Charles de La Bussière

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La Bussière

Nom de naissance Charles-Hippolyte Delpeuch de La Buissière
Naissance 1768
Paris, France
Décès 1808
Nationalité Français
Activités acteur

Charles-Hippolyte Delpeuch de La Buissière, dit La Bussière, (1768-1808).

Biographie[modifier | modifier le code]

La Bussière naît à Paris d’un officier noble et pauvre avec qui il ne s'entendra jamais. À seize ans, ce dernier l'envoie comme cadet dans le régiment de Savoie-Carignan, qui est en garnison à Dunkerque. Mais il se détourne rapidement de la carrière des armes. De retour à Paris, il se fait acteur et interprète avec quelque succès les rôles de niais dans un théâtre des faubourgs. C'est à cette époque qu'il simplifie son nom en Labussière, plus facile à prononcer et à retenir.

En 1789, devant l'assemblée réunie dans l'église Saint-Jacques-'Hôpital, présidée par le vieux Charrier ancien procureur au Chàtelet, M. de La Bussière a soutenu une motion extravagante, selon laquelle il fallait envoyer une députation à Versailles auprès du roi pour qu'il fit "entrer dans Paris 12 000 hommes de troupe afin d'y rétablir l'ordre". Cette proposition eut le résultat qu'on pouvait attendre : Ch. de La Bussière fut immédiatement pendu à la lanterne par les assistants furieux. Délivré par des gardes françaises, il fut remis par eux "plus mort que vif entre les mains de F. Gallet de Santerre, banquier à Paris, qui était une de ses connaissances. Conduit à la prison de l'Abbaye, il en sortit quelques semaines après. "M. Gallet de Santerre crut qu'il était prudent d'envoyer M. de La Bussière pour quelques mois à la campagne, afin de laisser le temps au peuple d'oublier cette affaire, dont tout Paris retentit. M. de La Bussière fut ensuite employé au Comité de Salut Public et au Comite de Sureté Générale, où il rendit les plus grands services aux personnes incarcérées (voir plus loin), sans toutefois sauver son protecteur F. Gallet de Santerre de la guillotine le 5 Thermidor 1794. Il aime critiquer ou ridiculiser les hommes de la Révolution. Ce qui aurait pu lui attirer de graves ennuis mais il parvient à se faire employer dans les bureaux du Comité de salut public, c’est-à-dire au quartier général de la Terreur, où quelques-uns de ses amis ont trouvé asile.

En ce printemps 1794, Saint-Just vient en effet de créer son propre bureau de police, au second étage des Tuileries. C'est là que La Buissière est employé, selon certains sur le simple fait qu’il a une bonne orthographe et qu’il présente bien.

Horrifié par les exécutions en masse dont les dossiers passent entre ses mains, La Buissière aurait pris l'habitude de se rendre la nuit aux bains de Pierre Vigier, installés sur la Seine, avec des pièces d’accusation qu’il aurait emportées à sa sortie du bureau et il les aurait détruites. Son chef de bureau, Fabien Pillet, ne se serait jamais étonné de ces disparitions.

Ainsi, il aurait commencé par sauver une célèbre directrice de théâtre, la Montansier. Il aurait prétendu plus tard avoir retiré plus de cinquante pièces de ses cartons rien que les 7, 8 et 9 messidor, dont celles des comédiens du Théâtre-Français, de même qu'il aurait jeté à la Seine 924 procès, du 22 floréal à la chute de Robespierre. Une fois les dossiers d'instruction perdus, les détenus sont oubliés dans leurs prisons, leurs noms ne paraissent plus sous les yeux de l’accusation, on aurait même eu du mal à les trouver parmi les milliers de gens incarcérés. Il aurait ainsi sauvé, entre autres, la marquise de Villette, la célèbre « Belle et Bonne » de Voltaire ; Mme de Buffon, nièce du naturaliste ; le comte de Talleyrand-Périgord, oncle du diplomate ; Volney, précurseur de l'anthropologie ; Delessert, fameux banquier suisse ; Mme de Vassy, qui écrivit ses mémoires de prison ; Florian, écrivain emblématique de son époque ; le vicomte de Ségur, auteur dramatique qui lui avait marqué de l'attention ; Mme de La Fayette, épouse du général ; le prince de Monaco ; Delphine de Sabran, veuve du général de Custine, soit en tout 1 153 personnes.

Après Thermidor, il s'engage auprès de Louis Legendre et s'occupe de faire libérer les innocents dont les prisons de Paris sont pleines. Il fait un court séjour en prison lors de la tentative de coup d'État du 13 vendémiaire. Puis on l'oublie.

Sous le Consulat, malade et sans emploi, il tombe dans la misère. Avertis de son malheur, les Comédiens-Français organisent une soirée à son bénéfice. Les acteurs qu’il a sauvés choisissent une pièce aux nombreux personnages, afin que chacun d'eux puisse y tenir un rôle. La représentation a lieu le 5 avril 1803 au théâtre de la Porte-Saint-Martin, à l'initiative du comédien Dazincourt. On donne le Hamlet de Ducis et Augustin et Théodore, ou les Deux pages de Dezède. Les principaux acteurs sont Talma, Dazincourt, Fleury, Mlles Raucourt et Contat. Le Premier Consul y assiste, ainsi que Joséphine de Beauharnais, que La Buissière aurait sauvée.

Incapable d’économie, La Buissière dilapide rapidement le produit de cette soirée. Victime d’une violente attaque de paralysie, il est bientôt si diminué qu'on l'enferme dans une maison de fous, où il meurt peu après, entièrement oublié.

La Bussière s'est raconté en 1803, dans des mémoires rédigés par un M. Liénart. Étienne et Martainville ont eux aussi relaté les faits dans leur Histoire du théâtre français. Ce récit est corroboré par le chef de service de La Buissière, Fabien Pillet, qui rédige une notice dans le Dictionnaire biographique de Michaud. Francis Perrin lui a consacré un roman intitulé: L'enfant terrible de la Révolution. L'ouvrage rédigé par M. Liénart relate l'implication de M. de La Bussière, à la suite de la journée du 10 août, dans la libération du Prince de Saint-Mauris conduite par Philippe Nicolas Marie de Pâris, ancien garde du Roi (et futur meurtrier, le 20 janvier 1793) du régicide Pelletier de Saint-Fargeau): le Prince de Saint-Mauris pour échapper au massacre, avait été caché dans les caves des Tuileries et put en sortir dans cette opération "commando".