîtresse du Régent afin qu'il lui révèle le même fameux secret.
En 1717, Mademoiselle de Valois eut une aventure avec le duc de Richelieu, que sa cousine, Mademoiselle de Charolais, s'était, au même moment, mise en tête d'épouser (l'histoire est racontée dans ses Mémoires par le baron de Besenval). Lorsque le duc fut arrêté et mis à la Bastille en 1719, gravement compromis dans la conspiration de Cellamare, elle alla lui rendre visite en prison et finit par obtenir du Régent son éloignement en contrepartie de la promesse de renoncer à l'épouser.
Un projet de mariage avec le roi de Sardaigne ayant avorté - sa grand-mère, la fameuse palatine ayant révélé à la reine de Sardaigne, sa belle-fille, le comportement incorrect de sa petite-fille - Mademoiselle de Valois dut se rabattre sur un parti moins brillant.
Le duc Renaud III de Modène, ayant adhéré à l'alliance conclue entre le Régent et l'Angleterre, obtint la main de la princesse pour son fils François-Marie (1698-1780). La princesse reçut une dot énorme de 1,8 million de livres, constituée pour moitié par son cousin le roi Louis XV de France sous tutelle du Régent. Le mariage eut lieu en 1720. Ils eurent neuf enfants :
- Alphonse (1723-1725) ;
- François Constantin (1724-1725) ;
- Marie Thérèse Félicité (Maria Teresa) (1726-1754) qui épousa en 1744 Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre (1725-1793) ;
- Hercule Renaud (Ercole Rinaldo) (1727-1803) ;
- Mathilde (1729-1803)
- Béatrice (1731-1736) ;
- Marie Fortunée (Maria Fortunata) (1734-1803) qui épousa en 1759 (séparés en 1775) Louis-François de Bourbon, prince de Conti (1734-1814) ;
- Benoît Philippe (Benedetto Filippo) (1736-1751) ;
- Marie Élisabeth (1741-1774).
Appréciant la vie mondaine, Charlotte-Aglaé s'ennuya à périr à Modène – bien qu'elle y reçût la visite de Richelieu déguisé en colporteur – et n'eut de cesse de quitter le duché, d'où on la vit partir avec soulagement. Mais, en France, Louis XV l'accueillit très froidement et lui imposa une vie obscure et retirée à Paris. Elle profita de ses relations familiales pour marier deux de ses filles avec des membres de sa dynastie.