Charles de Bourbon-Condé (1700-1760)

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Charles de Bourbon-Condé, portrait par Hyacinthe Rigaud, 18e siècle

Charles de Bourbon, comte de Charolais, né à Versailles le 19 juin 1700, décédé à Paris le 23 juillet 1760, était un prince français du XVIIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du prince Louis de Bourbon, prince de Condé, il est fait gouverneur de Touraine en 1720. Il participe en Hongrie à la guerre contre les Turcs et se distingue à la bataille de Belgrade. Il est gouverneur de son neveu le prince Louis Joseph de Bourbon, prince de Condé.

Il aurait épousé secrètement Jeanne de Valois-Saint-Rémy, descendante d’Henri II par une branche bâtarde, issue de Thomas de Valois[1]. Ils auraient eu comme enfant Louis-Thomas (1718-1799), non reconnu par le roi et exilé en Angleterre, par son père. Il se serait occupé de toute la branche industrielle de la maison des Condé y compris la fabrication de la porcelaine.

Il a des enfants naturels de Marguerite Caron de Rancurel :

  • Marie Marguerite de Bourbon (1752-1830), légitimée par lettres patentes du roi données en novembre 1769 enregistées le même mois par le parlement et la Chambre des Comptes, épouse en décembre Louis Nicolas, comte de Puget, lieutenant-colonel des Grenadiers royaux de France[2].
  • Charlotte Marguerite Élisabeth de Bourbon (1754-1839), légitimée par lettres patentes du roi données en novembre 1769 enregistées le même mois par le parlement et la Chambre des Comptes, épouse François Xavier Joseph, comte de Lowendal.

La réputation de ce prince était mauvaise: personnage débauché, violent, colérique, sanguinaire, meurtrier occasionnel, à la limite de la psychopathie, incroyablement imbu de sa personne et de son rang, sûr de son impunité en tant que prince du sang, Charles de Bourbon, comte de Charolais, ne cessa de défrayer la chronique des faits divers de son temps. Son père, Louis III Bourbon, prince de Condé, était surnommé le Singe vert par ses contemporains, à cause de sa laideur et de ses dépravations. Sur ordre du pouvoir, les rapports de police concernant Charles de Bourbon furent très longtemps tenus secrets. Ceux-ci relatent, entre autres turpitudes, qu'il faisait enlever et séquestrer des femmes et des jeunes filles afin de les utiliser dans les orgies sadiques qu'il organisait en compagnie d'autres dépravés. Des historiens ont cru voir en lui celui qui aurait inspiré le marquis de Sade pour créer certains personnages de ses romans

Il est notamment établi, qu'en pleine rue et devant des témoins, ce membre de la famille royale fit feu de son pistolet et tua, froidement et sans raison (par amusement, pourrait-on dire) un bourgeois d'Anet qui avait le malheur de se trouver à portée de son arme.[réf. nécessaire].

Le régent Philippe d'Orléans, véritablement indigné par ce crime, le convoqua et lui signifia qu'il ne pouvait le châtier eu égard à son rang, mais qu'il pardonnerait bien volontiers à quiconque lui rendrait la pareille[3].

Une autre anecdote relate qu'ivre d'une fureur non contrôlée, il agressa et blessa sérieusement le malheureux cocher de l'ambassadeur d'Espagne qui avait eu l'étourderie (ou peut-être ignorait-il ce règlement concernant le stationnement) de garer sa calèche dans une allée en bordure du Louvre habituellement réservée aux voitures des princes du sang[réf. nécessaire].

À sa mort, le comté de Charolais revient au roi qui le rachète à Louise Anne de Bourbon qui en avait hérité, le fils de Bourbon-Condé-Charolais n'ayant pas été reconnu par le roi. Il est attribué quelques années plus tard à un frère du futur roi Louis-Philippe.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Afficherait un lointain cousinage avec la comtesse de la Motte-Valois, célèbre dans l'affaire du collier de la reine. Cependant Jeanne de Valois n'apparaît pas dans sa descendance. Elle est citée sur des sites qui ne sourcent pas leurs informations.
  2. Joseph Louis Ripault-Desormeaux, Histoire de la Maison de Bourbon, tome premier, p. 82, Imprimerie royale, Paris, 1772
  3. Rose Bertin, Mémoires sur la reine Marie-Antoinette, p. 6, Imprimerie Guiraudet et Jouaust, Paris, 1824

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Thiou, Le comte de Charolais. La légende noire d’un prince du sang, 16 x 24, 170 p., cahier couleur hors texte, Éditions Mémoire et Documents, 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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